Archives de la catégorie ‘Dessins animés’

Créée par Justin Roiland et Dan Harmon, la série d’animation pour adultes américaine Rick et Morty est diffusée depuis le 2 décembre 2013 sur la chaîne Cartoon Network. C’est à un festival de court métrage cofondé par Dan Harmon, que ce dernier et Justin Roiland prennent la décision de développer la série. Alors que Justin Roiland présente au festival une parodie animée des films Retour vers le futur, intitulé The Real Animated-Adventures of Doc and Mharti, les deux décident de créer une série d’animation basé sur ce dernier, Rick et Morty.

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La série suit ainsi les aventures interdimensionnelles, ou plutôt les mésaventures, de Rick Sanchez, un scientifique extravagant, cynique, et quelque peu porté sur la bouteille. Accompagné par son petit-fils Morty, perturbé par ses relations familiales, les deux protagonistes nous transportent, à travers leurs aventures, dans différents univers peuplés de créatures toutes plus originales les unes que les autres.

Cette série d’animation, au-delà de son second degré, n’hésite pas à reprendre les codes cinématographiques et à faire référence aux grands classiques du cinéma (tels que Inception, Les Griffes de la Nuit, Iron Man, Footloose, American Nightmare, Les gardiens de la Galaxie, Saw, Mad Max, Total Recall, Titanic, Indiana Jones ou encore Aliens). C’est ainsi que Rick nous téléporte au sein d’Anatomy Park, un parc d’attraction crée par ce dernier dans l’organisme d’un sans abri, faisant bien évidemment référence à Jurassic Park.

Et les archives dans tout ça ??

Plusieurs épisodes de Rick et Morty font référence aux archives de manière originale et humoristique.

À l’exception de l’ensemble des archives scientifiques que l’on retrouve accrochées aux murs du laboratoire de Rick, telles que ses archives de découvertes ou d’inventions scientifiques, c’est dans l’épisode 10 de la saison 1 qu’apparaît pour la première fois une toute autre forme d’archives. Dans cet épisode, on apprend qu’il existe différents Rick et Morty dans des univers parallèles. Alors que Rick est accusé de meurtres à l’encontre de plusieurs Rick, par le Conseil Interdimensionnel des Rick, ces derniers l’emmènent à la Citadelle, leur QG secret afin qu’il y soit jugé. Le Conseil montre alors à Rick ses archives photographiques des meurtres, sous formes d’hologrammes, et utilise comme preuve de sa culpabilité les données GPS (données géo-référencées et données personnelles) de son pistoportail qui lui sert à traverser les univers.

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Rick, afin de prouver son innocence, décide de rechercher le véritable Rick Killer. Après l’avoir retrouvé à l’aide de son intelligence et de la science, Rick et Morty se font enlever par ce dernier.

Le meurtrier va alors montrer à Rick, au milieu d’une séance de « torture », ses archives, qui sont constituées de fiches sur les Rick. Ces dernières se présentent alors sous forme de répertoire numérique, dans lequel au sein de chaque fiche sont archivés l’ensemble des souvenirs des Rick, sous forme de séquences vidéos.

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Le recours aux archives mémorielles est présent dans plusieurs épisodes de la série. En effet, l’épisode 8 de la saison 3, présente Morty perturbé et complètement troublé. En effet, ce dernier souhaite oublier ses souvenirs après l’une de ses mésaventures. Rick lui propose alors de le suivre dans l’un de ses laboratoires secrets, situé au sous sol du garage, et où sont stockées ses archives mémorielles.

La scène permet ainsi de voir la salle d’archives personnelles de Rick, qui apparaît de manière futuriste. Ses archives, quant à elles, se présentent sous forme de centaines de fioles contenant l’ensemble des souvenirs effacés de Morty qu’il nomme « les pétages de câbles de Morty ».

Surpris et curieux de cet endroit, Morty demande alors à son grand-père de visionner certains de ses souvenirs. On apprend ainsi le mode de classement des archives mémorielles de Rick. Chaque fiole porte un nom et l’ensemble de celles-ci sont classées en trois catégories. Les bleues pour les erreurs commises par Morty, les roses pour les erreurs commises par l’ensemble de la famille et enfin les rouges pour les erreurs commises par Rick lui-même. Pour Rick, l’ensemble des souvenirs contenus dans les fioles sont des anthologies. On peut ainsi voir une forme de campagne de numérisation mémorielle de la part de Rick, puisque, bien qu’il supprime la mémoire de Morty, il en conserve tout de même une copie. De plus, s’ajoute à cette dimension d’archives privées et secrètes, au mode de classement, l’existence d’une procédure d’urgence mise au point par Rick. Celle-ci vise à rendre la mémoire à Rick et Morty en cas de problème. Cette procédure est par ailleurs utilisée à la fin de l’épisode.

