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Star Trek : Discovery est une série télévisée américaine de science-fiction. C’est la sixième série en prise de vue réelle de l’univers Star Trek. Elle se déroule une dizaine d’années avant la série de 1966. La série compte actuellement deux saisons diffusées sur CBS pour les Etats-Unis et Netflix pour le reste du monde, la troisième est prévue pour 2020.

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Quelle est l’histoire ?

Michael Burnham a été élevée selon la culture vulcaine par Sarek. Elle est la première humaine à avoir reçu l’enseignement du Centre de formation vulcain de l’Académie des sciences. Quelques années plus tard, en 2256, elle est devenue Premier Officier modèle sur le vaisseau de Starfleet, l’USS Shenzhou, sous les ordres du Capitaine Philippa Georgiou. Lorsque le vaisseau est confronté aux Klingons, elle désobéit aux ordres de sa supérieure. Cela provoque la destruction du vaisseau et la mort de nombreux officiers, dont le capitaine Georgiou. Michael est condamnée par la Cour martiale à la réclusion à perpétuité et exclue de Starfleet. Cependant, six mois plus tard, elle est transférée sur l’étrange vaisseau USS Discovery, tenu par le Capitaine Gabriel Lorca.

Et les archives dans tout ça ??

Les archives apparaissent dans les saisons 1 et 2 et sont un enjeu à des degrés divers.

Dans la saison 1, l’USS Discovery se retrouve par accident dans un univers parallèle. Pour mieux comprendre cet univers et sa logique, l’équipage récupère le noyau de données d’un vaisseau en miettes. Grâce à ce dernier, ils apprennent qu’un autre vaisseau l’USS Defiant s’est retrouvé dans cet univers, mais les archives semblent classées à un haut niveau de confidentialité. Accéder au dossier du Defiant permettrait peut-être de trouver un moyen de rentrer dans le bon univers. Ne pouvant demander gentiment, l’équipage met un plan en place. Michael Burnham se fait passer pour son double de cet univers, passé pour mort. Grâce à ce subterfuge, elle obtient le dossier accessible aux officiers de son niveau. Mais le dossier disponible sur le réseau est caviardé. Il ne reste qu’une solution : trouver le dossier original aux archives qui se trouvent au Palais…

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Les archives de la découverte de l’USS Defiant

Dans la saison 2, l’USS Discovery est arraisonné par une Sphère étrange, un organisme vivant inconnu. L’équipage finit par comprendre que cette Sphère est mourante et souhaite offrir ses souvenirs, sa mémoire. En effet, il est estimé que la Sphère a au moins 100 000 ans, se déplaçant sa vie durant dans toute la galaxie. Elle a donc tant vu ! Le Discovery se fait dépositaire de cette mémoire et l’équipage s’ébahit devant tout ce savoir et ces connaissances ! Il est rare de voir dans une fiction un don d’archives, d’autant plus rare de voir l’enthousiasme que cela suscite.

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La Sphère agonisante cherchant à communiquer avec le Discovery

Ces archives feront le bonheur des scientifiques durant des siècles selon l’estimation de l’équipage. Coup de chance, les souvenirs de la Sphère ne sont pas mélangés et ne nécessitent pas d’être traités. Elles sont déjà classées. Un don d’archives c’est exceptionnel, mais d’archives déjà classées ça l’est encore plus. Le seul problème est la volumétrie monumentale de ces données, qui nécessite l’assistante d’un membre d’équipage avec implants cybernétiques pour retrouver les informations recherchées.

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analyse des archives de la Sphère

On voit d’ailleurs un petit glissement sémantique du moins en version française : alors qu’on parle au début « des données de la Sphère », l’ensemble se trouve vite dénommé « l’archive de la Sphère ».  Et cette archive de la Sphère, utilisée pour dénouer des situations, va bientôt devenir l’enjeu de toute la saison 2 : celui qui la détiendra, aura le sort de la galaxie entre ses mains !

Marc Scaglione

Le Temps fut est un roman de science-fiction de Ian Mc Donald, auteur britannique, publié au Royaume-Uni en 2018 et en France aux Editions le Belial en février 2020. Le titre a reçu le British Science Fiction Award en 2018.

Quelle est l’histoire ? 

Emmett Leigh est un bouquiniste indépendant qui récupère, achète et vend des ouvrages de toute nature. Fin connaisseur et bibliophile averti, aucun détail n’échappe à sa sagacité. Alors qu’il s’intéresse aux ouvrages issus de la liquidation du fond de la librairie d’un de ses confrères, Emmett tombe sur un recueil de poèmes intitulé Le Temps fut, sans grande qualité littéraire. Toutefois, alors qu’il inspecte l’intérieur du petit ouvrage, le bouquiniste est attiré par un manuscrit glissé entre les pages. Il s’agit d’une lettre d’amour écrite par un prénommé Tom à son amant, Ben au cours du second conflit mondial. Intrigué, Emmett Leigh décide de mener l’enquête sur ces deux individus et ce qu’il découvre est plutôt surprenant…

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Et les archives dans tout ça ??

