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Victor Vran est un jeu vidéo d’action RPG de type hack’n’slash – le jeu le plus connu du genre est Diablo – développé par le studio indépendant bulgare Haemimont Games (Tropico, Surviving Mars), édité par EuroVideo Medien et sorti en 2015. Le jeu a un DLC dans lequel s’invite Lemmy Kilmister et qui s’intitule « Motörhead Trough the Ages ».

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Nous incarnons Victor Vran, un chasseur de monstres. Au lancement du jeu, Victor arrive aux portes de la cité de Zagoravie, détruite et envahie par des hordes de démons et de morts-vivants, à la recherche de son meilleur ami Adrian, chasseur de son état, porté disparu. Nous découvrons finalement qu’Adrian a été transformé en vampire. Après l’avoir tué, Victor décide de rester en Zagoravie pour enquêter sur l’origine de cette invasion.

Et les archives dans tout ça ??

Victor, parcourant les ruines, est hanté par un spectre : celui du tzar Borimir, fondateur de la cité de Zagoravie et de l’ordre des Chasseurs. Ses paroles cryptiques vous enjoignent de retrouver sa tombe. Victor se rend au Palais, siège de la résistance aux démons, et s’enquiert auprès de la reine Katarina du lieu d’inhumation du tsar.  Mais cette information semble être tombée dans l’oubli. La Reine Katarina lui conseille de visiter le manoir de la famille Volkov, gardienne des annales du royaume et disparue lors de l’invasion. Peut-être les archives sont-elles la solution ?

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Des archives encore nécessaires

 

Victor visite le manoir, empli de démons. Il finit par retrouver les archives : au grenier évidemment et pas dans un très bon état… mais elles sont gardées : les Volkov ne sont pas morts et veillent jalousement sur leurs trésors. Pire ce ne sont pas des humains, mais des vampires. Et quand on s’y arrête un instant, y a-t-il plus proche figure mythologique de l’archiviste que le vampire ?

Adepte des caves, de l’obscurité, pâle et au comportement étrange, le vampire est une créature ancienne qui connaît l’Histoire du monde pour l’avoir vécue. Sans l’avoir vécu lui-même, l’archiviste de par son métier connaît bien l’histoire du lieu où il exerce son office. Quant aux autres caractéristiques précitées, elles sont souvent associées au cliché de l’archiviste !

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Des archives pas très bien installées

Après avoir vaincu les Volkov, vous pouvez consulter les archives. Vous y trouvez finalement l’information recherchée. Encore une fois les archives font avancer l’enquête ! L’élément le plus intéressant est aussi de voir la mainmise d’une famille sur les informations du royaume. Les archives ne sont pas détenues dans le Palais et pas gérées par la monarchie. Ce qui induit une perte de pouvoir de la reine, une fragilisation de l’institution monarchique et un pouvoir important entre les mains des Volkov.

Marc Scaglione

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d-HARRIS-plonRobert Harris est un journaliste, romancier et scénariste anglais, notamment connu pour son roman The Ghost Writer, porté à l’écran par le réalisateur Roman Polanski. Je vais m’attacher à vous présenter An Officer and a Spy, titre traduit en français par la simple initiale D., œuvre qui fait également l’objet d’une adaptation par le même cinéaste – la partie parisienne du tournage vient de s’achever.

Celui-ci a pour objet l’Affaire Dreyfus. Est-il vraiment nécessaire de présenter l’un des plus grands scandales politiques et médiatiques du tournant des XIXe et XXe siècles, qui instaura le schisme de la gauche et de la droite politiques françaises, et révéla un antisémitisme latent, et même croissant.

