Articles Tagués ‘Sigourney Weaver’

Copycat_1Copycat est un thriller américain réalisé par Jon Amiel. Le film sort en 1995 aux Etats-Unis et en 1996 en France.

Dans le rôle principal, on retrouve Sigourney Weaver, alias le docteur Helen Hudson, une psychologue experte des tueurs en série. Helen Hudson est terrée chez elle depuis qu’un de ses patients, Daryll Lee Cullum – Harry Connick jr – a tenté de la tuer presqu’un an auparavant. Agoraphobe et alcoolique, elle a cessé d’exercer. Cependant, un nouveau tueur fait son apparition et le docteur Hudson se trouve mêlée à l’enquête menée par l’inspectrice Monahan et son adjoint Ruben Goetz incarnés respectivement par Holly Hunter et Dermot Mulroney.

Il s’avère que le tueur est ce qu’on appelle un copycat, un copieur, qui reproduit les meurtres des tueurs en série les plus célèbres des Etats-Unis. Simple consultante, Helen Hudson se retrouve vite la proie du psychopathe.

Et les archives dans tout ça ??

L’enquête piétine après différents meurtres ayant eu lieu à San Francisco. La psychose s’installe car il semble qu’on ait affaire à un tueur en série. Les inspecteurs Monahan et Goetz sont amenés à rencontrer le docteur Hudson à son domicile. Ils trouvent une personnalité instable, fortement marquée par son agression. Afin de mieux comprendre Helen Hudson, Monahan se plonge dans les archives du procès du tueur Daryll Lee Cullum dans lequel le docteur Hudson a joué un rôle majeur. En effet, c’est grâce à l’expertise d’Helen Hudson que Cullum est envoyé dans le couloir de la mort.

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L’inspecteur Monohan trouve également les archives qui évoquent l’agression dont Helen Hudson fut victime lors d’une de ses conférences. La lecture de ces documents permet à l’inspecteur de mieux appréhender le traumatisme de la psychologue désormais terrée chez elle. Les archives sont donc des données essentielles pour mieux comprendre un contexte et une personnalité.

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Ce n’est pas tout : Helen Hudson, spécialiste du sujet, trouve vite un parallèle entre les meurtres perpétrés par le tueur et des meurtres plus anciens qui sont l’oeuvre de tueurs en série célèbres. Elle peut établir des similitudes grâce aux archives que lui communique l’inspecteur Monohan – alors qu’il est bien spécifié sur le dossier le caractère confidentiel des documents – et grâce à ses propres archives et sa base de données impressionnante dans laquelle Helen a rentré toutes les données concernant les tueurs de toutes époques.

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Tiens, des archives confidentielles, et si on les montrait au docteur Hudson ?

Et c’est là que se pose la question du caractère essentiel de la conservation des archives dans des affaires comme celle-ci. Les archives d’Helen permettent de montrer des concordances troublantes entre des affaires anciennes et l’enquête en cours. Sans archives, comment aurait-il été possible de le démontrer ? Les informations d’une affaire classée peuvent servir à nouveau dans une enquête plus récente et cela n’est pas uniquement valable dans la fiction.

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Confrontation entre un document d’archives et l’enquête en cours

Comment faire progresser une enquête si les archives ou les scellés sont détruits, d’autant qu’on ne sait encore quels seront les progrès scientifiques qui permettront éventuellement d’aborder les affaires grâce à de nouvelles techniques ? Détruire les archives des enquêtes criminelles pour faire un peu de place ou gagner un peu d’argent est-il réellement pertinent sans compter qu’elles peuvent avoir une importance dans l’étude de la psychologie criminelle.

Dans Copycat, les archives d’Helen sont un peu brutalisées puisque s’y déroule un combat entre la psychologue et le copycat. Symboliquement, le combat se déroule au milieu des dossiers d’archives qui ont permis de confondre l’individu.

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Pauvres archives brutalisées !

Toute l’intelligence du monde n’est rien sans les outils précieux et indispensables que sont les archives qui gardent mieux que quiconque en mémoire des données essentielles. A bon entendeur…

Sonia Dollinger

 

 

Defenders_1Une fan de comics ne peut s’empêcher de suivre les films ou séries dérivés de ses univers préférés. C’est ainsi que j’ai visionné toutes les séries Netflix ayant pour thème les super-héros de chez Marvel. Certaines d’entre elles comme Daredevil ou Iron Fist font référence aux archives. The Defenders étant la dernière en date, je me suis évidemment jetée dessus.

