Articles Tagués ‘archiviste’

Le deuxième tome de Clos de Bourgogne, tête de cuvée, est une bande dessinée scénarisée par Corbeyran et illustrée par Nicolas Bègue. Le titre sort chez Glénat en 2019 après un premier volume intitulé Le Monopole sorti en 2016.

Quelle est l’histoire ?

Clos_Bourgogne_1Mathieu Lorphelin est un vigneron-négociant qui ne ménage pas ses efforts pour faire de son domaine un vignoble d’exception et faire fructifier l’héritage qu’il tient de sa famille. Ses vins sont renommés et il fait partie d’un petit groupe de vignerons très en vue qui se retrouvent régulièrement lors de dîners afin de goûter leurs grands crus et d’échanger sur leurs expériences de dégustation. Tout semble donc aller pour le mieux pour cet entrepreneur terrien couvert d’éloges. Pourtant, un coup de fil vient troubler sa quiétude. Son régisseur lui demande de venir au plus vite pour constater les dégâts : les ceps de ses vignes ont été sciés volontairement. Qui peut en vouloir à Mathieu ? Jalousie, compétition ? Tout est possible et le vigneron va devoir mener l’enquête.

Et les archives dans tout ça ??

Dans un premier temps, l’enquête s’oriente vers un règlement de comptes au sein même du domaine mais cela semble presque trop simple. Les dégradations se multipliant, il devient urgent pour Mathieu de trouver son adversaire qui menace de ruiner tous ses efforts. Ses discussions s’orientent sur une piste plus ancienne et le mène aux Archives municipales de Beaune après une discussion avec le directeur du Lycée viticole.

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Etant directrice des Archives de Beaune, je peux vous dire que c’est une vraie fierté de voir son service dans une bande dessinée. Cela permet aussi de voir comment un scénariste et un dessinateur peuvent travailler pour intégrer cet élément au scénario. Corbeyran envoie son héros faire des recherches au service des Archives et même s’il se sert lui-même dans les rayonnages – ce qui n’arrive jamais en réalité, je vous rassure – l’ensemble des deux pages consacrées aux Archives est extrêmement réaliste. Les documents consultés par Mathieu existent vraiment puisque je les ai moi-même pris en photo pour les envoyer à Corbeyran qui était très précis dans ses demandes. Il s’agissait de trouver des documents notariés du XIXe siècle ainsi que des journaux de la même période. L’hôtel de ville de Beaune, les magasins d’archives et la salle de lecture sont très fidèles. Nicolas Bègue, le dessinateur, a travaillé d’après photos n’ayant pas la possibilité de se déplacer.

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J’ai apprécié l’image positive de l’archiviste qui se soucie de son lecteur en venant le voir afin de s’assurer qu’il trouve les documents qui lui sont nécessaires.

Le passage de Mathieu aux Archives était salutaire puisqu’il l’aide à résoudre son enquête qui trouve sa clef dans une rancœur ancienne. Encore une fois, la fiction rejoint la réalité : pour comprendre le présent, il faut parfois plonger dans le passé.

Sonia D.

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Hitman_47_1Hitman Agent 47 est un film de 2015 réalisé par Aleksander Bach, avec dans le rôle-titre Rupert Friend (Homeland). Il s’agit de la seconde adaptation cinématographique de la licence vidéoludique à succès Hitman, lancé en 2000.

Quelle est l’histoire ?

Une organisation appelée le Syndicat projette de fabriquer génétiquement des agents surpuissants, capables de tuer n’importe qui. Pour ce faire, ils veulent retrouver le scientifique ukrainien qui est à l’origine des premiers agents, vingt-cinq ans auparavant. Dans ce but, ils essaient de mettre la main sur la fille du scientifique. L’agent 47, fruit des premières expériences, est là pour empêcher la création de ces nouveaux surhommes.

Et les archives dans tout ça ??

Le film présente les différents protagonistes en 3 actes : les Agents et le scientifique Litvenko dans une scène flashback reprenant des photos d’archives, le Syndicat dans une scène d’action, puis  Katia van Dees la fille du scientifique.

