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Cross Fire fait partie des bandes dessinées à consonance ésotérique très en vogue depuis les années 2000. Le genre donne de très bonnes choses comme la série Le Triangle secret et ses spin-off. Quand Vincent, mon beau-frère m’a mis Cross Fire dans les mains, j’ai découvert une autre approche, maniant l’humour et la dérision et j’avoue avoir passé un très bon moment à lire les six volumes publiés de cette série.

cross3Cross Fire est scénarisé par Jean-Luc Sala, auteur de bandes dessinées avec des séries publiées chez le Lombard et Soleil. Le dessin est assuré par Pierre-Mony Chan qui a, lui aussi plusieurs séries à son actif. Cross Fire est publié chez Soleil depuis 2004 et compte actuellement six volumes. Les fans attendent avec impatience une suite qui se fait désirer.

Cross Fire met aux prises les descendants des Templiers protecteurs du Baphomet que leurs ancêtres ont soustrait aux convoitises de l’Eglise lors de l’arrestation du dernier grand Maître en 1307 et le Vatican qui tient à récupérer les reliques. L’Eglise souhaite aussi récupérer et effacer toute trace d’hérésie en traquant et détruisant les manuscrits susceptibles de remettre en cause le dogme officiel comme les évangiles apocryphes.

Pour ce faire, le Vatican dispose d’une équipe dirigée par le cardinal Marchesi et formée de Luigi et Sofia, bientôt rejoints par un agent charmeur, Angelo Costanza mais ces chasseurs de reliques vont bien vite découvrir qu’ils sont les jouets de conspirations bien plus sombres encore.

Cross Fire est une référence assumée à James Bond : chaque volume porte un titre rappelant ceux des 007 : Opération Judas, Au Service Secret de Sa Sainteté, Mourir et laisser vivre, Godfinger, L’Eternité ne suffit pas et Rien que pour vos dieux. Les personnages rappellent l’univers de l’agent secret comme le cardinal Kyu. Le rythme et l’humour font aussi penser à ceux d’un manga tout comme le style du dessinateur qui mélange les influences européenne et japonaise. D’ailleurs, Cross Fire multiplie les citations des figures de la pop’culture, des Pokémon à Star Wars en passant par X-Files, Indiana Jones ou Jurassic Park.

Si on retrouve bien sûr des grands classiques du genre qui font inévitablement penser à d’autres récits comme le Da Vinci Code, Cross Fire aborde la question avec une bonne dose de dérision et permet de passer un très bon moment.

 Et les archives dans tout ça ??

Elles sont omniprésentes dans l’ensemble des tomes : les artefacts recherchés sont bien souvent des manuscrits anciens, des parchemins plus ou moins sulfureux que l’Eglise souhaite détruire à tout jamais pour éviter la propagation d’informations qui remettraient en cause la doctrine officielle et donc le pouvoir du Vatican.

Les archives sont donc l’objet des quêtes et missions des différents protagonistes qui doivent traquer l’évangile selon Judas. Pour les authentifier, Sofia a recours à des notions de diplomatique.

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Hélas, les parchemins n’arrivent pas toujours en bon état après avoir subi explosions et incendies.

cross_1Mais comme à leur habitude, les archives sont également là pour permettre de faire progresser des recherches ou de confirmer des hypothèses : quand l’équipe de Marchesi reçoit des détails d’un informateur anonyme, Marchesi file droit aux archives pour vérifier ses dires. Les archives vaticanes sont régulièrement citées comme références indispensables à consulter tout au long des six volumes.

Dans les troisième et quatrième volumes, l’équipe de Marchesi doit d’ailleurs s’infiltrer au cœur de ces archives vaticanes, l’un des lieux les mieux protégés au monde : alarmes, lasers, robots, tout concourt à éviter des intrusions fâcheuses. Sofia et ses alliées parviennent tout de même à s’y glisser et le lecteur se trouve face à un dépôt des plus modernes, utilisant les technologies de conservation les plus pointues.

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qui a dit que les archives, c’était vieux et poussiéreux ?

cross_7Plusieurs notions sont alors abordées : la spoliation des archives par Napoléon lors de ses guerres européennes, le caractère incommunicable et secret d’archives trop dangereuses pour être consultées par le commun des mortels ou l’informatisation et la numérisation de ces archives qui doivent être conservées bien que non communicables. Sofia croise ainsi les minutes du procès de Jeanne d’Arc, le journal du Bernin ou le manuscrit qui préluda à la naissance de l’Ordre du Temple.

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Hélas, les archives sont l’objet de convoitises et de mauvais traitements qui conduisent parfois à leur disparition, soit volontaire pour effacer à tout jamais un contenu que d’aucuns jugent trop subversif soit accidentelle au cours d’affrontement dont elles sont les victimes collatérales.

