Archives de la catégorie ‘BD, comics, manga’

Jean Doux et le mystère de la disquette molle est une bande dessinée d’humour et d’aventure signée Philippe Valette, éditée chez Delcourt en 2017. Il s’agit de la deuxième BD de l’auteur, après sa série humoristique Georges Clooney.  Jean Doux (c’est plus court) est plébiscité par le public et la critique et reçoit deux prix : le prix Landerneau BD 2017 et le Fauve Polar Sncf d’Angoulême 2018. Le début de la BD est décliné en jeu vidéo en ligne accessible sur le site de Delcourt.

Quelle est l’histoire ?

23 décembre 1994, Jean Doux, juriste, arrive en retard à son boulot chez Privatek, une société de vente de broyeuses à papier et rate une réunion de première importance. Après avoir été réprimandé par le directeur, Jean Doux se cache pour fumer une cigarette dans le débarras. Par pur hasard, il découvre dans le plafond une mallette contenant une disquette molle datée de 1976. C’est là que l’aventure commence !

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La découverte de la disquette molle

 

Et les archives dans tout ça ??

Quel archiviste n’a pas eu la chance de dénicher des archives dans des endroits insolites ? On peut classer le faux plafond dans cette catégorie ! Lorsque l’on découvre un support de dématérialisation (disquette molle, disquette, CD mais aussi bandes magnétiques par exemple), il est nécessaire de trouver un appareil de lecture. C’est une aventure à part entière pour récupérer la machine idoine.

Une fois Jean Doux équipé, il lit la disquette et tombe sur des lignes de code incompréhensibles. Face à cela, il décide de retracer le contexte d’origine de la disquette en retournant dans le débarras où il l’a découvert. Mais le débarras a été vidé. Lui et ses compagnons d’aventure identifient finalement le débarras comme l’ancien bureau 33. Ils partent alors en quête du trombinoscope de 1976. Il est nécessaire d’aller aux archives.

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Un mur d’archives !

Et là c’est le drame ! Les archives de Privatek sont en réalité un mur de meubles à dossiers posés les uns sur les autres en fonction de la date des documents que le dit meuble contient. Le mur ne semble pas connaître de limite de hauteur. Outre la hauteur, Jean Doux n’est pas aidé par le classement, qui est plus que sommaire. Les dossiers n’ont aucune ordre logique.

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De l’utilité d’un plan de classement…

On peut analyser ce passage de deux manières. Dans un premier temps, les archives sont décrites dans de nombreuses œuvres comme des montagnes de papier difficiles d’accès d’un point de vue intellectuel, l’archiviste est souvent alors le gardien et le guide dans ces zones. Mais ici pas d’archiviste. Dans un second temps, Philippe Valette offre avec cette BD un portrait du monde de l’entreprise sarcastique, espace de convivialité, de soumission, sans logique. Et quoi de plus illogique qu’une entreprise qui vend des broyeuses à papier comme solution de gestion des documents et qui vit sur une montagne d’archives non traitées ?

Jean Doux finit par trouver le trombinoscope et la bande joyeux drilles continue alors son aventure !

Souvent perçues comme une montagne difficile d’accès, parfois symbole de l’hypocrisie des institutions publiques et privées, les archives sont aussi source d’aventure. Dénicher l’archive, trouver un moyen de la lire, essayer de la comprendre, en trouver l’origine, voilà une aventure qui est la parfaite description de notre travail ! On peut donc affirmer sans aucun doute que les archivistes sont des aventuriers ! Des aventuriers de l’ombre, des aventuriers de bureau et d’open space, mais des aventuriers tout de même !

Marc Scaglione

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Le deuxième tome de Clos de Bourgogne, tête de cuvée, est une bande dessinée scénarisée par Corbeyran et illustrée par Nicolas Bègue. Le titre sort chez Glénat en 2019 après un premier volume intitulé Le Monopole sorti en 2016.

Quelle est l’histoire ?

Clos_Bourgogne_1Mathieu Lorphelin est un vigneron-négociant qui ne ménage pas ses efforts pour faire de son domaine un vignoble d’exception et faire fructifier l’héritage qu’il tient de sa famille. Ses vins sont renommés et il fait partie d’un petit groupe de vignerons très en vue qui se retrouvent régulièrement lors de dîners afin de goûter leurs grands crus et d’échanger sur leurs expériences de dégustation. Tout semble donc aller pour le mieux pour cet entrepreneur terrien couvert d’éloges. Pourtant, un coup de fil vient troubler sa quiétude. Son régisseur lui demande de venir au plus vite pour constater les dégâts : les ceps de ses vignes ont été sciés volontairement. Qui peut en vouloir à Mathieu ? Jalousie, compétition ? Tout est possible et le vigneron va devoir mener l’enquête.

