Archives de la catégorie ‘Séries’

Black Mirror est une anthologie télévisuelle britannique. Comportant trois saisons, chaque épisode est indépendant, traitant d’une histoire originale avec pour thème commun l’impact des nouvelles technologies sur la société et l’individu.

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L’épisode qui nous intéresse aujourd’hui est la premier épisode de la saison 2 intitulé Bientôt de retour (Be Right Back en VO). Il a été diffusé pour la première fois en février 2013 en Grande-Bretagne et en mai 2014 en France. Au scénario on retrouve le créateur de la série Charlie Brooker (aussi connu pour sa mini-série Dead Set). L’épisode met en scène l’actrice Hayley Atwell, connue pour son rôle de Peggy Carter dans Captain America, et Domhall Gleeson (Bill Weasley dans la saga Harry Potter, Général Hux dans la nouvelle trilogie Star Wars).

Quelle est l’histoire ?

Ash et Martha sont un jeune couple et viennent d’emménager dans la maison familiale d’Ash. Alors que celui-ci ramène la voiture de location, il meurt dans un accident. Dévastée, la jeune femme est inscrite à son insu à un programme psychologique d’accompagnement au deuil. Ce programme permet aux endeuillés de discuter avec leurs morts. Comment ? Une intelligence artificielle est construite à partir des traces numériques du mort. D’abord réticente, Martha finit par s’impliquer sans en réaliser vraiment les conséquences..

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un jeune couple amoureux

Et les archives dans tout ça ?

Les archives ne sont pas le cœur de l’épisode, le mot même n’y est même pas prononcé. Pourtant, le récit offre un point de vue intéressant sur la question de l’identité et sur son support : les archives.

La simulation d’Ash via l’IA est basée sur l’ensemble du matériel qu’il a déposé en ligne, photo, statuts, messages, mais aussi historiques de navigation. A travers les archives d’Internet, une personnalité est reconstruite. Lorsque Martha désire lui parler et non plus seulement lui écrire, elle ajoute à la simulation un certain nombre d’archives audiovisuelles (vidéos, enregistrement). Cela enrichit la personnalité. Puis finalement en manque d’interaction, elle commande un clone synthétique de son mari dans lequel l’IA est implanté. Elle finit par réaliser que le clone n’est pas son compagnon, mais une copie parcellaire, « des fragments ».

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Ajout d’archives

Si l’épisode évoque des thématiques lourdes comme le deuil, il parle aussi d’identité. Il démontre que les archives sont avant tout des témoignages circonstanciés : la photographie d’un instant T dans un cadre précis. Outre un caractère partiel, les archives ont aussi un caractère partial puisqu’il s’agit, dans le cas des réseaux sociaux, d’une mise en scène de l’individu.

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Une première discussion en ligne grâce aux archives

Ainsi, le spectateur est renvoyé, trop subtilement il est vrai, au fait que lorsqu’il consulte une trace (photographie, archive laissée sur un réseau social) il ne s’agit que d’une portion d’humain en représentation et non d’un être dans sa globalité et sa complexité. Les archives sont des fragments qu’il faut considérer comme tels.

Pour conclure en revenant au récit, on notera que Martha ne voulant plus voir l’aberration qu’est le clone de son défunt compagnon l’exile au grenier, faisant écho au début de l’épisode. Loin des yeux, loin du cœur, une maxime que nous connaissons tous, et plus particulièrement les archivistes, en tout cas en matière d’exil au grenier.

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Un clone, ça se cote en série obj ? En attendant d’avoir la réponse : stockage au grenier !

Marc Scaglione

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Outlander

Publié: 30 septembre 2017 dans Séries
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Outlander est une série américano-britannique diffusée depuis le 9 août 2014 aux Etats-Unis disponible en France depuis 2016, sur Netflix.

Créée par Ronald D. Moore, elle est l’adaptation des romans du même nom de Diana Gabaldon. Actuellement deux saisons sont disponibles sur la plateforme de streaming, la troisième saison est en cours de diffusion, un épisode par semaine depuis le 11 septembre 2017.

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L’histoire débute à la fin de la Seconde Guerre mondiale, quand Claire Randall et son mari Franck décident de s’offrir une seconde lune de miel en Écosse. Séparés durant la guerre – Claire ayant été infirmière et Franck membre du MI6, les services secrets anglais – ils profitent de ce voyage pour se redécouvrir.

Lorsque Claire se promène sur le site de Craigh na dun (une sorte de Stonehenge écossais), un bourdonnement se fait entendre et semble provenir d’une des pierres.