Ce dossier, que La Grande Muette a voulu « refroidir » au plus vite, c’est avant tout la vie et la carrière d’un homme que ses supérieurs ont choisi de briser. Par calcul, par jalousie aussi ; car le capitaine Alfred Dreyfus était jeune, Juif et Alsacien, riche, intelligent, brillant et ambitieux : aux yeux de tous, un parvenu qui vit sur des rapines perpétrées au lendemain de la défaite de 1870 face aux Prussiens. En bref : le bouc-émissaire idéal. L’accusation reposait en fait sur des pièces à conviction forgées et un dossier secret vide de toute preuve tangible. Il en reste que le brûlot a marqué l’Histoire au fer rouge, et continue de faire couler de l’encre vive…

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Carte postale illustrée par un portrait photographique du capitaine Alfred Dreyfus. Impression photomécanique bistre, domaine public. Source : Ville de Paris / BHVP / Roger-Viollet. Cote de l’exemplaire numérisé : CPA-1137

Et les archives, dans tout ça ??

Une évidence, voire même plusieurs… gare aux très nombreux spoilers qui vont suivre !

Le narrateur-enquêteur se trouve en la personne de Marie-Georges Picquart, tout juste promu colonel et chef de la nouvelle section de Statistique – c’est-à-dire le noyau du contre-espionnage français. Pour les besoins de ses enquêtes, cette section fait appel aux services d’Alphonse Bertillon, expert en graphologie. Elle compte parmi ses effectifs l’archiviste « semblable à un insecte » Félix Gribelin, un vieux garçon d’un âge impossible à déterminer, au corps sec et sempiternellement vêtu de noir, plus loin décrit par le militaire au regard acéré comme un « bureaucrate servile » doublé d’un « cadavre ambulant ». L’homme est assurément discret, et détenteur de fichiers explosifs, notamment une liste de cent milles noms qui pourrait bien être liée à la non moins scandaleuse « Affaire des Fiches » qui surviendrait quelques décennies plus tard…

Néanmoins, son système de classement doit être rudement bon, puisqu’il ne faudra que quelques minutes à notre colonel Picquart pour en comprendre le système de classement. Celui-ci s’offre même le luxe de noter les cotes de chaque pièce, alors qu’il a pénétré dans la salle d’archives par effraction.

Il est intéressant que le terme de « bordereau » est en français dans le texte original. C’est à partir de ce frêle morceau de papier pelure qu’on tira de multiples copies photographiques, et dont l’une d’entre elles, faussée et dûment validée par une analyse biaisée de Bertillon, qui servit de pièce à conviction centrale lors du procès de 1894, en plus de lettres et télégrammes rédigés par plusieurs hauts gradés.

Au fur et à mesure de son enquête, le brave Picquart se rend compte que son ancien élève officier a été ignominieusement piégé, et que lui-même a joué un rôle actif dans la dégradation et la perte de cet homme. Son opiniâtreté a faire éclater la vérité, à savoir que le commandant Charles F. W. Esterhazy est le véritable traître, balise son chemin vers la libération du malheureux prisonnier de l’Île du Diable, ainsi que sa propre rédemption.

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Carte postale illustrée par un portrait photographique du colonel Georges Picquart. Impression photomécanique noir et blanc, vers 1898. Source : Ville de Paris / BHVP / Roger-Viollet. Cote de l’exemplaire numérisé : CPA-1051-(001-003)

Je serai bien plus brève sur la seconde partie du récit.

Notre homme est d’abord limogé – à Sousse, Est de la Tunisie, aux Colonies. Il n’a pas dit son dernier mot, et demande auprès du général Jérôme Leclerc, une permission de rentrer une semaine à Paris. Celle-ci sera bien remplie : visite à son avocat, rédaction d’un testament, d’une lettre au Président de la République, envoi de copies de preuves à diverses personnalités irréprochables.

Quelques mois plus tard, la « bombe » éclate, dans l’Agence Nationale, Le Matin, Le Figaro, La Libre Parole, Le Petit Parisien, L’Éclair, L’Aurore… Dreyfusards et anti-dreyfusards se regardent en chiens de faïence lorsqu’ils ne se lancent pas des piques.

Le colonel Picquart est convoqué, interrogé, harcelé par les journalistes, traqué par la Sûreté (la police d’information et de surveillance). Il doit constamment conserver son arme à portée de main. Il fait tout de même connaissance avec ses camarades de lutte pour la vérité et autres sympathisants, au nombre desquels Lucie et Matthieu Dreyfus, et, évidemment, Émile Zola.

