Archives de la catégorie ‘Dessins animés’

Star Wars : The Clone Wars est une série télévisée en images de synthèse, en sept saisons, diffusée initialement entre 2008 et 2014, avec un retour inattendu en 2020. Il s’agit d’une des nombreuses œuvres Star Wars relatant les événements se passant entre le deuxième et le troisième film, Sonia a évoqué une série de comics du même nom dans un autre billet.

Quelle est l’histoire ?

La bataille de Géonosis se termine, la guerre entre les Séparatistes et la République est déclenchée. Anakin devenu chevalier Jedi se voit confier par Yoda, une padawan. Cette apprentie intrépide et douée se nomme Ahsoka Tano. Nous allons suivre les aventures de ce duo et du général Kenobi dans la grande guerre des clones.

Et les archives dans tout ça ??

Dans le premier épisode de la saison 2, Anakin, Obi-Wan et Ahsoka sont cernés par les troupes séparatistes sur la planète Felucia. Grâce à une offensive désespérée, les Jedis réussissent à s’échapper, mais Ahsoka refuse d’obéir pensant encore vaincre l’ennemi. Revenus sur Coruscant, ils paraissent devant le Conseil Jedi. La punition tombe : Ahsoka est affectée à la sécurité des archives du Temple sous la supervision de notre archiviste cliché préférée : Jocasta Nu.

Jocasta fait la visite des archives à Ahsoka qui semble découvrir les lieux. Pour rappel Ahsoka a été en formation au Temple de l’âge de trois ans à quatorze ans, lorsqu’elle devient Padawan. Ce qui veut dire qu’elle n’a jamais mis les pieds aux Archives Jedi durant sa formation…. Durant la présentation, Jocasta se vante sur la qualité de son fonds, indiquant que les archives contiennent nombre de secrets. Elle montre alors l’entrée du coffre-fort contenant les holocrons, des boîtes renfermant « les secrets les plus jalousement gardés de l’Ordre Jedi ». Ahsoka demande alors si elle peut visiter le coffre, ce qui lui est refusé par Jocasta, elle-même expliquant qu’elle n’y a pas mis les pieds depuis des années. Le coffre n’est accessible qu’aux membres du Conseil. Ce qui sous-entend que l’archiviste responsable n’a pas accès à toutes les archives….

Evidemment, la garde d’Ahsoka ne va pas être de tout repos. Non que les archives soient bondées. Elles sont même plus que vides : économie de coût pour le studio, mais aussi le signe que les Jedis en temps de guerre ont vidé les lieux. Non, Dark Sidious souhaite récupérer un holocron dans la salle des coffres. La deuxième partie de l’épisode va tourner autour de ce braquage qui sera une réussite et ne pourra être empêché ni par Obi-Wan, ni par Anakin et encore moins par Ahsoka. Le but final ? Utiliser le dit holocron pour décrypter un cristal contenant la liste des enfants sensibles à la Force….

Un holocron volé

Les archives ici servent de cadre à l’intrigue mais montrent plusieurs défaillances Jedi importantes :

  • La sécurité du Temple n’est pas assurée, car malgré l’avertissement de Yoda, les Jedis n’ont pu empêcher un vol au sein de leur coffre-fort ;
  • La formation des jeunes semble à désirer, puisque Ahsoka n’a jamais mis les pieds aux Archives ;
  • Enfin la gestion de l’information semble vraiment opaque, puisque l’archiviste n’a pas accès aux archives secrètes de l’Ordre.
La punition tombe

Un passage court mais plein de sens donc.

Marc Scaglione

Soul est un film d’animation Disney Pixar sorti en 2020, initialement prévu pour être diffusé dans les salles de cinéma. Mais la pandémie de Covid-19 a conduit Disney à publier le film sur sa plateforme de streaming Disney + le 25 décembre 2020. Le film est réalisé par Pete Docter, réalisateur de Monstres et Compagnie, Là Haut et Vice-Versa. Le scénario est du même Pete Docter (scénariste sur Toy Story, Monstres et Compagnie, Wall-E), Mike Jones et Kemp Powers. Jamie Foxx double le héros en version originale, Omar Sy en version française.

