Articles Tagués ‘archives’

Suisei no Gargantia est une série d’animation originale japonaise produite par le studio IG (Guilty Crown, L’Attaque des Titans). Elle a été réalisée par Kazuya Murata (Eureka Seven, Code Geass) et écrite par Gen Uroboshi (Fate/Zero, Psycho-Pass). La série comporte 13 épisodes et 2 OAV et a été diffusée en 2013. Comme il est d’usage en termes de pratique commerciale au Japon, un manga et des lights novels adaptés de la série ont été publiés.

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Quelle est l’histoire ?

Le vaisseau Avalon est une colonie humaine à la recherche d’une planète viable. Mais ses habitants luttent contre un ennemi sans pitié : les Hideauzes (sortes de pieuvres géantes). Durant une retraite, le sous-lieutenant Ledo (Red) est accidentellement projeté hors du vaisseau lors du bond supraluminique. Il se réveille sur une planète inconnue, recouverte d’eau sur laquelle les humains vivent dans de grandes flottes de navires : la Terre, le berceau perdu de l’humanité.

Et les archives dans tout ça ?

Lors de son réveil, après son accident, Ledo demande à Chamber, l’IA d’assistance au pilotage de son mécha où ils se situent. Après une brève analyse, Chamber postule qu’ils sont sur Terre, le berceau de l’humanité. Chamber va avoir des déclarations contradictoires : d’abord il indique que « son existence n’a été jusque là que suggérée dans nos archives [de l’Alliance galactique ndlr] » puis d’indiquer plus tard que « l’apparence actuelle de la Terre ne correspond pas à nos archives » dans lesquelles la Terre est une boule de glace. On se contredit donc… à moins que la suggestion soit un peu plus étoffée qu’évoquée premièrement.

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Dans tous les cas, Ledo décide qu’il faudra mener une enquête par la consultation « des documents historiques qu’on trouve ici« . Si cela démontre une certaine logique (celle du chercheur), cela montre aussi l’habitude qu’a Ledo d’accéder facilement à l’information via sa machine. Il en parle comme d’une évidence. Qui s’avérera trompeuse puisque sur la flotte du Gargantia, le passé se résume à une minuscule bibliothèque contenant parfois des savoirs incompréhensibles. Le reflet de la certitude de certains chercheurs qu’ils vont trouver des documents sur tous les sujets, là où il ne reste au mieux que rumeurs et légendes.

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recherche infructueuse

Plus tard dans la série, Ledo accède à une zone sous-marine jusqu’alors inaccessible aux humains, pleine de « trésors », nom donné par les Terriens aux reliques de l’ancien temps se trouvant au fond des océans. Ledo y découvre des archives dans des sortes de « puces ».

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La technologie de Chamber est tellement supérieure qu’il ne lui faut pas 20 secondes pour y accéder en nous décrivant toutes les étapes : récupération des archives à distance (suppression du problème de machines de lecture), recherche du standard des données puis émulation pour lecture (lisibilité des formats), restauration puis traduction (intelligibilité). On notera le travail de documentation sur la question de la pérennité des archives électroniques, même si nous n’avons pas encore trouvé de support capable de survivre à une ère glaciaire et à une immersion présumée pluriséculaire.

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Ces archives jouent un rôle primordial car elles impactent les personnages. D’ailleurs, il est intéressant d’étudier les réactions à chaud. D’un côté, Ledo considère vraies les révélations immédiatement. De l’autre, Chamber notant les contradictions avec l’histoire officielle, remet en cause la véracité des informations, peu crédibles et évoque une possibilité de désinformation et de complot. Les archives disent-elles vraies ? Comment le savoir ? Voilà des questions que tout journaliste, historien, archiviste, généalogiste, voire citoyen devrait se poser…

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Ces révélations sont d’une telle importance que cela impacte la société. Dès lors la superstition, les légendes et les rumeurs dont était fait le passé doivent être remplacées par la science, car le passé joue un rôle considérable pour l’avenir. La flotte du Gargantia ressuscite alors le métier d’archéologue afin, entre autres, de rassembler et étudier les archives trouvées lors des fouilles dans les ruines immergées.

