Archives de la catégorie ‘Dessins animés’

Les Simpson : des archives délatrices (saison 6, épisode 5 « Le maire est amer »)

Les Simpson est une série télévisée d’animation américaine créée par Matt Groening, apparue pour la première fois le 19 avril 1987 en version courts-métrages. Elle est ensuite diffusée sous format d’épisodes de 21 minutes depuis décembre 1989 aux Etats-Unis, puis un an plus tard en France.

Cette série présente principalement les Simpson, composés d’Homer, Marge, et leurs enfants Bart,  Lisa, et Maggie, la petite dernière qui ne s’exprime qu’à travers sa tétine. Leurs aventures sont généralement une satire du mode de vie américain. Chaque épisode, ou presque, se déroule à Springfield, lieu de vie des Simpson, mais aussi d’un maire corrompu et infidèle, d’une famille italienne mafieuse, d’un gérant d’une taverne aigri et solitaire, d’un directeur de centrale nucléaire milliardaire et machiavélique, ou encore d’un chef de police plutôt incompétent.

Le contexte 

En pleine campagne des élections municipales, Joe Quimby, maire sortant de Springfield, est en proie aux critiques de l’animateur radio pro conservateur Birch Barlow. Hors, le discours de ce dernier est approuvé par beaucoup d’habitants, notamment Homer qui l’écoute en boucle à son poste de travail et dans sa voiture.

Ce contexte politique donne l’idée à l’institutrice de Lisa de faire faire à sa classe un exposé sur la politique locale de Springfield. Assidue comme toujours, Lisa prend des notes en se renseignant via les médias, notamment par l’écoute des émissions de Barlow. Un jour, Barlow reçoit l’appel d’un auditeur anonyme. Lisa, interloquée, se rend vite compte que la voix appartient à Tahiti Bob, ancien faire-valoir de Krusty le Clown, et surtout ennemi juré de Bart depuis l’épisode 12 de la première saison. Tahiti Bob, conservateur convaincu, félicite Barlow pour son émission et ses idées. Il profite de l’occasion pour plaider son innocence et son injuste incarcération pour un crime qu’il n’a pas commis. Barlow qualifie Bob de prisonnier politique, victime d’un système libéral basé sur l’injustice et appelle tous les auditeurs à œuvrer pour le faire libérer. Sous la pression et de plus en plus mal vu par ses habitants pour ses incompétences et son manque d’écoute, Joe Quimby n’a d’autre choix que de le faire sortir de prison.

Bien décidé à prendre la place, un groupe secret de Républicains se réunit, composé de Charles Montgomery Burns, Birch Barlow, un vampire, le riche Texan, l’avocat aux cheveux bleus, Julius Hibbert et Rainier Wolfcastle, afin de désigner leur candidat aux élections municipales. Barlow présente Tahiti Bob qui devient alors l’adversaire de Quimby.

Avec la présence des médias, les candidats Joe Quimby et Tahiti Bob font leur campagne en passant d’abord par l’école élémentaire. Tahiti Bob impressionne et amuse les enfants grâce à ses clowneries. Suspicieux et effrayés, Bart et Lisa tentent par tous les moyens de faire passer Quimby pour un bon maire soucieux du bien-être des enfants. La campagne électorale continue jusqu’au vote des habitants de Springfield où le résultat est sans appel : 100% de voix pour Tahiti Bob, qui devient maire. Ce dernier en profite pour se venger de Bart et Lisa : continuant le projet de voie rapide initié par Quimby, il décide que la maison des Simpson doit être rasée afin de pouvoir construire un tronçon indispensable à la route ; en outre, à la demande de son cabinet, Bart retourne en maternelle.

Et les archives dans tout ça ??

Prise de soupçons, Lisa s’interroge sur la légalité de la victoire écrasante de Tahiti Bob. Elle se rend donc aux Centre des Archives de Springfield pour consulter le résultat des élections.

