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Marvel_s_Iron_FistDepuis le 17 mars, Netflix France diffuse la série Iron Fist, produite aux Etats-Unis par Marvel Television et ABC studios. La série fait suite à celles qui ont été consacrées à Daredevil, Jessica Jones ou Luke Cage. Tous ces personnages devraient se retrouver par la suite dans le groupe des Defenders.

Le personnage d’Iron Fist est issu des comics créés par Roy Thomas et Gil Kane en 1974 chez Marvel. Les arts martiaux ont, à l’époque le vent en poupe, Iron Fist est donc un spécialiste du King Fu mais pas seulement. Daniel Rand est un jeune homme riche mais orphelin. Ses parents sont morts à cause de l’associé du père de Rand, Harold Meachum. Perdu seul dans les neiges de L’Himalaya, le jeune Danny est recueilli par les moines shaolin de la cité cachée de K’un L’un qui leur enseigne le Kung Fu et sa philosophie. Revenu en Amérique, Danny adopte le nom d’Iron Fist et forme un duo de héros à louer avec Luke Cage dont vous pouvez lire les nouvelles aventures tout juste sorties chez Panini Comics.

Si la série télévisée reprend en partie les origines de Danny, elle se concentre sur son retour à New York, 15 ans après sa disparition. Tout le monde le croit mort dans un accident d’avion où il aurait péri avec ses parents. L’entreprise Rand qui rapporte des milliards est tenue par les enfants de l’associé du père de Danny, Ward et Joy Meachum qui ne sont pas ravis de voir réapparaître un clochard qui prétend être Daniel Rand et qui revendique son héritage.

La série mêlera luttes de pouvoirs, combats dantesques avec des ninjas sortis de nulle part sur fond de rivalités familiales.

Et les archives dans tout ça ??

La question des archives est évoquée dans le troisième épisode. Danny Rand a engagé l’avocate Jeri Hogart – déjà présente dans la série Jessica Jones – pour l’aider à recouvrer son héritage, l’entreprise Rand, qui est aux mains de la famille Meachum.

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Pas d’archives, pas d’identité !

Le problème majeur est que Danny est porté disparu et officiellement mort depuis quinze ans, sans parent survivant connu et qu’il est difficile de prouver son identité. Jery Hogart a beau chercher, aucun document d’archives ne semble pouvoir prouver l’existence de Daniel. Elle ne parvient même pas à retrouver « une carte d’abonnement à la Bibliothèque ».

Cependant, Daniel se souvient brusquement avoir fait des radios étant enfant après une chute. Il se rend donc à l’hôpital pour consulter son dossier médical. Evidemment, on rentre dans la salle d’archives comme dans un moulin : elle est ouverte et aucun archiviste ne semble en contrôler l’accès, niveau confidentialité, on repassera. Oh…attendez, il semble soit à terre, gisant inerte, si c’est l’archiviste, il y a de quoi s’inquiéter pour lui !

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sans instrument de recherche, pas évident de trouver son dossier !

Mais Danny n’est pas seul dans cette salle d’archives, un type est déjà en train de fouiller dans les dossiers – sans doute celui qui a occis l’archiviste au passage…L’homme est connu de Danny, il s’agit du garde du corps de la famille Meachum, bien décidé à faire disparaître le dossier médical de Danny.

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manifestement, ce type n’est pas magasinier !

Evidemment, une bagarre s’en suit : les rayonnages d’archives sont renversés, un registre est même carrément poignardé en servant de bouclier à Danny Rand.

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Aïe ! 

Mais cela ne s’arrête pas là : avant de fuir, le malfrat arrose d’essence les archives – oui parce qu’évidemment, on laisse des substances inflammables dans une salle d’archives, c’est bien connu – et met le feu à la pièce. Ainsi partent en fumée les espoirs de Danny qui ne peut ainsi plus prouver son identité.

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Allez,  tout un classement foutu par terre

Encore une fois, les archives prouvent leur utilité : sans elles, Daniel Rand n’a aucun moyen de prouver son existence. Les archives sont les garantes de notre réalité, elles sont ce qui permet de nous rendre vivants par delà la mort.

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Ici, l’échec est la résultante de la disparition des archives : détruire les documents, c’est aussi détruire une vie. Quand on y réfléchit, on mesure mieux l’importance de la conservation des archives et du rôle de l’archiviste.

