Archives de la catégorie ‘Dessins animés’

Arsène Lupin, le gentleman-cambrioleur, est un personnage créé en 1905 par Maurice Leblanc. Un héros de la Belle Époque, un bandit au grand cœur passé maître en l’art du déguisement. Élégant, courtois, rusé, amateur de sensations fortes et de prestige, il ne vole que si le butin est exceptionnel – telle une célèbre œuvre d’art – , ou le défi particulièrement corsé – telle une confrontation avec Herlock Sholmès, dont l’anagramme est pour le moins transparent.

arsenelupinLes aventures de ce personnage ont été adaptées au théâtre, au petit et grand écran, en B.-D. et en manga ; la maison de l’auteur, située à Etretat, est devenue un musée consacré à son héros.

De même, nombreuses sont les œuvres à rendre hommage à ce protagoniste ; ainsi, des romans ou des séries de japanimation font référence à Arsène Lupin, ou imaginent les aventures d’un de ses descendants.

C’est le cas de la série qui nous intéresse ici : Lupin III, car troisième du nom d’une dynastie de cambrioleurs, créé en 1967 par Monkey Punch.

img2-lupin-iii-cagliostro-fraC’est plus précisément le film Le Château de Cagliostro de Hayao Miyazaki, sorti en 1979 qui fit connaître la « bande à Lupin »  ; les séries télévisées, quant à elle, n’étaient connues que d’une poignée des férus du genre. En fait, Lupin III a d’abord été connu en France sous le nom d’ « Edgar de la Cambriole », tout comme le héros de la série City Hunter fut présenté sous celui de « Nicky Larson » au public occidental.

Lupin et ses trois comparses – l’épéiste Ishikawa Goemon XIII, le pistoléro Daisuke Jîgen et la femme fatale Fujiko Mine – ne vieillissent jamais, mais leur mode de vie est tout de même impacté par les évolutions technologiques. Ainsi, depuis la fin des années 1960 à celle des années 2010, les gadgets et obstacles de nos voleurs ont-ils considérablement changé. La saison 5 de la série, sortie cette année, en marque les 50 ans révolus, ainsi que la possibilité pour notre héros de fouler de nouveau les terres de son illustre ancêtre.

Et les archives, dans tout ça ??

[SPOILER ALERT !]

La donnée numérique est au cœur des intrigues de cette nouvelle saison. Le fait qu’elle se déroule en France, en cette année de déploiement du RGPD et de nouvelle ère pour la Cnil, n’est qu’une coïncidence, mais n’a pas manqué de m’enthousiasmer.

Dès le premier épisode, les héros infiltrent avec succès dans l’un des datacenters les mieux surveillés et plus performants au monde, « Underworld ». Un datacenter immergé, tout comme le « Natick », de Microsoft, situé au large des côtes écossaises et dont l’ouverture en juin dernier a fait grand bruit dans les médias spécialisés.

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Mais revenons à notre intrigue. Lupin fait la connaissance d’Ami, une jeune hackeuse de génie retenue contre son gré afin de surveiller les systèmes Underworld, qui s’appuient sur le deepweb et le cryptage avancé, et via lesquels sont réalisés des transactions illégales. Des milliards de bitcoins sont donc en jeu ! Lorsque tout le monde s’échappe avec le butin, c’est une chasse à l’homme appuyée par les caméras de smartphones ou même de drones qui est lancée, à laquelle participent les chasseurs de prime, mais aussi n’importe quel utilisateur, même sans prendre part aux affrontements qui s’ensuivent.

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Les premières questions morales se posent : peut-on se permettre de traquer un individu, fut-il le voleur le plus célèbre au monde ?  En plus de cela, un autre jeu malsain s’ajoute au premier : le pari sur la mort de Lupin (qui, quel jour, et comment).