Simpson_3

L’archiviste, un homme, placide, à lunettes, lui apporte un tas de listes « qui comportent les noms des électeurs et les noms des candidats pour qui ils ont votés » (on apprend par ailleurs qu’il y a 48 000 électeurs à Springfield). Lisa, un peu étonnée, répond « je croyais que le scrutin était secret ? ». L’archiviste, blasé, finit la conversation par un « bah… ».

Simpson_1

Lisa prend avec elles les listes et s’installe dans l’immense salle de lecture où l’on peut croiser quelques lecteurs.

Simpson_5

Une salle de lecture immense

Elle se rend compte que beaucoup de personnes ont voté pour Bob. Prise de fatigue, elle s’endort. A son réveil, elle découvre une lettre anonyme déposée à ses côtés où on lui donne rendez-vous le soir dans un parking. Arrivée avec son frère au rendez-vous, l’homme dans l’ombre déclare que leur piste est bonne et qu’il faut continuer leurs recherches. Soudainement éclairé par les phares de la voiture d’Homer, on découvre que le mystérieux inconnu est Waylon Smithers, assistant de M. Burns.

Simpson_6

Les archives, ça fatigue !

Il déclare avoir participé à la campagne et les dirige vers un nom : Edgar Neubauer. Bart et Lisa continuent leurs recherches en vain : aucune personne de ce nom  n’apparaît dans le bottin téléphonique, ou dans les fiches de lecteurs de la Bibliothèque. Alors qu’ils commencent à baisser les bras, Bart trouve le nom d’Edgar Neubauer sur une pierre tombale dans le cimetière de la ville. Lisa, prise d’un doute, replonge dans les listes électorales (on espère que ce sont des copies), les compare avec les noms gravés et se rend compte que le parti Républicain a fait voter les morts de Springfield, même les animaux. Le scandale fait alors surface : Lisa et Bart se retrouvent face à Tahiti Bob au Tribunal qui, sous la pression des deux enfants, fini par avouer qu’il est l’initiateur de ces faux votes. Tahiti Bob est éjecté de sa place de maire et remis en prison.

C’est donc grâce à Lisa, à son goût pour les enquêtes et à son amour pour les lieux culturels tels que les Archives que le voile a été levé, même si, admettons-le, la communication du vote des électeurs par le biais des listes électorales de Springfield est loin d’être légale.

Les Simpson : les archives remontent à la surface… de l’alcool (saison 8, épisode 18 « Homer, le baron de la bière »)

Le contexte

Tout Springfield est en liesse et habillé de vert en ce jour de la Saint-Patrick. Les adultes s’adonnent à la boisson jusqu’à l’ivresse et les chars consacrés à l’Irlande et à sa culture défilent dans la grand’rue. Au bout de quelques minutes, les habitants de Springfield, totalement alcoolisés, débutent une bagarre générale jusqu’à l’arrivée d’un char où trois délicieuses femmes arrosent la foule de litres de bière. Un jet atterrit directement dans le gosier de Bart qui finit complètement saoul. La télévision de Springfield est là et filme la scène. Kent Brockman, présentateur et journaliste star de la télévision locale est abasourdi : la ville devient folle. Il déclare alors s’il ne serait pas nécessaire de revenir à la prohibition pour que ce genre de scandale ne se reproduise pas. Le discours de Brockman est entendu par de nombreuses femmes qui, le lendemain, manifestent à la mairie en demandant un retour à la prohibition. Le conseil municipal s’oppose alors à cette demande, convaincu des bienfaits de l’alcool sur la population de Springfield.

Et les archives dans tout ça ??

Le chef de la police Clancy Wiggum tente d’apaiser les tensions et donner raison au conseil municipal en déclarant : « Mesdames, tous nos pères fondateurs, nos astronautes, et nos joueurs de Baseball ont tous été soit saouls, soit bourrés de cocaïne ! ». L’archiviste de la ville, différent de celui de la saison 6 (celui-ci a l’air aussi bibliothécaire) intervient : « un instant ! Je vois qu’il y a une loi sur la prohibition dans les archives de Springfield qui remonte à deux cents ans ! Seulement, elle n’a jamais été appliquée ! ».