Sonia Dollinger

Stargate SG-1 est une série américano-canadienne créée par Brad Wright et Jonathan Glassner à partir du film Stargate, la porte des étoiles (1994) de Roland Emmerich. Elle a été diffusée entre 1997 et 2007 aux Etats-Unis, et entre 1998 et 2008 en France.

stargate_0Elle met en scène une branche secrète de l’Armée de l’Air américaine, le SGC, qui organise l’exploration d’autres planètes à travers la galaxie grâce à la Porte des Etoiles. Les différentes équipes rencontrent des centaines de peuples extraterrestres, et les aident tout en luttant contre les Goa’ulds, qui règnent sur la galaxie en se faisant passer pour des dieux. La principale équipe d’exploration, SG-1, est composée du colonel Jack O’Neill, du major Samantha Carter, du Dr. Daniel Jackson, archéologue, et de l’extraterrestre Teal’c.

La série s’inspire à la fois de nombreuses mythologies antiques et médiévales (mésopotamienne, égyptienne, viking, légende arthurienne, etc.) et d’événements historiques réels (l’Inquisition, les guerres de religion, la guerre froide, etc.)

Dans l’épisode 5 de la saison 7, le SGC envoie une sonde sur une planète inconnue ; celle-ci montre que l’atmosphère de la planète est toxique, mais indique aussi la présence d’un vaste dôme. La sonde traverse le dôme et montre un paysage normal avant d’arrêter d’émettre.

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le dôme

L’équipe d’exploration SG-1 se rend alors sur la planète, et découvre que le dôme est habitable et que des humains y vivent. Ils rencontrent alors les membres du Conseil du village, et découvrent que tous les habitants du dôme sont reliés en permanence à un ordinateur par une interface neurale. Ce Réseau contient toutes les connaissances passées et présentes des villageois, y compris celles datant d’avant la construction du dôme 400 ans auparavant, et contrôle le dôme de manière autonome.

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L’équipe passe la nuit au village, chez Pallan, qui travaille sur le système de gestion du dôme, et sa femme Evalla. Ils apprennent que le dôme a été créé pour protéger la population après que la pollution industrielle a contaminé la planète, et Daniel Jackson suggère d’étudier cela afin de comparer la situation à celle de la Terre. Pallan et Evalla lui proposent de se connecter directement au Réseau afin d’avoir toutes les informations dont il a besoin, mais il préfère leur demander d’avoir accès aux archives.

 

« Nous avons nous aussi nos problèmes de pollution, en étudiant votre histoire nous pourrions peut-être éviter que notre planète tourne aussi mal. »

(Daniel Jackson)

Le lendemain Pallan et le major Carter vont voir les systèmes de gestion et de surveillance du dôme, pendant qu’Evalla et Daniel Jackson se rendent dans la salle des archives du village.

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Tout à coup tous les habitants semblent se figer quelques minutes, et le major Carter remarque que des données concernant le dôme sont modifiées sur les moniteurs. Tout redevient normal, mais le major Carter se rend compte que les données affichées par l’ordinateur central concernant les niveaux d’énergie du dôme sont fausses. Pallan ne la croit pas et se réfère aux archives du Réseau pour lui assurer que la consommation d’énergie est stable depuis 400 ans. Elle craint néanmoins que le dôme ne soit bientôt plus alimenté et cède.

« J’ai accès à 400 ans d’archives de consommation énergétique du dôme grâce au Réseau […]. » (Pallan)

« Je vais vous montrer ce qui nous reste d’archives physiques. Ce sont les derniers témoins de l’ancien monde.» (Evalla)

L’équipe propose alors au Conseil du village de transporter la population sur une autre planète pour les mettre à l’abri, mais ils ne les croient pas et refusent de partir. Quand le colonel O’Neill s’étonne de ne pas voir le Conseil au complet, ceux-ci lui affirment qu’aucune femme n’a été élue et que le Conseil a toujours été composé de trois personnes, ce que confirme Pallan.

« Leurs archives nous aideront peut-être à comprendre cette histoire. » (Daniel Jackson)

Daniel Jackson décide alors de faire des recherches avec Evalla dans les archives du village pour comprendre ce qui se passe, mais il ne trouve rien : depuis la création du dôme aucun document écrit n’a été produit, et même avant cela le Réseau était déjà utilisé et la production d’archives « papier » était fortement limitée.

