Archives de la catégorie ‘BD, comics, manga’

fullmetalalchemist_1Fullmetal Alchemist est un manga d’Hiromu Arakawa, prépublié au Japon entre 2001 et 2010. C’est une œuvre multiprimée et qui connaît un grand succès populaire dans le monde entier. Elle connaîtra deux adaptations en série animée. La première, Fullmetal Alchemist, est diffusée sur Canal + en 2005. Se basant sur le manga, elle diverge rapidement vers une autre fin. La tonalité de l’histoire y est beaucoup plus sombre. Cette série a amené beaucoup d’adolescents à s’intéresser au manga et à l’animation japonaise. C’est mon cas. La deuxième adaptation, dénommée Fullmetal Alchemist Brotherood, sortie en 2009 suit la trame du manga. A noter que les bandes-originales des deux adaptations sont sublimes !

Le manga, édité en France par Kurokawa, connaîtra d’autres adaptations (jeux vidéos, romans, etc.).

L’histoire ?

Dans un pays du nom d’Amestris, semblable à l’Europe centrale du début du XXe siècle, l’alchimie est la science prédominante. Edward et Alphonse Elric, alors âgés d‘une dizaine d’années, brisent un tabou en tentant de ressusciter leur mère. C’est un échec cuisant. Edward perd une jambe et sacrifie son bras pour attacher l’âme de son frère à une armure, son corps ayant disparu.

Nous suivons donc les héros dans leurs aventures dont le but est de retrouver leur corps d’origine.

Et les archives dans tout ça ??

fullmetalachemist_2Alors qu’Edward et Alphonse rentrent dans leur village, après avoir été blessés lors d’un affrontement, ils tombent par hasard sur le Docteur Marcoh, caché sous l’identité du Docteur Mawroh (pas très doué pour les faux noms le gars…). Celui-ci leur révèle qu’il a fui l’armée, car il n’assumait plus les recherches qu’il menait. En effet, il a réussi à créer la Pierre philosophale, artefact censé être capable de tous les miracles en abolissant les lois alchimiques. Afin que cela ne se reproduise plus, il a volé les dossiers de recherche et les a cachés. Les détruire aurait été plus simple….Après plusieurs refus, il finit par indiquer leur localisation.

Et ils sont planqués à la Bibliothèque nationale… On se dit quand même que de planquer un rapport au milieu de la bibliothèque, ça tient de la bêtise ou du génie. On hésite. Les rapports alchimiques sont cryptés, mais quand même…Détruire aurait été plus efficace.

Qu’est ce que cette Première division ? Un bâtiment jouxtant le corps principal de la Bibliothèque, où se trouvent les rapports de recherche. Ironie de la part du Docteur de vouloir cacher un rapport de recherche parmi tant d’autres…mais pas très sûr non plus, car il existe un risque non négligeable pour qu’un chercheur, un alchimiste d’État capable de le déchiffrer, tombe dessus… Bref on se dit une fois de plus que détruire ces rapports eut été plus simple !fullmetalalchemist_3

Quant au fait que les raports scientifiques, les archives de la recherche d’Amestris soient gérés à la manière d’une bibliothèque n’est pas forcément choquant. Au contraire, cela est même logique et correspond à une pratique réelle de nos centres de recherche actuels : permettre aux chercheurs d’accéder aux informations de la bibliothèque pour leurs travaux !

Mais cette Première Division conserve aussi d’autres documents : toutes les archives du Bureau d’Enquête de la Cour Martiale. Pourquoi là ? la Première Division se trouvait à côté du service. Rationalisation des espaces de stockage, tout à fait réaliste.

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Problème : la Première Division a brûlé et tous les documents avec…Pas de plan de prévention, donc tout est perdu. Sauf que (deus ex machina quand tu nous tiens) une ancienne employée pourrait sauver la situation. Il s’agit de Sheska, sauvée par les frères Elric car se trouvant sous un tas de livres écroulés chez elle. Mourir sous un éboulement de boîtes dans un magasin, c’est le risque du métier, mais chez soi quand même…

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une archiviste pas très nette

Sheska était une ancienne membre de la Bibliothèque, licenciée car elle passait son temps à lire les documents au lieu de les ranger. La Première Division semble avoir été gérée par les agents de la bibliothèque faisant office d’archivistes. Ils avaient donc accès aux dossiers confidentiels de la justice militaire, bonjour la sécurité de l’information ! D’autant que Sheska a une mémoire eidétique, capable de se rappeler de tout ce qu’elle a lu. Elle finit par retranscrire le rapport de Tim Marcoh et est embauchée par Hugues pour retranscrire les dossiers perdus.