C’est en découvrant une lettre d’amour liant deux individus pendant la Seconde Guerre mondiale qu’Emmett Leigh est intrigué. Il entame alors des recherches en ligne sur l’histoire des régiments et rentre en contact avec une jeune femme, Thorn, qui reconnaît les deux protagonistes reliés par cette fameuse lettre. Thorn a hérité d’un grenier rempli d’archives familiales qu’elle met à disposition d’Emmett. On voit donc combien ces réseaux sociaux, parfois décriés voire néfastes, peuvent aussi, bien utilisés, être sources d’entraide entre chercheurs et permettent de voir émerger des fonds d’archives encore inexploités, en l’occurrence, des « photographies, lettres, journaux intimes et carnets », ce qu’il est convenu d’appeler des écrits du for privé, qu’archivistes et historiens aiment tant dénicher. Le sort de ce type de documents tient parfois à peu de choses, la famille de Thorn a gardé les archives car « les jeter aurait été trop fatiguant » Bénie soit la paresse !

Miracle : la photo des deux épistoliers est retrouvée dans les archives de Thorn, reste alors à Emmett à la soumettre à la sagacité d’une de ses amies archiviste, Shahrzad Hejazi, qui travaille à l’Imperial War Museum, aux archives photographiques. Il salue très vite la compétence de l’archiviste à laquelle il voue une véritable admiration. Shahrzad est, en effet, une « super identificatrice » que les recherches un peu complexes divertissent. L’archiviste a un caractère bien trempée et force le respect. Elle profite d’ailleurs de la visite d’Emmett et Thorn pour questionner cette dernière sur le sort qu’elle réserve à ses documents : « Vous avez pensé à nous faire donation de tout ce matériel ? Ma chère, les greniers à la campagne, évitez. Les rats, les souris, la merde de pigeon. Le feu. Les inondations. Ma chère, dans dix ans, quand le changement climatique nous aura infligé ses épouvantables effets, la mer du Nord ira jusqu’à ce putain de Cambridge. Vos petites caisses en plastique flotteront dessus, très chère (…) La quantité de matériel d’une valeur inestimable abîmé par des amateurs pleins de bonnes intentions… avez-vous une idée des dégâts causés aux archives (…) par un phénomène aussi simple que les variations saisonnières de température ? (…) Les photos sont comme des enfants mon chou. On en prend soin, on les couve, on les aime, mais il arrive un moment où il faut les laisser partir.« 

Une belle leçon de conservation et un discours assez convaincant par cette archiviste passionnée ne peut que nous rappeler les échanges parfois fébriles que nous pouvons avoir avec de potentiels donateurs. Il n’est pas toujours facile de se séparer de ses documents de famille, même si on est persuadé que c’est la meilleure chose à faire et l’archiviste doit toujours, à mon sens, recevoir ces dons comme un cadeau. Beaucoup d’entre nous ont connu de vrais moments d’émotion lors d’un don d’archives, ce n’est jamais anodin.

Shahrzad permet très vite l’identification des deux soldats mais oriente également les deux chercheurs sur des pistes plus étranges, celle du « bataillon disparu » et leur confie des archives qui ne sont pas sensées exister – des archives classées secret défense ? Cette entorse à la déontologie met un peu mal à l’aise mais, en même temps, permet de faire progresser la vérité. Les archives de différentes époques sont d’ailleurs cruciales pour avancer dans l’enquête. Ainsi, les protagonistes épluchent les registres paroissiaux, des archives familiales d’habitants d’un village visité, de témoignages recueillis, tous ces documents qui permettent d’une certaine manière de « vivre l’Histoire ».

Vivre l’Histoire et être chacun d’entre nous un morceau d’histoire, c’est l’un des messages de cet ouvrage étonnant qui met en valeur une archiviste passionnée qui délivre un plaidoyer convaincant pour l’entrée des archives privées dans des institutions qui sauront en prendre soin.

Sonia Dollinger

 

 

Enslaved : Odyssey to the West est un jeu-vidéo d’action aventure sorti en 2010 sur PC, Playstation 3 et Xbox 360. Il est développé par le studio Ninja Theory (Heavenly Sword, DmC : Devil May Cry, HellBlade : Senua’s Sacrifice) et scénarisé par Alex Garland (scénariste de 28 jours plus tard et de Dredd version 2012). Le scénario est inspiré du roman chinois La Pérégrination vers l’Ouest, qui a aussi inspiré le manga Dragon Ball .