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Notre hackeuse parvient néanmoins à rendre publiques un certain nombre d’informations, qui auraient dû être inviolables du fait des blockchains qui les protégeaient. Encore une question, cette fois d’ordre éthique et technique, qui s’ajoute. Quelle confiance accorder aux nouveaux processus ? Je pense notamment au gouvernement chinois, qui en mai dernier a interdit l’usage des cryptomonnaies et ICO (Initial Coin Offering) au profit de la blockchain ; il est effectivement préférable d’abandonner rapidement un système faillible dans un pays où n’importe quelle transaction d’argent (y compris l’aumône !) est dématérialisée. Seulement, des doutes sont levés par d’autres experts ou de potentiels utilisateurs. Après tout, depuis plus de trois mille ans, l’être humain a conçu des codes afin de préserver la confidentialité de ses informations. Aujourd’hui, des générateurs et solveurs sont capables de les décrypter instantanément. Ce qui semble impossible un jour … !

Par la suite, une intrigue politique nationale se noue autour du personnage d’Albert, qui est à la tête de la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE), qui cherche à récupérer une liste compromettante ; un carnet papier, en l’occurrence, aussi ne m’attarderai-je pas sur cette affaire-ci, quoique l’enjeu stratégique d’une donnée soit une nouvelle fois mis à l’honneur.

Ailleurs dans le monde, une poignée de politiques et de militaires d’un pays qui vient de perdre son roi tente un putsch en s’appuyant sur le contrôle de la population par la diffusion de fausses informations sur les médias et l’étroite surveillance des réseaux sociaux. Impossible cette fois encore, de ne pas faire le parallèle avec quelques cas très concrets (tel journaliste assassiné pour avoir exercé son métier, tel couple séquestré pour avoir dénoncé les manquements de leur gouvernement sur un compte de réseau social, et bien d’autres encore). Bien que le sujet soit tout aussi intéressant et actuel, je ne m’attarderai pas plus longuement dessus.

De nouveaux rebondissements ont lieu avec l’inauguration à l’échelle mondiale d’un réseau social, « PeopleLog » (ou « HitoLog ») qui est doublé d’une base de données intelligente. Celle-ci brasse des…Tera ? Péta ? Yotta ? octets de données, fabrique votre fiche de renseignements, compare, analyse et donne sa sentence sur le taux de probabilité ou de fiabilité du contenu posté par chaque utilisateur. Le tout en quelques secondes à peine ; MySQL, NoSQL, vous pouvez prendre votre retraite… !

Chose réaliste autant qu’étrange : une large majorité d’individus est enthousiasmée par ce nouvel outil, et en devient dépendante… pour mieux le décrier ensuite. Sauf que cela va bien plus loin que le cas Facebook.

Bien sûr, le challenge numéro un pour le patron de PeopleLog, c’est Lupin. S’il peut être capturé grâce à son application, cela en prouvera l’efficacité et occasionnera une publicité sans précédent (et à peu de frais).

Seulement, notre homme n’est pas une proie facile…

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Son profil est pourtant créé à partir des données récoltées (tout particulièrement lors des courses-poursuites avec la police locale ou Interpol, les publications dans les médias, les témoignages). Rapidement, la page est inondée de posts, qui pour la plupart sont avérés, quelques-uns diffamatoires, et presque tous haineux…

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Lupin et ses amis, harassés par leur fuite de tout contact humain, décident de prendre leur revanche. Ils se mettent à révéler le contenu des boîtes noires de nombreux pays sur le site, qui approuve ces informations (une hackeuse de génie, un ordi avec wi-fi, et c’est parti). D’énormes scandales d’ordre politique, moral ou sécuritaire explosent partout dans le monde. Les forces armées de plusieurs pays finissent par attaquer le siège et les centres du site.

Un monde sans respect ni protection des données est un monde chaotique ; nous le savions déjà, mais un rappel n’est jamais de trop. Alors, avec un petit souffle épique.