Ainsi au travers de différents éléments, la série montre les archives comme un élément fondamental, un élément naturel pour ceux qui y sont habitués, mais qui forment un vide lors de leurs absences, vide souvent rempli par les légendes. Et de démontrer à quel point, l’impact de ces archives peut modifier la société et son orientation.

Marc Scaglione

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Nous voici arrivés à la lecture du troisième volume de la Passe-Miroir de Christelle Dabos. J’ai déjà eu l’occasion de vous dire tout le bien que je pensais de cette série de romans. La Mémoire de Babel, troisième opus de la série nous replonge avec bonheur dans les aventures d’Ophélie et Thorn.

La-memoire-de-BabelOphélie est de retour sur son arche natale, Anima, depuis plus de deux ans. Elle se morfond au milieu des siens. Elle est sans nouvelle de Thorn, son époux après les tragiques événements qui se sont déroulés sur le Pôle. Bien décidée à ne pas rester sans rien faire, Ophélie décide de se rendre sur l’arche de Babel, dépositaire des archives du monde. Pour parvenir à ses fins, Ophélie va devoir changer d’identité et faire preuve d’une volonté sans pareille. L’arche de Babel est, en effet, moins civilisée et moins paisible qu’il n’y parait…

Ce troisième opus continue sur la lancée des précédents, le rythme est toujours aussi intense, le suspense à son comble et les personnages principaux sont plus attachants que jamais. Christelle Dabos élargit son univers et l’on ne peut que s’en féliciter !

Et les archives dans tout ça ??

Vous l’aurez compris à la lecture du résumé ci-dessus, les archives sont au cœur des enjeux de ce volume puisque dès la quatrième de couverture, le lecteur est averti : l’enquête se passera sur Babel, dépositaire des « archives mémorielles du monde », on ne peut être plus clair !

Ophélie est sur Anima sans emploi. Sa mère se désespère et lui demande de se chercher une situation. Le grand-oncle propose alors de la prendre avec lui aux archives ce qui déplaît fortement : « le passé, toujours le passé ! » grommelle la mère d’Ophélie qui n’est pas sans rappeler les réactions d’individus que tout archiviste peut croiser : pourquoi vivre dans le passé ? On s’en fiche de ces vieux trucs etc. On l’a tous entendu ! Pourtant, l’archiviste est ici le symbole de la libre pensée qui s’oppose à la bien-pensance de sa famille, celui qui voit au delà des apparences.

Pourquoi Ophélie se rend-elle sur Babel ? parce que son grand-oncle archiviste lui procure des informations : des photographies anciennes tirées des archives qu’il a eu bien du mal à se procurer car, on le sait depuis le volume précédent, les archives sont verrouillées par les Doyennes qui sont bien conscientes du caractère sensible des documents.

Peu de temps après son arrivée sur Babel, Ophélie se rend au Mémorial qui est une sorte de Bibliothèque, mâtiné d’un service d’archives. On peut consulter les documents du Mémorial mais pas les emprunter et on proclame bien haut que tout est consultable. Toutefois, les archives ont dû subir une épuration car Ophélie note vite : « il n’y avait pas non plus d’archives militaires; à croire que même ici, où était censée reposer la mémoire de l’humanité, il ne subsistait rien des guerres d’autrefois. » Nous sommes ici au cœur d’une problématique que l’archiviste connaît bien : il sait bien que son fonds est loin d’être complet et que le tri a été fait avant le versement des dossiers aux archives ! Bien que source essentielle pour l’Histoire, les archives sont inévitablement incomplètes et elles sont aussi intéressantes pour ce qu’on y trouve… et ce qu’on n’y trouve pas.