Nous la rencontrons alors dans un service d’archives anonyme (probablement les archives de la Stasi) à Berlin. Elle tente de reconstituer des documents déchirés. On s’étonne déjà qu’elle se trouve non pas dans une salle de lecture mais directement dans le magasin d’archives.

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y a du monde dans les rayonnages !

Sûrement pour donner un aspect plus pittoresque et gargantuesque à la quête de l’héroïne. Elle adresse la description de sa quête à l’archiviste : elle recherche un homme blond d’1m74, 75kg, d’environ 49-50 ans, ayant vécu à Berlin entre 1989 et 1990, dont elle a une photo floue. Elle recherche l’identité de cet homme dont elle n’a pas le nom. L’archiviste indique que sans nom et sans adresse, il est impossible de trouver une identité dans le flot d’informations car des millions de personne ont vécu à Berlin à cette époque.

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Une lectrice dans les magasins d’archives

Katia de répliquer alors « Vous ne parlez que de votre impuissance », qu’il suffit de fouiller dans les documents des personnes correspondantes au profil décrit soit très exactement « 71 291 personnes ». L’archiviste est médusée et répond qu’elle ne peut rien. Katia quitte les lieux passablement énervée et dépitée.

Dans ce film, nous retrouvons l’archétype du chercheur avec une quête personnelle forte, qui n’a pas les bonnes clefs de recherche et qui pense que l’archiviste est à son service pour effectuer des investigations monstrueuses. Des chercheurs qui ne comprennent pas toujours malgré les explications. Des profils qui marquent et que de nombreux archivistes ont croisé dans leur carrière !

Marc Scaglione

Blade est le premier film d’une trilogie, réalisé par Stephen Norrington et sorti en 1998. Il s’agit d’une adaptation du comics créé dans les années 70 par Marv Wolfman et Gene Colan. Wesley Snipes joue le rôle-titre.

Quelle est l’histoire ?

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Blade, dont la mère a été mordue pendant sa grossesse, est un homme, mi-humain mi-vampire. Il peut marcher face au soleil, ce qui lui vaut le surnom de « diurnambule » (daywalker en VO). Aidé par Abraham Whistler qui l’a recueilli lors de son adolescence, il combat les vampires ennemis, dont Deacon Frost, qui veut devenir le vampire le plus puissant du monde.

 

Et les archives dans tout ça ??

Le film conduit le spectateur par deux fois dans les archives vampiriques. Ces dernières sont à la fois numériques et numérisées et sont stockés dans des serveurs informatiques dans un sous-sol. Ce qui fera dire au Dr Janson que « c’est très high-tech » ! Nous ne sommes qu’en 1997, rappelons-le.

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la salle des archives

La première fois, nous suivons Gaetano, un Aîné vampire de sang pur, membre du Conseil qui rend visite à Deacon Frost. Ce dernier est en salle de consultation. Gaetano s’insurge d’abord de sa présence : « Ces archives sont réservées au membre du Conseil ». Puis voyant que Deacon consulte des pages numérisées d’anciens textes, il se moque de lui. En effet, la langue de ces manuscrits semble oublier. Après une altercation, au cours de laquelle Deacon rappelle le besoin de silence (« Chut on est dans une bibliothèque » hum hum), ce dernier retourne s’asseoir dans un coin, pendant que Gaetano quitte la pièce drapé dans sa dignité. En effet, Deacon ne travaille pas vraiment, mais il utilise un logiciel qui décrypte les pages du manuscrit, en détectant les caractères et en les traduisant afin de révéler le secret qu’il convoite. Le travail de l’IA avant l’heure, une IA que cherchent à créer des chercheurs à l’heure actuelle pour traiter et exploiter les textes anciens. Blade fait donc dans l’anticipation ! Mais au-delà de cet élément, c’est avant tout le rôle des archives comme enjeu de pouvoir qui est retranscrit dans cette courte scène.

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L’intelligence artificielle en plein travail

La seconde fois, Blade pénètre avec le Dr Janson dans les archives à la recherche des objectifs de Deacon. Ils font la rencontre de Pearl, l’archiviste vampire androgyne. Son aspect est peu ragoutant. Il faut dire que le personnage a été créé pour ajouter du contenu noir et mature au film. Pearl est un vampire obèse qui est dans l’incapacité de se déplacer. Il vit entouré d’ordinateurs. Il est torturé par Blade afin de connaître l’objectif du complot de Deacon. L’archiviste est ici un allié indéniable pour la conquête du pouvoir de Deacon. Sans la complicité du gardien, pas d’accès aux infos !!