Au-delà de la ficelle scénaristique, du personnage qui apporte une touche d’humour et de fraîcheur à un moment sombre, Sheska est décrite comme une bibliothécaire (et les archives comme des ouvrages) mais faisant néanmoins un travail de gestion des archives. Et on peut dire qu’elle est sacrément cinglée :

– elle vit dans une maison remplie de livres du sol au plafond

– elle passait son temps à lire des rapports criminels et des rapports de recherche codés qu’elle ne comprenait pas, juste parce qu’elle aimait lire…Aucun archiviste ne lit en détail tous les dossiers qu’il gère ou qu’il classe…

– elle dit chercher un travail, uniquement pour s’occuper de sa mère. Bon manger, boire, payer les livres et les impôts, c’est superflu !

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la mémoire eidétique, le rêve de tout archiviste

Bref, certains ont l’habitude de dire que travailler aux archives occasionne des troubles psychiques (si, si, y en a qui le disent), et il n’est pas rare de voir dans la fiction les archivistes comme des êtres farfelus…mais alors là c’est un cliché !

Au-delà de cela, les archives permettent encore une fois d’apporter des réponses importantes : la recette de fabrication de la Pierre philosophale pour les frères Elric et le but du complot qui gangrène le pays pour Maes Hugues.

Marc Scaglione

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Archives et culture pop’ vous a déjà proposé quelques références incontournables de la bande dessinée franco-belge avec Gaston Lagaffe, Astérix ou encore Yoko Tsuno. Il était donc plus que logique que nous nous penchions sur Tintin. Encore fallait-il trouver un album où les archives étaient à l’honneur.

En feuilletant avec distraction les albums présents à la Bibliothèque Gaspard Monge, je suis tombée sur le Sceptre d’Ottokar, je l’ouvre et là : paf ! Une belle mention d’archives dès la deuxième page, voilà de quoi faire un billet. C’est parti.

tintin_1Le Sceptre d’Ottokar paraît pour la première fois dans le petit vingtième en 1939 puis en couleurs en album en 1947. Le scénario est fortement marqué par les événements marquants de la première moitié du XXe siècle. La Syldavie, pays fictif qui est au centre du récit, est gouvernée par un souverain, Muskar III, qui fait l’objet de tentatives de déstabilisation anarchistes téléguidées par le pays voisin, la Bordurie. Si Hergé fait presque explicitement référence à l’Anschluss, on peut aussi voir ici des références aux conspirations serbes qui ont abouti à l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand en 1914 et au déclenchement de la Première Guerre mondiale.

La Syldavie et la Bordurie sont clairement situées en Europe orientale, non loin de la Turquie et les uniformes de l’armée syldave s’inspirent de ceux des cosaques russes, même si on trouve quelques analogies avec l’esthétique britannique en particulier pour le château de Kropow et sa salle du Trésor qui évoquent clairement la Tour de Londres.

L’histoire en bref : Tintin traîne avec Milou dans un parc public – oui, Tintin est reporter, mais n’écrit pas beaucoup d’articles. Il trouve une serviette abandonnée sur un banc, trouve l’adresse du propriétaire et lui rapporte son bien. Le professeur Halambique, sigillographe de son état cherche un secrétaire pour l’accompagner en Syldavie où il veut effectuer des recherches, qu’à cela ne tienne, Tintin qui, visiblement n’a rien de mieux à faire, décide de venir avec lui. Ils se retrouvent au cœur d’une conspiration visant à destituer le roi de Syldavie et faire annexer le pays par la Bordurie voisine.

Tintin rencontre les Dupondt, la Castafiore et échappe à un nombre incalculable d’attentats tout comme son fidèle Milou qui joue un rôle clef dans cette aventure. Relire cette aventure en la remettant dans son contexte reste toujours intéressant, on notera au passage que Tintin ne prend pas la peine de connaître les motivations des conspirateurs, légaliste, il sauve le roi et permet à la Syldavie de rester indépendante.

Et les archives dans tout ça ??

Les archives sont présentes du début à la fin de l’ouvrage. Tintin fait très vite la connaissance du professeur Nestor Halambique, membre de la Fédération internationale de Sigillographie, collectionneur de sceaux qu’il étudie avec passion. Les archivistes conservent hélas parfois la trace du passage de certains sigillographes peu scrupuleux de la fin du XIXe et du début du XXe siècle qui avaient la fâcheuse habitude de chouraver des sceaux en les détachant du parchemin auxquels ils appartenait. Cela semble d’ailleurs être le cas du professeur Halambique car, dans sa vitrine, des sceaux sont présentés sans parchemin, l’un d’entre eux étant encore attaché à un morceau de parchemin dont on dirait bien qu’il a été détaché. Mais, comme Tintin n’est pas archiviste, il s’en fiche carrément !