Marvel’s The Defenders est une série produite par ABC Studio et Marvel, crée par Douglas Petrie et Marco Ramirez. Elle sort en France sur la plateforme Netflix le 18 août 2017, date à laquelle j’écris ces lignes. La série réunit les quatre héros ayant eu droit à une série solo auparavant : Daredevil, Jessica Jones, Luke Cage et Iron Fist. On retrouve au casting Sigourney Weaver qui endossera le rôle de la principale adversaire du groupe de héros.

Cette série verra donc la réunion de ces personnages emblématiques de l’univers Marvel qui feront cause commune pour défendre New-York.

Et les archives dans tout ça ??

Les archives ne mettent pas longtemps avant d’apparaître dans la série. On les retrouve dès le deuxième épisode – intitulé Mean Right Hook.

Pour les besoins d’une de ses enquêtes, Jessica Jones a besoin de retracer les historiques de plusieurs sociétés. Pour ce faire, elle se rend dans ce qui ressemble à un service d’archives au nom indéterminé. Pour effectuer ses recherches, elle a recours à un fichier papier, l’informatisation n’a pas eu l’air de pénétrer dans ce service new-yorkais !

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sans lumière et sans fichier informatisé

Bref, elle trouve sans peine les cotes qui semblent l’intéresser et là, surprise. Vous pensez naïvement qu’elle va présenter sa demande à un président de salle ou un archiviste quelconque ? Que nenni ! Jessica Jones file direct dans les dépôts et farfouille dans les travées.

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Ces dernières sont visiblement bien ordonnées car la détective n’a aucun peine à mettre la main sur le dossier qui l’intéresse. Que ces données concernent une entreprise privée et que Jessica puisse avoir accès aux informations concernant les transferts d’actifs de la société sans égard pour un éventuel délai de communicabilité ne trouble personne, non plus que le fait qu’elle puisse prendre en photo ces documents sans que personne ne s’en émeuve.

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Jessica répète l’opération plusieurs fois de suite, virevoltant de rayonnages en rayonnages, jouant de l’échelle mobile pour grimper vers les dossiers les plus hauts sans être dérangée par aucun être humain. Elle remonte le temps, faisant une sorte de généalogie de l’entreprise sur laquelle elle cherchait des renseignements à l’origine. Au fur et à mesure des avancées de ses recherches, les documents conservés changent d’aspect et deviennent de plus en plus anciens. Au lieu des documents tapuscrits, Jessica consulte désormais des titres de propriétés calligraphiés à la main – sans grande précaution ni aucune surveillance d’ailleurs.

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un peu d’escalade pour maintenir la forme

A la recherche de réponses, elle retire un manuscrit de son dossier. On se dit : « ok, elle va l’embarquer, ni vu ni connu étant donné qu’il n’y a personne dans ce fichu dépôt ». Raté ! Jessica erre à la recherche de quelqu’un et elle trouve… ce qui ressemble à une archiviste… ou plutôt ce qui ressemble au cliché de l’archiviste. Elle aussi est en train de farfouiller dans un tiroir et là, je me pose une question bête : en plus de n’être plus toute jeune – vous n’auriez quand même pas cru qu’on aurait droit à une archiviste jeune et fraîche – elle a l’air d’être sourde comme un pot l’archiviste ! De vous à moi, vous êtes dans vos rayonnages, vous entendez quelqu’un tripoter vos documents, vous n’allez pas voir ? Vous n’êtes pas un peu intrigué qu’une inconnue se promène dans les allées, un document extirpé d’un dossier à la main ? Si ? Hé bien…pas elle !

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L’amabilité incarnée

Jessica semble la déranger quand elle la hèle « excusez-moi »…réponse : »ouaiiiis » d’un air las. Ok, on résume : elle est sourde, se moque comme d’une guigne qu’on embarque ses archives et elle est revêche. Bon, est-ce qu’au moins, elle a un semblant de conscience professionnelle ? Jessica lui expose son souci, réponse : « qu’est-ce que je peux y faire ? »…Heu, Lui demander comment elle est arrivée là ? L’aider dans sa recherche ? Quand Jessica lui dit que les « archives les plus anciennes remontent à 1820 » et qu’elle va devoir remonter plus loin que ça, l’archiviste lui répond « allez voir le département du Patrimoine, ils ont un dépôt au Nord de Manhattan, il faut prendre rendez-vous à l’avance »… et elle se barre ! Allô madame, il y a quelqu’un dans ton dépôt qui se promène avec un document de 1820… ah ben non, elle est partie.

