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Minuit 4 est un recueil de nouvelles du maître de l’horreur Stephen King paru en 1992 chez Albin Michel dans sa version française. Il contient deux histoires : Le Policier des Bibliothèques et Le Molosse surgit du Soleil. Il fait suite au recueil intitulé Minuit 2.

C’est la première histoire Le Policier des Bibliothèques qui nous intéresse ici.

Une légende dit que si l’on ne rend pas ses livres à temps, le Policier des Bibliothèques se rendra chez vous et vous punira.

Sam Peebles, notre héros, a une sainte horreur des bibliothèques. Enfant, il s’y rendait régulièrement jusqu’à une date précise où depuis, il évite ces lieux le plus souvent possible. Curieusement, aucun souvenir ne surgit de sa mémoire hormis l’odeur et le goût des guimauves rouges.

Minuit_4Hors, un jeudi après-midi, le téléphone professionnel de Sam sonne : Joe l’Epoustouflant, qui devait faire un numéro devant le Rotary club de Junction City, est indisponible. Il faut le remplacer. Sam est alors choisi pour faire une conférence sur l’importance des entreprises indépendantes dans le cadre des petites villes. Son premier texte n’étant pas fameux, une amie lui conseille de se rendre à la bibliothèque municipale afin d’y trouver des livres qui lui permettraient d’enrichir son discours. La boule au ventre, Sam s’y rend le lendemain et rencontre, dans cet endroit plus que sinistre, la terrifiante bibliothécaire Ardelia Lortz. Après lui avoir conseillé deux livres, elle lui rappelle fermement qu’ils doivent être rapportés la semaine suivante, sinon gare à la venue du Policier des Bibliothèques ! Bien entendu, Sam rend ses livres en retard. De retour à la bibliothèque municipale confus et muni d’un mot d’excuses, oh surprise, la bibliothèque a une allure bien plus éclairée et colorée que lors de son premier passage et Ardelia Lortz a disparu. Pire, les agents présents n’ont aucune connaissance de cette femme.

Et les archives dans tout ça ??

Persuadé d’avoir bien rencontré cette femme, intrigué par cette histoire de disparition et se demandant s’il n’a pas rêvé, une idée vient à l’esprit de Sam : se rendre au bureau du journal local et consulter les anciens numéros de la Gazette de Junction City. L’accueil du journal est tenu par « une petite femme replète d’une soixantaine d’années » portant le doux nom de Doreen McGill. Ayant fait sa demande, Doreen guide Sam passant « dans un escalier moquetté […] la volée des marches était étroite, l’ampoule faible ». Arrivés à l’entrée, Doreen annonce alors « Voici la morgue ». Dans un éclat de rire, elle ajoute : « Tout le monde l’appelle comme ça. C’est affreux n’est-ce pas ? Ça doit être une tradition idiote du journal, sans doute. Ne vous inquiétez pas monsieur Peebles, il n’y a aucun cadavre ici. Seulement des rouleaux et des rouleaux de microfilms. » Malgré tout, la pièce ne donne aucune envie d’y entrer : « Des tubes fluo, encastrés dans ce qui ressemblait à des bacs à glace géants mis à l’envers, éclairèrent une grande pièce basse de plafond et moquettée du même bleu foncé que l’escalier. Les murs disparaissaient derrière des rangées d’étagères chargées de petites boites, sauf celui de gauche, où s’alignaient quatre lecteurs de microfilms qui ressemblaient à des sèche-cheveux futuristes. Ils étaient d’un bleu identique à la pièce. »

Doreen tient bien son rôle en exigeant que le lecteur signe un cahier en indiquant la date et l’heure de son passage. Sam remarque alors que « le nom qui précédait le sien était celui d’un certain Arthur Meecham, lequel était passé le vingt-sept décembre 1989. Il y avait plus de trois mois. Il se trouvait dans une salle bien équipée mais qui, apparemment, ne servait guère. ».