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Cependant, cette dimension d’archives mémorielle n’est pas nouvelle dans la série. En effet, elle était déjà présente dans l’épisode 1 de la saison 3 lorsque les souvenirs de Rick sont utilisés par ses ennemis afin d’y trouver le moyen de créer le pistoportail. L’ennemi de Rick fouille alors sa mémoire, comme s’il cherchait un indice dans de simples archives papiers ou numériques.

La saison 4 de Rick et Morty met elle aussi en évidence plusieurs types d’archives notamment dans l’épisode 1, dans lequel l’un des laboratoires secrets de Rick, comporte une machine contenant des données de sauvegarde de Rick, permettant ainsi son clonage.

Rick admet également posséder des archives orales puisqu’il enregistre chaque parole des personnes qu’il côtoie et peut les rediffuser si besoin.

Melissa Dehaye

Renaissance, Paris 2054 est un film d’animation coproduit par le Luxembourg, la Grande-Bretagne et la France, sorti en 2006 sur les écrans et réalisé par Christian Volckmann. L’histoire originale est d’Alexandre de la Patellière et de Mathieu Delaporte, duo célèbre pour la pièce et l’adaptation ciné de Le Prénom.

Quelle est l’histoire ?

Ilona Tasuiev, scientifique prometteuse de la firme pharmaceutique Avalon et protégée du vice-président de la dite firme, a disparu dans d’étranges circonstances. L’inspecteur Karas aux méthodes musclées se voit confier l’enquête au sein du Paris de 2054.

Et les archives dans tout ça ??

Avant de se faire enlever, Ilona se dispute avec un malfrat du nom de Dimitri. On découvre l’objet de la dispute plus tard : Ilona a demandé à Dimitri de voler un cahier : il s’agit d’un cahier de notes de recherche datant de 2006, dernière trace d’un ensemble de tests médicaux dont les archives ont été détruites. Pas de science ni de recherche sans donnée ni informations et donc sans archives !

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De précieuses données de recherche

Karas dans son enquête rencontre Bislaine Tasuiev, la sœur aînée d’Ilona. Ilona l’a pistonnée pour faire rentrer Bislaine au service des archives d’Avalon. Mais cette dernière déteste son boulot. L’inspecteur Karas lui demande de faire des recherches dans les archives numériques d’Avalon sur 2006 et les travaux du professeur Müller, mentor d’Ilona. Bislaine se rend au siège d’Avalon et consulte l’historique de recherche de sa sœur dans les archives et tombe sur un dossier « confidentiel alpha ». Bislaine indique alors à Karas que si elle consulte ce fichier, elle sera « vite repérée ». Et en effet, elle ouvre le fichier et en voit le contenu, la sécurité est activée et des gardes sont envoyés pour l’appréhender. Et c’est incohérent lorsque la sécurité des archives est bien gérée : soit Ilona n’a pas les droits pour consulter ce dossier et ne peut donc pas le lire, soit elle a les droits et cela ne déclenche pas d’alarme de sécurité. La politique de sécurité et d’accessibilité des archives dans une firme internationale comme Avalon ne semble pas très claire !

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Recherche dans les archives d’Avalon

Donc Renaissance nous offre des symboles récurrents : des archives précieuses pour la recherche et une archiviste qui n’aime pas son boulot. Mais montre aussi que les nécessités du scénario (dans notre cas, offrir une scène d’action qui rapproche les protagonistes et dévoile des infos cruciales) amène à des incohérences. A quand une relecture des scénarii par des archivistes ?

Marc Scaglione

L’Etrange Pouvoir de Norman (ou ParaNorman en VO) est un film d’animation en volume (i.e. en stop-motion) réalisé par Sam Fell (Souris City) et Chris Butler (co-scénariste de Kubo et l’armure magique). Le film, sorti en 2012, est produit par le studio Laïka spécialisé dans la stop-motion : on leur doit « Les Noces funèbres », « Coraline » et « Kubo ».

Paranorman couvertureQuelle est l’histoire ?

Norman Babcock a le pouvoir de voir les fantômes. Sa famille ne le croit pas et il passe pour un cinglé dans sa petite ville de la Nouvelle-Angleterre. Jusqu’au jour où son oncle inconnu au bataillon, un marginal avec un pouvoir similaire, décède. Il va devoir porter la nouvelle charge qui lui incombe : empêcher le réveil d’une sorcière exécutée il y a 300 ans.