Et les archives dans tout ça ??

Dans un premier temps, l’enquête s’oriente vers un règlement de comptes au sein même du domaine mais cela semble presque trop simple. Les dégradations se multipliant, il devient urgent pour Mathieu de trouver son adversaire qui menace de ruiner tous ses efforts. Ses discussions s’orientent sur une piste plus ancienne et le mène aux Archives municipales de Beaune après une discussion avec le directeur du Lycée viticole.

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Etant directrice des Archives de Beaune, je peux vous dire que c’est une vraie fierté de voir son service dans une bande dessinée. Cela permet aussi de voir comment un scénariste et un dessinateur peuvent travailler pour intégrer cet élément au scénario. Corbeyran envoie son héros faire des recherches au service des Archives et même s’il se sert lui-même dans les rayonnages – ce qui n’arrive jamais en réalité, je vous rassure – l’ensemble des deux pages consacrées aux Archives est extrêmement réaliste. Les documents consultés par Mathieu existent vraiment puisque je les ai moi-même pris en photo pour les envoyer à Corbeyran qui était très précis dans ses demandes. Il s’agissait de trouver des documents notariés du XIXe siècle ainsi que des journaux de la même période. L’hôtel de ville de Beaune, les magasins d’archives et la salle de lecture sont très fidèles. Nicolas Bègue, le dessinateur, a travaillé d’après photos n’ayant pas la possibilité de se déplacer.

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J’ai apprécié l’image positive de l’archiviste qui se soucie de son lecteur en venant le voir afin de s’assurer qu’il trouve les documents qui lui sont nécessaires.

Le passage de Mathieu aux Archives était salutaire puisqu’il l’aide à résoudre son enquête qui trouve sa clef dans une rancœur ancienne. Encore une fois, la fiction rejoint la réalité : pour comprendre le présent, il faut parfois plonger dans le passé.

Sonia D.

Lanfeust est une série de bande dessinée. Le scénario est de Christophe Arleston, les dessins de Didier Tarquin. La série est divisée en trois cycles. Tout d’abord Lanfeust de Troy qui est publiée chez Soleil Productions entre 1994 et 2000. C’est l’un des plus gros succès français du genre heroic fantasy. Puis furent écrit Lanfeust des étoiles et Lanfeust Odyssey.

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Lanfeust de Troy :

Les humains ont presque tous un pouvoir magique, allant de faire pousser les cheveux à faire tomber les dents, en passant par fondre le métal et marcher sur l’eau. Ces dons ne nécessitent qu’une condition, celle de ne pas trop s’éloigner d’un sage d’Eckmül.

Lanfeust le protagoniste connaît une vie paisible jusqu’au jour où il découvre qu’au contact d’une épée, il peut posséder le pouvoir absolu ! Accompagné du vieux sage Nicolède et de ses deux filles, Cyan et Cixi, il est emporté dans un tourbillon d’aventures.

Et les archives dans tout ça ??

On les retrouve dans un château assiégé à la recherche d’information concernant le pommeau d’une épée dont le contact donne un pouvoir absolu à Lanfeust. Après une discussion avec le baron il est autorisé à rechercher dans les archives de la famille « Or-Azur ».

Ces dernières sont situées dans les plus hautes pièces du Donjon. Endroit difficilement accessible et rarement fréquenté. A la grande surprise du sage Nicolède qui s’attend à disposer d’un plan de classement pour l’aider dans ses recherches il découvre une pièce remplie d’’un bric-à–brac désordonné. Face à sa surprise son hôte réplique : « Nous ne sommes guère des rats de bibliothèques […] »

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un peu le foutoir dans cette salle d’archives !

  • D’une part les archives sont présentées ici comme de vieux documents poussiéreux dont personne ne s’occupe, qu’on entrepose grossièrement dans un endroit reclus. On choisit d’entreposer des documents et des objets par « tradition » sans réellement comprendre l’utilité future que peuvent avoir ces derniers.

C’est certainement la vision que certaines personnes ont des archives… Vision pessimiste de l’archiviste qui apparaît alors comme inutile.

  • Cependant l’intérêt du métier d’archiviste est défendu ici par l’emblématique sage Nicolède ; figure du savoir : vieil homme à la barbe grisonnante qui porte la parole de la sagesse ! Cliché typique de l’archiviste. Lui au contraire s’offusque de la façon dont sont conservées ces archives.