Nestor Halambique a pour but ultime la consultation des archives du royaume de Syldavie qui pourraient l’aider à documenter une pièce de sa collection : un sceau du roi Ottokar IV. Il embauche donc Tintin comme secrétaire. Ce dernier prépare son voyage en lisant un ouvrage sur l’histoire de la Syldavie, le royaume du pélican noir. C’est en lisant ces brochures que Tintin s’aperçoit de l’importance symbolique du sceptre, symbole du pouvoir royal sans lequel le souverain n’est plus rien.

Arrivé en Syldavie, le professeur Halambique se rend au château Kropow où se trouvent le trésor royal et les archives du royaume. On peut souligner que les archives sont bien gardées : le lecteur est enfermé à clef dans la salle de consultation, sous le regard de deux gardes. L’érudit demande des photographies de certains documents ce qui, a priori, est interdit mais le roi peut toutefois donner une autorisation spéciale. Dans ce cas, seul le photographe  officiel de la cour est habilité à photographier les archives. Les conditions de consultation sont drastiques mais assez réalistes.

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Hergé, Le Sceptre d’Ottokar, 1947, Casterman

L’accès aux archives s’avère primordial dans ce récit puisque c’est sous le prétexte de leur consultation que le faux professeur Halambique parvient à s’introduire au cœur du Trésor royal et à subtiliser avec ses complices, l’un des objets les plus précieux du royaume : le fameux sceptre ! N’en déduisons pas pour autant que les usagers sont des êtres machiavéliques, même si le professeur Halambique et son double ont de quoi alimenter la paranoïa des archivistes.

Sonia Dollinger

nigmes_1Le mystère des Nigmes est le dernier livre pour enfants de Claude Ponti, écrivain et dessinateur, paru en novembre 2016 aux éditions L’école des loisirs. Ce dernier s’inscrit dans l’univers déjà exploré par l’auteur dans un de ses précédents ouvrages, Georges Lebanc, sorti en 2001. Ponti est considéré comme l’un des papes de la littérature jeunesse, même si je dois avouer qu’il s’agit du premier livre que je lis de lui.

L’histoire ?

Dans un square qui se déplace de ville en ville, une catastrophe a lieu. Les mots contenus dans les archives disparaissent laissant place à des pattes de mouche. Les Souris archivistes mènent l’enquête pour trouver l’origine du problème.

Et les archives dans tout ça ??

Les archives et les archivistes sont au cœur de cet ouvrage. Personnages initialement décrits dans Georges Lebanc, les Souris archivistes deviennent ici les héroïnes principales de cet album.

Alors j’entends déjà les esprits chagrins – Oui, vous deux au fond là !- s’exclamer que les archivistes sont encore assimilés à des souris, à la limite du rat de bibliothèque. Mais ce serait une idiotie de s’arrêter à cette apparence, qui est au contraire assez laudatrice.

Les Souris archivistes sont ici un avatar du chroniqueur-archiviste, un peu loin de nos réalités professionnelles, mais une figure que l’on croise souvent dans la fiction Elles conservent les archives qu’elles rédigent. Et ce sont des chroniqueuses absolues, puisqu’elles archivent les événements, les goûts, les objets, les câlins, etc. « Les Archivistes ramassent tout, goûtent tout, notent tout.« 

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Même si les archivistes dans le monde réel sont rarement des chroniqueurs, le travail de collecte nécessite de savoir se glisser partout afin de trouver les archives, comme les Souris. Se glisser physiquement quand les archives se trouvent des endroits compliqués ou inattendus. Mais aussi se glisser mentalement, pour réussir à faire comprendre à un interlocuteur que ce qu’il possède, ce sont bien des archives.

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Dans cet ouvrage, le travail des archivistes est clairement compris et soutenu par les habitants ou visiteurs du square. Quand les Souris annoncent que les archives disparaissent, chacun s’horrifie :

– « S’il n’y a pas d’avant, il n’y a pas d’après« 

– « Sans la mémoire de ce qui est arrivé, (…) comment savoir ce que l’on sait et ce que l’on ne sait pas ?« 

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les souris archivistes mènent l’enquête

On retrouve donc ici les corrélations proverbiales entre passé et futur, mais aussi le fondement de la mémoire dans la construction personnelle et sociale. En cela, les archives sont fondamentales. On rêverait que chacun comprenne cela, notre tâche en serait facilitée.

