Archives de la catégorie ‘Films’

Malkovich_1Dans la peau de John Malkovich est un film sorti en 1999. Il s’agit du premier film de Spike Jonze (Her, Max et les maximonstres) en tant que réalisateur. Il est scénarisé par Charlie Kaufman (Confessions d’un homme dangereux, Eternal Sunshine of the Spotless Mind, Anomalisa). Il a reçu de nombreux prix, dont le Grand Prix spécial du Festival du film américain de Deauville en 2000.

Quelle est l’histoire ?

Craig Schwartz est un marionnettiste sans le sou, ne réussissant pas à percer. Convaincu par sa femme, il prend un boulot alimentaire chez LesterCorp à l’étage 7 et ½, un étage à taille réduite. Un jour, par hasard, il découvre une petite porte qui l’amène dans l’esprit de John Malkovich.

Et les archives dans tout ça ?

Craig Schwartz repère un boulot dans les petites annonces et décroche un entretien chez LesterCorp. LesterCorp est un prestataire d’archivage : un tiers-archiveur comme on dit en France. Mais un drôle de prestataire : ici pas de rayonnage et d’entrepôt mais de minuscules bureaux encombrés et remplis de meubles à dossiers suspendus. Peut-être la société est-elle la prestataire des entreprises de l’immeuble..Mais l’intérêt n’est pas de rendre le lieu réaliste. C’est avant tout une métaphore.

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Une métaphore du monde de l’entreprise vu par le héros Craig Schwartz et fort probablement par les réalisateur et scénariste. L’entreprise est vue comme un monde écrasant et étriqué (avec les plafonds aussi bas), où tout le monde courbe l’échine (ici littéralement), un monde d’incompréhension et d’hypocrisie, incarné par la secrétaire et le responsable. C’est un environnement abêtissant, l’entretien d’embauche en est l’illustration parfaite lorsque le Dr Lester demande à Craig de classer des fiches et d’indiquer l’ordre entre deux lettres.

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Pour classer, il faut connaître l’alphabet !

Qu’est-ce qui incarne le mieux une emploi de bureau que la paperasse ?

Ici l’emploi de Chester est la quintessence d’un monde oppressant et ennuyeux, noyé sous le flot de la paperasse. L’archivage n’est qu’une métaphore, une métaphore qui ne donne pas la part belle au métier d’archiviste ou d’archiveur….on ne sait trop…

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Un accueil chaleureux

Le film est assez riche pour permettre d’autres interprétations. Alors à vous d’essayer.

Marc Scaglione

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Rivières_Pourpres_1Les Rivières pourpres est le titre d’un roman écrit par Jean-Christophe Grangé et publié chez Albin Michel en 1998. Une adaptation ciné est projetée sur nos écrans deux ans plus tard avec dans les rôles-titres Jean Reno et Vincent Cassel. Le scénario est coécrit par le romancier et le réalisateur du film, Matthieu Kassovitz. Le roman connaîtra des rééditions et le film une suite, Les Rivières Pourpres 2 : les Anges de l’Apocalypse réalisée par Olivier Dahan et avec Benoît Magimel.

L’histoire suit deux enquêtes parallèles : celle de Pierre Niémans, envoyé de Paris, après une bavure, pour enquêter sur un meurtre à Guernon dans les Alpes et celle de Karim Abdouf (devenu Max Kerkerian dans le film), lieutenant à Sarzac, village paumé du Lot, enquêtant sur une profanation de sépulture et un vol d’archives à l’école primaire du village.

Et les archives dans tout ça ?

L’enquête du lieutenant Abdouf commence par un appel de la directrice de l’école primaire. Quelqu’un s’est introduit dans l’école de manière précautionneuse, mais à priori rien n’a été volé. Finalement on réalise que des archives ont été volées. Il est assez difficile de s’apercevoir de vols dans les archives….

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« Tout est rangé sous les combles, suivez-moi. Personne n’y va jamais » déclare la directrice. Des archives stockées par obligation mais ne bénéficiant d’aucun signe d’intérêt. Karim Badouf est frappé par « l’odeur du papier sec et poussiéreux » . Une odeur que connaissent bien les archivistes qui doivent travailler sous les toits dans des pièces non ventilées !