Duna

 

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B_the_Beginning_1B The Beginning est une série d’animation japonaise du studio de production I.G à qui l’on doit entre autres Haikyu, l’Attaque des Titans et Psycho Pass. La série de 12 épisodes est diffusée sur Netflix et est accessible depuis le 2 mars 2018. Il s’agit d’un scénario original mêlant  thriller et science-fiction.

 Dans un pays imaginaire nommé Crémona, une succession d’assassinats perpétrés par celui que la police a nommé le Tueur B pousse un flic légendaire à reprendre du service.

 

 

Et les archives dans tout ça ??

FLICK KeithL’épisode 1 voit l’apparition d’un des protagonistes principaux, Keith Flick. C’est un homme d’une quarantaine d’années à l’air négligé, coiffé d’une tignasse touffue et d’une barbe hirsute. Ancien flic de la brigade, il inspire beaucoup de respect à ses anciens collègues. Anciens, puisque pendant les huit dernières années, il était aux …. Archives ! Cela sent l’éternel cliché de la mise au placard… confirmé quelques épisodes plus tard. Le retour de Keith Flick dans un service d’enquête conduit à un passage chez le coiffeur-barbier. Apparemment, être aux Archives conduit aussi à la négligence de soi.

Peut-être ne s’agit-il là que d’un cliché sans réelle importance. Mais hélas les clichés s’accumulent !

Dans l’épisode 6, Keith est recherché après la mort d’un de ses collègues. La section de police va donc fouiller ses anciens bureaux aux Archives. Le service d’Archives de la police royale est situé dans un entrepôt sur les docks.

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Un entrepôt pour un service d’archives, ça s’annonce bien…

Niveau conservation préventive, on a déjà quelques soucis. En rentrant dans le bâtiment, l’un des policiers s’interroge sur la nature de ce lieu rempli de cartons et d’étagères bourrées de dossiers. Son collègue lui répond qu’il s’agit du service d’Archives. Au-delà du fait que ce policier ne semble pas être un génie, il faut noter que certains policiers ne savent même pas où se trouvent les Archives ! A tout cela, il faut ajouter un magasin rempli à ras bord de cartons sans identification, plus entrepôt de stockage abandonné que vrai service d’Archives. D’ailleurs les policiers passent leur temps à s’étonner du bazar.

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Des cartons, encore des cartons

On se demanderait presque où se trouve l’archiviste ! C’est là qu’on apprend que Keith Flick a exercé seul la fonction d’archiviste de la police durant les huit dernières années et que par conséquent, personne n’a pris le relais…

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Accéder aux archives ? Un parcours du combattant

Ce cliché n’est pas confiné à l’archive papier, mais aussi à l’archive électronique et aux informaticiens. Ainsi dans l’épisode 10, l’équipe est à la poursuite d’un tueur qui a kidnappé un des inspecteurs. Keith demande à Kaela, l’informaticienne de l’équipe, de sortir les plans du bâtiment de la police. Elle trouve plusieurs plans, puisque l’immeuble a trois cents ans. Il souhaite alors que cette dernière lui affiche les plans en même temps en séparant par époque. Et… ce ne sont pas des plans qui s’affichent à l’écran mais une modélisation 3D que Kaela fait en un clin d’œil et en temps réel…

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Tu cherches des plans ? On te donne un modèle 3 D

En résumé, cette série est un parfait exemple d’accumulation de clichés dans lequel les archives papier sont un fatras bordélique et sans intérêt abandonné dans un entrepôt et les archives électroniques et les données une information magique qui apparaît dès demande et prend toutes les formes que l’on souhaite !

Marc Scaglione

 

Girl’s Last Tour est un manga écrit et dessiné par Tsukumizu et publié au Japon chez Shinchosha depuis 2014. Le manga est inédit en France à ce jour. Il a été adapté en série d’animation en douze épisodes par le studio White Fox (Re : Zero, Akame Ga Kill, Steins : Gate), série qui fut diffusée entre octobre et décembre 2017. En France, elle est licenciée par Wakanim.