Un simulacre de procès se déroule sans accroc ; le lendemain, dès l’aube, la lettre ouverte « J’accuse ! » fait trembler les vainqueurs du « syndicat juif » acclamés la veille.

Duel d’honneur, nouveau procès aboutissant à une remise de peine, tentative d’assassinat ; enfin, le faux et l’usage de faux est prouvé ; Dreyfus n’est complètement acquitté qu’en 1906, et promu commandant. Picquart, quant à lui, est fait général, et nommé ministre de la Guerre par le président du Conseil Georges Clemenceau.

Fruit d’un solide travail de documentation, d’une rédaction et traduction de qualité, et d’un souci du détail et de la simplification, cette œuvre plonge au cœur d’une intrigue bâtie sur des archives secrètes – qu’elles soient fausses ou véritables.

Duna

Le deuxième tome de Clos de Bourgogne, tête de cuvée, est une bande dessinée scénarisée par Corbeyran et illustrée par Nicolas Bègue. Le titre sort chez Glénat en 2019 après un premier volume intitulé Le Monopole sorti en 2016.

Quelle est l’histoire ?

Clos_Bourgogne_1Mathieu Lorphelin est un vigneron-négociant qui ne ménage pas ses efforts pour faire de son domaine un vignoble d’exception et faire fructifier l’héritage qu’il tient de sa famille. Ses vins sont renommés et il fait partie d’un petit groupe de vignerons très en vue qui se retrouvent régulièrement lors de dîners afin de goûter leurs grands crus et d’échanger sur leurs expériences de dégustation. Tout semble donc aller pour le mieux pour cet entrepreneur terrien couvert d’éloges. Pourtant, un coup de fil vient troubler sa quiétude. Son régisseur lui demande de venir au plus vite pour constater les dégâts : les ceps de ses vignes ont été sciés volontairement. Qui peut en vouloir à Mathieu ? Jalousie, compétition ? Tout est possible et le vigneron va devoir mener l’enquête.

Et les archives dans tout ça ??

Dans un premier temps, l’enquête s’oriente vers un règlement de comptes au sein même du domaine mais cela semble presque trop simple. Les dégradations se multipliant, il devient urgent pour Mathieu de trouver son adversaire qui menace de ruiner tous ses efforts. Ses discussions s’orientent sur une piste plus ancienne et le mène aux Archives municipales de Beaune après une discussion avec le directeur du Lycée viticole.

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Etant directrice des Archives de Beaune, je peux vous dire que c’est une vraie fierté de voir son service dans une bande dessinée. Cela permet aussi de voir comment un scénariste et un dessinateur peuvent travailler pour intégrer cet élément au scénario. Corbeyran envoie son héros faire des recherches au service des Archives et même s’il se sert lui-même dans les rayonnages – ce qui n’arrive jamais en réalité, je vous rassure – l’ensemble des deux pages consacrées aux Archives est extrêmement réaliste. Les documents consultés par Mathieu existent vraiment puisque je les ai moi-même pris en photo pour les envoyer à Corbeyran qui était très précis dans ses demandes. Il s’agissait de trouver des documents notariés du XIXe siècle ainsi que des journaux de la même période. L’hôtel de ville de Beaune, les magasins d’archives et la salle de lecture sont très fidèles. Nicolas Bègue, le dessinateur, a travaillé d’après photos n’ayant pas la possibilité de se déplacer.

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J’ai apprécié l’image positive de l’archiviste qui se soucie de son lecteur en venant le voir afin de s’assurer qu’il trouve les documents qui lui sont nécessaires.

Le passage de Mathieu aux Archives était salutaire puisqu’il l’aide à résoudre son enquête qui trouve sa clef dans une rancœur ancienne. Encore une fois, la fiction rejoint la réalité : pour comprendre le présent, il faut parfois plonger dans le passé.

Sonia D.