A partir de là, Karim Abdouf va mener son enquête, recherchant tout document d’archives concernant l’enfant dont la tombe a été profanée. Les Rivières Pourpres étant un roman policier, le travail de l’enquêteur va consister à trouver des preuves, la plupart du temps des documents. Rien de neuf. La particularité ici est que le lieutenant Abdouf va passer la moitié du roman à courir derrière des archives prouvant l’existence de Jude Itéro, cet enfant enterré à Sarzac. Encore une fois, le lien entre identité et archives est ici d’une importance primordiale !

Mais le rapport aux archives est aussi fondamental dans le twist de la révélation finale !

Niémans apprend lors d’un interrogatoire que des fiches de naissance ont été retrouvées dans le casier du père d’une des victimes. Cela titille notre inspecteur. L’interlocuteur, un ophtalmologue du crû explique la situation.

L’hôpital universitaire avait lancé un projet d’informatisation des archives. Des experts ont été envoyés pour écumer les sous-sols regorgeant de « vieux dossiers poussiéreux » pour évaluer le travail de saisie. Durant les recherches, ils ont retrouvé des fiches de nourrissons, seules, hors de leurs dossiers, dans l’armoire d’un employé de la bibliothèque. Un fait décrit comme anodin, une possible erreur administrative, mais dont on a parlé dans les journaux régionaux (quand même). Le plus étonnant est que les dossiers des nourrissons concernés n’étaient pas lacunaires et comportaient bien cette fiche de naissance. Les doubles ont été rapatriés aux archives, ces dernières étant « maintenues » tant que le projet d’informatisation n’était pas achevée.

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Niémans décide d’aller les voir, il appelle l’archiviste pour avoir les renseignements (bien sûr en pleine nuit un archiviste sait parfaitement où se trouvent tous les dossiers dans un magasin….) et découvre le pot-aux-roses.

Ce twist est riche d’enseignements au-delà de l’histoire même du roman. Premièrement, on voit que la motivation première qui a amené à la découverte est un projet « d’informatisation » sans aucune précision sur sa nature, caractère vague que l’on retrouve chez de nombreuses personnes novices dans ce domaine, qui voient l’informatique comme une panacée. Ici clairement l’idée est de faire de la place, sûrement en vue de détruire les dossiers papiers. En outre la nature des soi-disant « experts » n’est pas précisée.

Ce que je trouve le plus drôle est la contradiction entre le fait que la découverte de ces documents est une broutille et le fait que les médias régionaux en parlent…d’autant que les archives trouvées ne sont pas « sexy » : il ne s’agit pas de documents historiques inédits, mais de documents administratifs. Si les médias étaient avertis dès la découverte d’archives dans des lieux insolites, on en parlerait presque tous les jours !!

Rivières_Pourpres_2Enfin, ce cas évoque aussi la question de la véracité des archives : s’agit-il de doublons ou de faux ? L’enquête va le révéler, mais cela rappelle que les archives transmettent avant tout une information. Que l’on croit vraie. Mais qui ne l’est pas toujours. Les archives peuvent être fausses. Volontairement ou non. D’où le nécessaire croisement des sources dans le cadre de la recherche historique.

Ainsi Les Rivières pourpres évoquent bien des facettes et des clichés autour des archives : support de l’identité, base de recherche, conception économique, manque d’intérêt ou encore véracité des informations. Un livre à lire pour les amateurs de l’auteur et de son univers.

Marc Scaglione

RED (Retraités Extrêmement Dangereux) est un film d’action comique de Robert Schwentke (Divergente 2 et 3). Ce film raconte le quotidien d’une bande de retraités… de la CIA.

Red_1L’histoire débute avec Frank, qui vit une vie de retraité tout à fait banale.

Tout bascule le soir où celui-ci reçoit la visite d’une équipe d’intervention qui a pour mission de l’éliminer. Ainsi commence la traque aux retraités, qui vont, bien entendu, riposter. Pour ce faire, Frank se retrouve avec Sarah, standardiste de sa caisse de retraite avec qui il parle très souvent de lecture, et surtout toute une bande d’anciens agents, alliés comme ennemis (CIA, KGB, MI6), tous aussi retraités que lui, ou du moins qui devraient l’être. Cette joyeuse bande se retrouve donc filée par un jeune agent de la CIA, Cooper, qui se rend bien vite compte que Frank a des compétences plutôt musclées et offensives pour un ancien analyste, ce qui le décide à se poser quelques questions.

