Interstella 5555 : cachez cette sauvegarde que je ne saurais voir !

Publié: 9 décembre 2016 dans Dessins animés
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interstella_1Interstella 5555 : The Story of the Secret Star System est un film franco-japonais sorti en 2003, dont le titre ne dit pas grand-chose à beaucoup de monde. Pourtant tout le monde connaît au moins les trois premières minutes de ce film, qui n’est autre que le clip  One more time  des Daft Punk. En effet, Interstella5555 est un film musical, sans dialogues, ayant pour seule ambiance sonore l’album  Discovery , sorti deux ans auparavant. Les Daft Punk se sont fait plaisir et ont réalisé un rêve de gosse avec ce long métrage d’animation japonais, en recrutant le légendaire Leiji Matsumoto (Yamato, Albator) en tant que responsable des effets visuels (et ça se voit…)

L’histoire ?

Un groupe de musique extraterrestre est enlevé lors d’un concert, par un manager terrien sans scrupules. Une fois ramenés sur notre planète, ils sont transformés en humains et manipulés comme des pantins pour devenir des stars planétaires, « The Crescendolls », et ce dans un sinistre but….

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Et les archives dans tout ça ?

Il y a des films que vous regardez jeune. Et puis le temps passe et déformation professionnelle oblige, il y a des éléments que vous voyez différemment. C’est exactement mon cas avec ce film.

Lors de leur transformation en être humains, les personnages voient leurs mémoires « terrianisés » et leurs souvenirs originaux sont stockés sur des disquettes, des « Memory Disk ». Libérés de l’emprise du comte de Darkwood, ils sont bien décidés à recouvrer leur identité et partent à la recherche de ces disquettes. Octave s’infiltre dans l’immeuble de la maison de disque qui les produit. Il rentre dans une petite pièce, qui sert à première vue de stockage d’archives.

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un local archives pas très adapté

Il s’empare de la boîte se trouvant dans son casier, jette la master de leur titre, c’est-à-dire la bande magnétique source originale servant de duplication pour fabriquer les CD, et trouve finalement les disquettes. Rien de dramatique, l’histoire suit son cours.

Mais un sourire ironique s’esquisse sur mon visage, alors que j’étais resté de marbre lors du premier visionnage : les quatre disquettes ne sont pas identifiées, on ne sait pas à qui elles appartiennent ! Octave pourrait se retrouver avec la mémoire de Stella, Baryl avec celle d’Arpegius… Elles sont cachées là sans plus de soucis. C’est d’ailleurs à se demander pourquoi on les conserve….

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On pourra me répondre que je fais un fromage de rien. Mais mes camarades archivistes qui comme moi, auront retrouvé lors de leurs collectes des boîtes et des classeurs entiers de disquettes, auront peut-être la même réaction. Des documents et des données sont des archives par définition quelque soit leur support. Mais leurs gravures sur disquette, CD et autres ne relèvent pas de l’archivage. Ils sont sauvegardés tout au plus. Archivage et sauvegarde : deux notions bien différentes qu’il est difficile à faire comprendre à nombre d’informaticiens d’ailleurs…

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bonne chance pour trouver les infos !

En résumé, on peut dire que dans ce film :

– les archives sont la mémoire des personnages, au sens propre comme figuré.

– que votre profession influence votre regard et vous fait percevoir les choses différemment, bien à votre insu. Réalité vs fiction.

– qu’il ne faut pas laisser moisir ses disquettes dans un placard !

Marc Scaglione

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