Et les archives dans tout ça ??

Norman n’a pas pu empêcher la malédiction et les zombies commencent à revenir à la vie. Pour enrayer cette situation qui s’envenime, Norman cherche la tombe de la sorcière afin de lever la malédiction. Il appelle sa camarade de classe intello (on ne peut plus cliché : monosourcil, appareil dentaire, lunettes en cul de bouteille) qui ne trouvant rien sur Google, l’oriente vers les Archives municipales situées dans l’ancien hôtel-de-ville. Premier message : NON, on ne trouve pas tout sur Internet ! Il est encore nécessaire de se déplacer, de consulter et de creuser dans les fonds papier pour trouver bon nombre d’informations.

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Une fois arrivé sur place, on tombe dans un deuxième cliché récurrent : la montagne de papier en vrac et des rayonnages bourrés à craquer. Evidemment, cela sert le propos du scénario : créer une nouvelle embûche dans l’aventure de Norman et de ses acolytes. Mais c’est aussi révélateur d’un cliché tenace : pour le numérique, on peut trouver facilement par Google, pour le papier il faut un intermédiaire, en l’occurrence un archiviste pour pénétrer ce monde hermétique et trouver l’information recherchée.

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Des archives pléthoriques !

Mais ici pas d’archiviste et pas de réflexe de l’appeler ou de partir en quête d’inventaires. Les membres de l’équipe partent chacun de leur côté : la brute de la bande se plaint d’être dans une bibliothèque (…), le grand-frère sans cervelle fait de la musculation avec des volumes (eh oui merci de souligner enfin que la manutention d’archives est un boulot de force), le meilleur ami s’installe tranquille pour lire, Norman et sa sœur s’embrouillent. Assaillis par les zombies et par une foule en colère, ils sont finalement obligés de fuir les archives sans avoir trouvé ce qu’ils voulaient. Norman trouvera son information autrement.

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Confusion habituelle entre archives et bibliothèque…

Mais cela montre bien que conserver ne suffit pas : il faut aussi inventorier et communiquer. En l’occurrence, le problème ici est l’éducation à la recherche que Norman et ses acolytes n’ont pas. Les archives concernant l’affaire de la sorcière sont peut-être déjà traitées et rangées (on aurait un peu à redire à l’archiviste sur l’état de sa salle de travail quand même), mais comme ils ne savent pas comment chercher et ne se posent même pas la question, ils ne trouvent pas. La pédagogie est aussi une part importante (et primordiale j’ose le dire) de notre métier !

Un grand merci à Grégoire Champenois qui nous a signalé ce film !

Marc Scaglione

Baby Boss est un film d’animation américain réalisé par Tom Mc Grath, connu pour être le réalisateur de la série de films Madagascar et de Megamind, produit par Dreamworks et sorti en 2017. Il s’agit d’une adaptation du livre pour enfant « The Boss Baby » de Marla Frazee. Le film étant un succès, une série d’animation voit le jour sur la plateforme Netflix en 2018.

Quelle est l’histoire ?

babyboss_1Tim Templeton est un jeune garçon de sept ans qui voit débarquer dans sa famille un petit frère un peu étrange. Mais ce dernier n’est autre qu’un espion envoyé par la Baby Corp pour soutirer des informations stratégiques aux parents Templeton. Tim va devoir gérer ce nouvel arrivant et l’accompagner dans sa lutte contre un complot qui bouleversera l’équilibre du monde.

 

Et les archives dans tout ça ??

Baby Boss n’a pas été envoyé dans la famille Templeton par hasard. Baby Boss est un employé de la Baby Corp., société qui fournit les bébés et les disperse à travers le monde pour rendre heureuses toutes les familles humaines. Mais l’amour mondial n’est pas illimité. C’est une ressource qui se partage. Et les bébés sont en passe de perdre le leadership, au profit des chiots. L’heure est grave.

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partage de l’amour mondial !

Baby Boss atterrit à dessein chez les Templeton, qui travaille pour Toutouco, une société qui fournit les animaleries en chien et en produits canins associés. Il est le chef d’une bande de bébés envoyés chez d’autres employés pour récolter des informations. Rien de plus, rien de moins que de l’espionnage industriel !