L’auteur mentionne plus loin l’existence de maîtres censeurs chargés de faire disparaître les ouvrages et documents jugés compromettants, ce qui n’est pas sans rappeler 1984 de George Orwell. Certains censeurs trop dévoués sont même rappelés à l’ordre car ils sont trop zélés ! Faut-il y voir l’allégorie de l’archiviste qui détruit entre 70 et 80 % de ce qui lui est versé et des divergences entre les archivistes qui jettent allègrement et ceux qui ont davantage de scrupules, réfléchissant aux critères de tri avant de les appliquer sans vergogne ? Toutefois, il existe une trace de ce qui a été détruit « aux archives de la censure », ce qui pourrait s’apparenter à nos bordereaux d’élimination qui permettent de garder une trace des archives détruites et donc une forme de transparence.

Si les archives militaires semblent avoir disparu, ce n’est pas le cas des archives courantes qui sont en cours de classement et submergent les personnels chargés de les ordonner : on parle de « piles d’archives ministérielles » qui semblent assez importantes en volume.

Christelle Dabos évoque aussi brièvement les soucis que peut causer une mauvaise conservation des documents : un registre détérioré ne peut livrer toutes les informations nécessaires à la résolution d’une énigme par exemple.

Archives et bibliothèques sont omniprésents dans le récit et sont essentiels à la progression de l’histoire. L’auteur connaît les problématiques liées à l’archivistique et les insère intelligemment dans son histoire.

La mémoire de Babel passant par les archives, il est conseillé de ne pas passer à côté de cet excellent titre !

Sonia Dollinger

Black Mirror est une anthologie télévisuelle britannique. Comportant trois saisons, chaque épisode est indépendant, traitant d’une histoire originale avec pour thème commun l’impact des nouvelles technologies sur la société et l’individu.

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L’épisode qui nous intéresse aujourd’hui est la premier épisode de la saison 2 intitulé Bientôt de retour (Be Right Back en VO). Il a été diffusé pour la première fois en février 2013 en Grande-Bretagne et en mai 2014 en France. Au scénario on retrouve le créateur de la série Charlie Brooker (aussi connu pour sa mini-série Dead Set). L’épisode met en scène l’actrice Hayley Atwell, connue pour son rôle de Peggy Carter dans Captain America, et Domhall Gleeson (Bill Weasley dans la saga Harry Potter, Général Hux dans la nouvelle trilogie Star Wars).

Quelle est l’histoire ?

Ash et Martha sont un jeune couple et viennent d’emménager dans la maison familiale d’Ash. Alors que celui-ci ramène la voiture de location, il meurt dans un accident. Dévastée, la jeune femme est inscrite à son insu à un programme psychologique d’accompagnement au deuil. Ce programme permet aux endeuillés de discuter avec leurs morts. Comment ? Une intelligence artificielle est construite à partir des traces numériques du mort. D’abord réticente, Martha finit par s’impliquer sans en réaliser vraiment les conséquences..

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un jeune couple amoureux

Et les archives dans tout ça ?

Les archives ne sont pas le cœur de l’épisode, le mot même n’y est même pas prononcé. Pourtant, le récit offre un point de vue intéressant sur la question de l’identité et sur son support : les archives.

La simulation d’Ash via l’IA est basée sur l’ensemble du matériel qu’il a déposé en ligne, photo, statuts, messages, mais aussi historiques de navigation. A travers les archives d’Internet, une personnalité est reconstruite. Lorsque Martha désire lui parler et non plus seulement lui écrire, elle ajoute à la simulation un certain nombre d’archives audiovisuelles (vidéos, enregistrement). Cela enrichit la personnalité. Puis finalement en manque d’interaction, elle commande un clone synthétique de son mari dans lequel l’IA est implanté. Elle finit par réaliser que le clone n’est pas son compagnon, mais une copie parcellaire, « des fragments ».

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Ajout d’archives

Si l’épisode évoque des thématiques lourdes comme le deuil, il parle aussi d’identité. Il démontre que les archives sont avant tout des témoignages circonstanciés : la photographie d’un instant T dans un cadre précis. Outre un caractère partiel, les archives ont aussi un caractère partial puisqu’il s’agit, dans le cas des réseaux sociaux, d’une mise en scène de l’individu.