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Pendant ce temps Evalla disparaît, et Pallan ne se souvient pas du tout d’elle. Le major Carter suppose que c’est le Réseau lui-même qui a effacé tous les souvenirs qu’il avait de sa femme, comme il a supprimé les informations à propos du quatrième membre du conseil. Elle décide de reprogrammer le Réseau pour modifier les informations qu’il transmet à la population, mais pour y arriver elle doit d’abord convaincre Pallan de l’aider.

Daniel Jackson continue ses recherches pour trouver d’anciens documents écrits contredisant les informations du Réseau, pour prouver aux habitants qu’ils sont manipulés par l’ordinateur.

– Je ne trouve toujours aucune référence historique à la période de construction du dôme.

– A l’époque mon peuple utilisait déjà beaucoup le Réseau… Il est possible qu’on n’ait pas conservé grand chose sur support physique. » (Daniel Jackson et Evalla)

– Il faudrait que je trouve d’anciens documents écrits qui contredisent les informations disponibles sur le Réseau […].

– Les archives du Conseil, ça serait parfait.

(Daniel Jackson et le major Carter)

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Pendant ce temps le major Carter tente de persuader Pallan que le Réseau modifie les archives et les souvenirs de tous les habitants et les manipule, mais il refuse de la croire. Daniel Jackson lui montre alors des actes notariés signés par tous les habitants qui occupaient le dôme à sa construction, qui ont été conservés et qu’il vient de trouver dans les archives (Figure 10) : il y avait environ 100 000 habitants à l’origine, alors qu’ils ne sont plus qu’environ 1300. Ils se rendent compte qu’en réalité le Réseau gère la baisse d’énergie en diminuant la superficie du dôme, et qu’il prend les mesures nécessaires pour assurer la survie du groupe en sacrifiant des individus et en effaçant toutes les données les concernant pour que les survivants ne se doutent de rien.

« J’ai trouvé […] des actes notariés. Heureusement que les juristes sont procéduriers. Tout le monde utilisait déjà le Réseau à l’époque, mais ils ont quand même rempli des documents en bonne et due forme » (Daniel Jackson)

1.    Opposition archives « papier » et archives dématérialisées

La salle où sont conservés les derniers documents « papier » correspond aux clichés habituels sur les archives : petite, sombre, poussiéreuse, encombrée et mal rangée. Il n’y a pas d’archiviste ni de système de classement, et encore moins de moyen de retrouver les documents que l’on recherche.

A l’inverse le Réseau est représenté uniquement par l’interface portée par tous les habitants : les archives et les connaissances sont toutes classées dans le système et ne prennent donc pas de place, et elles sont facilement accessibles par toute personne portant l’interface. La salle de surveillance du dôme, qui est le seul moyen d’avoir un accès direct au Réseau, est quant à elle une grande pièce bien éclairée, propre, ordonnée.

A priori, les archives numériques sont donc présentées comme étant plus pratiques, plus complètes et plus agréables et rapides à utiliser que les documents écrits. Elles symbolisent, avec l’interface et l’ordinateur, la technologie et donc le progrès qui améliorent l’existence des humains.

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Au contraire, on voit les archives physiques comme un énorme tas de papiers, qui prend de la place et est complètement en désordre, et dans lequel on n’a pas du tout envie de faire la moindre recherche. De plus elles sont inutiles puisque toutes les données sont déjà sensées être présentes sur le Réseau. Les archives « papier » représentent le passé et encombrent, au sens propre comme au figuré, le présent, et elles s’opposent aux archives numériques qui n’ont que des avantages.

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Cependant on peut remarquer que, alors qu’ils n’avaient plus du tout besoin de ces archives physiques puisqu’ils avaient tout ce dont ils avaient besoin sur le Réseau, les habitants ont les conservées, dans des conditions apparemment correctes puisqu’elles ont pour la plupart plus de 400 ans et sont encore en bon état. Ils n’ont pas détruit ces documents, inutiles pour eux, parce qu’ils représentent un lien matériel avec leurs ancêtres, ceux qui sont entrés dans le dôme et même ceux qui, avant cela, vivaient normalement à la surface de la planète. Ils ne les considèrent plus comme des sources d’information mais comme des souvenirs ; elles ont perdu le statut d’archives et sont devenues des objets historiques anciens.