Après s’être énervé : « Et puis rien n’est rangé ici ! Pas d’index, pas de classement. ». Les termes de plan de classement, d’indexation sont évoqués. On peut penser que l’auteur a une connaissance (même limitée) du monde archivistique.

L’exaspération de ce pauvre sage montre au grand public l’intérêt du métier d’archiviste. Il faut pouvoir réussir à retrouver un document porteur d’une information pouvant être capital pour faire valoir ses droits par exemple.

Conserver un document d’archives, ce n’est pas seulement l’entreposer dans un lieu et l’oublier, cela nécessite un travail en amont.

Lanfeust des Etoiles :

Il s’agit du second cycle des aventures de Lanfeust, un apprenti forgeron de la planète Troy, qui fait suite à Lanfeust de Troy.

Après une longue épopée sur le monde de Troy on découvre que cette planète appartient au prince Dheluu, un des treize princes marchands de Meirrion à la tête d’un empire planétaire. Lanfeust apprend alors qu’il n’est qu’une expérience qui s’est montrée positive. Il se voit propulsé au milieu des étoiles, prêt à repartir à l’aventure dans un terrain de jeu dont les limites viennent de s’agrandir.

Et les archives dans tout ça ??

A la suite d’un conflit d’intérêt pour connaitre la propriété de l’orgnobi swiip, Lanfeust et les princes marchands se rendent chez le juge suprême : le prévôt qui propose son arbitrage dans les conflits entre les citoyens de cette partie de la galaxie. Plusieurs millions de cerveaux représentant chaque race, interconnectés, connaissant tout, jugent en toute équité.

Le prévôt représente aussi le grand gestionnaire de l’administration. Chaque citoyen peut venir consulter les archives : « Chaque citoyen est autorisé à venir interroger le prévôt au travers d’une de ses nombreuses interfaces. »

On retrouve ici le cliché vestimentaire du couple chignon-lunette. La prévôté apparaît stricte et impartiale.

Le principe de communicabilité des archives aux publics apparaît : tout citoyen a le droit de venir les consulter. Cependant on ne connait pas plus en précision les délais de communicabilités qui sont appliqués.

Cet amas de cerveaux interconnectés représente un ensemble d’archives vivantes. Ces archives sont une administration centralisée, regroupant l’ensemble des savoirs, des connaissances comprises dans tous les documents produits par l’administration. Ces entités « informatique » sont alors utilisées comme outil de jugement incontestable.

On retrouve aujourd’hui une volonté de regrouper tous les fonds d’archives connus au sein d’un portail commun, dans le but de simplifier les recherches et réduire les frais. Est-ce que le don de son cerveau à l’état est l’aboutissement de la simplification de l’administration et le futur du SAE ?

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Dans tous les cas, les archives apparaissent ici comme un outil de connaissance indispensable au fonctionnement de la justice et de l’administration dont le gouvernement prend grand soin. Vision très proche de la réalité qui met en avant l’intérêt du métier d’archiviste.

Nicolas Lenglois

« Trois vives panthères

Qui, en un éclair,

Savent bondir sans un bruit

Sœurs et solidaires […] »

Si, tout comme moi, vous avez réussi aisément à continuer ces paroles chantées par la douce voix d’Isabelle Guiard, c’est que vous avez sans doute deviné le sujet principal de cet article : le manga Cat’s Eye !

cats_eye_1Cat’s Eye est l’une des œuvres du grand maître mangaka Tsukasa Hojo, connu également pour les mangas City Hunter (alias Nicky Larson), Angel Heart et F. Compo.

Entre 1981 et 1985, Cat’s Eye est d’abord publié dans le fameux magazine de mangas Weekly Shonen Jump puis compilé en dix-huit volumes. Il arrive rapidement en France édité par la maison d’éditions Tonkam. Au début de l’année 2008, c’est Panini qui propose une édition de luxe en 15 volumes, puis une Nouvelle édition Deluxe à partir de 2015 (et qui devrait se terminer cette année) dont nous tirons l’extrait qui va suivre.

Cat’s Eye est un succès et son adaptation en série animée de 73 épisodes, réalisée par Yoshio Takeuchi et Kenji Kodama, arrive sur les écrans japonais dès 1983. En France, elle est diffusée sous le titre Signé Cat’s Eyes pour la première fois le 21 septembre 1986 sur la troisième chaîne que l’on nommait encore FR3 dans l’émission Amuse 3. Dans mon souvenir, cela passait le dimanche soir, avant Benny Hill, signe ultime que le week-end était terminé.