Girls' Last Tour

Nous suivons le voyage de Chito et Yuuri, deux jeunes filles, traversant une ville gigantesque en ruine après une apocalypse inconnue.

Et les archives dans tout ça ??

Il s’agit d’une série d’animation méditative et contemplative. On sait peu de choses, on fait peu de choses (le résumé en est un exemple), on croise presque personne. Mais il n’empêche qu’on y trouve des archives.

Expliquer les archives

Dans l’épisode 6, les héroïnes voient leur moto tomber en panne. Elles croisent alors Ishii qui leur propose de la réparer en échange d’aide pour achever son avion. En effet, cette dernière a trouvé refuge dans ce qui était probablement une ancienne base aérienne ou un musée de l’aviation. Yuuri lui demande pourquoi elle construit un avion, arguant du fait qu’habiter un tel endroit n’est pas une raison suffisante. Pourquoi donc ? A cause des archives ! Éparpillés partout, Ishii a trouvé des plans de tous les modèles d’avion créés du premier aux derniers modèles « à la technologie incompréhensible ». Ne souhaitant pas rester là sans but, elle a donc décidé de construire son modèle unique et original pour quitter la Ville.

Un mur d'archives photographiques

Un mur d’archives photographiques

Dans le dernier épisode, les deux filles s’installent temporairement dans un sous-marin. Elles connectent sans le vouloir leur appareil photo à l’interface et découvrent alors tous les dossiers contenus dans la puce mémoire. Elles découvrent des photos de foule, de villes pleines et vivantes, ainsi que des vidéos. Même si des éléments semblent expliquer dans ces photos et vidéos l’apocalypse qu’a connu ce monde, là n’est pas l’important. En effet, les deux filles semblent étonnées et émues. Yuuri la plus désinvolte des deux déclare à sa comparse en regardant ces images : « Je crois comprendre un peu pourquoi tu voulais en savoir plus sur le passé. On est toutes les deux depuis longtemps. Mais en voyant comment les gens vivaient à l’époque, je me sens un peu moins seule ».

Une décoration archivistique pour le bureau d'Ishii

Décoration archivistique dans le bureau d’Ishii

Ainsi si les archives sont essentielles, ce n’est pas seulement parce qu’elles sont probantes ou qu’elles sont une mémoire. Mais aussi et surtout parce qu’elles inspirent : des idées, des émotions et des sentiments aux gens qui y accèdent. Les archives sont inspirantes !

Marc Scaglione

 

Suisei no Gargantia est une série d’animation originale japonaise produite par le studio IG (Guilty Crown, L’Attaque des Titans). Elle a été réalisée par Kazuya Murata (Eureka Seven, Code Geass) et écrite par Gen Uroboshi (Fate/Zero, Psycho-Pass). La série comporte 13 épisodes et 2 OAV et a été diffusée en 2013. Comme il est d’usage en termes de pratique commerciale au Japon, un manga et des lights novels adaptés de la série ont été publiés.

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Quelle est l’histoire ?

Le vaisseau Avalon est une colonie humaine à la recherche d’une planète viable. Mais ses habitants luttent contre un ennemi sans pitié : les Hideauzes (sortes de pieuvres géantes). Durant une retraite, le sous-lieutenant Ledo (Red) est accidentellement projeté hors du vaisseau lors du bond supraluminique. Il se réveille sur une planète inconnue, recouverte d’eau sur laquelle les humains vivent dans de grandes flottes de navires : la Terre, le berceau perdu de l’humanité.

Et les archives dans tout ça ?

Lors de son réveil, après son accident, Ledo demande à Chamber, l’IA d’assistance au pilotage de son mécha où ils se situent. Après une brève analyse, Chamber postule qu’ils sont sur Terre, le berceau de l’humanité. Chamber va avoir des déclarations contradictoires : d’abord il indique que « son existence n’a été jusque là que suggérée dans nos archives [de l’Alliance galactique ndlr] » puis d’indiquer plus tard que « l’apparence actuelle de la Terre ne correspond pas à nos archives » dans lesquelles la Terre est une boule de glace. On se contredit donc… à moins que la suggestion soit un peu plus étoffée qu’évoquée premièrement.