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Bref, on apprend quand même que les archives sont nécessaires pour faire l’histoire d’une entreprise, que l’on semble faire la distinction entre les archives les plus anciennes conservées dans un département Patrimoine et des documents plus récents. Par contre, la notion de délai de communicabilité n’est pas prise en compte puisque Jessica peut consulter ses documents sans problème et les usagers semblent pouvoir se servir librement avec la bénédiction d’archivistes peu regardants. Un point positif : la cotation et le classement ont l’air performants puisque notre détective s’en sort très bien toute seule.

Conclusion, même un super-héros a besoin d’archives pour répondre à ses questions, mais hélas, pas forcément d’archiviste. A moins qu’un archiviste super-héros arrive un jour dans l’univers Marvel ?

Sonia Dollinger

 

Nous avons à nouveau la chance d’accueillir une collègue archiviste en la personne de Déborah P. , auteure du blog Les tribulations d’une archiviste en Archivie. Déborah nous parle ici du surprenant film Galaxy Quest :

Tristesse et nez qui coule, Alan Rickman, ce fabuleux acteur et comédien anglais s’est éteint le 14 janvier 2016. Il laisse derrière lui une filmographie aussi foisonnante qu’éclectique, allant du rôle de type parfaitement détestable dans Die Hard au … parfaitement détestable Rogue dans Harry Potter en passant par le mari … parfaitement détestable qui trompe sa femme dans Love Actually. Il aurait fêté ses 70 ans hier, alors pour lui rendre hommage, j’ai décidé de vous concocter un petit billet sur un film dans lequel, pour une fois, il n’est (presque) pas détestable : Galaxy Quest.

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Le pitch : Galaxy Quest est une série de Sci-Fi des 80’s, cheap à souhait entre ses vaisseaux en carton-pâte et ses punchlines désuètes. On y retrouve tous les clichés des séries télé de l’époque : le commandant Target, sûr de lui et beau-gosse (joué par Tim Allen), la blonde plantureuse Tawny (Sigourney Weaver) dont les répliques font moins d’impression que sa paire de seins, le Dr. Lazarus, alien intelligent qui assiste le commandant (Alan Rickman), le jeune noir qui fait des blagues et le type qui est chargé de la maintenance du vaisseau. Mais le début des années 2000 est difficile pour la fine équipe, qui peine à trouver de nouveaux cachets d’acteurs et se voit contrainte d’écumer les foires et conventions Sci-Fi pour se faire quatre sous. Devenus la risée du public, ils sont en proie à un profond désarroi, lorsqu’apparaissent des fans d’un genre étrange. Ces derniers se présentent comme des Thermiens, de la nébuleuse Klathu, venus sur Terre pour demander à l’équipe du commandant Target une assistance dans leur lutte contre Roth’h’ar Sarris. Pensant pouvoir se faire quelques dollars pour finir le mois, l’équipe de Galaxy Quest accepte de suivre Mathesar, le commandant Thermien.

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Et les archives dans tout ça ?

Les archives ont un rôle central dans cette histoire (attention, ça va spoiler, mais qu’un tout petit peu, promis). Persuadés d’être en présence des archives de la Terre, appelées tout au long du film les « historical documents » (documents historiques), les Thermiens ont pris les diffusions télévisuelles de Galaxy Quest pour des véritables missions de sauvetage des peuples extra-terrestres. Ainsi donc, nos acteurs sont projetés directement dans une guerre pour laquelle ils ne sont absolument armés … enfin si, disons qu’ils ont une réplique exacte du vaisseau de la série, qui se pilote comme se pilotait, donc, celui de Galaxy Quest ! Les acteurs doivent se replonger dans l’imaginaire de la série pour s’en sortir, alors même qu’ils juraient quelques heures plus tôt ne plus vouloir se traîner cette image ringarde.

https://www.youtube.com/watch?v=5wXDnJt3cUI

En termes archivistiques, ce qui transparait dans ce film est sans nul doute la nécessité de replacer un document d’archive dans son contexte pour en comprendre le sens et en apprécier la valeur informationnelle. Pris à part, il n’a que la valeur qu’on veut bien lui donner, ici en l’occurrence la preuve que sur Terre, un commando d’élite peut aider ces pauvres Thermiens à lutter contre l’affreux Roth’h’ar Sarris. Il montre également le pouvoir des archives, par la façon dont on perçoit une époque à travers elles. Les extraits de Galaxy Quest étaient le seul lien entre les Thermiens et les Terriens, la seule preuve, le seul indice. Les archives, qu’elles soient écrites, audiovisuelles, sonores ou autre sont un témoignage lourd de sens qui doit être utilisé à bon escient.