Simpson_7

Le maire et son conseil sont plus qu’étonnés mais décident d’agir en toute légalité et applique cette loi. Voyant cette annonce dans les journaux, des piliers de bar comme Homer ou son ami Barney Gumble font un malaise.

La découverte de cette loi archivée sème alors le trouble dans tout Springfield, fait naître détournements et trafics d’alcool, et donne un nouveau rôle à Homer : baron de la bière.

Deux épisodes qui démontrent, chacun à leur manière, la force des archives.

Emilie Rouilly

Pour rappel, vous pouvez retrouver les Simpson dans cet autre billet.

Créée par Justin Roiland et Dan Harmon, la série d’animation pour adultes américaine Rick et Morty est diffusée depuis le 2 décembre 2013 sur la chaîne Cartoon Network. C’est à un festival de court métrage cofondé par Dan Harmon, que ce dernier et Justin Roiland prennent la décision de développer la série. Alors que Justin Roiland présente au festival une parodie animée des films Retour vers le futur, intitulé The Real Animated-Adventures of Doc and Mharti, les deux décident de créer une série d’animation basé sur ce dernier, Rick et Morty.

Rick_and_Morty_1

La série suit ainsi les aventures interdimensionnelles, ou plutôt les mésaventures, de Rick Sanchez, un scientifique extravagant, cynique, et quelque peu porté sur la bouteille. Accompagné par son petit-fils Morty, perturbé par ses relations familiales, les deux protagonistes nous transportent, à travers leurs aventures, dans différents univers peuplés de créatures toutes plus originales les unes que les autres.

Cette série d’animation, au-delà de son second degré, n’hésite pas à reprendre les codes cinématographiques et à faire référence aux grands classiques du cinéma (tels que Inception, Les Griffes de la Nuit, Iron Man, Footloose, American Nightmare, Les gardiens de la Galaxie, Saw, Mad Max, Total Recall, Titanic, Indiana Jones ou encore Aliens). C’est ainsi que Rick nous téléporte au sein d’Anatomy Park, un parc d’attraction crée par ce dernier dans l’organisme d’un sans abri, faisant bien évidemment référence à Jurassic Park.

Et les archives dans tout ça ??

Plusieurs épisodes de Rick et Morty font référence aux archives de manière originale et humoristique.

À l’exception de l’ensemble des archives scientifiques que l’on retrouve accrochées aux murs du laboratoire de Rick, telles que ses archives de découvertes ou d’inventions scientifiques, c’est dans l’épisode 10 de la saison 1 qu’apparaît pour la première fois une toute autre forme d’archives. Dans cet épisode, on apprend qu’il existe différents Rick et Morty dans des univers parallèles. Alors que Rick est accusé de meurtres à l’encontre de plusieurs Rick, par le Conseil Interdimensionnel des Rick, ces derniers l’emmènent à la Citadelle, leur QG secret afin qu’il y soit jugé. Le Conseil montre alors à Rick ses archives photographiques des meurtres, sous formes d’hologrammes, et utilise comme preuve de sa culpabilité les données GPS (données géo-référencées et données personnelles) de son pistoportail qui lui sert à traverser les univers.

Rick_and_Morty_3

Rick, afin de prouver son innocence, décide de rechercher le véritable Rick Killer. Après l’avoir retrouvé à l’aide de son intelligence et de la science, Rick et Morty se font enlever par ce dernier.

Le meurtrier va alors montrer à Rick, au milieu d’une séance de « torture », ses archives, qui sont constituées de fiches sur les Rick. Ces dernières se présentent alors sous forme de répertoire numérique, dans lequel au sein de chaque fiche sont archivés l’ensemble des souvenirs des Rick, sous forme de séquences vidéos.

Rick_and_Morty_4

Le recours aux archives mémorielles est présent dans plusieurs épisodes de la série. En effet, l’épisode 8 de la saison 3, présente Morty perturbé et complètement troublé. En effet, ce dernier souhaite oublier ses souvenirs après l’une de ses mésaventures. Rick lui propose alors de le suivre dans l’un de ses laboratoires secrets, situé au sous sol du garage, et où sont stockées ses archives mémorielles.