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Les souris archivistes fêtent le retour des mots

Quant à la coupable de cette catastrophique disparition – attention révélations-, la Nigme est elle aussi une métaphore :  celle de l’oubli. Ses pattes sont prolongées par des gommes, des aspirateurs, des pinceaux blanchisseurs et des tampons « pattes de mouche ». Quand l’oubli passe et efface les mots qui décrivent les choses et qu’il n’y a plus traces de ces choses, peut-on dire qu’elles ont existé ? Peut-on même le savoir ? Au-delà de l’oubli pur et simple symbolisé par la page blanche, il y a aussi la transformation des mots, ces « pattes de mouche » illisibles incarnant une écriture indéchiffrable, incarnant l’incompréhension. Incompréhension et oubli, deux éléments qui sont partie intégrante de la mémoire, mais contre lesquels les Souris luttent pour transmettre les histoires conservées à ceux à venir.

Lutte partagée par les archivistes dans leur tâche quotidienne.

Marc Scaglione

Les plus fidèles lecteurs se souviennent sans doute que le tout premier billet du blog était consacré à Daredevil. Marc a trouvé de nouvelles références à l’un des héros emblématiques de l’univers Marvel et vous propose un nouveau billet sur ce personnage.

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Daredevil (DD) est un super-héros créé par Stan Lee et Bill Everett en 1964. Outre la publication papier de sa propre série, le personnage a connu une adaptation en long-métrage avec Ben Affleck en 2003 et en série depuis 2015 sur la plateforme Netflix. Le sujet de ce billet concerne le numéro 167 de Daredevil,publié en novembre 1980 et paru en français dans le magazine Strange numéro 164 en août 1983. On y trouve David Michelinie au scénario –à noter qu’il travaillait sur Iron Man à ce moment là et qu’il s’agit de son seul scénario pour DD-, Franck Miller au dessin et Klaus Janson à l’encrage.

L’histoire ?

Matt Murdock est avocat le jour et justicier la nuit sous le nom de Daredevil. Suite à un accident durant son enfance, il est devenu aveugle mais ses autres sens ont été démultipliés.

Dans cet épisode, Matt Murdock est invité à une petite sauterie organisée par le patron de la Cordco, Edwin Cord. Ce dernier essaye de débaucher Matt pour le faire entrer dans la société quand l’entretien est interrompu par l’irruption du MAULER qui attaque le magnat avant que Daredevil ne s’interpose.

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Et les archives dans tout ça ??

Daredevil enquête sur l’identité et les motivations du MAULER. Edwin Cord explique qu’il s’agit d’un ancien employé, Aaron Soames, licencié pour faute grave dans la VF, pour raison administrative (« clerical reason », belle expression xylolalique) dans la VO, ayant volé un prototype d’armure (MAULER pour Mobile Armored Utility Emitter Revised) et cherchant à se venger.

daredevil_3Mais lors de l’attaque qui suit, Daredevil finit par découvrir la vérité de la bouche du Mauler. Aaron Soames, 63 ans, était un employé depuis 35 ans à la Cordco. Lorsqu’il demanda sa pension de retraite, on lui déclara que son dossier avait disparu. Et pas de dossier, pas de pension de retraite ! Il essaya la voie judiciaire mais il n’y aurait pas eu de procès avant un an. Il vola donc l’armure afin d’obtenir la force de se venger.

Et les archives donc ? L’ironie du sort voulait qu’Aaron avait été « file clerk » à la Cordco, poste que l’on pourrait traduire par archiviste/employé chargé du classement des documents. C’est l’ordinateur « plus rapide et moins cher » qui le remplace qui a effacé son dossier, suite à une erreur de l’informaticien-programmateur. La double peine….A noter que dans la version française, il n’est pas précisé l’emploi d’Aaron Soames, l’ironie de la situation est donc perdue.

David Michelinie, le scénariste, fait de ce personnage la victime moderne du machinisme, la mécanisation à tout crin, sous couvert d’économies et d’efficacité. Un discours bien connu dans de nombreuses professions, dont l’avatar dans notre domaine d’activité est le mythe de la digitalisation, du tout numérique et du zéro papier.