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Même au Vatican, les archives ne reposent jamais en paix !

Sonia Dollinger

C’est devenu un réflexe : quand je choisis un thriller, je regarde instinctivement si j’aperçois le mot « archives » dans le résumé, me voici définitivement contaminée par ce métier, y compris dans mes lectures quotidiennes. Il n’en fallait pas plus pour que le sous-titre de l’ouvrage de Laurent Whale, Goodbye Billy, m’interpelle. Le sous-titre : les rats de poussière, avec un tel énoncé, nous aurions fatalement –hélas, oui, poussière et archives sont fatalement associées – une mention soit des documents liés à l’affaire, soit du métier.

Mais qui est Laurent Whale ?

Cet auteur franco-britannique né en Angleterre en 1960 a déjà publié plusieurs romans et nouvelles avec une prédilection pour la science-fiction. Avec Goodbye Billy, Laurent Whale s’attaque au thriller avec bonheur et met en scène une équipe dont les archives sont la préoccupation première.

Le personnage principal de Goodbye Billy est un ex-agent du FBI, Dick Benton, divorcé et mal dans sa peau. On comprend rapidement qu’il a été écarté de son boulot et mis sur la touche. Il hérite donc d’un poste qu’il n’avait surtout pas demandé : la direction du Service des Archives Tronquées – le SAT – de la Bibliothèque du Congrès à Washington. On trouve au sein de ce groupe hétéroclite Andrew Kerouac, archiviste en chef, qui est évidemment le plus âgé du groupe, Antonia Horowitz, responsable informatique et des nouvelles technologies, Maureen Mc Cornwall, réincarnation de Nina Hagen.

Le groupe est le gardien des secrets des Etats-Unis et est souvent chargé d’enquêter sur des dossiers brûlants à la demande de parlementaires de tous bords. Lorsque Dick Benton arrive à la tête du service, celui-ci doit traiter une demande d’enquête sur l’origine de la fortune d’un sénateur, candidat à l’investiture républicaine pour la Présidentielle.

Quel est le rapport avec Billy The Kid dont l’histoire se déroule en parallèle et avec une série de meurtres qui parsèment le parcours de nos Rats de poussière ? A vous de le découvrir avec ce thriller haletant qui se lit avec plaisir malgré une intrigue secondaire dont on ne comprend pas toujours le rapport avec l’histoire principale – mais peut-être ouvre-t-elle vers un second tome ?

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Et les Archives dans tout ça ??

Vous l’aurez compris, le rapport aux archives est plus qu’évident. Dick Benton est sanctionné par sa hiérarchie, il est donc inévitablement envoyé vers ce qu’on considère dans son milieu comme un placard : le service des Archives. Notons d’ailleurs qu’il devient le chef de service sans être issu de la profession et que l’archiviste, bien qu’affublé du titre d’archiviste en chef, n’est que son subalterne et un des membres de l’équipe au même titre que les autres.

Evidemment, Benton vit sa mutation comme un cauchemar : « une nouvelle vie, tu parles ! Chef du service des Archives tronquées » et il compare sa situation à celle de Mulder et Scully dans X-Files. Voilà Benton nommé à la tête des « Rats de poussière » comme se qualifient eux-mêmes par autodérision les personnes composant le service. Plus loin, Benton se décore du titre « d’amiral du placard à balais. », autant dire que la fonction d’archiviste n’est pas perçue comme reluisante, loin de là (rappelez-vous le billet de Téléchat, l’archiviste est un balai, on y est presque ici ! ) Toutefois, pour l’ex agent du FBI, la sanction est préférable à une mutation au service comptabilité, il existe donc une hiérarchie dans les placards et, par bonheur, les archives ne sont pas en bout de chaîne ce qui n’empêche pas Benton de comparer son nouveau service à un sarcophage…et quand il parle de son nouveau boulot à ses amis, il a plutôt un peu honte. Même ses adversaires le plaignent : « Archiviste ! Bon sang de bois, il doit s’y ennuyer à mourir. »

Lorsque l’archiviste Andrew Kerouac – étonnant clin d’œil à la Beat Generation –  apparaît dans le récit, il est présenté comme « un bonhomme presque aussi ancien que les bâtiments eux-mêmes », il n’échappe donc pas aux clichés habituels. Un peu plus loin, on évoque « son allure d’historien », ces derniers apprécieront la comparaison. Sa demeure, présentée plus tard dans l’ouvrage confirme la première impression : « l’archiviste, logeait dans un immeuble à son image », c’est-à-dire un immeuble ancien, datant des années 1930. Son intérieur est envahi de livres et documents qui colonisent le moindre espace disponible.