Mercy, Mary, Patty est un roman de Lola Lafon paru en 2017 chez Actes Sud. L’autrice a été récompensée à plusieurs reprises pour son ouvrage La Petite Communiste qui ne souriait jamais, un titre qui a été traduit en plusieurs langues.

Quelle est l’histoire ?

Mercy_Mary_PattyGene Neveva est une universitaire américaine invitée pour un an en France, dans une petite ville landaise. Elle est chargée de rédiger un rapport pour l’avocat de Patty Hearst, petite-fille du célèbre magnat de la presse, William Randolph Hearst – qui a, entre autres, servi de modèle pour Citizen Kane – enlevée par un groupuscule révolutionnaire dont elle a vite épousé la cause.

Afin de dépouiller les multiples articles de presse et le volumineux dossier qui lui a été confiée, Gene Neveva embauche une jeune étudiante, la timide Violaine, qui se prend assez vite de passion pour l’affaire Hearst et pour Gene Neveva. Toutes les deux vont retracer pas à pas l’étonnant parcours de Patty Hearst.

Avec cet ouvrage, Lola Lafon se livre à une véritable enquête sur Patty Hearst et démontre que les apparences et la réalité ont parfois bien du mal à se démêler.

Et les archives dans tout ça ??

Les archives sont évoquées une première fois lorsque Gene Neveva et Violaine discutent à propos de la thèse rédigée par l’universitaire américaine. Ses recherches avaient, en effet, porté sur le sort de femmes enlevées par des Amérindiens en 1704. C’est après avoir vu une plaque mentionnant l’affaire que Gene s’est rendue « aux archives de Smith » pour y dénicher « une documentation qui n’intéresse plus grand monde« . Certes, cependant, les archives donnent des précisions sur des faits précis qui se sont déroulés au XVIIIe siècle et sans ces archives, cette plaque de rue ne serait finalement qu’une mention courte sortie de son contexte. Fort heureusement, parfois, un fait interpelle un chercheur et le conduit aux archives. Ces dernières donnent d’ailleurs une version de l’histoire moins manichéenne qu’on le souhaiterait : nombre de ces femmes enlevées par les Indiens n’ont pas voulu être « libérées » et ont préféré continuer leur vie avec leur nouvelle famille.

C’est à travers les yeux d’une jeune femme qui fréquente Violaine que les archives vont ensuite réapparaître. Violaine raconte à son élève sa fascination pour Gene Neveva et Patty Hearst. La jeune femme fascinée décide de partir aux Etats-Unis étudier dans l’université où Neveva enseigne. Elle a ainsi accès « aux archives complètes du procès » de Patty Hearst. Elle tombe sur un carton d’archives dans lequel se trouve un film de l’attaque de la banque Hibernia par Patty Hearst et le groupe révolutionnaire dont elle a fini par devenir membre. Comment ce document se trouve-t-il dans un carton d’archives du Smith College ? Mystère, en tous les cas, notre étudiante y a accès sans le moindre problème. Elle accède également aux six cents pages du procès et passe ses journées aux archives et à la bibliothèque. On peut donc constater que l’accès aux archives judiciaires est relativement simple et surtout que ces documents se retrouvent dans des endroits plutôt inattendus. La jeune femme cherche aussi des preuves de la participation de Gene Neveva au procès de Patty Hearst mais les archives semblent indiquer que le rôle de Gene n’était pas aussi important que ce qu’elle a bien voulu en dire. Ainsi, il est toujours bon de confronter le récit autobiographique et les documents d’archives quand cela est possible afin d’avoir une vision plus équilibrée – sinon plus juste – d’un événement.

Enfin, notre étudiante démontre qu’il faut toujours replacer sa recherche dans un contexte. Elle ne se contente pas de consulter les archives du procès mais compulse également des fanzines de l’époque, des quotidiens, des tracts pour mieux s’imprégner du contexte politique et social. Une bonne leçon de méthode pour un chercheur en herbe qui aurait tendance à ne vouloir se contenter que des sources disponibles en ligne…

Un fait marquant, des assertions à vérifier, des recherches universitaires et une plongée dans les archives de l’Amérique des années 1970, les thématiques proposées ici recoupent les préoccupations des chercheurs et montrent l’importance des archives dans une démarche de recherche sérieuse.