Doreen est plutôt fière de cette salle : « Belle installation n’est-ce pas ? C’est grâce au gouvernement fédéral. Il aide au financement des morgues des journaux – ou des archives, si vous préférez le mot. Moi je le préfère, d’ailleurs. »

La suite nous indique que, malgré l’aspect peu engageant d’une pièce d’archives qui ferait fuir n’importe quel claustrophobe, les boites de microfilms sont classées avec une certaine rigueur : « Là, vous avez janvier, février et mars 1990. […] les microfilms sont disposés dans ce sens, chronologiquement. […] A votre droite, les plus modernes, à votre gauche, les plus anciens. ». Après cette présentation, notre chère Doreen prend congé. Sam finit donc par consulter les boites de microfilms une à une, ceci sans personne pour le surveiller.

On a beau être clairement dans une salle d’archives, Stephen King n’utilise pas ce terme pour parler de la pièce : « moquette bleue douillette ou non, il se trouvait dans une autre bibliothèque de Junction City. Une bibliothèque qu’on appelait la morgue. ».

Je vous laisse voir par vous-même ce que Sam finit par découvrir sur cette mystérieuse Ardelia Lortz et la suite de cette histoire qui est un bon Stephen King.

Emilie Rouilly

« I’m every nightmare you’ve ever had. I’m your worst dream come true. I’m everything you ever were afraid of. »

L’histoire reste la même pour les deux représentations, que ce soit « Il » est revenu ou Ça. Pour cause, elles se basent sur le livre de Stephen King, publié le 15 septembre 1986, dont le premier volet concerne l’enfance des protagonistes lors de leur première rencontre avec Grippe-sou et le deuxième volet se centre sur les adultes qu’ils sont devenus mais aussi sur le combat qu’ils vont devoir mener à nouveau contre le clown.

« Il » est revenu, 1990

Le premier film sorti en 1990 est une mini-série et est séparé en deux épisodes pour une durée totale de 3h07. Si dans la version sortie récemment le premier volet porte sur l’enfance des personnages, dans ce film-ci, les personnages sont déjà adultes et il s’agit seulement de souvenirs de leur enfance. C’est comme cela que l’on apprend ce qu’il s’est passé il y a 27 ans.

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coucou, je suis tout mignon, tu veux jouer avec moi ?

Ce film est particulièrement connu, pour être le premier film d’horreur avec un clown à passer à la télévision et il a traumatisé plus d’un téléspectateur.

De multiples commentaires sur internet témoignent de la diffusion ce film en classe alors que les élèves présents n’avaient alors qu’une dizaine d’années… Soit l’âge des protagonistes lors de leur première rencontre avec le clown. Ô Joie !

Ça, 2017

Ça (It ou It: Chapter One) est un film d’horreur américain sorti en 2017.

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tu veux un ballon ou des archives ?

À Derry, dans le Maine, sept gamins ayant du mal à s’intégrer se sont regroupés au sein du « Club des Ratés ». Rejetés par leurs camarades, ils sont les cibles favorites des gros durs de l’école. Ils ont aussi en commun d’avoir éprouvé leur plus grande terreur face à un terrible prédateur métamorphe qu’ils appellent « Ça »… Car depuis toujours, Derry est en proie à une créature qui émerge des égouts tous les 27 ans pour se nourrir des terreurs de ses victimes de choix : les enfants. Bien décidés à rester soudés, les Ratés tentent de surmonter leurs peurs pour enrayer un nouveau cycle meurtrier. Un cycle qui a commencé un jour de pluie lorsqu’un petit garçon poursuivant son bateau en papier s’est retrouvé face-à-face avec le Clown Grippe-Sou.

Et les Archives dans tout ça ??

Si l’on débute par la mini-série « Il » est revenu, qui dure tout de même 3h07, on s’aperçoit qu’il n’y a pas de scène se déroulant dans les archives. Cependant, on y retrouve tout de même une scène, assez connue, se déroulant dans la bibliothèque.

La bibliothécaire est une jeune femme plutôt séduisante qui a l’avantage d’attirer l’attention de Richie venu voir Mike.

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Tiens, une belle femme Bibliothécaire !!

Dans Ça, 17 ans plus tard, la bibliothécaire, et archiviste semble-t-il, est une femme plus âgée portant le fameux combo lunettes-cordon qu’arborent toutes les archivistes ou bien l’ensemble lunette-cheveux gris-poussière.

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Lunettes, chignon, cordon et femme âgée, pas de doute, on va causer archives !