Malgré tout ce sont ces souvenirs inutiles qui vont leur sauver la vie, puisqu’ils contiennent les éléments qui permettront de comprendre la situation exacte du dôme.

2.    Utilisation et modification des archives dématérialisées

Le premier problème de la dématérialisation des archives est leur accès sur le temps long : pour l’instant elles sont accessibles par tous les habitants du dôme, mais elles seront perdues dès qu’il n’y aura plus d’énergie pour faire fonctionner le dôme.

Mais cette histoire soulève un autre problème de la dématérialisation : lorsque les archives sont conservées uniquement sur support numérique, il est assez facile de les supprimer, en partie ou entièrement. Il s’agit uniquement de la suppression ou de la modification de données ou de fichiers. Au contraire le même procédé avec des archives physiques est plus voyant, puisque des dossiers vont manquer et qu’il est beaucoup plus compliqué de modifier les dossiers autour pour cacher ce manque : s’il fallait supprimer toutes les données concernant Evalla depuis sa naissance, ou modifier toutes les données indiquant que le Conseil était composé de quatre membres depuis 400 ans, cela prendrait beaucoup plus de temps et serait beaucoup plus visible et plus compliqué avec des archives uniquement « papier ».

L’exemple d’un programme informatique qui modifierait de lui-même des archives instantanément est bien sûr excessif ; mais on ne peut pas s’empêcher de se poser la question de ce qui se passerait si c’était vraiment possible. De plus le Réseau supprimait des données uniquement dans le but de la survie du groupe, donc ses décisions étaient tout à fait objectives. On ne peut pas du tout savoir ce qui se passerait si ce genre de décision devait être prise par un humain, qui serait forcément beaucoup plus subjectif et dont les motivations pourraient être très diverses. Le progrès seul n’est pas forcément la meilleure des solutions.

L’exemple dans cette histoire est évidemment extrême, mais il permet de se poser la question : à quel point il est judicieux de se baser uniquement sur la dématérialisation pour conserver des archives, qui sont essentielles car elles permettront de prouver des droits et d’écrire notre histoire ? Dans le même temps la conservation uniquement sur support papier n’est pas une solution puisqu’elle présente elle aussi un certain nombre de défauts (place occupée, entretien et classement nécessaires et temps de recherche long). Il faut donc réfléchir pour trouver un juste milieu entre la dématérialisation et la conservation physique, pour tirer parti de leurs avantages respectifs tout en atténuant leurs inconvénients.

Aude Weber

 

Avec une série dont le nom évoque les voyages temporels, on pouvait s’attendre à voir ou entendre parler d’archives, et ça n’a pas loupé !

Travelers – les Voyageurs du Temps en français – est une série américano-canadienne créée par Brad Wright, sortie en 2016 et qui compte pour l’instant une saison, la seconde étant déjà annoncée. La série est diffusée sur Showcase et sur Netflix.

Travelers_1Des groupes de voyageurs sont envoyés depuis notre futur pour pouvoir modifier les événements et rendre l’avenir meilleur. On n’a guère de détails sur la vie de nos descendants mais ça n’a pas l’air bien brillant : les animaux ont l’air d’avoir totalement disparu et la nature semble réduite à sa plus simple expression selon les dires des voyageurs.

Pour effectuer leur voyage, les humains du futur utilisent la technique du transfert de conscience. Ils choisissent un « hôte » et transfère leur conscience juste avant la mort de ce dernier. Le voyageur ayant ainsi l’apparence d’un humain normal évolue au milieu de ces derniers et doit reprendre le cours de la vie de son hôte tout en menant à bien des missions permettant de rendre le futur meilleur.

Les voyageurs évoluent en groupe dans lequel chacun d’entre eux a une spécialité : certains sont médecins, ingénieurs, historiens et doivent combiner leurs efforts pour réussir leurs missions.

L’intérêt de la série réside notamment dans les difficultés rencontrées par les voyageurs pour s’adapter au XXIe siècle et à leurs hôtes qui ne sont pas toujours de première qualité !

Et les archives dans tout ça ??