Quelle est l’histoire ?

Joe Gardner, pianiste de jazz, est professeur de musique dans un collège. Un jour la chance lui sourit, il va enfin donner un concert dans un club connu. Joe a cependant un accident, son âme est envoyée sur le chemin de l’Au-delà. Mais Joe refuse de mourir et il va tout faire pour rejoindre son corps comateux, alité dans une chambre d’hôpital.

Et les archives dans tout ça ??

Alors que Joe se retrouve sur le chemin menant à l’Au-delà, il réussit à s’échapper et débarque dans le lieu des jeunes âmes. Il est alors nommé mentor comme de la jeune âme 22, dans le but qu’elle choisisse enfin de naître.

Ces mondes ne sont pas gérés par des anges, mais par des assemblages des champs quantiques de l’univers, appelés Jerry (Michel en français). L’assemblage en charge de tenir le compte des âmes passant dans l’Au-delà est un personnage à part nommé Terry. Il est décrit comme entièrement voué à sa tâche, psychorigide au possible et ayant des relations tendues avec ses collègues. Bref le prototype du rouage de l’administration. Il s’aperçoit qu’une âme manque à l’appel et part en quête du délinquant. Afin de l’identifier, il se rend aux archives et commence à compulser tous les dossiers pour trouver celui qui manque.

Le gardien très relax des Archives

Ce passage est assez court. Il est cependant assez intéressant. L’Au-delà est décrit, dans la lignée de nombreuses œuvres, comme une administration. Et pour symboliser cette administration, il n’y a rien de mieux et de plus facile que la paperasse, ici les dossiers archivés de chaque personne décédée. Et pour donner une idée du gigantisme de ce travail, on montre l’étendue de ce magasin d’archives et le nombre de rayonnages infini qu’il renferme.

une salle d’archives d’une taille inimaginable

En creux, cette représentation renseigne sur plusieurs choses. Premièrement, on s’étonnera qu’en 2020, une administration céleste dirigée par des êtres quasi-omnipotents, gère des dossiers papier. Cela signifie, qu’en tant que symbole administratif, le numérique n’a pas encore sa place. Puis on s’étonnera de ne voir qu’un Jerry garder nonchalamment le local. On ne voit personne travailler, on ne voit pas comment ces locaux sont alimentés en dossiers. Ce qui indique que ce local a un but plus symbolique, que réaliste. Enfin la méthode de recherche et de classement paraît totalement abracadabrantesque ! En effet tous les dossiers sont classés par ordre alphabétique, soit environ une centaine de milliards de dossiers à feuilleter pour trouver celui du délinquant. Bien que très puissant, il faut quand même quelques heures à Terry pour parcourir les milliards de dossiers allant d’AA à GA pour Gardner.

Une détermination à toute épreuve

Cette disposition peut être interprétée de plusieurs manières : une méconnaissance et un manque de réflexion sur les méthodes de recherches, il aurait semblé plus simple de classer les dossiers par date de décès, cela aurait réduit à plusieurs centaines de milliers les dossiers à compulser ; ou simplement, l’utilisation de ce classement farfelu pour offrir un obstacle au « méchant », permettant aux personnages principaux d’avancer dans l’histoire. J’opterai davantage pour la deuxième option, en utilisant les archives comme ressort scénaristique, à la fois comme objet permettant la résolution de l’enquête mais aussi une épreuve que le personnage doit surmonter pour atteindre son but. A la fois donjon et trésor.

Dans Soul, les archives ne sont pas réalistes mais utilisées comme un ressort scénaristique et pour leur impact symbolique !

Marc Scaglione

Si je vous dis « Arkadia », peut-être que cela mettra la puce à l’oreille à certaines personnes qui, comme moi, ont vécu l’époque formidable des dessins animés des années 1980. Allons donc ensemble nous replonger dans Les Mondes Engloutis, série animée de 52 épisodes créée par Nina Wolmark et illustrée par Patrick Claeys. Elle fut diffusée à partir du 24 octobre 1985 dans l’émission Récré A2 puis L’été en baskets sur Antenne 2, et sur TF1 dans le Club Dorothée dès le 6 janvier 1990.