En posant ses mains sur cette dernière, c’est le choc. Claire se réveille bien à Craigh na dun mais au XVIIIe siècle. Entre tuniques rouges et véritable Highlanders en kilt aux prémices des révoltes Jacobites, Claire se retrouve au milieu de conflits politiques et amoureux.

Et les archives dans tout ça ??

Les archives ici sont amenées via Franck, le mari de Claire. Professeur d’histoire et passionné de généalogie, il se rend à Inverness, certes pour sa seconde lune de miel, mais il suit également les traces de son ancêtre, le capitaine anglais Jonathan Randall mobilisé en Écosse. On l’aperçoit alors rechercher activement dans les archives la présence de cet homme. Un homme que Claire rencontrera en 1743. Bien que peu intéressée par l’histoire et les archives, les souvenirs de conversations sur le sujet lui permettront de connaître des informations non négligeables sur l’ancêtre maléfique de son mari.

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La présence des archives est donc primordiale dans la première saison, mais pas seulement. En effet, elles auront une place encore plus importante dans les saisons suivantes, l’histoire va évoluer grâce à elles.

Flavie Gourdon

Defenders_1Une fan de comics ne peut s’empêcher de suivre les films ou séries dérivés de ses univers préférés. C’est ainsi que j’ai visionné toutes les séries Netflix ayant pour thème les super-héros de chez Marvel. Certaines d’entre elles comme Daredevil ou Iron Fist font référence aux archives. The Defenders étant la dernière en date, je me suis évidemment jetée dessus.

Marvel’s The Defenders est une série produite par ABC Studio et Marvel, crée par Douglas Petrie et Marco Ramirez. Elle sort en France sur la plateforme Netflix le 18 août 2017, date à laquelle j’écris ces lignes. La série réunit les quatre héros ayant eu droit à une série solo auparavant : Daredevil, Jessica Jones, Luke Cage et Iron Fist. On retrouve au casting Sigourney Weaver qui endossera le rôle de la principale adversaire du groupe de héros.

Cette série verra donc la réunion de ces personnages emblématiques de l’univers Marvel qui feront cause commune pour défendre New-York.

Et les archives dans tout ça ??

Les archives ne mettent pas longtemps avant d’apparaître dans la série. On les retrouve dès le deuxième épisode – intitulé Mean Right Hook.

Pour les besoins d’une de ses enquêtes, Jessica Jones a besoin de retracer les historiques de plusieurs sociétés. Pour ce faire, elle se rend dans ce qui ressemble à un service d’archives au nom indéterminé. Pour effectuer ses recherches, elle a recours à un fichier papier, l’informatisation n’a pas eu l’air de pénétrer dans ce service new-yorkais !

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sans lumière et sans fichier informatisé

Bref, elle trouve sans peine les cotes qui semblent l’intéresser et là, surprise. Vous pensez naïvement qu’elle va présenter sa demande à un président de salle ou un archiviste quelconque ? Que nenni ! Jessica Jones file direct dans les dépôts et farfouille dans les travées.

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Ces dernières sont visiblement bien ordonnées car la détective n’a aucun peine à mettre la main sur le dossier qui l’intéresse. Que ces données concernent une entreprise privée et que Jessica puisse avoir accès aux informations concernant les transferts d’actifs de la société sans égard pour un éventuel délai de communicabilité ne trouble personne, non plus que le fait qu’elle puisse prendre en photo ces documents sans que personne ne s’en émeuve.

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Jessica répète l’opération plusieurs fois de suite, virevoltant de rayonnages en rayonnages, jouant de l’échelle mobile pour grimper vers les dossiers les plus hauts sans être dérangée par aucun être humain. Elle remonte le temps, faisant une sorte de généalogie de l’entreprise sur laquelle elle cherchait des renseignements à l’origine. Au fur et à mesure des avancées de ses recherches, les documents conservés changent d’aspect et deviennent de plus en plus anciens. Au lieu des documents tapuscrits, Jessica consulte désormais des titres de propriétés calligraphiés à la main – sans grande précaution ni aucune surveillance d’ailleurs.