Cat’s Eye est le nom d’un groupe de trois sœurs Rui, Aï et Hitomi Kisugi (en français Cylia, Alexia et Tamara « Tam » Chamade). Le jour, elles tiennent un café, le Cat’s Eye. La nuit tombée, elles font équipe pour se faufiler dans les musées de Tokyo et voler des toiles de maîtres, mais pas n’importe lesquelles : celles de leur père Michael Heintz, un artiste allemand disparu mystérieusement lors de la Seconde Guerre mondiale. En réunissant toutes ces œuvres, les trois sœurs espèrent ainsi pouvoir retrouver leur aîné. La particularité de Cat’s Eye est d’annoncer à chaque fois sa venue en envoyant une carte avec une tête de chat signée de leur patte en précisant la date, le lieu et l’heure. Intervient dans l’histoire un quatrième personnage, pourchassant inlassablement les trois filles, Toshio Utsumi (alias Quentin Chapuis), un inspecteur de police du commissariat Inunaki dévoué à son métier et plus que jamais motivé pour coffrer Cat’s Eye. Ironie du sort, il est à la ville le petit ami de Tam qui fait en sorte de ne rien révéler sur ses activités nocturnes. Malgré tous ses efforts, Cat’s Eye lui glisse à chaque fois entre les doigts. Il faut dire que le jeune homme manque clairement de discernement pour ne pas deviner que sa compagne, qui tient un café nommé Cat’s Eye et qui est très rarement disponible le soir, est elle-même une Cat’s Eye… Bref. Toshio a pour coéquipière Mitsuko Asatani (en français Odile Asaya). Dans le premier tome, elle intègre tout juste le commissariat pour venir en renfort à l’équipe de Toshio. Dès le début, Asatani a des soupçons concernant notre trio de sœurs, et c’est elle qui nous intéresse dans cet article.

Et les archives dans tout ça ??

C’est dans le chapitre 5 du premier volume que l’inspecteur Mitsuko Asatani fait son apparition. L’idée qu’une femme s’occupe des affaires professionnelles de Toshio ne lui plait pas du tout. Après leur première entrevue, ce dernier va, comme à son habitude, prendre sa pause au Cat’s Eye Café. Or, Asatani l’a suivi pour le prévenir du prochain coup du groupe de voleuses. Se rendant au musée municipal, Utsumi avoue un premier élément qui intrigue Asatani : Cat’s Eye est une femme. En effet, lors d’un vol précédent, Utsumi s’est confronté physiquement avec la voleuse dans la pénombre. Au milieu de cette rixe, Utsumi a délibérément touché la poitrine de Cat’s. Un indice qui ne laisse pas sa coéquipière indifférente. Arrivés au Musée, les deux inspecteurs tombent sur la carte de visite de Cat’s Eye. Le doute s’installe chez Asatani qui propose à Utsumi de vérifier certaines choses.

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Cette vérification se fait aux Archives du commissariat. Utsumi sort alors tous les dossiers concernant Cat’s Eye qu’Asatani consulte scrupuleusement.

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Utsumi n’est pas des plus soigneux avec les dossiers qu’il pose en tas grossier sur la table. En outre, Asatani doit lui rappeler que la salle est non-fumeur. Autrement dit, on devine aisément qu’Utsumi ne consulte que rarement les dossiers alors que la réponse sur l’identité des Cat’s Eye est quasi évidente et doit s’y trouver.

Après lecture des documents, Asatani fait le rapprochement entre le nom du café que tient Hitomi et le groupe de voleuses, ainsi que l’enseigne du Café et la carte de visite apposée sur le tableau du musée municipal quelques heures auparavant. Utsumi insistant sur le fait qu’il n’y voit aucun rapport, Asatani mène l’enquête afin de trouver des preuves plus flagrantes. Elle émet également un doute sur le fait qu’il y aurait une taupe au commissariat Inunaki.

On connait la suite : le rapprochement ne sera pas fait, même si, dans les volumes qui suivent, Asatani reste persuadée qu’il y a un lien entre les sœurs Kisugi et les Cat’s Eye. La visite aux Archives est très brève et ne tient que quelques cases. Pensons que si les dossiers avaient été davantage épluchés, l’aventure des Cat’s Eye n’aurait duré qu’un ou deux tomes… un peu court pour un manga à cette époque.