Concernant les archives en tant que telles, dans Ça, les archives sont présentées lorsque Ben, qui fait des recherches à la bibliothèque sur les catastrophes qui se sont déroulées à Derry, avec comme principal sujet l’explosion de la fonderie en 1908, lors de la chasse aux œufs de Pâques, tuant tous les enfants présents. Lorsqu’il finit de feuilleter le livre avec les photos de l’incident, il est mené jusqu’aux archives de la bibliothèque qui se situent sous la bibliothèque et éloignées de la salle de lecture. Il y fait sombre, forcément, la lumière s’allume toute seule, évidemment. On aperçoit le terme « archives room 3 » ainsi que les cotes sur les étagères de rangement. Des cartons d’archives ainsi que des livres sont entreposés dans les escaliers.

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Aux Archives, les morts parlent…

Ben court à travers ce labyrinthe d’archives poursuivit par l’homme sans tête ou Grippe-sou… avant de percuter de plein fouet la bibliothécaire arrivée dans la pièce.

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Bilan : quelles images positives des archives ! Une bibliothécaire-archiviste stéréotypée, une pièce sombre, un labyrinthe (c’est vrai que nous n’en sortons jamais et qu’on est parfois perdu), et bien entendu, des cadavres et des clowns cachés qui n’attendent que de vous tuer à votre tour.

BIENVENUE A DERRY !

Amandine Garcia

Ça ! Les archives de Derry

Publié: 20 septembre 2017 dans Littérature
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Ça ! Deux lettres qui ont traumatisé des générations de lecteurs depuis la sortie de ce titre de Stephen King en 1986. Clown, araignées, momies, loup-garou, toutes les peurs profondes liées à l’enfance mais aussi au monde adulte sont convoquées dans ce titre horrifique dont la lecture ne laisse pas indifférent.

ça_1Dans ce titre, Stephen King raconte la lutte d’un groupe de sept enfants, regroupés dans le club des Ratés, avec une monstruosité pluriséculaire tapie dans les soubassements de la ville de Derry, située dans le Maine. Les enfants se débattent avec leurs handicaps, leurs peurs, leurs complexes et évoluent dans un monde hostile où ils doivent se confronter à d’autres jeunes bourreaux, à l’indifférence des adultes et à un monstre qu’ils sont seuls en mesure d’affronter.

Le monstre attire les enfants en prenant le plus souvent la forme d’un clown ou déchaîne la violence pour se repaître du sang des habitants de Derry sans que personne, à part ce petit groupe de sept, ne semble y prêter attention. Livre mettant en scène l’Horreur pure – rappelant en cela les écrits de Lovecraft – Ça est également un grand roman sur l’Enfance, la puissance des rêves, de l’imagination et la générosité des enfants et les rapports compliqués qu’ils entretiennent avec le monde des adultes qui peut parfois sembler proche de l’Enfer.

Et les archives dans tout ça ??

Le roman de Stephen King alterne les récits de plusieurs époques différentes. Les deux principales phases se déroulent en 1958 lors de l’enfance des membres du Club des Ratés et en 1985 lorsqu’ils reviennent à Derry étant adultes.

ça_2Toutefois, il arrive que Stephen King fasse appel à des périodes plus anciennes de l’histoire de la ville afin de démontrer que Ça sévit depuis longtemps déjà dans les sous-sols de la ville. Dès 1740, la disparition de 300 colons est consignée dans les chroniques de la ville…Mais est-il fait mention des archives dans ce récit ?

L’un des sept héros, Mike Hanlon est bibliothécaire – et non archiviste – et est présenté comme le gardien de la mémoire et le véritable historien de la cité. C’est le seul qui reste à Derry et c’est lui qui prévient les autres du retour de Ça en 1985. A plusieurs reprises, King insiste sur le fait que certaines anecdotes ne sont connues que de lui seul. Lorsque le groupe se retrouve ensemble, Mike prend des notes et consigne « les minutes » de leurs réunions. Il a donc à cœur de conserver une trace des événements auxquels ils sont confrontés. Ses réflexes sont donc bien ceux d’un archiviste scrupuleux qui est également un acteur des faits.