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un peu d’escalade pour maintenir la forme

A la recherche de réponses, elle retire un manuscrit de son dossier. On se dit : « ok, elle va l’embarquer, ni vu ni connu étant donné qu’il n’y a personne dans ce fichu dépôt ». Raté ! Jessica erre à la recherche de quelqu’un et elle trouve… ce qui ressemble à une archiviste… ou plutôt ce qui ressemble au cliché de l’archiviste. Elle aussi est en train de farfouiller dans un tiroir et là, je me pose une question bête : en plus de n’être plus toute jeune – vous n’auriez quand même pas cru qu’on aurait droit à une archiviste jeune et fraîche – elle a l’air d’être sourde comme un pot l’archiviste ! De vous à moi, vous êtes dans vos rayonnages, vous entendez quelqu’un tripoter vos documents, vous n’allez pas voir ? Vous n’êtes pas un peu intrigué qu’une inconnue se promène dans les allées, un document extirpé d’un dossier à la main ? Si ? Hé bien…pas elle !

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L’amabilité incarnée

Jessica semble la déranger quand elle la hèle « excusez-moi »…réponse : »ouaiiiis » d’un air las. Ok, on résume : elle est sourde, se moque comme d’une guigne qu’on embarque ses archives et elle est revêche. Bon, est-ce qu’au moins, elle a un semblant de conscience professionnelle ? Jessica lui expose son souci, réponse : « qu’est-ce que je peux y faire ? »…Heu, Lui demander comment elle est arrivée là ? L’aider dans sa recherche ? Quand Jessica lui dit que les « archives les plus anciennes remontent à 1820 » et qu’elle va devoir remonter plus loin que ça, l’archiviste lui répond « allez voir le département du Patrimoine, ils ont un dépôt au Nord de Manhattan, il faut prendre rendez-vous à l’avance »… et elle se barre ! Allô madame, il y a quelqu’un dans ton dépôt qui se promène avec un document de 1820… ah ben non, elle est partie.

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Bref, on apprend quand même que les archives sont nécessaires pour faire l’histoire d’une entreprise, que l’on semble faire la distinction entre les archives les plus anciennes conservées dans un département Patrimoine et des documents plus récents. Par contre, la notion de délai de communicabilité n’est pas prise en compte puisque Jessica peut consulter ses documents sans problème et les usagers semblent pouvoir se servir librement avec la bénédiction d’archivistes peu regardants. Un point positif : la cotation et le classement ont l’air performants puisque notre détective s’en sort très bien toute seule.

Conclusion, même un super-héros a besoin d’archives pour répondre à ses questions, mais hélas, pas forcément d’archiviste. A moins qu’un archiviste super-héros arrive un jour dans l’univers Marvel ?

Sonia Dollinger

 

Marvel_s_Iron_FistDepuis le 17 mars, Netflix France diffuse la série Iron Fist, produite aux Etats-Unis par Marvel Television et ABC studios. La série fait suite à celles qui ont été consacrées à Daredevil, Jessica Jones ou Luke Cage. Tous ces personnages devraient se retrouver par la suite dans le groupe des Defenders.

Le personnage d’Iron Fist est issu des comics créés par Roy Thomas et Gil Kane en 1974 chez Marvel. Les arts martiaux ont, à l’époque le vent en poupe, Iron Fist est donc un spécialiste du King Fu mais pas seulement. Daniel Rand est un jeune homme riche mais orphelin. Ses parents sont morts à cause de l’associé du père de Rand, Harold Meachum. Perdu seul dans les neiges de L’Himalaya, le jeune Danny est recueilli par les moines shaolin de la cité cachée de K’un L’un qui leur enseigne le Kung Fu et sa philosophie. Revenu en Amérique, Danny adopte le nom d’Iron Fist et forme un duo de héros à louer avec Luke Cage dont vous pouvez lire les nouvelles aventures tout juste sorties chez Panini Comics.

Si la série télévisée reprend en partie les origines de Danny, elle se concentre sur son retour à New York, 15 ans après sa disparition. Tout le monde le croit mort dans un accident d’avion où il aurait péri avec ses parents. L’entreprise Rand qui rapporte des milliards est tenue par les enfants de l’associé du père de Danny, Ward et Joy Meachum qui ne sont pas ravis de voir réapparaître un clochard qui prétend être Daniel Rand et qui revendique son héritage.

La série mêlera luttes de pouvoirs, combats dantesques avec des ninjas sortis de nulle part sur fond de rivalités familiales.

Et les archives dans tout ça ??

La question des archives est évoquée dans le troisième épisode. Danny Rand a engagé l’avocate Jeri Hogart – déjà présente dans la série Jessica Jones – pour l’aider à recouvrer son héritage, l’entreprise Rand, qui est aux mains de la famille Meachum.