La scène permet ainsi de voir la salle d’archives personnelles de Rick, qui apparaît de manière futuriste. Ses archives, quant à elles, se présentent sous forme de centaines de fioles contenant l’ensemble des souvenirs effacés de Morty qu’il nomme « les pétages de câbles de Morty ».

Surpris et curieux de cet endroit, Morty demande alors à son grand-père de visionner certains de ses souvenirs. On apprend ainsi le mode de classement des archives mémorielles de Rick. Chaque fiole porte un nom et l’ensemble de celles-ci sont classées en trois catégories. Les bleues pour les erreurs commises par Morty, les roses pour les erreurs commises par l’ensemble de la famille et enfin les rouges pour les erreurs commises par Rick lui-même. Pour Rick, l’ensemble des souvenirs contenus dans les fioles sont des anthologies. On peut ainsi voir une forme de campagne de numérisation mémorielle de la part de Rick, puisque, bien qu’il supprime la mémoire de Morty, il en conserve tout de même une copie. De plus, s’ajoute à cette dimension d’archives privées et secrètes, au mode de classement, l’existence d’une procédure d’urgence mise au point par Rick. Celle-ci vise à rendre la mémoire à Rick et Morty en cas de problème. Cette procédure est par ailleurs utilisée à la fin de l’épisode.

Rick_and_Morty_5

Cependant, cette dimension d’archives mémorielle n’est pas nouvelle dans la série. En effet, elle était déjà présente dans l’épisode 1 de la saison 3 lorsque les souvenirs de Rick sont utilisés par ses ennemis afin d’y trouver le moyen de créer le pistoportail. L’ennemi de Rick fouille alors sa mémoire, comme s’il cherchait un indice dans de simples archives papiers ou numériques.

La saison 4 de Rick et Morty met elle aussi en évidence plusieurs types d’archives notamment dans l’épisode 1, dans lequel l’un des laboratoires secrets de Rick, comporte une machine contenant des données de sauvegarde de Rick, permettant ainsi son clonage.

Rick admet également posséder des archives orales puisqu’il enregistre chaque parole des personnes qu’il côtoie et peut les rediffuser si besoin.

Melissa Dehaye

Renaissance, Paris 2054 est un film d’animation coproduit par le Luxembourg, la Grande-Bretagne et la France, sorti en 2006 sur les écrans et réalisé par Christian Volckmann. L’histoire originale est d’Alexandre de la Patellière et de Mathieu Delaporte, duo célèbre pour la pièce et l’adaptation ciné de Le Prénom.

Quelle est l’histoire ?

Ilona Tasuiev, scientifique prometteuse de la firme pharmaceutique Avalon et protégée du vice-président de la dite firme, a disparu dans d’étranges circonstances. L’inspecteur Karas aux méthodes musclées se voit confier l’enquête au sein du Paris de 2054.

Et les archives dans tout ça ??

Avant de se faire enlever, Ilona se dispute avec un malfrat du nom de Dimitri. On découvre l’objet de la dispute plus tard : Ilona a demandé à Dimitri de voler un cahier : il s’agit d’un cahier de notes de recherche datant de 2006, dernière trace d’un ensemble de tests médicaux dont les archives ont été détruites. Pas de science ni de recherche sans donnée ni informations et donc sans archives !