N’ayant rien trouvé dans les dossiers (papiers) ramenés à la maison par Papa et Maman, Baby Boss décide de pénétrer illégalement dans les bureaux de la compagnie concurrente. Avec son frère aîné Tim et après quelques aventures rocambolesques, ils réussissent. En errant dans les couloirs, ils tombent sur une porte intitulée sobrement « Interdit aux enfants ». Il s’avère que c’est la porte des archives. Bon déjà, on se dit que cette entreprise est très efficace, vu sa manière d’identifier les services sur les portes…

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la sympathique porte des Archives

Après ouverture, nous avons le droit aux colonnes gigantesques de meubles à classer les archives, empilés par dizaine avec cette phrase que toute archiviste connaît bien « ça en fait de la paperasse ». Un cliché récurrent, celui de la montagne de papier, mais qui a aussi l’avantage de montrer l’aspect gigantesque du travail de recherche qui les attend.

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Une aiguille dans une botte de foin

Travail qui s’avérera finalement assez aisé, puisque le dossier tant espéré se trouvera sur une boîte bien en lumière. Un piège évidemment. Mais aussi un hommage à la scène d’introduction avec l’idole d’or d’Indiana Jones – Les aventuriers de l’arche perdue, démontrant ainsi que l’archive est bien un trésor !

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Le Graal

Au-delà de l’aspect comique évident du film, Baby Boss nous montre que les informations et donc les archives sont primordiales dans la guerre économique, au travers de l’espionnage industriel. Evidemment on n’évite pas les clichés d’ailleurs, puisqu’une entreprise comme Toutouco n’a que des dossiers papiers et les parents ne travaillent pas sur des ordinateurs à la maison. Faudrait-il conseiller aux scénaristes de faire un petit stage dans nos services ?

Marc Scaglione

Arsène Lupin, le gentleman-cambrioleur, est un personnage créé en 1905 par Maurice Leblanc. Un héros de la Belle Époque, un bandit au grand cœur passé maître en l’art du déguisement. Élégant, courtois, rusé, amateur de sensations fortes et de prestige, il ne vole que si le butin est exceptionnel – telle une célèbre œuvre d’art – , ou le défi particulièrement corsé – telle une confrontation avec Herlock Sholmès, dont l’anagramme est pour le moins transparent.

arsenelupinLes aventures de ce personnage ont été adaptées au théâtre, au petit et grand écran, en B.-D. et en manga ; la maison de l’auteur, située à Etretat, est devenue un musée consacré à son héros.

De même, nombreuses sont les œuvres à rendre hommage à ce protagoniste ; ainsi, des romans ou des séries de japanimation font référence à Arsène Lupin, ou imaginent les aventures d’un de ses descendants.

C’est le cas de la série qui nous intéresse ici : Lupin III, car troisième du nom d’une dynastie de cambrioleurs, créé en 1967 par Monkey Punch.

img2-lupin-iii-cagliostro-fraC’est plus précisément le film Le Château de Cagliostro de Hayao Miyazaki, sorti en 1979 qui fit connaître la « bande à Lupin »  ; les séries télévisées, quant à elle, n’étaient connues que d’une poignée des férus du genre. En fait, Lupin III a d’abord été connu en France sous le nom d’ « Edgar de la Cambriole », tout comme le héros de la série City Hunter fut présenté sous celui de « Nicky Larson » au public occidental.

Lupin et ses trois comparses – l’épéiste Ishikawa Goemon XIII, le pistoléro Daisuke Jîgen et la femme fatale Fujiko Mine – ne vieillissent jamais, mais leur mode de vie est tout de même impacté par les évolutions technologiques. Ainsi, depuis la fin des années 1960 à celle des années 2010, les gadgets et obstacles de nos voleurs ont-ils considérablement changé. La saison 5 de la série, sortie cette année, en marque les 50 ans révolus, ainsi que la possibilité pour notre héros de fouler de nouveau les terres de son illustre ancêtre.

Et les archives, dans tout ça ??

[SPOILER ALERT !]

La donnée numérique est au cœur des intrigues de cette nouvelle saison. Le fait qu’elle se déroule en France, en cette année de déploiement du RGPD et de nouvelle ère pour la Cnil, n’est qu’une coïncidence, mais n’a pas manqué de m’enthousiasmer.

Dès le premier épisode, les héros infiltrent avec succès dans l’un des datacenters les mieux surveillés et plus performants au monde, « Underworld ». Un datacenter immergé, tout comme le « Natick », de Microsoft, situé au large des côtes écossaises et dont l’ouverture en juin dernier a fait grand bruit dans les médias spécialisés.