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Pas d’archives, pas d’identité !

Le problème majeur est que Danny est porté disparu et officiellement mort depuis quinze ans, sans parent survivant connu et qu’il est difficile de prouver son identité. Jery Hogart a beau chercher, aucun document d’archives ne semble pouvoir prouver l’existence de Daniel. Elle ne parvient même pas à retrouver « une carte d’abonnement à la Bibliothèque ».

Cependant, Daniel se souvient brusquement avoir fait des radios étant enfant après une chute. Il se rend donc à l’hôpital pour consulter son dossier médical. Evidemment, on rentre dans la salle d’archives comme dans un moulin : elle est ouverte et aucun archiviste ne semble en contrôler l’accès, niveau confidentialité, on repassera. Oh…attendez, il semble soit à terre, gisant inerte, si c’est l’archiviste, il y a de quoi s’inquiéter pour lui !

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sans instrument de recherche, pas évident de trouver son dossier !

Mais Danny n’est pas seul dans cette salle d’archives, un type est déjà en train de fouiller dans les dossiers – sans doute celui qui a occis l’archiviste au passage…L’homme est connu de Danny, il s’agit du garde du corps de la famille Meachum, bien décidé à faire disparaître le dossier médical de Danny.

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manifestement, ce type n’est pas magasinier !

Evidemment, une bagarre s’en suit : les rayonnages d’archives sont renversés, un registre est même carrément poignardé en servant de bouclier à Danny Rand.

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Aïe ! 

Mais cela ne s’arrête pas là : avant de fuir, le malfrat arrose d’essence les archives – oui parce qu’évidemment, on laisse des substances inflammables dans une salle d’archives, c’est bien connu – et met le feu à la pièce. Ainsi partent en fumée les espoirs de Danny qui ne peut ainsi plus prouver son identité.

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Allez,  tout un classement foutu par terre

Encore une fois, les archives prouvent leur utilité : sans elles, Daniel Rand n’a aucun moyen de prouver son existence. Les archives sont les garantes de notre réalité, elles sont ce qui permet de nous rendre vivants par delà la mort.

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Ici, l’échec est la résultante de la disparition des archives : détruire les documents, c’est aussi détruire une vie. Quand on y réfléchit, on mesure mieux l’importance de la conservation des archives et du rôle de l’archiviste.

Sonia Dollinger

Stargate SG-1 est une série américano-canadienne créée par Brad Wright et Jonathan Glassner à partir du film Stargate, la porte des étoiles (1994) de Roland Emmerich. Elle a été diffusée entre 1997 et 2007 aux Etats-Unis, et entre 1998 et 2008 en France.

stargate_0Elle met en scène une branche secrète de l’Armée de l’Air américaine, le SGC, qui organise l’exploration d’autres planètes à travers la galaxie grâce à la Porte des Etoiles. Les différentes équipes rencontrent des centaines de peuples extraterrestres, et les aident tout en luttant contre les Goa’ulds, qui règnent sur la galaxie en se faisant passer pour des dieux. La principale équipe d’exploration, SG-1, est composée du colonel Jack O’Neill, du major Samantha Carter, du Dr. Daniel Jackson, archéologue, et de l’extraterrestre Teal’c.

La série s’inspire à la fois de nombreuses mythologies antiques et médiévales (mésopotamienne, égyptienne, viking, légende arthurienne, etc.) et d’événements historiques réels (l’Inquisition, les guerres de religion, la guerre froide, etc.)

Dans l’épisode 5 de la saison 7, le SGC envoie une sonde sur une planète inconnue ; celle-ci montre que l’atmosphère de la planète est toxique, mais indique aussi la présence d’un vaste dôme. La sonde traverse le dôme et montre un paysage normal avant d’arrêter d’émettre.

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le dôme

L’équipe d’exploration SG-1 se rend alors sur la planète, et découvre que le dôme est habitable et que des humains y vivent. Ils rencontrent alors les membres du Conseil du village, et découvrent que tous les habitants du dôme sont reliés en permanence à un ordinateur par une interface neurale. Ce Réseau contient toutes les connaissances passées et présentes des villageois, y compris celles datant d’avant la construction du dôme 400 ans auparavant, et contrôle le dôme de manière autonome.

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L’équipe passe la nuit au village, chez Pallan, qui travaille sur le système de gestion du dôme, et sa femme Evalla. Ils apprennent que le dôme a été créé pour protéger la population après que la pollution industrielle a contaminé la planète, et Daniel Jackson suggère d’étudier cela afin de comparer la situation à celle de la Terre. Pallan et Evalla lui proposent de se connecter directement au Réseau afin d’avoir toutes les informations dont il a besoin, mais il préfère leur demander d’avoir accès aux archives.