C’est Kerouac qui fait visiter les lieux à son nouveau chef qui l’écoute d’une oreille distraite : « possédé par son sujet, l’ancien, cheveux argentés, longs et en broussaille, lui faisait les honneurs du vénérable édifice. Dates, ancêtres et heures de gloire, la totale. » Les deux hommes traversent des salles de lectures désertes et des murs à étagères remplis d’ouvrages. L’archiviste connait les lieux par cœur et se révèle être « un guide précieux » dans les dédales.

Le service est semble-t-il uniquement à usage interne puisqu’il est bien précisé qu’il était « chargé de mener à bien les enquêtes diligentées par les sénateurs ». Toutefois, avec stupeur, Benton apprend que son équipe a résolu le mystère de l’assassinat de JFK tout en se gardant bien de le clamer au grand jour. Ainsi, ces rats de poussière savaient finalement beaucoup plus de choses que le commun des mortels.

Au sein de l’équipe, les tâches sont visiblement bien réparties entre l’informaticienne et l’archiviste : « les archives papier non numérisées restaient la chasse gardée du vieux Kerouac » et le monde numérique lui est étranger. Toutefois, malgré la différence d’âge et de pratique, les agents sont complémentaires et s’entendent plutôt bien.

Toutefois, la direction des archives tronquées n’est pas de tout repos et l’équipe se trouve entraînée dans une enquête délicate qui met en péril la vie des Rats de Poussière. Tous solidaires, ils mènent alors un combat contre un ennemi déterminé. L’archiviste joue un rôle prépondérant dans l’histoire et ses connaissances permettent de progresser. Il lâche d’ailleurs nonchalamment une petite phrase : « c’est fou ce que l’on trouve quand on sait où chercher » et il se lance dans la description des archives de l’administration fiscale.

A son flair, l’archiviste ajoute une bonne maîtrise de la diplomatique et sait dater et comparer des écritures grâce à sa « grande pratique des documents manuscrits ». Il évoque le vieillissement des encres et se montre donc d’une grande aide pour expertiser des documents essentiels : « peu de choses échappaient à l’œil de l’archiviste » finit par écrire l’auteur.

En conclusion et malgré quelques clichés attachés à l’âge canonique de l’archiviste, Laurent Whale accentue l’aspect sanction et poussiéreux des archives pour finalement renverser complètement son regard et montrer un service vivant, soudé, un archiviste indispensable à la résolution de l’enquête.

Je ne vous ai pas parlé de Billy The Kid ? Certes, alors, lisez le livre !!