Renaissance_2

De précieuses données de recherche

Karas dans son enquête rencontre Bislaine Tasuiev, la sœur aînée d’Ilona. Ilona l’a pistonnée pour faire rentrer Bislaine au service des archives d’Avalon. Mais cette dernière déteste son boulot. L’inspecteur Karas lui demande de faire des recherches dans les archives numériques d’Avalon sur 2006 et les travaux du professeur Müller, mentor d’Ilona. Bislaine se rend au siège d’Avalon et consulte l’historique de recherche de sa sœur dans les archives et tombe sur un dossier « confidentiel alpha ». Bislaine indique alors à Karas que si elle consulte ce fichier, elle sera « vite repérée ». Et en effet, elle ouvre le fichier et en voit le contenu, la sécurité est activée et des gardes sont envoyés pour l’appréhender. Et c’est incohérent lorsque la sécurité des archives est bien gérée : soit Ilona n’a pas les droits pour consulter ce dossier et ne peut donc pas le lire, soit elle a les droits et cela ne déclenche pas d’alarme de sécurité. La politique de sécurité et d’accessibilité des archives dans une firme internationale comme Avalon ne semble pas très claire !

Renaissance_3

Recherche dans les archives d’Avalon

Donc Renaissance nous offre des symboles récurrents : des archives précieuses pour la recherche et une archiviste qui n’aime pas son boulot. Mais montre aussi que les nécessités du scénario (dans notre cas, offrir une scène d’action qui rapproche les protagonistes et dévoile des infos cruciales) amène à des incohérences. A quand une relecture des scénarii par des archivistes ?

Marc Scaglione

L’Etrange Pouvoir de Norman (ou ParaNorman en VO) est un film d’animation en volume (i.e. en stop-motion) réalisé par Sam Fell (Souris City) et Chris Butler (co-scénariste de Kubo et l’armure magique). Le film, sorti en 2012, est produit par le studio Laïka spécialisé dans la stop-motion : on leur doit « Les Noces funèbres », « Coraline » et « Kubo ».

Paranorman couvertureQuelle est l’histoire ?

Norman Babcock a le pouvoir de voir les fantômes. Sa famille ne le croit pas et il passe pour un cinglé dans sa petite ville de la Nouvelle-Angleterre. Jusqu’au jour où son oncle inconnu au bataillon, un marginal avec un pouvoir similaire, décède. Il va devoir porter la nouvelle charge qui lui incombe : empêcher le réveil d’une sorcière exécutée il y a 300 ans.

Et les archives dans tout ça ??

Norman n’a pas pu empêcher la malédiction et les zombies commencent à revenir à la vie. Pour enrayer cette situation qui s’envenime, Norman cherche la tombe de la sorcière afin de lever la malédiction. Il appelle sa camarade de classe intello (on ne peut plus cliché : monosourcil, appareil dentaire, lunettes en cul de bouteille) qui ne trouvant rien sur Google, l’oriente vers les Archives municipales situées dans l’ancien hôtel-de-ville. Premier message : NON, on ne trouve pas tout sur Internet ! Il est encore nécessaire de se déplacer, de consulter et de creuser dans les fonds papier pour trouver bon nombre d’informations.

Paranorman_1

Une fois arrivé sur place, on tombe dans un deuxième cliché récurrent : la montagne de papier en vrac et des rayonnages bourrés à craquer. Evidemment, cela sert le propos du scénario : créer une nouvelle embûche dans l’aventure de Norman et de ses acolytes. Mais c’est aussi révélateur d’un cliché tenace : pour le numérique, on peut trouver facilement par Google, pour le papier il faut un intermédiaire, en l’occurrence un archiviste pour pénétrer ce monde hermétique et trouver l’information recherchée.

Paranorman_2

Des archives pléthoriques !

Mais ici pas d’archiviste et pas de réflexe de l’appeler ou de partir en quête d’inventaires. Les membres de l’équipe partent chacun de leur côté : la brute de la bande se plaint d’être dans une bibliothèque (…), le grand-frère sans cervelle fait de la musculation avec des volumes (eh oui merci de souligner enfin que la manutention d’archives est un boulot de force), le meilleur ami s’installe tranquille pour lire, Norman et sa sœur s’embrouillent. Assaillis par les zombies et par une foule en colère, ils sont finalement obligés de fuir les archives sans avoir trouvé ce qu’ils voulaient. Norman trouvera son information autrement.