Pour bien préparer un voyage dans le temps, rien de tel que de se plonger dans les archives. Même si on ne voit jamais le futur dans cette série, les voyageurs évoquent souvent les recherches qu’ils ont effectuées pour se documenter sur le XXIe siècle et sur les hôtes dont ils vont occuper les corps.

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Et c’est là que les ennuis commencent : quand les voyageurs arrivent, la situation est parfois légèrement différente de celle décrite dans les archives. L’hôte de Marcy, qui s’était basée sur le profil facebook de cette dernière pour en savoir plus, s’aperçoit très vite que l’hôte en question est bien différente de ce que son profil décrit. On rejoint d’ailleurs ici des préoccupations contemporaines : on sait bien que le profil facebook est une mise en scène de soi destinée aux autres. Certains historiens ou sociologues commencent à se servir des réseaux sociaux comme des archives du for privé permettant de comprendre les individus et la société où ils évoluent. C’est le cas d’Ivan Jablonka dans son terrible ouvrage Laetitia ou la fin des hommes, sorti en 2016 au Seuil où le profil de Laetitia est utilisé au même titre qu’un journal intime.

Dans Les Voyageurs du Temps, les archives sont surtout sources de déconvenues : l’hôte de Marcy est une jeune femme handicapée ce qui n’était pas précisé dans son profil facebook, seul document d’archives utilisé pour en savoir plus sur elle. Quant à Philippe, les archives indiquaient qu’il avait succombé à son premier shoot alors que l’hôte était un junkie patenté. En effet, les parents de l’hôte avaient minimisé l’addiction de leur fils, refusant de voir la réalité. Une nouvelle preuve que les archives ne disent pas toujours la vérité ou qu’elles sont parfois tronquées.

Si vous choisissez de filer dans le passé, choisissez bien votre hôte et surtout, croisez vos sources !

Sonia Dollinger

Penny Dreadful est une série américano-britannique créée par John Logan, et diffusée sur Showtime, puis Netflix entre 2014 et 2016. Elle comprend 3 saisons et pose son décor dans le Londres Victorien, quelque temps après la série de crimes commis par Jack L’Eventreur. Cette série fantastique, qui tient son nom d’un genre littéraire macabre populaire au Royaume-Uni au XIXe siècle, met en scène des figures bien connues de la littérature gothique anglaise : Frankenstein, Dorian Gray, Dr Jekyll, Dracula etc. Il ne faut pas vous attendre à une adaptation de ces romans, les personnages gardent la psychologie développée par les auteurs, mais ils se côtoient tous et évoluent dans des histoires plus ou moins inédites.

penny_1Les histoires de vampires, sorcières et possessions sont légions et tiennent le spectateur en haleine, mais au-delà de ça, une profondeur particulière a été apportée aux personnages et à leurs relations.

La première saison tourne autour de la fille de Sir Malcom Murray (Timothy Dalton), Mia Harcker-Murray (un nom fort bien connu des amoureux des romans gothiques anglais), qui a été enlevée par des créatures non identifiées. Sir Malcolm et l’amie de sa fille, Vanessa Ives, (la génialissime Eva Green) s’entourent d’autres acolytes pour sauver Mia : Ethan Chandler (Josh Hartnett), jeune américain au passé trouble et fin tireur, Victor Frankenstein (Harry Treadaway -mention spéciale pour cet acteur, je n’ose imaginer un Dr Frankenstein mieux interprété), « recruté » spécialement pour étudier ces créatures, et Sembéné, fidèle serviteur de Sir Malcolm.

Se greffent autour d’eux, plusieurs autres petites histoires se développant au fil des trois saisons. L’histoire commune du sauvetage de Mia Harcker-Murray rassemble en effet les protagonistes, mais chacun d’entre eux a des secrets à cacher et l’on voit bien sûr apparaître la créature de Victor Frankenstein réclamant justice, l’insaisissable et irrésistible Dorian Gray faisant tourner la tête de Vanessa, et des cadavres atrocement mutilés dans tout Londres hantant Ethan.

Le personnage principal de cette série reste Vanessa, on le comprend très rapidement, son rôle est primordial et son caractère unique. Tiraillée durant trois saisons entre le bien et le mal, la raison et la folie, elle est l’objet du combat commun de l’équipe.

Et les archives dans tout ça ??