La cité d’Arkadia et le Shagma

Arkadia est une cité du centre de la Terre où vivent en toute sérénité les Arkadiens, étranges humains sans pied, en compagnie de créatures anciennes dotées de la parole que sont Bic et Bac, deux pangolins (au nez en forme de frite) et Shag-Shag, gentil monstre mi-tortue, mi-vaisseau. Mais cette plénitude est bouleversée par une menace : le Shagma, grand soleil nourrissant la cité d’Arkadia, est malade et sa santé faiblit de jour en jour. Les Arkadiens redoutent son explosion prochaine, et la possible fin de leur civilisation. Leur espoir de survie repose alors sur Spartakus, homme grand et mystérieux vivant dans les souterrains, Bob et Rebecca, deux frère et sœur de la « civilisation du dessus » et Arkana, humanoïde bipède crée à l’image « des gens du dessus » par deux jeunes Arkadiens grâce aux archives de la cité, accompagnés de Bic, Bac et Shag-Shag. Ensemble, ils parcourent « les strates et les mondes engloutis […] jusqu’au creux de la Terre » pour sauver le grand Shagma d’une mort certaine.

Bic et Bac, à l’époque où les pangolins n’étaient pas mis en cause dans une pandémie

Et les archives dans tout ça ?

Elles apparaissent dès le tout premier épisode de la série intitulé « La Cité d’Arkadia ». Bob part faire de la spéléologie, suivi discrètement par sa petite sœur Rebecca. Finissant par se croiser, Bob intime à sa sœur de remonter à la surface. Cette dernière, croyant dur comme fer aux légendes et en particulier à l’existence d’une civilisation « du dessous » à l’inverse de son frère, insiste pour continuer son exploration. Fatigué, Bob la laisse partir, non sans la suivre de loin. C’est alors qu’après avoir été sauvée des eaux par Spartakus qui ne révèle pas encore son identité, elle se réveille en voyant Bic, Bac et Arkana, en partance pour la surface de la Terre. Bob apparait alors et interroge Arkana sur son identité et sa provenance. Celle-ci nous emmène alors à Arkadia, conte l’histoire de la cité et révèle ses origines : tous les ans, la cité organise une grande fête où chaque enfant Arkadien doit présenter un chef-d’œuvre aux Sages de la cité. Nous faisons alors la connaissance de Shangor et Shangora, deux frère et sœur, équivalent de Bob et Rebecca. Tous deux sont dotés d’une grande intelligence et sont très curieux des origines de leur cité. A ces questions concernant leur passé, aucun Arkadien ne sait y répondre. Alors qu’ils sont sur le point de créer une créature de la civilisation du dessus, la finalisation échoue, la lumière du Shagma étant beaucoup trop faible.

Shangora et Shangor cherchent comment guérir le Shagma

Shangora alerte alors ses camarades « Notre Shagma est vraiment très malade, il va finir par exploser. Que faut-il faire pour le réparer, le guérir ? Où trouver un plan, un logiciel, quelque chose ? » Bic et Bac proposent alors : « Flashbic ! le musée ! ». Mais Shangor n’est pas rassuré : « Entrer dans le musée ? Mais c’est impossible, il est tabou, interdit ! Les Diogènes le gardent jour et nuit, personne n’y entre jamais ! ». Bic et Bac rappellent alors que Shag-Shag, gardien de ce musée, peut entrer sans problème.