Et c’est exactement à ce moment que ce jeune agent découvre le service indispensable….. Les archives de la CIA.

Et les archives dans tout ça ??

Etant donné que ces archives sont censées être top secrètes, seules les personnes ayant l’habilitation peuvent connaitre ce service. Ce qui n’est pas le cas de notre ami, sûrement trop jeune aussi. C’est donc sa supérieure qui lui apprend l’existence du service, et lui donne le numéro de  dossier de Frank, qu’elle connaît bien entendu.

Rappelons tout de même qu’il s’agit ici d’une comédie. Malgré quelques exagérations, l’archiviste et les archives sont représentés de façon assez traditionnelle.

C’est un lieu qui n’est pas du tout ouvert à tout le monde. Seuls les plus gradés et les plus anciens savent que ce service existe. C’est à croire que seuls les retraités, comme Frank, et les archivistes eux-mêmes connaissent son existence.

Ensuite, l’archiviste est un gardien du savoir bien solitaire. Il se retrouve seul, au fond du couloir qui précède la salle des archives, et sûrement au sous-sol. Là encore, être archiviste a l’air d’être un métier bien monotone.

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le bureau d’Henry, l’archiviste…un peu sombre

Ce gardien du savoir sait d’ailleurs tout, et n’a absolument pas besoin d’un quelconque outil de recherche pour retrouver les dossiers demandés.

Par contre, le fait que nous soyons en présence des archives de la CIA, donc sensibles voire secrètes, peut donner une certaine légitimité à la sécurité déployée autour de celles-ci. Même si ces mesures me semblent totalement exagérées ici.

Les archives sont comme un trésor gardé précieusement. Pour y accéder, Il faut savoir que l’étage existe, étant donné qu’il n’y a aucune indication sur le panneau de l’ascenseur. Ensuite, il faut passer par une porte sécurisée avec un code changeant toutes les 6 heures. A partir d’ici, la présence de l’archiviste est nécessaire pour atteindre les archives, ce qui, en soi, n’a rien d’anormal. Celui-ci mène Cooper dans la chambre forte, fermée par une porte semblable à celle d’un coffre fort de banque, entourée de barreaux.

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Une entrée solennelle

Mais la sécurité n’a finalement pas l’air si importante que ça. Après tout, ce ne sont que les archives de la CIA ! Ainsi, la porte a beau être protégée par un système sophistiqué de code, le mur, quant à lui est complètement vide. Un bon coup de pied, et nous voila dans le service.

Cooper se retrouve donc dans la salle des archives, qui semble correspondre à l’idée que l’on se fait d’un service d’archives. Mais on déchante assez vite. A la CIA, seule une table est mise à disposition pour consulter les documents (pas vraiment la place pour une salle de lecture apparemment).

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Tu veux t’asseoir ? Tant pis pour toi !

Les dossiers sont conditionnés dans des étagères en métal, dans des pochettes recouvertes d’une ribambelle d’écriture, et donc pas forcément idéales pour la conservation. Et pas de cotation! L’archiviste doit vraiment connaître par cœur les dossiers.

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La pochette est loin des normes de conservation

Ensuite, le seul point de sécurité qui aurait été nécessaire n’a pas été mis en place : aucun fichier traçant le dossier. Frank s’en va tout simplement avec le dossier qu’il est venu consulter.

On voit en parallèle des archives de la CIA les archives de Marvin, agent retraité paranoïaque qui conserve tout en format papier.

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Marvin a encore des progrès à faire en classement !

Ceci donne un bon exemple de ce à quoi les archivistes peuvent être confrontés lors de collecte. Ici, les archives sont sens dessus-dessous et sans organisation apparente. Nous  sommes face à un entassement de documents, dont seul le propriétaire connaît le sens et où il saurait retrouver ce qu’il cherche.

En dépit de toutes les exagérations du film, on peut voir que les archives revêtent une grande importance, notamment pour garder une trace de ce qui a été fait. Malgré cela, elles restent quand même dans l’esprit général quelque chose qui peut être secret et sont donc à cacher. De ce fait, et du fait qu’elles soient manipulables avant leur classement, des abus peuvent être commis. On peut voir dans le film que certaines archives ont été noircies de peur qu’elles ne révèlent trop d’informations sensibles.