 

« Nous avons nous aussi nos problèmes de pollution, en étudiant votre histoire nous pourrions peut-être éviter que notre planète tourne aussi mal. »

(Daniel Jackson)

Le lendemain Pallan et le major Carter vont voir les systèmes de gestion et de surveillance du dôme, pendant qu’Evalla et Daniel Jackson se rendent dans la salle des archives du village.

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Tout à coup tous les habitants semblent se figer quelques minutes, et le major Carter remarque que des données concernant le dôme sont modifiées sur les moniteurs. Tout redevient normal, mais le major Carter se rend compte que les données affichées par l’ordinateur central concernant les niveaux d’énergie du dôme sont fausses. Pallan ne la croit pas et se réfère aux archives du Réseau pour lui assurer que la consommation d’énergie est stable depuis 400 ans. Elle craint néanmoins que le dôme ne soit bientôt plus alimenté et cède.

« J’ai accès à 400 ans d’archives de consommation énergétique du dôme grâce au Réseau […]. » (Pallan)

« Je vais vous montrer ce qui nous reste d’archives physiques. Ce sont les derniers témoins de l’ancien monde.» (Evalla)

L’équipe propose alors au Conseil du village de transporter la population sur une autre planète pour les mettre à l’abri, mais ils ne les croient pas et refusent de partir. Quand le colonel O’Neill s’étonne de ne pas voir le Conseil au complet, ceux-ci lui affirment qu’aucune femme n’a été élue et que le Conseil a toujours été composé de trois personnes, ce que confirme Pallan.

« Leurs archives nous aideront peut-être à comprendre cette histoire. » (Daniel Jackson)

Daniel Jackson décide alors de faire des recherches avec Evalla dans les archives du village pour comprendre ce qui se passe, mais il ne trouve rien : depuis la création du dôme aucun document écrit n’a été produit, et même avant cela le Réseau était déjà utilisé et la production d’archives « papier » était fortement limitée.

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Pendant ce temps Evalla disparaît, et Pallan ne se souvient pas du tout d’elle. Le major Carter suppose que c’est le Réseau lui-même qui a effacé tous les souvenirs qu’il avait de sa femme, comme il a supprimé les informations à propos du quatrième membre du conseil. Elle décide de reprogrammer le Réseau pour modifier les informations qu’il transmet à la population, mais pour y arriver elle doit d’abord convaincre Pallan de l’aider.

Daniel Jackson continue ses recherches pour trouver d’anciens documents écrits contredisant les informations du Réseau, pour prouver aux habitants qu’ils sont manipulés par l’ordinateur.

– Je ne trouve toujours aucune référence historique à la période de construction du dôme.

– A l’époque mon peuple utilisait déjà beaucoup le Réseau… Il est possible qu’on n’ait pas conservé grand chose sur support physique. » (Daniel Jackson et Evalla)

– Il faudrait que je trouve d’anciens documents écrits qui contredisent les informations disponibles sur le Réseau […].

– Les archives du Conseil, ça serait parfait.

(Daniel Jackson et le major Carter)

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Pendant ce temps le major Carter tente de persuader Pallan que le Réseau modifie les archives et les souvenirs de tous les habitants et les manipule, mais il refuse de la croire. Daniel Jackson lui montre alors des actes notariés signés par tous les habitants qui occupaient le dôme à sa construction, qui ont été conservés et qu’il vient de trouver dans les archives (Figure 10) : il y avait environ 100 000 habitants à l’origine, alors qu’ils ne sont plus qu’environ 1300. Ils se rendent compte qu’en réalité le Réseau gère la baisse d’énergie en diminuant la superficie du dôme, et qu’il prend les mesures nécessaires pour assurer la survie du groupe en sacrifiant des individus et en effaçant toutes les données les concernant pour que les survivants ne se doutent de rien.

« J’ai trouvé […] des actes notariés. Heureusement que les juristes sont procéduriers. Tout le monde utilisait déjà le Réseau à l’époque, mais ils ont quand même rempli des documents en bonne et due forme » (Daniel Jackson)

1.    Opposition archives « papier » et archives dématérialisées

La salle où sont conservés les derniers documents « papier » correspond aux clichés habituels sur les archives : petite, sombre, poussiéreuse, encombrée et mal rangée. Il n’y a pas d’archiviste ni de système de classement, et encore moins de moyen de retrouver les documents que l’on recherche.