Une entrée de Musée peu accueillante

Cachés par Shag-Shag, Shangora, Shangor et les deux pangolins s’introduisent dans le musée. Alors que Shangor et Shangora s’adonnent à des réflexions peu sympathiques (« je ne comprends pas pourquoi on nous interdit d’entrer dans ce musée, il n’y a que des sha-shagris sans intérêt » « les Shagies ne rangent pas souvent ici »), Bic et Bac déclenchent accidentellement l’ouverture des dossiers d’archives cachés dans un ordinateur. Une voix se fait alors entendre : « ces archives ne devront jamais être révélées à nos descendants. Jamais ils ne devront savoir que leurs ancêtres ont un jour vécu à la surface de la Terre. Qu’ils oublient le grand cataclysme qui, pour des temps et des temps, leur a rendu toute vie impossible. Survivants de notre civilisation du dessus, qu’elle ne soit plus pour nos enfants qu’une légende. Seul l’oubli de notre passé leur donnera le bonheur. Désormais, nous ne devrons connaitre qu’un monde, celui de la nouvelle Arkadia autour du soleil que nous leur avons créé : le Shagma. Et maintenant, que les Tables de la nouvelle Arkadia les guident. ». L’interdiction formelle d’entrer au musée, la méconnaissance du passé et la mise sous clef des archives trouvent une explication : l’ignorance de tout ceci est alors considérée comme un signe de paix sociale et de sérénité générale.

Les pangolins ouvrent accidentellement les dossiers d’archives

Malgré tout, Shangor et Shangora ne veulent pas en rester là. Après avoir voler des plans et dessins dans les archives, ils finissent par créer leur chef-d’œuvre, une humanoïde à l’image des « gens du dessus » : Arkana. Elle déclare devant les Sages « Je suis différente de vous, mais pas de vos ancêtres […] Ne rejetez pas votre passé ». Une des Sages, furieuse, nie ces paroles en affirmant que les Arkadiens n’ont pas d’ancêtres et que la civilisation du dessus n’est qu’une légende. Shangor et Shangora interviennent en invitant les Sages à se rendre avec eux au musée afin de lire les Tables d’Arkadia. Après avoir les avoir consultées, les Sages chargent Arkana de mémoriser toutes les archives qui donnent des informations sur la civilisation du dessus et lui donnent pour mission de se rendre à la surface afin de chercher de l’aide qui permettra de sauver le Shagma.

Arkana, un être créé grâce aux archives

La nouvelle génération d’Arkadiens fait donc fi des discours et cherche à lever le voile sur le passé de leur cité. Arkana, tout droit sortie de gravures et plans archivés, est la solution à la survie du Shagma. En créant Arkana, les jeunes Arkadiens ont fait revivre les archives, les ancêtres, et le passé d’Arkadia pour assurer leur avenir.

A la suite de son récit, Arkana arrive à convaincre Bob et Rebecca de la suivre sur sa route. Après avoir échappé à une première tentative d’enlèvement de la part des Pirates, ennemis constants de la série, notre équipe composée d’Arkana, Spartakus, Bob, Rebecca, Bic, Bac et Shag-Shag volent vers la suite des aventures des Mondes Engloutis.

Les sages lisant les tables d’Arkadia, archives de la cité

L’épisode finit par ces mots « Enfants, vous qui vivez à la surface de la Terre, croyez aux légendes, descendez sous les strates cachées, découvrez des civilisations oubliées, des univers cosmiques, cherchez le chemin d’Arkadia », une belle invitation au voyage et à la recherche du passé.

Emilie Rouilly

Aujourd’hui, je souhaitais vous parler d’une série d’animation japonaise déjà ancienne, Tatakau Shisho : The Book of Bantorra, diffusée de 2009 à 2010. Il s’agit d’une adaptation d’une série de light novel1, écrite par Ishio Yamagata et publiée entre 2005 et 2010. La série d’abord diffusée en vostfr via des fansub2, sera licenciée par la plateforme de diffusion numérique ADN.

Quelle est l’histoire ?

Lorsqu’une personne meurt, sa mémoire se cristallise en une tablette de pierre. Quiconque touche cette tablette peut ainsi revivre les souvenirs du défunt. Ces tablettes sont conservées par la Bibliothèque de Bantorra. Cette institution est dirigée par les Archivistes armés (Bibliothécaires armés en VO), des individus au capacité surnaturelle qui récoltent ces tablettes, les communiquent et luttent contre le trafic de tablettes. Nous suivons particulièrement leur lutte contre une secte dénommée « le Culte des Noyés ».