Comme quoi, dans un manga quasi entièrement consacré aux musées, on peut trouver une petite trace d’archives.

Emilie Rouilly

Le sanctuaire des Titans est le premier volume d’une série intitulée le Musée de l’Etrange, oeuvre du scénariste et dessinateur Régric – Frédéric Legrain – qu’on connaît par ailleurs pour son travail sur Lefranc. Héritier d’Hergé et de la ligne claire, Régric démontre ici tout son amour pour ses maîtres qu’il s’agisse du père de Tintin auquel l’auteur rend de multiples hommages dans ce titre, d’Edgar P. Jacobs ou encore de Jacques Martin. Le titre est paru aux éditions du Long Bec en 2018.

Quelle est l’histoire ?

musée_étrange_1L’histoire se déroule à Paris durant le terrible hiver 1954. Le tout-Paris journalistique est invité à l’inauguration de l’étonnant Musée de l’Etrange crée par Henry Penaud, célèbre constructeur automobile – un subtil mélange entre Louis Renault et de l’industriel et collectionneur d’art François Pinault. Ce musée privé est destiné à regrouper les collections du grand explorateur Gaston Rocas qui, au cours de ses voyages, a rassemblé ce que les différentes civilisations ont pu laisser de plus étrange. Géré par M. Larcin, un directeur ex comptable pingre et peu cultivé, M. de Haute-Lutte, un conservateur de Musée complètement déconnecté, Elsa Blanquette et Victor Galopin, deux archivistes passionnés, le Musée va vite révéler des secrets surprenants comme le désopilant M. 220, un robot datant de la Première Guerre mondiale ou un tibia géant provenant d’une mystérieuse civilisation dont les derniers représentants semblent bien décidés à s’emparer.

Et les archives dans tout ça ??

Incroyable mais vrai, ce récit met en scène non pas un héros archiviste mais deux ! Elsa Blanquette et Victor Galopin sont archivistes du musée de l’Etrange et semblent être dans l’équipe, les deux seuls à travailler. Le directeur ne s’occupe que de coller aux basques de son PDG et de rogner sur les budgets, quant au conservateur du Musée, il est aux abonnés absents. Si Victor Galopin répond à certains clichés de l’archiviste – petites lunettes, look rétro – il donne cependant une image consciencieuse et dynamique. Un seul problème, il est allergique à la poussière ! Elsa Blanquette est, pour sa part, une archiviste enthousiaste et déjà très émancipée, qui ne rêve que d’aventures. Les deux archivistes flirtent gentiment tout au long du récit tout en partageant leurs découvertes.

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Les deux archivistes sont extrêmement consciencieux puisque, le soir même de l’inauguration, alors que tous les autres membres de l’équipe s’en vont, Victor et Elsa restent pour commencer l’inventaire des collections du Musée – dont le conservateur permanenté se moque complètement. Quant au directeur financier, il précise bien que les archivistes ne seront pas payés en heures supplémentaires pour ce travail nocturne… Ah, la passion du métier… combien d’entre nous connaissent cette situation : ne pas compter ses heures et se voir presque reprocher d’être rémunéré pour exercer un métier souvent vu comme un divertissement.

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Lors de leur rangement des réserves, les deux archivistes s’aperçoivent bien vite que les objets ne correspondent pas toujours aux étiquettes qui les accompagnent. Il faut donc réattribuer les bonnes analyses aux objets, un travail titanesque. C’est ainsi que les archivistes réveillent M.220, un automate parlant en forme d’obus et tombent sur un os de géant. Pour savoir de quoi il retourne, les deux comparses confrontent les objets avec les carnets du collectionneur qui a amassé les objets : un retour aux sources tout naturel pour ces deux archivistes. Cette découverte leur donne l’idée d’une prochaine thématique pour leur exposition et d’une expédition de recherche. Evidemment, le directeur financier oppose une fin de non recevoir douchant immédiatement leur enthousiasme. Là encore, combien d’entre nous se sont présentés, persuadés d’être suivis dans leurs projets et ont reçu une fin de non recevoir ? Pourtant, le PDG va finalement se laisser convaincre et financer une expédition qui ressemble à croisière jaune de Citroën.

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Même si la suite des aventures conduit nos archivistes à rencontrer des extra-terrestres au fin fond d’un pays d’Amérique du Sud imaginaire, ils restent au cœur du récit dont ils sont les héros. Personnages engagés, passionnés par leur métier, assoiffés d’aventures, ces deux archivistes sont des figures positives dont on attend donc la suite des aventures avec impatience !

Sonia D.