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Une première discussion en ligne grâce aux archives

Ainsi, le spectateur est renvoyé, trop subtilement il est vrai, au fait que lorsqu’il consulte une trace (photographie, archive laissée sur un réseau social) il ne s’agit que d’une portion d’humain en représentation et non d’un être dans sa globalité et sa complexité. Les archives sont des fragments qu’il faut considérer comme tels.

Pour conclure en revenant au récit, on notera que Martha ne voulant plus voir l’aberration qu’est le clone de son défunt compagnon l’exile au grenier, faisant écho au début de l’épisode. Loin des yeux, loin du cœur, une maxime que nous connaissons tous, et plus particulièrement les archivistes, en tout cas en matière d’exil au grenier.

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Un clone, ça se cote en série obj ? En attendant d’avoir la réponse : stockage au grenier !

Marc Scaglione

What remains of Edith Finch (Ce qui reste d’Edith Finch) est un jeu développé par Giant Sparrow et publié par Annapurna Interactive. Le jeu est sorti en 2017 sur Xbox-One, PS4 et PC. Il s’agit d’un jeu narratif à la première personne, le gameplay est au service d’un scénario et d’une narration immersive. Un jeu court, mais un vrai chef d’œuvre dans son domaine, une pépite douce-amère à découvrir.

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Quelle est l’histoire ?

Vous incarnez un personnage inconnu lisant le carnet d’Edith Finch. Vous visitez la maison de la famille Finch qui n’est plus habitée depuis des années, visite menée au gré de la narration d’Edith sur son histoire et sa famille. Vous allez alors visiter les chambres scellées, laissées en l’état suite au décès de leurs occupants. Vous découvrirez durant votre balade le destin tragique des membres de la famille Finch.

Et les archives dans tout ça ??

What remains of Edith Finch est un jeu narratif dont le fil rouge est le carnet de la dite Edith, carnet écrit à destination du joueur. Le but du jeu est d’apprendre l’histoire de la Famille Finch. Enfin plutôt les histoires.

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la maison fantasmagorique des Finch

Quand on découvre les pièces de la maison, chargées en tableaux, bibelots, objets (bouteille d’oxygène à côté du lit médicalisé de la grand-mère par exemple), on atterrit dans un lieu vivant. Enfin qui fut vivant. La maison se raconte et raconte au travers de ses objets et de sa décoration. Mais aussi des archives familiales : photographies, coupures de presse encadrées, etc.

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L’arbre généalogique de la famille Finch

Depuis quelques années, le jeu vidéo exploite beaucoup les archives comme un moyen d’enrichissement de l’univers ou encore de narration (magnétophone, notes, etc.). Dans le cas présent, la mécanique va un peu plus loin. Dans chaque pièce scellée, un autel est dressé en mémoire de son occupant et devant, comme une offrande, des archives de formes variées (lettre, dessins, photographies, carnet). Ces dernières narrent la manière dont sont décédés les différents membres de la famille Finch. Mais bien au-delà d’une simple description de leur mort, il s’agit de parler de leur vie.

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L’autel dressé en mémoire de Calvin

Et cela ne se résume pas à un bout de papier déposé là par les développeurs. Car, au moment où le joueur s’en saisit, il est projeté dans le souvenir pour le jouer. Cette manière de narrer, avec le gameplay, montre, ô combien, que le passé n’est pas qu’un bout de papier mort en 2D mais fut un présent bel et bien vivant.

La place des archives, sous ces différentes formes, permet de mettre en lumière les différentes relations entre l’individu, son histoire, la famille et son histoire.

Ainsi la décoration, ensemble incluant les archives, dévoile comment les êtres se pensent et se racontent, se représentent auprès des autres. A plusieurs reprises, la narratrice s’arrête sur des coupures de journaux ou des bandes VHS et interrogent alors sa mémoire. Plus qu’une interrogation épisodique et factuelle, les archives sont un moyen de questionner sa relation à la mémoire et de la remettre en cause.

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Mais tout au long du jeu, les archives ne cessent de montrer quelles ont été les liens entre les histoires familiales, les mémoires et chaque individu la composant. Entre adhésion et rejet, héritage assumé ou entrave à la liberté.