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Quelle est l’histoire ?

150 ans après une guerre apocalyptique, les rares humains tentent de survivre face aux machines tueuses et d’échapper aux esclavagistes. Nous suivons Monkey, qui s’échappant d’un vaisseau esclavagiste, rencontre Trip. Cette dernière prend le contrôle de la couronne d’esclave de Monkey et lui propose un marché : il l’aide à rentrer chez elle puis elle le libérera de cette couronne. Ainsi commence l’odyssée de Trip et Monkey.

Et les archives dans tout ça ??

Les explications qui suivent vont dévoiler toute l’intrigue et la fin du jeu. Partez si vous souhaitez le faire. [SPOIL]

Lors du voyage, Monkey est pris de maux de tête soudains. Il est assailli par des images qui lui sont inconnues, provenant de la couronne esclavagiste, des images d’un passé lointain. A leur arrivée chez Trip, cette dernière réalise que les habitants de son village ont été raflés par les esclavagistes de Pyramide. Monkey et Trip décident donc de partir afin de libérer les esclaves.

Après avoir traversé nombre de dangers, Trip et Monkey atteignent Pyramide. Ils y découvrent des esclaves en transe sous l’effet de leurs couronnes pilotées par une drôle d’entité. Cette dernière se fait appeler « Pyramide » (comme c’est original) et explique à Trip et Monkey sa véritable nature. Il affiche alors un grand écran son visage (incarné par Andy Serkis) et indique être le rassemblement des souvenirs d’un homme qui a vécu avant la Grande Guerre et l’Apocalypse. « Mais je ne suis pas que des souvenirs, je ne suis pas que des archives » leur explique-t-il.

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Il se conçoit comme la solution à la peine du monde, car les humains vivent cachés et dans la désolation. Grâce aux archives de Pyramide, les hommes peuvent vivre dans une simulation du passé, qui leur apporte joie, bonheur et sécurité. Monkey le vagabond se laisse séduire, mais Trip refusant un monde l’illusion, détruit la connexion entre l’entité et les machines de contrôle, réduisant la simulation de Pyramide à néant.

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Si le thème des archives du monde d’avant est un motif récurrent dans ce type d’œuvre post-apo, on aborde ici un angle intéressant : les archives comme vecteur de nostalgie et de passéisme. Qui n’a pas connu un proche qui ne garde ni photos ni papier, indiquant ne pas vouloir « rester bloqué dans le passé » ou « ne pas être nostalgique », et ainsi détruire des choses considérées comme « inutiles » ? Le rapport aux archives nous renseigne sur le lien de chacun à la mémoire qu’elle soit individuelle et collective. Et comme tous rapports, il peut tomber dans une situation d’extrême, de nostalgie, de passéisme et de glorification avec le fameux adage populaire « C’était mieux avant ».

Marc Scaglione

Blade Runner 2049 est un film de science-fiction américano-canadien sorti en 2017. Réalisé par Denis Villeneuve, il est scénarisé par Ridley Scott et Hampton Fancher, scénaristes de Blade Runner, film culte de 1982, assisté de Michael Green (Logan, Alien Covenant). Le premier film était lui-même une adaptation libre du roman de Philippe K. Dick Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?.

Quelle est l’histoire ?

La société s’est effondrée après un blackout dans les années 2020. La Wallace Corporation a émergé des décombres et a acheté les restes de Tyrell Corp., fabricant des réplicants. Nous suivons K, réplicant Nexus-9, modèle obéissant, dont l’objectif est de traquer les Nexus-6 survivants pour les tuer.

Et les archives dans tout ça ??

Après avoir tué un Nexus 6, K. découvre un squelette. Il s’avère que c’est celui d’une réplicante qui a donné la vie, alors que c’était considéré comme impossible. On demande à K. de retrouver l’enfant et de l’éliminer car si la vérité était sue, cela provoquerait le chaos.

K. se rend donc aux archives de la société Wallace, qui conservent les archives de Tyrell Corp. L’archiviste, personnage pas assez important pour avoir un nom, guide K. dans le dédale des archives à la recherche du dossier de fabrication de la réplicante.

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Les vastes archives de la société Wallace

Il en profite pour expliquer qu’il reste peu d’archives de cette époque, car le black-out a supprimé toutes les données informatiques de la planète,

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Les archives disparues

il n’y a que le papier qui a survécu, ce qui étonne l’archiviste lui-même… Il indique aussi que tout était stocké sur CD à l’époque. C’est donc un discours un peu confus !