A l’inverse le Réseau est représenté uniquement par l’interface portée par tous les habitants : les archives et les connaissances sont toutes classées dans le système et ne prennent donc pas de place, et elles sont facilement accessibles par toute personne portant l’interface. La salle de surveillance du dôme, qui est le seul moyen d’avoir un accès direct au Réseau, est quant à elle une grande pièce bien éclairée, propre, ordonnée.

A priori, les archives numériques sont donc présentées comme étant plus pratiques, plus complètes et plus agréables et rapides à utiliser que les documents écrits. Elles symbolisent, avec l’interface et l’ordinateur, la technologie et donc le progrès qui améliorent l’existence des humains.

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Au contraire, on voit les archives physiques comme un énorme tas de papiers, qui prend de la place et est complètement en désordre, et dans lequel on n’a pas du tout envie de faire la moindre recherche. De plus elles sont inutiles puisque toutes les données sont déjà sensées être présentes sur le Réseau. Les archives « papier » représentent le passé et encombrent, au sens propre comme au figuré, le présent, et elles s’opposent aux archives numériques qui n’ont que des avantages.

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Cependant on peut remarquer que, alors qu’ils n’avaient plus du tout besoin de ces archives physiques puisqu’ils avaient tout ce dont ils avaient besoin sur le Réseau, les habitants ont les conservées, dans des conditions apparemment correctes puisqu’elles ont pour la plupart plus de 400 ans et sont encore en bon état. Ils n’ont pas détruit ces documents, inutiles pour eux, parce qu’ils représentent un lien matériel avec leurs ancêtres, ceux qui sont entrés dans le dôme et même ceux qui, avant cela, vivaient normalement à la surface de la planète. Ils ne les considèrent plus comme des sources d’information mais comme des souvenirs ; elles ont perdu le statut d’archives et sont devenues des objets historiques anciens.

Malgré tout ce sont ces souvenirs inutiles qui vont leur sauver la vie, puisqu’ils contiennent les éléments qui permettront de comprendre la situation exacte du dôme.

2.    Utilisation et modification des archives dématérialisées

Le premier problème de la dématérialisation des archives est leur accès sur le temps long : pour l’instant elles sont accessibles par tous les habitants du dôme, mais elles seront perdues dès qu’il n’y aura plus d’énergie pour faire fonctionner le dôme.

Mais cette histoire soulève un autre problème de la dématérialisation : lorsque les archives sont conservées uniquement sur support numérique, il est assez facile de les supprimer, en partie ou entièrement. Il s’agit uniquement de la suppression ou de la modification de données ou de fichiers. Au contraire le même procédé avec des archives physiques est plus voyant, puisque des dossiers vont manquer et qu’il est beaucoup plus compliqué de modifier les dossiers autour pour cacher ce manque : s’il fallait supprimer toutes les données concernant Evalla depuis sa naissance, ou modifier toutes les données indiquant que le Conseil était composé de quatre membres depuis 400 ans, cela prendrait beaucoup plus de temps et serait beaucoup plus visible et plus compliqué avec des archives uniquement « papier ».

L’exemple d’un programme informatique qui modifierait de lui-même des archives instantanément est bien sûr excessif ; mais on ne peut pas s’empêcher de se poser la question de ce qui se passerait si c’était vraiment possible. De plus le Réseau supprimait des données uniquement dans le but de la survie du groupe, donc ses décisions étaient tout à fait objectives. On ne peut pas du tout savoir ce qui se passerait si ce genre de décision devait être prise par un humain, qui serait forcément beaucoup plus subjectif et dont les motivations pourraient être très diverses. Le progrès seul n’est pas forcément la meilleure des solutions.

L’exemple dans cette histoire est évidemment extrême, mais il permet de se poser la question : à quel point il est judicieux de se baser uniquement sur la dématérialisation pour conserver des archives, qui sont essentielles car elles permettront de prouver des droits et d’écrire notre histoire ? Dans le même temps la conservation uniquement sur support papier n’est pas une solution puisqu’elle présente elle aussi un certain nombre de défauts (place occupée, entretien et classement nécessaires et temps de recherche long). Il faut donc réfléchir pour trouver un juste milieu entre la dématérialisation et la conservation physique, pour tirer parti de leurs avantages respectifs tout en atténuant leurs inconvénients.

Aude Weber