Je vous conseille ce film, extrêmement drôle qui, malgré quelques petites maladresses, nous a fait passer un chouette moment !

Déborah P.

Archivistiquement vôtre,

[@Debor_archives et http://archivisteenarchivie.wordpress.com]

Un billet très court mais je ne pouvais passer à côté du trentième anniversaire d’SOS Fantômes – Ghostbusters, film culte pour les geeks que nous sommes !

Etonnant succès que celui de ce film mettant en scène trois chercheurs loufoques, obsédés par le paranormal. Ejectés de leur poste pour leur excentricité et leur anticonformisme, les trois compères décident de créer leur propre boîte de chasseurs de fantômes.

Ces trois personnalités différentes se marient très bien : on retrouve Peter Venckman (Bill Murray), le cynique exubérant au grand cœur, Raymond « Ray » Stantz (Dan Aykroyd) le gros nounours gentil et Egon Spengler (Harold Ramis) le scientifique inhibé à la chevelure…atypique. Ils sont rejoints par un quatrième compère Winston Zeddemore (Ernie Hudson qui sera remplacé dans SOS Fantômes 2) et épaulés par une courageuse secrétaire, Janine (Annie Potts), admiratrice transie de Spengler.

Mais que faire dans une ville comme New York où la rationalité fait apparemment loi ? Dans un premier temps, attendre…et puis se précipiter sur les nombreux cas d’apparitions ectoplasmiques qui assaillent la ville. Très vite, les chasseurs de fantômes en ont une collection impressionnante.

Arrive enfin LA femme, Dana Barrett, interprétée par Sigourney Weaver, la star d’Alien le huitième passager. Dana est victime de phénomènes étranges (ses œufs explosent dans sa cuisine et son frigo ouvre…sur une sorte d’enfer où une bébête maléfique prononce le seul mot de « Zuul »)…L’immeuble de Dana s’avère être le repère de Gozer, antique divinité sumérienne dont les acolytes (Zuul qui prend possession de Dana et le maître des clefs, le pauvre Louis – Rick Moranis – amoureux éconduit de Dana) ont préparé la venue afin d’anéantir le monde…vaste programme ! Gozer apparait sous la forme d’un étrange hybride rappelant à la fois Prince et David Bowie. Gozer, dispersé en particules volatiles grâce aux assauts de l’équipe de chasseurs envoie un destructeur qui prend la forme d’un Bibendum chamallow géant.

Nos chasseurs de fantômes viennent à bout du chamallow géant sauvant ainsi New York et l’univers et devenant des héros, tout rentre dans l’ordre.

Et les archives dans tout ça ??

Je m’attends évidemment à ce que les bibliothécaires revendiquent Ghostbusters puisque la grande scène d’ouverture montrant une malheureuse bibliothécaire agressée par les fichiers et les ouvrages de la Bibliothèque de New York.

Mais, mais, mais : il y a une référence aux Archives dans ce film, hé oui !! Lorsque Dana se rend chez les trois chasseurs de fantômes pour expliquer qu’il y a un démon dans son frigo, Ray propose « d’aller aux archives pour faire l’historique de l’immeuble, après tout, il a peut-être été le lieu de perturbations médiumniques ». Un peu plus loin, Ray exhibe des plans du bâtiment dont on espère qu’il ne les a pas tout simplement carottés aux Archives…

En poussant le bouchon un peu loin, on pourrait même voir dans « l’armoire de stockage » où les revenants sont entreposés un lieu d’archivage intermédiaire, mais inutile de trop vouloir en faire. La simple mention d’une recherche dans les archives publiques dans ce film culte suffit à notre bonheur d’archigeek !

Merci à Emilie qui a suggéré ce sujetSosFantomesAfficheSonia Dollinger