Et les archives dans tout ça ??

Là est le point central : où sont les archives dans ce récit. ? L’œuvre originale et la traduction anglaise évoque des « Bibliothécaires armés » et non des « Archivistes armés » comme la version française. S’agit-il d’une simple erreur de traduction ? Oui mais pas que…. C’est avant tout un symbole du caractère culturel de l’archive. Je m’explique.

Quel archiviste n’a pas connu de la part d’un proche une tirade sur les bibliothèques, convaincu qu’il s’agissait de notre métier ? On s’insurge aussi souvent des représentations d’archives gérées par des bibliothécaires, ou encore le partage des clichés bibliothécaire/archiviste : celui de la vieille fille rigide par exemple. Et en effet, bien qu’il s’agisse des métiers dont l’objectif est de « fournir et de gérer de l’information à destination d’un public cible », les tâches sont foncièrement différentes, du fait même de la nature des informations, enfin pour le dire différemment de leur mise en forme. L’archivistique à la française, biberonnée par la définition légale des archives de la loi de 1979, aujourd’hui dans le Code du Patrimoine, que tout document est archives de sa création à son sort final. Une définition totale. Il s’agit d’un outil puissant qui permet de justifier l’intervention de l’archiviste à toute étape. Mais une définition qui conduit à des contradictions : ainsi on n’archive pas forcément toutes les archives, et on archive des choses qui ne sont pas archives (ex : objets, pièces, échantillons, etc.). Une conception qui rend difficile à saisir et à traduire la conception anglo-saxonne, où le terme archive recouvre uniquement les archives historiques. Nous avons pu le voir aussi lors du débat pour traduire la notion de « records management ».

Mais fi des digressions, me direz-vous, quel est le lien avec l’œuvre dont nous parlions plus haut ?

Le but de cette définition était de rappeler que les conceptions de notions d’archives divergent selon les cultures. Il s’agit ici d’une œuvre japonaise. Le Japon est un pays avec une très récente culture archivistique, comme nous l’évoquions dans l’article sur Final Fantasy VII.

Si nous examinons l’objet, ces tablettes de pierre contenant la mémoire brute et non travaillée rentrent amplement dans la définition française de l’archive. Il ne paraît donc pas aberrant qu’elles soient gérées par des archivistes. Cela paraît même plus logique qu’un livre, qui est un contenu travaillé, mise en forme, édité. Dans notre cas, il s’agit simplement de mémoire brute.

Ainsi, ce qui apparaît comme une erreur de traduction peut être considéré différemment. On peut considérer qu’au-delà d’une confusion habituelle, elle incarne d’avantage une expression culturelle des archives, dépendant de la manière dont elles sont conçues et perçues selon les époques et les lieux.

Et puis, ne nous mentons-pas, c’est comme sympa de voir des archivistes avec des pouvoirs combattant le mal, ça change de Papi et Mamie, vestes en tweed sur les épaules dans leurs caves/magasins !

Marc Scaglione

1 Les light novel sont des romans destinés à un public jeune adulte, ne dépassant pas les 200 pages. D’abord publié par chapitres, ils sont ensuite édités dans des volumes, à l’instar des mangas.

2 Les fansub sont des groupes amateurs qui offrent des traductions en français de séries animées ou de mangas.

Les Simpson : des archives délatrices (saison 6, épisode 5 « Le maire est amer »)

Les Simpson est une série télévisée d’animation américaine créée par Matt Groening, apparue pour la première fois le 19 avril 1987 en version courts-métrages. Elle est ensuite diffusée sous format d’épisodes de 21 minutes depuis décembre 1989 aux Etats-Unis, puis un an plus tard en France.