Sonia Dollinger

 

 

 

Soleil vert est un ouvrage d’Harry Harrison dont le titre original est Make Room ! Make Room ! Cette oeuvre de Science-fiction paraît aux Etats-Unis en 1966 puis en France en 1974. Il sert de base à Richard Fleischer pour son film sorti sur les écrans en 1974 mais les deux œuvres sont assez différentes.

Quelle est l’histoire ?

Soleil_VertEn 1999, la planète est exsangue : la surpopulation a provoqué la raréfaction de toutes les ressources entraînant le rationnement drastique de la nourriture et de l’eau. Les gens s’entassent dans des logements trop petits et insalubres. De nombreux individus n’ont même plus de logement et meurent de faim et de froid dans l’indifférence générale tandis que les émeutes de la faim se multiplient et que s’affrontent partisans et adversaires du contrôle des naissances. Andy Rush, policier de son état, est chargé de mener l’enquête après le meurtre de Mike O’Brien, un riche homme d’affaires aux activités un peu troubles.

Et les archives dans tout ça ??

Tandis qu’Andy est à la recherche du meurtrier de Mike O’Brien, le gardien de l’immeuble de la victime se rappelle avoir vu un jeune coursier d’origine asiatique apporter un télégramme à Mike peu avant son décès. Andy remonte sa piste jusqu’à la Western Union, la firme chargée de distribuer les télégrammes. Le policier s’adresse alors au régulateur, monsieur Burgger, qui le reçoit de manière fort désagréable : « Ecoutez monsieur, je ne peux pas me souvenir de chaque télégramme que j’expédie. On a plein de boulot ici, et on ne tient pas d’archives. Un télégramme est reçu, distribué et accepté, et on en a fini avec lui. »

Voilà une entreprise bien étrange qui ne garde aucune trace de son activité et ne peut donc absolument pas retracer son historique en cas de litige. La Western Union semble être dans une notion d’immédiateté sans porter aucune attention à conserver le moindre document. Cela a de quoi surprendre lorsqu’on sait qu’elle utilise des coursiers avec un turn over important et que par elle transitent des informations qui peuvent parfois avoir une réelle importance. On est bien loin des normes ISO actuelles qui certifient la sécurité et la traçabilité des informations ! On voit donc que dans un monde déliquescent, la notion de service de qualité a bel et bien disparu.

Les archives apparaissent un peu plus loin lorsqu’Andy a recueilli les empreintes du meurtrier d’O Brien dont il sait désormais qu’il s’agit d’un jeune asiatique qui a travaillé comme coursier pour la Western Union. Soupçonnant qu’il puisse s’agir d’un réfugié politique venu de Formose, Andy n’a plus d’autre choix que d’aller consulter les cartes d’empreintes digitales établies lors de leur entrée aux Etats-Unis. Andy n’est pas ravi : « je vais probablement me retrouver toute la nuit enterré dans cette putain de cave« , parce que oui, vous l’aurez compris, les archives sont évidemment à la cave… Le calvaire d’Andy n’en est qu’à son début : comme aucun archiviste ne gère ce lieu, les dossiers d’empreinte sont dans le plus grand désordre, chaque enquêteur se servant allègrement et les reposant sans aucun sens du classement. Evidemment, l’air est irrespirable car il est « saturé d’une poussière presque trop épaisse pour respirer ». Andy passe donc des heures à éplucher chacune des fiches avant, enfin, de trouver la bonne.

Malgré les difficultés liées au désordre créé par la consultation anarchique des fiches, c’est bien dans les archives qu’Andy retrouve l’information capitale qui lui permet d’identifier le meurtrier qu’il recherchait. La machine policière peut désormais se mettre en marche.

Sonia Dollinger