Pearl l'archiviste

Pearl, l’archiviste

Bien que l’archiviste ne soit pas très attrayant, les archives renvoient une perception plutôt positive. Patrimoine de l’espèce vampire, elles sont aussi enjeu de pouvoir et donc de luttes.

Marc Scaglione

Le sanctuaire des Titans est le premier volume d’une série intitulée le Musée de l’Etrange, oeuvre du scénariste et dessinateur Régric – Frédéric Legrain – qu’on connaît par ailleurs pour son travail sur Lefranc. Héritier d’Hergé et de la ligne claire, Régric démontre ici tout son amour pour ses maîtres qu’il s’agisse du père de Tintin auquel l’auteur rend de multiples hommages dans ce titre, d’Edgar P. Jacobs ou encore de Jacques Martin. Le titre est paru aux éditions du Long Bec en 2018.

Quelle est l’histoire ?

musée_étrange_1L’histoire se déroule à Paris durant le terrible hiver 1954. Le tout-Paris journalistique est invité à l’inauguration de l’étonnant Musée de l’Etrange crée par Henry Penaud, célèbre constructeur automobile – un subtil mélange entre Louis Renault et de l’industriel et collectionneur d’art François Pinault. Ce musée privé est destiné à regrouper les collections du grand explorateur Gaston Rocas qui, au cours de ses voyages, a rassemblé ce que les différentes civilisations ont pu laisser de plus étrange. Géré par M. Larcin, un directeur ex comptable pingre et peu cultivé, M. de Haute-Lutte, un conservateur de Musée complètement déconnecté, Elsa Blanquette et Victor Galopin, deux archivistes passionnés, le Musée va vite révéler des secrets surprenants comme le désopilant M. 220, un robot datant de la Première Guerre mondiale ou un tibia géant provenant d’une mystérieuse civilisation dont les derniers représentants semblent bien décidés à s’emparer.

Et les archives dans tout ça ??

Incroyable mais vrai, ce récit met en scène non pas un héros archiviste mais deux ! Elsa Blanquette et Victor Galopin sont archivistes du musée de l’Etrange et semblent être dans l’équipe, les deux seuls à travailler. Le directeur ne s’occupe que de coller aux basques de son PDG et de rogner sur les budgets, quant au conservateur du Musée, il est aux abonnés absents. Si Victor Galopin répond à certains clichés de l’archiviste – petites lunettes, look rétro – il donne cependant une image consciencieuse et dynamique. Un seul problème, il est allergique à la poussière ! Elsa Blanquette est, pour sa part, une archiviste enthousiaste et déjà très émancipée, qui ne rêve que d’aventures. Les deux archivistes flirtent gentiment tout au long du récit tout en partageant leurs découvertes.

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Les deux archivistes sont extrêmement consciencieux puisque, le soir même de l’inauguration, alors que tous les autres membres de l’équipe s’en vont, Victor et Elsa restent pour commencer l’inventaire des collections du Musée – dont le conservateur permanenté se moque complètement. Quant au directeur financier, il précise bien que les archivistes ne seront pas payés en heures supplémentaires pour ce travail nocturne… Ah, la passion du métier… combien d’entre nous connaissent cette situation : ne pas compter ses heures et se voir presque reprocher d’être rémunéré pour exercer un métier souvent vu comme un divertissement.

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Lors de leur rangement des réserves, les deux archivistes s’aperçoivent bien vite que les objets ne correspondent pas toujours aux étiquettes qui les accompagnent. Il faut donc réattribuer les bonnes analyses aux objets, un travail titanesque. C’est ainsi que les archivistes réveillent M.220, un automate parlant en forme d’obus et tombent sur un os de géant. Pour savoir de quoi il retourne, les deux comparses confrontent les objets avec les carnets du collectionneur qui a amassé les objets : un retour aux sources tout naturel pour ces deux archivistes. Cette découverte leur donne l’idée d’une prochaine thématique pour leur exposition et d’une expédition de recherche. Evidemment, le directeur financier oppose une fin de non recevoir douchant immédiatement leur enthousiasme. Là encore, combien d’entre nous se sont présentés, persuadés d’être suivis dans leurs projets et ont reçu une fin de non recevoir ? Pourtant, le PDG va finalement se laisser convaincre et financer une expédition qui ressemble à croisière jaune de Citroën.