Il faut en venir à la saison 2, qui voit intervenir de façon pérenne un personnage que l’on croise rapidement dans la saison 1. Mr Lyle devient en effet un nouveau membre de ce groupe de super-héros peu ordinaire. Il s’agit d’un petit bonhomme excentrique et féru de langues anciennes ! Il apparaît pour aider l’équipe à déchiffrer le verbis diablo, la langue du diable utilisée par un groupe de sorcières s’en prenant à Vanessa.

Dans la saison 2 épisode 2, Mr Lyle explique que le verbis diablo est surtout une langue orale, mais qu’il existe tout de même une trace écrite de cette langue « Dans une boîte oubliée depuis longtemps dans les archives du British Museum ». Il raconte en effet qu’au XIe siècle un frère chartreux, se disant possédé par un démon, a retranscrit les paroles de ce démon (le verbis diablo) sur ce qu’il avait sous la main. Le seul moyen de comprendre cette langue et de récupérer ces éléments rassemblés dans cette boîte. Pour Mr Lyle, aucun problème, il explique à ses compagnons : « Comme bien des richesses pillées du British Museum, elles sont scrupuleusement ignorées, je vais tout simplement les piller à mon tour », charmante confession qui nous rappelle qu’il s’agissait d’une pratique assez répandue dans de nombreux fonds d’archives il y a encore quelques décennies.

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S’en suit une scène particulièrement drôle dans laquelle Ethan et Mr Lyle qui se rendent au British Museum, tombent nez à nez sur l’un des collègues de ce dernier devant l’entrée de la salle des archives médiévales.

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Pour justifier la présence d’Ethan dans les réserves du Musée, Mr Lyle explique qu’il fait visiter les archives à son frère (l’écart d’âge, de carrure et l’accent américain d’Ethan n’aident pas vraiment à corroborer cet alibi, mais l’excuse fait mouche). Ethan s’étonne de cette excuse, Mr Lyle le rassure en lui disant que son collègue ne dira rien, car si celui-ci revient lui-même de la salle des archives médiévales, c’est parce qu’il y a la plus grande collection de pornographie historique du monde.

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Les deux hommes s’enfoncent dans les sous-sols du British Museum, et trouvent la caisse en question qu’ils ramènent chez Sir Malcolm. En ouvrant cette caisse, une immense panoplie d’objets du quotidien, reliques, objets d’art sont découverts, tous couverts de la langue étrange du diable (encore un rappel des formes multiples que peuvent prendre les archives).

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Pour ce qui est de la traduction, je vous laisse regarder la suite de la série, mais cette caisse oubliée de tous renferme l’un des plus grands secrets de l’histoire de l’humanité, une histoire ou plutôt une prédiction de l’Apocalypse !

Carole Thuilière

 

 

« Jonathan Hart wooooo, Jennifer Hart, wooo, les justiciers millardaires ». Si vous avez souri ou fredonné la suite, alors, vous avez déjà vu des épisodes de cette série bien connue diffusée originellement en 1979 sur ABC aux Etats-Unis puis en France à partir de 1981 sous le titre « Pour l’amour du risque ».

risqueC’est grâce à la vigilance d’un de nos fins limiers, Christelle Lachiche, que je peux vous présenter aujourd’hui un épisode de cette série dans le cadre du blog Archives et Culture pop’. En effet, Christelle a déniché le vingtième épisode de la deuxième saison, intitulé « le secret de la maison des Hart » (Blue Chip Murder en version originale).

Dans cette aventure, Jonathan et Jennifer Hart découvrent avec horreur qu’ils ont été cambriolés. Jonathan est assommé par un personnage masqué qui prend la fuite. Alors qu’ils rangent leur maison en désordre, les époux découvrent un bouton qui leur donnent accès à une pièce secrète. Les Hart se rendent compte que leur maison révèle bien des mystères  et décident d’enquêter sur le sujet et sur l’ancien propriétaire de leur demeure, l’architecte Lawrence Frieman.

Voilà donc le couple de justiciers parti pour résoudre une nouvelle enquête qui les concerne au premier chef.

Et les archives dans tout ça ??