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Dans tous les cas, Ledo décide qu’il faudra mener une enquête par la consultation « des documents historiques qu’on trouve ici« . Si cela démontre une certaine logique (celle du chercheur), cela montre aussi l’habitude qu’a Ledo d’accéder facilement à l’information via sa machine. Il en parle comme d’une évidence. Qui s’avérera trompeuse puisque sur la flotte du Gargantia, le passé se résume à une minuscule bibliothèque contenant parfois des savoirs incompréhensibles. Le reflet de la certitude de certains chercheurs qu’ils vont trouver des documents sur tous les sujets, là où il ne reste au mieux que rumeurs et légendes.

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recherche infructueuse

Plus tard dans la série, Ledo accède à une zone sous-marine jusqu’alors inaccessible aux humains, pleine de « trésors », nom donné par les Terriens aux reliques de l’ancien temps se trouvant au fond des océans. Ledo y découvre des archives dans des sortes de « puces ».

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La technologie de Chamber est tellement supérieure qu’il ne lui faut pas 20 secondes pour y accéder en nous décrivant toutes les étapes : récupération des archives à distance (suppression du problème de machines de lecture), recherche du standard des données puis émulation pour lecture (lisibilité des formats), restauration puis traduction (intelligibilité). On notera le travail de documentation sur la question de la pérennité des archives électroniques, même si nous n’avons pas encore trouvé de support capable de survivre à une ère glaciaire et à une immersion présumée pluriséculaire.

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Ces archives jouent un rôle primordial car elles impactent les personnages. D’ailleurs, il est intéressant d’étudier les réactions à chaud. D’un côté, Ledo considère vraies les révélations immédiatement. De l’autre, Chamber notant les contradictions avec l’histoire officielle, remet en cause la véracité des informations, peu crédibles et évoque une possibilité de désinformation et de complot. Les archives disent-elles vraies ? Comment le savoir ? Voilà des questions que tout journaliste, historien, archiviste, généalogiste, voire citoyen devrait se poser…

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Ces révélations sont d’une telle importance que cela impacte la société. Dès lors la superstition, les légendes et les rumeurs dont était fait le passé doivent être remplacées par la science, car le passé joue un rôle considérable pour l’avenir. La flotte du Gargantia ressuscite alors le métier d’archéologue afin, entre autres, de rassembler et étudier les archives trouvées lors des fouilles dans les ruines immergées.

Ainsi au travers de différents éléments, la série montre les archives comme un élément fondamental, un élément naturel pour ceux qui y sont habitués, mais qui forment un vide lors de leurs absences, vide souvent rempli par les légendes. Et de démontrer à quel point, l’impact de ces archives peut modifier la société et son orientation.

Marc Scaglione

Si je vous dis « Batman, la série animée », j’imagine que beaucoup d’entre vous se remémoreront ce générique devenu incontournable qui a longtemps fait partie de nos moments préférés du petit écran durant notre enfance.

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La série américaine d’animation Batman : The animated series, est produite par Bruce Timm et Eric Radomski. Elle comporte quatre saisons, 85 épisodes de 22 minutes chacun et est diffusée du 5 septembre 1992 au 16 septembre 1995. Les thèmes musicaux, tout aussi mythiques et qui donnent un ton bien particulier au générique et à chaque épisode, sont composés par Danny Elfman (rien que ça) et Shirley Walker, entre autres. La série s’inspire des aventures du comic Batman produites par DC comics depuis 1939. Elle naît juste après les deux films de Tim Burton : Batman (1989) et Batman returns (1992). Elle s’inspire d’ailleurs très largement de l’univers sombre et déjanté des films de Burton, ce qui marque une assez grande différence avec la série télévisée Batman diffusée dans les années 1960.