En outre, les archives n’incarnent pas une vérité monolithique de l’histoire familiale. Il s’agit plutôt d’un assemblage protéiforme de mémoires différentes, de formes différentes qui racontent des histoires. Et c’est là un point important, il ne s’agit ici nullement de vérité mais d’histoires. Car à la fin, que reste-t-il de chacun de nous ? Des traces, des pièces, des documents et les histoires qui les accompagnent. Et là est le cœur de ce jeu : devons-nous continuer à vivre avec les histoires des autres ? Devons-nous en conserver la trace ? Comment les histoires nous influencent-elles ?

Alors n’hésitez à plonger dans les histoires des Finch et qui sait, si vous ne réfléchirez pas sur vos histoires par la même occasion.

Marc Scaglione

Her Story : passé recomposé

Publié: 13 octobre 2017 dans Jeux
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Her Story est un jeu vidéo interactif indépendant écrit et réalisé par Sam Barlow, connu pour avoir été le scénariste des jeux Silent Hill : Origins et Silent Hill : Shattered Memories. Le jeu est sorti le 24 juin 2015 pour les systèmes Microsoft, MacOS, IOS puis a été porté sur les systèmes Android. Il s’agit d’un jeu utilisant la FMV (full motion video) : c’est une technique qui remplace des personnages animés par des séquences filmées avec des acteurs.

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Le jeu a reçu plus d’une vingtaine de récompenses depuis sa sortie, notamment le trophée de la Meilleure Performance de la Game Awards 2015 pour l’actrice Viva Seifert. A noter que le jeu n’existe qu’en anglais sous-titré anglais. Un bon exercice donc.

Quelle est l’histoire ?

Vous incarnez un personnage mystère qui accède à une base de données de la police. Cet accès vous permet de visionner les vidéos numérisées des interrogatoires d’Hannah Smith dans le cadre de la disparition de son mari Simon Smith. A vous de découvrir ce qui s’est réellement passé.

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Et les archives dans tout ça ?

Une note présente sur le bureau et intitulée « Introduction to logic Database » explique la construction de la base de données ainsi que ces modalités d’utilisation.

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On apprend ainsi que la base de données est constituée d’enregistrements de vidéos d’interrogatoires des archives de Portsmouth. Les enregistrements originaux ont été numérisés en 1999, mais le projet a été mis en veille à cause du bug de l’an 2000. On nous informe aussi que les enregistrements concernant les questions de l’enquêteur semblent avoir été perdus. La personne qui nous fournit l’accès à la base indique ne pas les avoir retrouvées sur le serveur. Peut-être la cause en est que les cassettes ont été endommagées lors de l’inondation des archives en 1997 (l’affaire Smith datant de 1994).

Deux points importants : les archives du monde judiciaire sont tout aussi sujettes à catastrophe que celles des autres (l’inondation est un cas récurrent) et la numérisation ne résout pas tout puisque l’on peut perdre des informations. En tout cas, il semble qu’il manque de la documentation sur la question (savoir ce qui a été numérisé ou non).

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Ensuite, le gameplay du jeu est complètement calqué sur le fonctionnement de la base de données. Via un système automatique de reconnaissance de parole automatique, toute la bande audio des vidéos a été sténographiée et jointe à ces dernières. Il suffit de taper un mot dans la barre de recherche, et le moteur va fouiller dans les sténographies pour trouver les informations. Ainsi est construit le système de mot-clefs et d’indexation. Même si votre recherche est fructueuse, la base de données n’affichera que 5 résultats. A vous donc de trouver les combinaisons adéquates pour visionner toutes les vidéos.

En outre, le joueur peut ajouter des mots-clés et par conséquent enrichir la recherche. Un aspect participatif.

Ainsi le jeu montre toute l’importance d’une bonne indexation et des mots-clefs, indispensable pour un accès à l’information. La numérisation seule ne suffit pas. Il ne s’agit là évidemment pas d’une problématique propre aux archivistes, mais commune à tous les professionnels de l’information-documentation.

Alors si vous aimez les enquêtes, à vous de jouer !

Marc Scaglione