Derry ne semble pas disposer d’un centre d’archives historiques puisque les documents évoquant l’histoire de la ville sont conservés à la Bibliothèque où travaille Mike avec certains manuscrits ayant appartenu à des écrivains plus ou moins célèbres.

Pourtant, les archives sont évoquées à plusieurs reprises : leur absence peut parfois se révéler cruciale et avoir des conséquences désastreuses. C’est le cas lorsque le père de Bill lui raconte que « cinq kilos de plans se sont un jour évanouis dans la nature« …pas de chance, ce sont les plans des canalisation et des égouts de la ville. La disparition de ces documents met en danger l’ensemble de la population, à commencer par le personnel des eaux dont certains membres se sont perdus à jamais dans les sous-sols. On peut toutefois s’étonner que personne n’ait jamais eu l’idée de recommencer le travail en faisant le relevé du réseau. La perte d’archives handicape donc grandement la ville sans que celle-ci n’y fasse grand chose.

ça_3Les archives de la ville sont mentionnées rapidement lorsque l’auteur évoque le lynchage du bûcheron Claude Héroux en 1906 après que ce dernier ait commis un massacre dans un bar. « Ce fut, du moins d’après les archives de la ville, le seul lynchage qui eût jamais lieu dans cette partie du Maine. Et, est-il besoin de le préciser, il ne fut pas signalé dans les colonnes du Derry News« . King n’en dit pas plus, on ne sait donc où sont conservées ces archives, mais le paragraphe est intéressant et édifiant pour ceux qui auraient tendance à ne consulter que la presse pour leurs recherches. Ici, un événement marquant – le lynchage d’un homme – est occulté par le journal local alors qu’il apparaît bien dans les archives qui restent donc une source primordiale et indispensable si on veut s’immerger dans l’histoire d’une cité.

Enfin, le mot archives apparaît de manière anecdotique en fin de roman lorsque King montre l’effondrement du bâtiment qui fait office de commissariat de police et de tribunal. Il indique la présence « d’un grenier où sont entassées toutes sortes d’archives et d’objets appartenant à la ville devenus inutiles. » L’histoire ne dit pas ce que sont devenus ces documents prétendus inutiles après l’effondrement de la structure…

Si les archives sont bien loin d’être au cœur du récit, leur absence – celles des plans – ou leur présence – celles de la ville qui racontent le lynchage – changent toutefois la donne de manière bien moins anecdotique qu’il n’y paraît.

Sonia Dollinger

Le maitre de l’horreur est à l’honneur pour ce billet puisqu’il s’agit d’évoquer Shining (The Shining en version originale) de Stephen King. Si Shining n’est pas le premier ouvrage de l’auteur originaire du Maine, ce livre le pose comme une figure emblématique du genre fantastique voire du roman d’horreur.

L’ouvrage est publié en 1977. Pour la première fois, Stephen King n’évoque pas son Maine natal dans un de ses romans. La légende veut qu’il ait pointé son doigt au hasard sur une carte des États-Unis et le hasard l’entraine à Boulder au Colorado où King passe un an à écrire, ce qui deviendra l’un de ses best-sellers. C’est apparemment assailli par des visions fantasmatiques dans un hôtel où il séjournait que King a l’idée d’écrire ce huis-clos oppressant dont l’hôtel Overlook est l’un des personnages principaux.

On trouve dans cette œuvre des thématiques qui sont chères à Stephen King : la prescience dont sont capables les enfants qui perçoivent des choses que les adultes ne voient pas ou plus, la folie qui s’empare peu à peu d’un personnage et qui transforme un être sain d’esprit en véritable monstre, les liens entre notre monde et l’univers paranormal qui nous côtoie, nous frôle ou veut nous entrainer à lui.