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Le synopsis de chaque épisode est simple : Gotham city, ville sombre et poisseuse, est en proie à des vilains, voleurs, mafieux, psychopathes plus ou moins dangereux chaque jour que la Nature fait. Bruce Wayne, célèbre milliardaire et bel homme à la voix grave et envoûtante, endosse alors son costume de Batman pour enquêter puis affronter toutes ces menaces.

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Dans son entourage, il compte sur la présence d’Alfred et du Commissaire Gordon. Plus tard, il sera secondé par Robin (Dick Grayson), qu’il recueillera à la suite de la mort tragique de ses parents, puis par Batgirl.

Cette série donne la possibilité au téléspectateur de faire la connaissance, épisode après épisode, de chacun des vilains qui agresse le quotidien de Gotham city et de découvrir les origines de chacun des personnages, comme celles de Robin, Double-Face, Mr Freeze ou Gueule d’argile. Les créateurs de la série, notamment les scénaristes comme Paul Dini, ont même pris la liberté d’étoffer la panoplie de vilains en créant la fameuse Harley Quinn ou Baby Doll (je vous laisse découvrir le personnage par vous-même, ça vaut le coup).

La série a connu un immense succès auprès des novices mais aussi auprès des fans de Batman qui la considèrent comme la plus fidèlement adaptée du comic.

Certains épisodes ont été marquants pour tous les admirateurs de la série. Celui qui remporte tous les sondages est Amour on ice (Heart of ice pour le titre original) qui introduit le personnage de Mister Freeze dans la série et réinvente même ses origines vues ici plus tragiques. C’est justement de cet épisode dont je vais vous parler. (Attention, cet article contient des éléments qui dévoilent l’intrigue de l’histoire)

C’est grâce aux films de Tim Burton et à cette série que j’ai découvert l’univers de Batman. Ce point de vue sombre et plutôt réaliste de chacune des histoires m’a toujours paru fascinant. C’est cela qui fait que cette série n’est pas un dessin animé ordinaire ou un simple divertissement. Chaque épisode se termine avec un message profond. Elle n’est pas forcément adressée aux plus jeunes. Beaucoup d’épisodes mettent en scène la vengeance, le malheur, la peine et la folie des personnages. Je ne suis pas une grande amatrice des comics américains, mais je vous invite sincèrement, si vous en avez la possibilité, à voir ou à revoir cette série devenue mythique.

La vengeance est un plat qui se mange froid

Batman_4Dans cet épisode intitulé Amour on ice, écrit par Paul Dini et réalisé par Bruce Timm, nous faisons la connaissance de Mister Freeze, de son vrai nom Victor Fries, chercheur et expert en cryogénie. L’histoire débute avec l’attaque « enneigée » de l’immeuble de l’entreprise Gothcorp dirigée par Ferris Boyle. Devant les écrans situés dans sa batcave, Batman enquête sur ces délits et découvre que plusieurs engins ont été volés pour former une énorme arme à congélation.

Alors que Mister Freeze s’apprête une nouvelle fois à commettre des vols, Batman intervient mais ne parvient pas à le maîtriser. C’est à ce moment que l’on apprend le nom de ce nouveau vilain.

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Batman doit alors faire face à un nouveau malfaiteur qui cherche à se venger à tout prix d’un seul homme : Ferris Boyle. Le lendemain, Bruce Wayne décide d’en savoir plus et se rend au bureau de Ferris Boyle afin de l’interroger sur les origines de ces attaques répétées. Boyle avoue qu’un seul homme est capable de tels méfaits : un chercheur qui se servait à des fins personnelles du matériel de la Gothcorp, avec qui il y a eu confrontations et qui a disparu après une explosion.

Et les archives dans tout ça ??