La surprotection de ce type de document reste d’ailleurs une vraie problématique archivistique en France (comme les archives relevant du secret d’état par exemple). Cependant on voit bien que dans une démarche de recherche, les archives, quand on sait que l’on peut y accéder librement, sont souvent la clef de tout.

Léna Lachaux

Adapté des six romans policiers à succès du Danois Jussi Adler-Olsen, Les Enquêtes du Département V, comportent 3 opus au cinéma.

Misericorde_1Récompensé par des prix littéraires scandinaves, l’auteur connait un grand succès auprès du public. Le lecteur retrouve dans ces romans les ambiances noires et les intrigues qui font le succès des auteurs nordiques dans le genre thriller policier, tel que Stieg Larsson et son Millénium ou Camilla Lackberg et La sirène.

La mutation aux services ….. des archives

L’inspecteur Carl Morck travaille au service criminel de la police judiciaire danoise. A la suite d’une intervention avec son équipe, un de ses coéquipiers est tué et l’autre restera lourdement handicapé. Il fait une grave dépression, sa femme le quitte et il sombre dans l’alcool.

Lorsqu’il est jugé apte à reprendre du service, sa hiérarchie lui signifie sa mutation au Département V, service d’archivage des affaires classées. L’objectif est clair, reprendre toutes les enquêtes classées depuis les 20 dernières années, les trier et les clore ….

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L’assistant

Pour atteindre les objectifs fixés, on lui attribue un assistant, Hafez El Assad. C’est un jeune policier inexpérimenté dont personne ne veut dans les services…

Le bureau des affaires classées

Le service est situé dans les sous- sol des services de police. C’est un vaste vrac d’objets et de boites d’archives entassées. Heureusement que l’assistant est motivé ! Il met de l’ordre et propose une méthode de tri bien personnelle : afficher les affaires sur le mur pour choisir celles qui sont à traiter chaque semaine…

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L’affaire

L’inspecteur, refusant son rôle « d’archiviste judiciaire » va se pencher sur des affaires non résolues non pas pour les fermer, mais pour les rouvrir. L’assistant proteste « le chef nous a demandé de classer les affaires … ». Les deux enquêteurs s’intéressent à l’affaire d’une victime déclarée hâtivement décédée par suicide … mais aucun cadavre n’a été retrouvé.

L’énigme

Les deux compères vont analyser les documents de l’affaire et retracer dans le détail la vie de victime qu’il considère comme disparue et non suicidée. La victime, une jeune femme orpheline qui s’occupe de son frère handicapé, disparaît lors d’une traversée à bord d’un ferry avec ce dernier. Son frère ne peut pas s’exprimer à cause de son handicap et la victime n’est pas réapparue depuis 5 ans. Le film alterne des séquences du passé et du présent, tenant le spectateur en haleine grâce à une intrigue bien construite et une affaire originale.

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La résolution de l’affaire

Grâce aux archives bien sûr ! Une collection complète de photos va leur permettre de remonter la piste et de résoudre l’affaire en identifiant le kidnappeur et l’endroit où la victime est retenue contre son gré.

Et les archives dans tout ça ??

L’auteur introduit le premier opus de sa série policière en montrant une image ringarde des archives, à travers le choix des protagonistes – un policier dont la carrière est finie et un jeune débutant. Le policier mis au placard après une faute et une dépression est une figure classique de la littérature policière et son reclassement aux archives l’est tout autant.

L’image ringarde des archives peut se lire aussi dans la description des lieux : un débarras poussiéreux et jamais éclairé par une quelconque lumière naturelle. En Europe du Nord comme en France, travailler dans un service d’archives est perçu comme une punition … et les archives pâtissent d’une image vieillotte.

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un peu sombre…et encombré !

Au fur et à mesure du déroulé de l’intrigue, on note cependant l’importance croissante des archives dans l’enquête.

A l’origine constituées comme moyen de preuve, elles deviennent un atout pour comprendre la vie de la victime et identifier son ravisseur. Au final, le dénouement heureux de l’enquête aboutit grâce aux archives photographiques et à la compétence des deux agents. Ainsi, le premier opus se termine sur une image positive, à la fois pour les personnages, qui sont félicités et pour l’importance des documents d’archives quel que soit leur support.