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Les supports sont fragiles

Finalement le dossier ne donne rien, l’assistante du président Wallace prend le relais et conduit K. dans une petite salle privée appartenant au président. Elle informe K. qu’il a de la chance car Wallace est « entasseur ». Il accède ainsi à une salle de conservation d’archives, il s’agit des repères-mémoires, les archives des interrogatoires par les blade runner sur les anciens modèles Nexus. K. découvre ainsi Deckard.

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Les repères-mémoires

A noter quand même que dans cette entreprise, la conservation des archives n’est pas toujours entre les mains de l’archiviste, le Président se permet de prélever certaines archives pour ses collections… Pas simple cette gestion.

K. consulte ensuite les archives ADN (au commissariat probablement), mais il ne retrouve rien en utilisant les mots-clefs car tout date d’avant le black-out. Il consulte manuellement les archives restantes sur microfilms jusqu’à trouver deux résultats d’enfants confiés à l’orphelinat. K. se rend donc à l’orphelinat, le directeur consulte les registres papiers qui sont entassés sans soin dans un bureau. Mais cela s’avère finalement être une impasse puisque les pages qui intéressent K. ont été arrachées du registre.

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Les archives entassées de l’orphelinat

Fil rouge, les archives sont essentielles à l’enquête et permettent au héros d’avancer. Même si sa mission initiale est de supprimer toute trace de l’enfant, on réalise vite qu’il n’y a plus de trace à supprimer. En effet, les archives sont fragiles et on en voit de multiples causes : le support numérique d’abord, hantise des archivistes à cause des risques de disparition ; la mauvaise gestion des archives, puisque le PDG extrait les archives qui lui plaisent pour ses collections ; une absence d’indexation, obligeant à faire des recherches fastidieuses, repoussant la majorité des chercheurs ; et enfin la destruction volontaire, car le support papier plus pérenne peut être déchiré et détruit.

Le film offre donc un beau portrait de la fragilité de la mémoire et des archives !

Marc Scaglione

200px-Roger_Zelazny_Phillip_K._Dick_Deus_IraeDeus Irae est un ouvrage écrit à quatre mains par deux poids lourds de la science-fiction américaine : Philip K. Dick (Le Maître du Haut-Château) et Roger Zelazny (Cycle des Princes de l’Ambre, Cycle de Francis Sandow), publié en 1976 aux États-Unis et en 1977 en France.

Carlton Lufteufel, responsable du programme américain des armes nucléaires, a provoqué un holocauste atomique qui a ravagé le monde. Une partie des survivants a alors créé une nouvelle Église : si le monde a été détruit, c’est que Dieu n’est pas amour, mais colère. Et Carlton en est son incarnation, initiateur du châtiment divin. Tibor MacMasters, peintre handicapé sans bras ni jambes, réputé pour son travail de grande qualité, est engagé par l’Eglise de la Colère pour retrouver et faire le portrait de Carlton Lufteufel. Le roman suit cette quête.

Et les archives dans tout ça ??

Le mot « archives » n’apparaît pas dans le roman tel quel. L’originalité de l’ouvrage est d’évoquer le rôle des archives et comment la perception de ce rôle peut influencer la politique, et par conséquent le destin du monde. Je m’explique.

En prévision de l’apocalypse, les États-Unis avaient mis en sécurité les savoirs jugés fondamentaux, « des micro-documents enfermés dans des capsules à l’épreuve du temps et enfouis à plusieurs kilomètres de profondeur». La théorie prédominante avant Carlton Lufteufel était la théorie du nombre : pour qu’une nation survive, il faut un certain nombre de survivants pour la faire fonctionner. Carlton Lufteufel en 1983, dans un discours intitulé « Contre-vérité arithmétique », dénonce cette théorie : l’identité d’une nation n’est pas liée à l’identité des individus mais aux savoirs et notamment aux savoir-faire de celle-ci. Il suffit de conserver ces savoirs de telle manière que les survivants puissent les utiliser, quel que soit leur nombre. Convaincu par cette théorie, Carlton déclenchera l’apocalypse. Mais l’avenir lui donnera tort, car les survivants ne récupéreront pas ces archives, trop occupés à « cultiver le sol pour y récolter de quoi les maintenir en vie ».

Bien que court, ce passage est intéressant. Il pose la question de la perception du rôle des archives : considéré comme le cœur de la nation, leur conservation et leur accessibilité est suffisant pour assurer le fonctionnement, la survie et la renaissance de la susdite nation. Les archives sont donc considérées comme essentielles. Mais la théorie de Carlton se mord la queue : en effet à quoi sert-il de conserver, s’il n’y a plus personne pour consulter ces documents ?

Marc Scaglione