Cette série présente principalement les Simpson, composés d’Homer, Marge, et leurs enfants Bart,  Lisa, et Maggie, la petite dernière qui ne s’exprime qu’à travers sa tétine. Leurs aventures sont généralement une satire du mode de vie américain. Chaque épisode, ou presque, se déroule à Springfield, lieu de vie des Simpson, mais aussi d’un maire corrompu et infidèle, d’une famille italienne mafieuse, d’un gérant d’une taverne aigri et solitaire, d’un directeur de centrale nucléaire milliardaire et machiavélique, ou encore d’un chef de police plutôt incompétent.

Le contexte 

En pleine campagne des élections municipales, Joe Quimby, maire sortant de Springfield, est en proie aux critiques de l’animateur radio pro conservateur Birch Barlow. Hors, le discours de ce dernier est approuvé par beaucoup d’habitants, notamment Homer qui l’écoute en boucle à son poste de travail et dans sa voiture.

Ce contexte politique donne l’idée à l’institutrice de Lisa de faire faire à sa classe un exposé sur la politique locale de Springfield. Assidue comme toujours, Lisa prend des notes en se renseignant via les médias, notamment par l’écoute des émissions de Barlow. Un jour, Barlow reçoit l’appel d’un auditeur anonyme. Lisa, interloquée, se rend vite compte que la voix appartient à Tahiti Bob, ancien faire-valoir de Krusty le Clown, et surtout ennemi juré de Bart depuis l’épisode 12 de la première saison. Tahiti Bob, conservateur convaincu, félicite Barlow pour son émission et ses idées. Il profite de l’occasion pour plaider son innocence et son injuste incarcération pour un crime qu’il n’a pas commis. Barlow qualifie Bob de prisonnier politique, victime d’un système libéral basé sur l’injustice et appelle tous les auditeurs à œuvrer pour le faire libérer. Sous la pression et de plus en plus mal vu par ses habitants pour ses incompétences et son manque d’écoute, Joe Quimby n’a d’autre choix que de le faire sortir de prison.

Bien décidé à prendre la place, un groupe secret de Républicains se réunit, composé de Charles Montgomery Burns, Birch Barlow, un vampire, le riche Texan, l’avocat aux cheveux bleus, Julius Hibbert et Rainier Wolfcastle, afin de désigner leur candidat aux élections municipales. Barlow présente Tahiti Bob qui devient alors l’adversaire de Quimby.

Avec la présence des médias, les candidats Joe Quimby et Tahiti Bob font leur campagne en passant d’abord par l’école élémentaire. Tahiti Bob impressionne et amuse les enfants grâce à ses clowneries. Suspicieux et effrayés, Bart et Lisa tentent par tous les moyens de faire passer Quimby pour un bon maire soucieux du bien-être des enfants. La campagne électorale continue jusqu’au vote des habitants de Springfield où le résultat est sans appel : 100% de voix pour Tahiti Bob, qui devient maire. Ce dernier en profite pour se venger de Bart et Lisa : continuant le projet de voie rapide initié par Quimby, il décide que la maison des Simpson doit être rasée afin de pouvoir construire un tronçon indispensable à la route ; en outre, à la demande de son cabinet, Bart retourne en maternelle.

Et les archives dans tout ça ??

Prise de soupçons, Lisa s’interroge sur la légalité de la victoire écrasante de Tahiti Bob. Elle se rend donc aux Centre des Archives de Springfield pour consulter le résultat des élections.

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L’archiviste, un homme, placide, à lunettes, lui apporte un tas de listes « qui comportent les noms des électeurs et les noms des candidats pour qui ils ont votés » (on apprend par ailleurs qu’il y a 48 000 électeurs à Springfield). Lisa, un peu étonnée, répond « je croyais que le scrutin était secret ? ». L’archiviste, blasé, finit la conversation par un « bah… ».

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Lisa prend avec elles les listes et s’installe dans l’immense salle de lecture où l’on peut croiser quelques lecteurs.