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Mais revenons à notre intrigue. Lupin fait la connaissance d’Ami, une jeune hackeuse de génie retenue contre son gré afin de surveiller les systèmes Underworld, qui s’appuient sur le deepweb et le cryptage avancé, et via lesquels sont réalisés des transactions illégales. Des milliards de bitcoins sont donc en jeu ! Lorsque tout le monde s’échappe avec le butin, c’est une chasse à l’homme appuyée par les caméras de smartphones ou même de drones qui est lancée, à laquelle participent les chasseurs de prime, mais aussi n’importe quel utilisateur, même sans prendre part aux affrontements qui s’ensuivent.

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Les premières questions morales se posent : peut-on se permettre de traquer un individu, fut-il le voleur le plus célèbre au monde ?  En plus de cela, un autre jeu malsain s’ajoute au premier : le pari sur la mort de Lupin (qui, quel jour, et comment).

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Notre hackeuse parvient néanmoins à rendre publiques un certain nombre d’informations, qui auraient dû être inviolables du fait des blockchains qui les protégeaient. Encore une question, cette fois d’ordre éthique et technique, qui s’ajoute. Quelle confiance accorder aux nouveaux processus ? Je pense notamment au gouvernement chinois, qui en mai dernier a interdit l’usage des cryptomonnaies et ICO (Initial Coin Offering) au profit de la blockchain ; il est effectivement préférable d’abandonner rapidement un système faillible dans un pays où n’importe quelle transaction d’argent (y compris l’aumône !) est dématérialisée. Seulement, des doutes sont levés par d’autres experts ou de potentiels utilisateurs. Après tout, depuis plus de trois mille ans, l’être humain a conçu des codes afin de préserver la confidentialité de ses informations. Aujourd’hui, des générateurs et solveurs sont capables de les décrypter instantanément. Ce qui semble impossible un jour … !

Par la suite, une intrigue politique nationale se noue autour du personnage d’Albert, qui est à la tête de la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE), qui cherche à récupérer une liste compromettante ; un carnet papier, en l’occurrence, aussi ne m’attarderai-je pas sur cette affaire-ci, quoique l’enjeu stratégique d’une donnée soit une nouvelle fois mis à l’honneur.

Ailleurs dans le monde, une poignée de politiques et de militaires d’un pays qui vient de perdre son roi tente un putsch en s’appuyant sur le contrôle de la population par la diffusion de fausses informations sur les médias et l’étroite surveillance des réseaux sociaux. Impossible cette fois encore, de ne pas faire le parallèle avec quelques cas très concrets (tel journaliste assassiné pour avoir exercé son métier, tel couple séquestré pour avoir dénoncé les manquements de leur gouvernement sur un compte de réseau social, et bien d’autres encore). Bien que le sujet soit tout aussi intéressant et actuel, je ne m’attarderai pas plus longuement dessus.

De nouveaux rebondissements ont lieu avec l’inauguration à l’échelle mondiale d’un réseau social, « PeopleLog » (ou « HitoLog ») qui est doublé d’une base de données intelligente. Celle-ci brasse des…Tera ? Péta ? Yotta ? octets de données, fabrique votre fiche de renseignements, compare, analyse et donne sa sentence sur le taux de probabilité ou de fiabilité du contenu posté par chaque utilisateur. Le tout en quelques secondes à peine ; MySQL, NoSQL, vous pouvez prendre votre retraite… !

Chose réaliste autant qu’étrange : une large majorité d’individus est enthousiasmée par ce nouvel outil, et en devient dépendante… pour mieux le décrier ensuite. Sauf que cela va bien plus loin que le cas Facebook.

Bien sûr, le challenge numéro un pour le patron de PeopleLog, c’est Lupin. S’il peut être capturé grâce à son application, cela en prouvera l’efficacité et occasionnera une publicité sans précédent (et à peu de frais).

Seulement, notre homme n’est pas une proie facile…

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Son profil est pourtant créé à partir des données récoltées (tout particulièrement lors des courses-poursuites avec la police locale ou Interpol, les publications dans les médias, les témoignages). Rapidement, la page est inondée de posts, qui pour la plupart sont avérés, quelques-uns diffamatoires, et presque tous haineux…

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Lupin et ses amis, harassés par leur fuite de tout contact humain, décident de prendre leur revanche. Ils se mettent à révéler le contenu des boîtes noires de nombreux pays sur le site, qui approuve ces informations (une hackeuse de génie, un ordi avec wi-fi, et c’est parti). D’énormes scandales d’ordre politique, moral ou sécuritaire explosent partout dans le monde. Les forces armées de plusieurs pays finissent par attaquer le siège et les centres du site.

Un monde sans respect ni protection des données est un monde chaotique ; nous le savions déjà, mais un rappel n’est jamais de trop. Alors, avec un petit souffle épique.

Duna