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Même si la suite des aventures conduit nos archivistes à rencontrer des extra-terrestres au fin fond d’un pays d’Amérique du Sud imaginaire, ils restent au cœur du récit dont ils sont les héros. Personnages engagés, passionnés par leur métier, assoiffés d’aventures, ces deux archivistes sont des figures positives dont on attend donc la suite des aventures avec impatience !

Sonia D.

 

L’Etrange Pouvoir de Norman (ou ParaNorman en VO) est un film d’animation en volume (i.e. en stop-motion) réalisé par Sam Fell (Souris City) et Chris Butler (co-scénariste de Kubo et l’armure magique). Le film, sorti en 2012, est produit par le studio Laïka spécialisé dans la stop-motion : on leur doit « Les Noces funèbres », « Coraline » et « Kubo ».

Paranorman couvertureQuelle est l’histoire ?

Norman Babcock a le pouvoir de voir les fantômes. Sa famille ne le croit pas et il passe pour un cinglé dans sa petite ville de la Nouvelle-Angleterre. Jusqu’au jour où son oncle inconnu au bataillon, un marginal avec un pouvoir similaire, décède. Il va devoir porter la nouvelle charge qui lui incombe : empêcher le réveil d’une sorcière exécutée il y a 300 ans.

Et les archives dans tout ça ??

Norman n’a pas pu empêcher la malédiction et les zombies commencent à revenir à la vie. Pour enrayer cette situation qui s’envenime, Norman cherche la tombe de la sorcière afin de lever la malédiction. Il appelle sa camarade de classe intello (on ne peut plus cliché : monosourcil, appareil dentaire, lunettes en cul de bouteille) qui ne trouvant rien sur Google, l’oriente vers les Archives municipales situées dans l’ancien hôtel-de-ville. Premier message : NON, on ne trouve pas tout sur Internet ! Il est encore nécessaire de se déplacer, de consulter et de creuser dans les fonds papier pour trouver bon nombre d’informations.

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Une fois arrivé sur place, on tombe dans un deuxième cliché récurrent : la montagne de papier en vrac et des rayonnages bourrés à craquer. Evidemment, cela sert le propos du scénario : créer une nouvelle embûche dans l’aventure de Norman et de ses acolytes. Mais c’est aussi révélateur d’un cliché tenace : pour le numérique, on peut trouver facilement par Google, pour le papier il faut un intermédiaire, en l’occurrence un archiviste pour pénétrer ce monde hermétique et trouver l’information recherchée.

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Des archives pléthoriques !

Mais ici pas d’archiviste et pas de réflexe de l’appeler ou de partir en quête d’inventaires. Les membres de l’équipe partent chacun de leur côté : la brute de la bande se plaint d’être dans une bibliothèque (…), le grand-frère sans cervelle fait de la musculation avec des volumes (eh oui merci de souligner enfin que la manutention d’archives est un boulot de force), le meilleur ami s’installe tranquille pour lire, Norman et sa sœur s’embrouillent. Assaillis par les zombies et par une foule en colère, ils sont finalement obligés de fuir les archives sans avoir trouvé ce qu’ils voulaient. Norman trouvera son information autrement.

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Confusion habituelle entre archives et bibliothèque…

Mais cela montre bien que conserver ne suffit pas : il faut aussi inventorier et communiquer. En l’occurrence, le problème ici est l’éducation à la recherche que Norman et ses acolytes n’ont pas. Les archives concernant l’affaire de la sorcière sont peut-être déjà traitées et rangées (on aurait un peu à redire à l’archiviste sur l’état de sa salle de travail quand même), mais comme ils ne savent pas comment chercher et ne se posent même pas la question, ils ne trouvent pas. La pédagogie est aussi une part importante (et primordiale j’ose le dire) de notre métier !

Un grand merci à Grégoire Champenois qui nous a signalé ce film !

Marc Scaglione