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Une salle de lecture immense

Elle se rend compte que beaucoup de personnes ont voté pour Bob. Prise de fatigue, elle s’endort. A son réveil, elle découvre une lettre anonyme déposée à ses côtés où on lui donne rendez-vous le soir dans un parking. Arrivée avec son frère au rendez-vous, l’homme dans l’ombre déclare que leur piste est bonne et qu’il faut continuer leurs recherches. Soudainement éclairé par les phares de la voiture d’Homer, on découvre que le mystérieux inconnu est Waylon Smithers, assistant de M. Burns.

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Les archives, ça fatigue !

Il déclare avoir participé à la campagne et les dirige vers un nom : Edgar Neubauer. Bart et Lisa continuent leurs recherches en vain : aucune personne de ce nom  n’apparaît dans le bottin téléphonique, ou dans les fiches de lecteurs de la Bibliothèque. Alors qu’ils commencent à baisser les bras, Bart trouve le nom d’Edgar Neubauer sur une pierre tombale dans le cimetière de la ville. Lisa, prise d’un doute, replonge dans les listes électorales (on espère que ce sont des copies), les compare avec les noms gravés et se rend compte que le parti Républicain a fait voter les morts de Springfield, même les animaux. Le scandale fait alors surface : Lisa et Bart se retrouvent face à Tahiti Bob au Tribunal qui, sous la pression des deux enfants, fini par avouer qu’il est l’initiateur de ces faux votes. Tahiti Bob est éjecté de sa place de maire et remis en prison.

C’est donc grâce à Lisa, à son goût pour les enquêtes et à son amour pour les lieux culturels tels que les Archives que le voile a été levé, même si, admettons-le, la communication du vote des électeurs par le biais des listes électorales de Springfield est loin d’être légale.

Les Simpson : les archives remontent à la surface… de l’alcool (saison 8, épisode 18 « Homer, le baron de la bière »)

Le contexte

Tout Springfield est en liesse et habillé de vert en ce jour de la Saint-Patrick. Les adultes s’adonnent à la boisson jusqu’à l’ivresse et les chars consacrés à l’Irlande et à sa culture défilent dans la grand’rue. Au bout de quelques minutes, les habitants de Springfield, totalement alcoolisés, débutent une bagarre générale jusqu’à l’arrivée d’un char où trois délicieuses femmes arrosent la foule de litres de bière. Un jet atterrit directement dans le gosier de Bart qui finit complètement saoul. La télévision de Springfield est là et filme la scène. Kent Brockman, présentateur et journaliste star de la télévision locale est abasourdi : la ville devient folle. Il déclare alors s’il ne serait pas nécessaire de revenir à la prohibition pour que ce genre de scandale ne se reproduise pas. Le discours de Brockman est entendu par de nombreuses femmes qui, le lendemain, manifestent à la mairie en demandant un retour à la prohibition. Le conseil municipal s’oppose alors à cette demande, convaincu des bienfaits de l’alcool sur la population de Springfield.

Et les archives dans tout ça ??

Le chef de la police Clancy Wiggum tente d’apaiser les tensions et donner raison au conseil municipal en déclarant : « Mesdames, tous nos pères fondateurs, nos astronautes, et nos joueurs de Baseball ont tous été soit saouls, soit bourrés de cocaïne ! ». L’archiviste de la ville, différent de celui de la saison 6 (celui-ci a l’air aussi bibliothécaire) intervient : « un instant ! Je vois qu’il y a une loi sur la prohibition dans les archives de Springfield qui remonte à deux cents ans ! Seulement, elle n’a jamais été appliquée ! ».

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Le maire et son conseil sont plus qu’étonnés mais décident d’agir en toute légalité et applique cette loi. Voyant cette annonce dans les journaux, des piliers de bar comme Homer ou son ami Barney Gumble font un malaise.

La découverte de cette loi archivée sème alors le trouble dans tout Springfield, fait naître détournements et trafics d’alcool, et donne un nouveau rôle à Homer : baron de la bière.

Deux épisodes qui démontrent, chacun à leur manière, la force des archives.

Emilie Rouilly

Pour rappel, vous pouvez retrouver les Simpson dans cet autre billet.