L’histoire est celle d’un américain moyen, Jack Torrance, professeur de lettres qui se rêve auteur reconnu. Alcoolique repenti, Torrance se fait virer de son lycée pour avoir tabassé un élève qui tentait de crever les pneus de sa voiture…Au chômage, voyant son couple au bord de l’explosion, Jack Torrance accepte un boulot de gardien dans un hôtel de luxe niché au cœur des Rocheuses. La mission est particulière puisqu’elle consiste à garder pendant tout un hiver l’Overlook, un hôtel entièrement vide, à veiller à la maintenance de la chaudière (surtout) et à la bonne tenue de l’établissement en attendant le retour de la belle saison et des touristes. L’endroit est coupé du monde, aucune route n’est accessible en cas de tempête de neige, inutile de dire qu’en cas de problème…on est vraiment très seul…

Jack Torrance entraine donc sa femme Wendy et son fils Danny dans cette aventure, espérant repartir à zéro, sauver son couple et avoir le temps d’écrire la pièce de théâtre qui fera de lui une célébrité. Wendy accepte de suivre son mari avec difficulté, la perspective de rester enfermée plusieurs mois dans un hôtel fut-il de luxe ne l’enchantant guère. Quant au petit Danny, il possède des dons médiumniques qui lui permettent de percevoir à l’avance certains événements et de savoir ce que pensent ses parents. Danny semble redouter encore plus que sa mère le séjour à l’Overlook.

En arrivant, l’accueil du manager de l’hôtel est plutôt froid et méprisant. Par contre, Danny rencontre un cuisinier, Dick Hallorann qui semble doté du même don que lui – le shining – et qui cherche à le protéger. Pourtant, dès le lendemain, la famille Torrance se retrouve seule, face à elle-même et face à un hôtel moins vide qu’il n’y parait. Les phénomènes étranges, d’abord anecdotiques, s’enchainent ensuite à grande vitesse prenant pour cible principale le petit Danny alors que s’insinuent insidieusement des idées saugrenues dans la tête de son père déjà bien fragile.

Le lecteur assiste peu à peu à la transformation d’un Jack Torrance volontaire, sobre, plein d’envie de bien faire au début du roman mais qui mue peu à peu en un être faible, colérique et dangereux. L’hôtel qui a déjà connu bien des drames et des vicissitudes semble vouloir s’emparer de ses hôtes en exerçant sur eux une influence néfaste et en se manifestant de manière surnaturelle.

Le parcours de la famille Torrance perdue au milieu de cet hôtel immense empli de bruits et de craquements, où les esprits ne sont jamais bien loin a de quoi faire perdre le sommeil…et c’est avec soulagement qu’on referme ce livre angoissant mais si bien construit.

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Et les archives dans tout ça ??

A vrai dire, mis à part quelques incidents mineurs, tout semble aller à peu près bien jusqu’à ce que Jack Torrance ait l’idée d’aller fouiller au sous-sol – car, évidemment, les archives sont au sous-sol à côté de la plomberie derrière un passage voûté qui semble humide. Il est question une première fois de ce local où s’entassent les archives lorsque le mécanicien Watson fait le tour de l’hôtel avec Jack pour lui montrer le fonctionnement de la chaudière et lui passer les consignes. La description du local archives est rapide mais explicite : « Des cartons s’entassaient dans tous les coins. Certains contenaient des journaux, d’autres portaient des étiquettes indiquant Archives ou Factures et Reçus – A CONSERVER ! Tous sentaient le moisi et certains étaient crevés déversant sur le sol des papiers jaunis qui avaient l’air d’être là depuis vingt ans. »

Les archives n’apparaissent plus avant un long moment, jusqu’au chapitre intitulé « L’Album » où Jack Torrance se penche d’un peu plus près sur ces cartons moisis au milieu desquels il découvre des piles de vieux journaux qu’il se met à parcourir. Poussant plus avant ses investigations, Torrance trouve un album qui évoque la réouverture de l’hôtel après la guerre, en 1947 et la personnalité de son propriétaire Horace Derwent. Peu à peu, ce sont des pans entiers de l’histoire trouble de l’Overlook que Jack découvre en parcourant ces liasses humides et ces journaux jaunis. Sournoisement, au fur et à mesure que Torrance lit les archives, l’âme de l’hôtel s’empare de lui : plus il s’imprègne de l’histoire de l’hôtel, plus Jack Torrance est fasciné et hypnotisé par elle.

C’est parce qu’il veut absolument faire partie intégrante de l’histoire de l’hôtel, découverte à travers ces documents que Torrance sombre dans la démence. S’il fallait une preuve que la lecture des archives peut être dangereuse, Stephen King nous l’offre de manière magistrale…méfiez-vous des archives qui dorment au sein desquelles un monstre sommeille…

Sonia Dollinger