Florence Masson

Les habitués du blog ont déjà noté ma forte propension à regarder n’importe quel film d’horreur me passant sous le nez. Par une après-midi pluvieuse, pourquoi ne pas en tester un ? Allez, c’est parti pour Mama, un film hispano-canadien sorti en 2013 co-scénarisé par Neil Cross, Andrés et Barbara Muschietti. C’est également Andrés Muschietti qui assure la réalisation de ce long métrage. Le film a été primé au festival de Gérardmer.

Mama_1Le début du scénario n’est pas très clair : un homme tue sa femme et s’enfuit de la maison familiale avec ses deux filles Victoria, trois ans et Lili, un an. Le père de famille conduit trop vite et évidemment, il a un accident, erre dans la forêt, trouve une cabane déserte un peu étrange. Au moment où il décide de tuer ses filles – mais alors pourquoi ne pas le faire dans la maison au lieu de s’enfuir….mystère – une entité l’en empêche en le déchiquetant.

Les petites filles retournées à un état semi-sauvage sont retrouvées dans la cabane cinq ans plus tard et sont confiées à leur oncle Lucas et sa compagne Annabel sous l’égide d’un psychiatre, le docteur Dreyfuss. Des événements étranges se multiplient, les fillettes étant en fait accompagnées par l’entité qui les a sauvées et qu’elles appellent Mama. Autant vous dire que ce fantôme n’est pas hyper sympa…

Et les archives dans tout ça ??

C’est le psychiatre des deux fillettes, le docteur Dreyfuss qui a recours aux archives à deux reprises. En effet, lors des séances d’hypnose avec Victoria, la plus grande des deux enfants, le docteur apprend l’existence de « Mama », une entité mystérieuse qui est en réalité le fantôme d’une femme qui s’est suicidée avec son bébé d’après les dires de Victoria.

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Voici donc notre brave médecin se rendant aux archives de Clifton Forge où il rencontre Louise, l’archiviste, une femme d’un âge mûr affublée d’un pull over…un peu passé de mode il faut bien le reconnaître. Pour autant, Louise échappe à la plupart des clichés : elle est accueillante avec son usager, se plie en quatre pour le renseigner et connaît plutôt bien ses fonds. Elle pousse même la conscience professionnelle en rappelant l’usager chez lui en soirée pour lui demander de repasser aux archives car elle a pu faire une trouvaille intéressante.

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La salle de lecture des archives est assez petite mais il y a peu de lumière naturelle et les tables sont équipées de petites lampes pour permettre aux lecteurs de compulser les documents sans s’arracher les yeux. La salle de lecture jouxte les magasins qu’on aperçoit en arrière-plan et il ne semble pas y avoir de porte séparant les deux ce qui montre une petite faille dans la sécurité puisque les lecteurs pourraient être tentés d’y faire un tour sans la présence de l’archiviste.

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Lors de son second passage aux archives, le docteur Dreyfuss pénètre dans ces fameux magasins et je dois dire que je tombe des nues : la ville où se trouvent les archives ne semblent pas très grande mais les dépôts sont immenses : on voit des archives s’étaler du sol au plafond, on se demande d’ailleurs au passage comment les archivistes font pour aller chercher les dossiers qui se trouvent tout au dessus, en tous les cas, ce serait sans moi, j’ai le vertige !

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Plus étrange, Louise, notre archiviste au pull décoré par une tête de loup, semble trouver cela normal en disant que toutes les archives ont des salles comme celles-ci « remplies d’objets oubliés », en l’occurrence de morceaux de corps humains qui ont été récupérés dans un ancien cimetière. Alors, rétablissons tout de suite les choses : non, toutes les archives ne sont pas dotées d’un immense magasin rempli d’ossements des cimetières disparus et même si dans une série Obj, il nous arrive de retrouver quelques reliques, nous n’abritons pas, à ma connaissance, tous les ossements des habitants de la ville.

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Enfin, dernière étrangeté, Louise embarque une petite boîte qui se trouve donc dans ce fameux dépôt et la donne au docteur Dreyfuss qui l’embarque chez lui. Ok Louise, ce sont des ossements dont tu es pressée de te débarrasser mais les archives publiques ne sont-elles pas inaliénables ?

Allez, on lui pardonne à notre archiviste : grâce à elle, tout se passe un peu moins mal que prévu dans ce film mais pour en juger, il vous faudra le visionner.

Sonia Dollinger