De retour dans sa batcave, Batman s’interroge sur cette confrontation et consulte les microfiches des journaux de l’époque qui évoquent bien une explosion pendant l’altercation entre ce mystérieux chercheur et les agents de sécurité de l’entreprise.

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Malheureusement, aucun élément n’est donné sur les causes de cet accident. Batman annonce alors à Alfred que le seul moyen d’avancer dans cette enquête est d’aller consulter les archives de la Gothcorp.

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Une grande cérémonie est organisée à la Gothcorp afin d’attribuer le prix de « l’industriel bienfaiteur de l’humanité de l’année » à Ferris Boyle. Déguisé en agent de sécurité, Bruce Wayne s’introduit dans l’immeuble et parvient à prendre la relève d’un autre agent somnolant devant les écrans de surveillance de l’entreprise. Celui-ci hors de la salle, Bruce Wayne redevient Batman, et accède à la salle des archives, non sans avoir décrypté au préalable le code de la porte.

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Il ouvre un tiroir et en sort une chemise marquée « Top secret » contenant le dossier médical de Nora Fries.

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Mmmh…ces archives n’ont pas l’air communicables…allez, tant pis !

A l’intérieur, des photos, des documents sur le projet d’un procédé de cryogénisation et une VHS.

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Batman visionne la VHS. On y découvre Victor Fries, le fameux chercheur de la Gothcorp qui annonce son projet qu’il espère être le premier pas vers l’immortalité. Durant son intervention, on aperçoit une capsule de cryogénisation avec sa femme Nora à l’intérieur, atteinte d’une maladie grave et inopérable.

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Il est soudainement interrompu par des agents de sécurité accompagnés de Ferris Boyle qui lui ordonne de cesser cette expérience et de rendre tout le matériel qui lui appartient, tout en lui reprochant que cela lui coûte une fortune, et faisant fi de la présence de sa femme dans la capsule. Malgré les supplications de Fries, Boyle ne cède pas et finit par bousculer Fries dans des produits chimiques toxiques qui congèlent ce dernier.

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Au lieu d’intervenir, Boyle fuit avec ses compères. La vidéo s’arrête. Batman est sous le choc et comprend comment est né Mister Freeze et d’où vient son désir de vengeance.

Alors que Ferris Boyle est sur le point d’être récompensé, Mister Freeze immobilise l’immeuble de la Gothcorp avec son canon à congélation et entre dans la salle où se trouve Boyle. Après une ultime confrontation musclée, Batman arrive enfin à maîtriser Mister Freeze complètement désemparé de n’avoir pu se venger. Batman intervient en disant qu’il n’y aura pas vengeance mais justice : il avoue alors à la journaliste qui suit l’enquête des attaques de la Gothcorp et qui était invitée à la cérémonie, que l’année précédente, Ferris Boyle a interrompu une expérience importante et que cela a anéanti deux vies. Pour preuve, il donne la VHS qu’il a découverte aux archives de la Gothcorp à la journaliste. Notons au passage que Batman se fiche pas mal de désolidariser des dossiers classés top secret d’une entreprise…

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Un problème avec les archives subtilisées ?

L’épisode se termine, comme très souvent dans la série, dans une cellule de l’Asile d’Arkham où sont emprisonnés tous les pires criminels de Gotham city. On y voit Victor Fries dont la cellule a été entièrement congelée et enneigée pour son confort. En pleurs, il exprime ses regrets et implore sa femme de lui pardonner.

Les archives privées de l’entreprise sont donc clairement au cœur de cet épisode. Elles permettent à Batman de mieux comprendre son adversaire et aux spectateurs que nous sommes d’avoir un peu de compassion pour ce vilain qui congèle tout. Les enregistrements d’expériences scientifiques peuvent être une mine d’informations, aussi bien pour comprendre comment elles ont pu aboutir ou échouer et éviter de reproduire des erreurs. Elles sont également ici une mine de renseignements pour la police et la justice même si ces archives ne sont pas obtenues de manière très légale.

Emilie Rouilly