C’est un informaticien qui programme donc l’ordinateur à la tâche de gestion des documents. Seul. Et qui fait la boulette….Sans donner la possibilité de récupération ou même sans traces quelconques. Enfin c’est ce qu’on comprend, mais le patron est tellement machiavélique qu’il pourrait cacher toutes les traces liées à cette affaire. D’autant qu’ils ont fait vite, les bougres, pour tout numériser et détruire tous les dossiers papier….

Bref on a là un bel exemple du mythe de la numérisation en entreprise et de ce qu’il ne faut pas faire : laisser les informaticiens gérer seuls le projet, croire que la machine va remplacer l’employé, détruire sans réfléchir tous les dossiers papier….

daredevil167_3Mais au-delà de cet exemple, le Mauler montre bien que les archives sont la seule preuve permettant l’application des droits. Et sans preuves, peut-on dire qu’un fait a existé ? C’est cette sensation d’inexistence que le Mauler va finalement faire subir à Edwin Cord en détruisant tous ses documents d’identité, toutes ces cartes, bref tout le contenu de son portefeuille. Un acte symbolique, qui finira par lui coûter la vie, car il sera descendu par les gardes d’Edwin. Ce désir de prouver ses droits, incarnation de son existence sera son épitaphe, choisi par Matt Murdock.

Ainsi, pour terminer sur une note moins dramatique, mes chers confrères et consœurs, n’oubliez pas, lorsque qu’une personne se montre « pénible » de lui rappeler la chose suivante :

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Marc Scaglione

L’univers de Star Wars est décidément fort riche en citations d’archives. Nous avons déjà évoqué l’Attaque des Clones et son archiviste mal embouchée, il est temps maintenant de se promener dans l’univers étendu et de faire référence aux ouvrages publiés chez Delcourt qui prennent place entre les deux films que sont l’Attaque des Clones et la Revanche des Sith.

clonewars5_1Clone Wars est une série de dix livres dont l’histoire se déroule quelques mois après la bataille de Géonosis qui marque véritablement le début de la guerre des Clones. Clone Wars explore les ravages de la guerre, la montée en puissance d’un Palpatine bien installé dans son rôle de Chancelier Suprême et les méandres du personnage d’Anakin Skywalker.

Le cinquième tome de la collection, intitulé Les meilleures lames, évoque l’évasion d’Obi-Wan Kenobi, prisonnier de Ventress sur la planète Rattatak, l’opposition naissante entre le sénateur Bail Organa et le chancelier Palpatine ou les velléités séparatistes d’Alaric, roi de Thustra.

Ce cinquième tome est assez passionnant dans ce qu’il montre des intrigues politiques qui poussent le monde à la guerre malgré quelques rares bonnes volontés comme celles du sénateur Organa ou du malheureux précédent chancelier Valorum qui termine tragiquement son existence.

Et les archives dans tout ça ??

Si elles ne sont pas au cœur du récit et relèvent plutôt de l’anecdote, les archives sont toutefois citées dans ce volume.

Alors qu’il rentre sur Coruscant après avoir été au chevet de sa femme victime d’une fausse couche, le vaisseau du sénateur Bail Organa est attaqué par un convoi de pirates. Avec l’aide des Jedi, Organa se tire de ce mauvais pas et finit par atterrir sur la capitale de la République.

Le sénateur est rentré pour demander des comptes à la suite de la sanglante bataille de Jabiim, l’une des plus cruelles défaites de la République. Or, le chancelier lui répond que la question a déjà été traitée en son absence et qu’il est inutile de recommencer le débat. La sénatrice Mon Mothma dément et indique que la seule trace de la bataille se trouve « dans une petite note glissée dans les archives et enterrée. »

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Ainsi, le chancelier, s’il n’a pas du tout envie de donner de la publicité à ce qui s’est réellement passé sur Jabiim – l’abandon des Jabiimites par Anakin – a tout de même tenu à notifier le récit en le déposant directement dans les archives. Si Mothma assimile ce geste à un enterrement, il n’en reste pas moins que les archives conservent bien trace de l’événement et qu’il ne semble pas si difficile d’y accéder puisque le sénateur Organa précise : « je sais, je l’ai lue sur le chemin du retour à Coruscant« . Les archives sont donc apparemment consultables sans trop de souci – pas de délai de communicabilité opposable au sénateur – et à distance puisqu’Organa a consulté la note dans son vaisseau.

C’est à partir de cette note trouvée dans les archives que Bail Organa développera des doutes sur l’attitude du chancelier Palpatine, doutes qui ne feront que s’amplifier par la suite. D’un simple document trop vite archivé peuvent découler bien des événements.

Sonia Dollinger