Paranorman_3

Confusion habituelle entre archives et bibliothèque…

Mais cela montre bien que conserver ne suffit pas : il faut aussi inventorier et communiquer. En l’occurrence, le problème ici est l’éducation à la recherche que Norman et ses acolytes n’ont pas. Les archives concernant l’affaire de la sorcière sont peut-être déjà traitées et rangées (on aurait un peu à redire à l’archiviste sur l’état de sa salle de travail quand même), mais comme ils ne savent pas comment chercher et ne se posent même pas la question, ils ne trouvent pas. La pédagogie est aussi une part importante (et primordiale j’ose le dire) de notre métier !

Un grand merci à Grégoire Champenois qui nous a signalé ce film !

Marc Scaglione

Baby Boss est un film d’animation américain réalisé par Tom Mc Grath, connu pour être le réalisateur de la série de films Madagascar et de Megamind, produit par Dreamworks et sorti en 2017. Il s’agit d’une adaptation du livre pour enfant « The Boss Baby » de Marla Frazee. Le film étant un succès, une série d’animation voit le jour sur la plateforme Netflix en 2018.

Quelle est l’histoire ?

babyboss_1Tim Templeton est un jeune garçon de sept ans qui voit débarquer dans sa famille un petit frère un peu étrange. Mais ce dernier n’est autre qu’un espion envoyé par la Baby Corp pour soutirer des informations stratégiques aux parents Templeton. Tim va devoir gérer ce nouvel arrivant et l’accompagner dans sa lutte contre un complot qui bouleversera l’équilibre du monde.

 

Et les archives dans tout ça ??

Baby Boss n’a pas été envoyé dans la famille Templeton par hasard. Baby Boss est un employé de la Baby Corp., société qui fournit les bébés et les disperse à travers le monde pour rendre heureuses toutes les familles humaines. Mais l’amour mondial n’est pas illimité. C’est une ressource qui se partage. Et les bébés sont en passe de perdre le leadership, au profit des chiots. L’heure est grave.

Babyboss_2

partage de l’amour mondial !

Baby Boss atterrit à dessein chez les Templeton, qui travaille pour Toutouco, une société qui fournit les animaleries en chien et en produits canins associés. Il est le chef d’une bande de bébés envoyés chez d’autres employés pour récolter des informations. Rien de plus, rien de moins que de l’espionnage industriel !

N’ayant rien trouvé dans les dossiers (papiers) ramenés à la maison par Papa et Maman, Baby Boss décide de pénétrer illégalement dans les bureaux de la compagnie concurrente. Avec son frère aîné Tim et après quelques aventures rocambolesques, ils réussissent. En errant dans les couloirs, ils tombent sur une porte intitulée sobrement « Interdit aux enfants ». Il s’avère que c’est la porte des archives. Bon déjà, on se dit que cette entreprise est très efficace, vu sa manière d’identifier les services sur les portes…

babyboss_3

la sympathique porte des Archives

Après ouverture, nous avons le droit aux colonnes gigantesques de meubles à classer les archives, empilés par dizaine avec cette phrase que toute archiviste connaît bien « ça en fait de la paperasse ». Un cliché récurrent, celui de la montagne de papier, mais qui a aussi l’avantage de montrer l’aspect gigantesque du travail de recherche qui les attend.

babyboss_4

Une aiguille dans une botte de foin

Travail qui s’avérera finalement assez aisé, puisque le dossier tant espéré se trouvera sur une boîte bien en lumière. Un piège évidemment. Mais aussi un hommage à la scène d’introduction avec l’idole d’or d’Indiana Jones – Les aventuriers de l’arche perdue, démontrant ainsi que l’archive est bien un trésor !

babyboss_5

Le Graal

Au-delà de l’aspect comique évident du film, Baby Boss nous montre que les informations et donc les archives sont primordiales dans la guerre économique, au travers de l’espionnage industriel. Evidemment on n’évite pas les clichés d’ailleurs, puisqu’une entreprise comme Toutouco n’a que des dossiers papiers et les parents ne travaillent pas sur des ordinateurs à la maison. Faudrait-il conseiller aux scénaristes de faire un petit stage dans nos services ?

Marc Scaglione