Dès qu’ils découvrent l’existence de la pièce secrète et des convoitises qu’elle attise, les Hart souhaitent en savoir plus sur leur maison et leur ancien occupant. Le couple part à la rencontre d’un homme qui a bien connu Lawrence Frieman et font appel à ses souvenirs, ce qui ne leur apporte pas grand chose dans un premier temps. La seule chose que leur interlocuteur apprend au couple, c’est que le précédent occupant de leur maison est mort millionnaire mais que son portefeuille d’actions a disparu. L’enquête semble mener à une impasse…

Mais l’interlocuteur des Hart leur suggère d’interroger « Miss Cox, aux archives ». Jonathan Hart s’étonne : « Mais, je croyais que vous n’aviez pas de dossier si anciens » ce à quoi il lui est répondu : « nous n’avons pas de dossier, mais nous avons Miss Cox, c’est une véritable encyclopédie vivante ».

En l’absence de l’existence de dossiers, c’est donc à la mémoire de l’archiviste qu’on fait appel, elle est presque confondue avec un document d’archives puisqu’elle est aussi à même de donner la réponse et d’avoir conservé en mémoire l’information qui intéresse les Hart. Toutefois, est-elle vraiment fiable quand on met en garde les Hart de cette manière : « je vous préviens, elle a tendance à avoir une imagination débordante ». Bref, d’un dossier papier ou de la mémoire de l’archiviste, la trace écrite reste la plus fiable en théorie mais dans le cas qui nous occupe, elle a disparu.

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C’est donc la mémoire de Miss Cox qui fait office d’archives. On découvre d’ailleurs une archiviste assez fidèle au cliché du genre : âgée, munie de cheveux gris attachés en chignon et de petites lunettes de presbyte. Elle évolue dans une petite salle d’archives dotée de casiers au milieu desquels elle virevolte avec aisance. la pièce est extrêmement bien rangée et lorsqu’un employé vient lui demander un dossier, Miss Cox ne met pas cinq minutes à le trouver ! Miss Cox est d’une aide précieuse pour Jonathan et Jennifer Hart en leur donnant des précisions sur les actions de Lawrence Frieman, actions qui restent toutefois introuvables.

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Les Hart retournent toute la maison sans succès mais sont victimes d’une tentative de meurtre. Y-aurait-il dans cette fameuse maison une autre pièce cachée ? Comment le savoir ? Jonathan part en quête des plans de construction de la demeure. Max le majordome suggère donc d’aller consulter les plans aux Archives de la ville. Jonathan répond une chose curieuse : « normalement oui, mais la maison a plus de cinquante ans, ça fait beaucoup ». Étonnante réponse , les archives ne sont-elles censées conserver que des documents d’urbanisme récents ?

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Autre éclair de génie : Lawrence Frieman avait fait ses études à l’Ecole d’architecture de Paris, et si les plans de sa maison étaient là-bas ? Pourquoi me direz-vous ? Parce que les plans de Frieman ont une valeur historique et « qu’il en a peut-être fait don à cette école ». Et on aborde grâce à ce petit passage le casse-tête des lieux de conservation des archives privées, bien connu des chercheurs.

Les Hart joignent alors Monsieur Beuchet, le conservateur des archives de l’Ecole d’architecture. Tout aussi vieux que son homologue américaine, Monsieur Beuchet a un bureau d’un autre standing et il se trouve qu’il est parfaitement à même de renseigner les Hart car il connaît les plans de la maison de Frieman, le hasard est bien fait :-).

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Le conservateur indique qu’il va chercher les plans pour répondre aux questions du couple. Réflexion de Jonathan : « le temps qu’il fouille dans ses archives, j’ai peut-être le temps de me rendormir ». Pas de chance pour le justicier milliardaire, le conservateur met la main sur les plans de la maison en deux temps trois mouvements et apporte la réponse à l’énigme de la pièce cachée.

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Ainsi, en un seul épisode, ce sont deux archivistes qui débloquent une situation en apparence inextricable. La vision des deux personnes est plutôt amusante bien que fidèle aux clichés, ce sont des personnes plutôt affables, sympathiques et serviables. Leur compétence n’est pas à remettre en cause puisqu’ils répondent vite et de manière très efficace. La vision des archives est aussi surprenante : la série véhicule l’idée qu’on ne conserve pas d’archives très anciennes et ce qui a plus de cinquante ans semble déjà très vieux.

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Même les justiciers milliardaires ne peuvent rien sans archives ni sans archivistes, à méditer !

Sonia Dollinger