Sonia Dollinger

C’est grâce à l’intervention d’une étudiante en licence Archives, Elise Huart, que je me suis replongée dans une série qui m’avait marquée à sa sortie : X-Files. Si je n’en ai pas vu toutes les saisons – 9 au total – j’avais suivi avec passion les cinq premières. X-Files est une série américano-canadienne de Chris Carter diffusée aux Etats-Unis entre 1993 et 2002. Deux films complétant la série ont également été réalisés. La série met en scène deux agents du FBI, Fox Mulder dit « le Martien » et Dana Scully, tous deux affectés à la section des affaires non classées. Scully est dépêchée par ses supérieurs afin de discréditer les enquêtes de Mulder qui s’intéresse aux phénomènes paranormaux et est persuadé de l’existence d’une forme de vie extra-terrestre qu’un complot gouvernemental voudrait cacher à la population. x_files Fox Mulder est interprété par David Duchovny et Dana Scully par Gillian Anderson. Ils forment un duo classique, le premier campant un personnage fantasque prêt à croire à toutes sortes de phénomènes (« I want to believe » proclame le poster accroché dans le bureau de Mulder), la seconde représente la rationalité et le scepticisme. Leur relation amicale évoluera très lentement vers une inévitable relation amoureuse que tous les fans attendaient avec impatience. b8d47fbc3de847f288f1337509b3c0f5_large La série X-Files tourne principalement autour de la présence extra-terrestre que Mulder souhaite prouver, étant persuadé de l’enlèvement de sa sœur par des entités venant d’ailleurs. Pourtant, la série est aussi marquante car elle revisite tous les mythes contemporains évoquant aussi bien les poltergeists, les phénomènes de possession ou de télékinésie (avec une référence à Carrie), les loups-garous, enfants sauvages et autres Bigfoot mais aussi le vaudou, le golem, les légendes indiennes. X-Files s’interroge aussi sur les progrès de la science avec des clins d’œil à l’œuvre d’Asimov dans un épisode où les ordinateurs prennent le pouvoir et deviennent meurtriers. Enfin, X-Files évoque une des très nombreuses théories du complot qui court depuis sur l’ensemble des réseaux et parsème internet. Le gouvernement américain aurait mis en place un Consortium ou Syndicat à la suite du crash d’un appareil extra-terrestre à Roswell. Depuis les années 1970, le Consortium traiterait directement avec une puissance extra-terrestre chargée de coloniser la terre. En échange de leur sauvegarde et de celle de leur famille, les membres du Consortium faciliteraient cette colonisation insidieuse et en protégerait le secret. Les extra-terrestres permettraient l’utilisation de leur technologie pour améliorer l’armement américain et mèneraient des tests génétiques visant à créer une nouvelle espèce hybride mêlant des caractéristiques humaines et extra-terrestres. Si l’aspect complotiste prend le dessus, X-Files reste une série intéressante qui permet de revisiter toutes les peurs et les mythes contemporains nés ou importés aux Etats-Unis par les colons successifs. Finalement, les extra-terrestres ne sont qu’une nouvelle forme de colons plus sophistiquée. La course à la vérité de Fox Mulder et Dana Scully semble bien dérisoire face aux forces occultes et au scepticisme de leurs contemporains. La série veut mettre en garde le spectateur : la vérité est ailleurs ! Attention ne devenez pas paranoïaques pour autant. Et les Archives dans tout ça ?? Dans X-Files, les archives sont omniprésentes et protéiformes. Avant de rédiger cette chronique, j’ai visionné les dix premiers épisodes de la saison 1 y compris l’épisode pilote. Dans la moitié d’entre eux, les archives sont visibles et utilisées à des fins de recherche ou pour y entreposer des documents secrets. Dans l’épisode pilote, intitulé Nous ne sommes pas seuls, Mulder et Scully sont confrontés à une série de meurtres d’adolescents. Chacune des victimes a un implant métallique dans le cerveau. Ce métal, inconnu sur notre planète, fait dire à Mulder que les adolescents ont été enlevés par des extra-terrestres pour pratiquer sur eux des expériences. A la fin de l’aventure, l’agent Scully présente l’objet à ses supérieurs dubitatifs. L’épisode se clôt sur le mystérieux homme à la cigarette glissant l’objet au milieu des archives du Pentagone. 20150201_10042320150201_100507 On retrouve un court passage aux archives dans l’épisode 2, Gorge Profonde, qui a pour sujet principal l’étrange disparition d’un pilote et la présence d’OVNI sur une base militaire. Scully enquête dans les archives de la presse locale pour constater que cette disparition n’est pas un cas unique. Les archives sont aussi présentes dans le traumatisant épisode 3 qui a pour titre Compressions. Pas de forme de vie extra-terrestres dans celui-ci, mais un tueur en série mutant capable d’étirer son corps pour se glisser dans des endroits inaccessibles pour boulotter le foie de ses victimes. Problème, ce type de meurtres est observé tous les trente ans depuis 1903. Le suspect, Eugène Tooms, est un type étrange sur lequel peu de renseignements sont disponibles. Mulder et Scully vont donc passer de nombreuses heures dans les archives de l’état-civil à tenter de retrouver sa trace. Comme bien souvent, la fin de l’épisode laisse présager que nous n’en aurons pas fini avec Tooms, X-Files aime en effet les fins ouvertes qui laissent à penser qu’on ne peut lutter contre ce qui nous dépasse. 20150201_10060020150201_10084220150201_100904

Dans l’épisode 9, Espace, Mulder et Scully enquêtent sur de possibles sabotages au sein de la NASA et explorent les archives à Houston. Ils y découvrent des rapports sur les différents incidents dont les navettes ont été victimes, notamment sur le drame de Challenger. Au passage, Mulder et Scully fouillent dans les archives, s’installent par terre et les laissent en tas en partant précipitamment… les extra-terrestres n’attendent pas.

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Dans l’épisode 5 de la saison 4 intitulé « Le Pré où je suis mort », Mulder et Scully se trouvent confrontés à Mélissa, une femme qui semble revivre une vie antérieure et évoque notamment un épisode de la guerre de Sécession s’étant déroulé en 1863. Mulder est évidemment tout prêt à croire cette histoire qui le touche directement puisque Mélissa prétend que Mulder est mort dans un pré pendant une bataille en 1863. Scully, comme d’habitude reste sceptique et cherche des explications rationnelles. Elle se rend aux Archives d’Hamilton où elle consulte les registres d’état-civil et les recensements.

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Elle fouille ensuite dans de vieux casiers dans lesquels elle trouve des photographies datant de l’époque de la Guerre civile conservées en vrac dans les tiroirs. Surprise, elle découvre la photographie de celui que Mulder dit avoir été dans sa vie antérieure. Ni une ni deux, elle l’embarque sans même qu’un archiviste apparaisse dans cette séquence.

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N’ayant pu visionner l’ensemble des saisons avant de rédiger ce billet, je vous laisse prendre en note les diverses apparitions des archives dans la série. Et n’oubliez pas : la vérité est ailleurs !

Sonia Dollinger