Articles Tagués ‘Science-fiction’

Moonfall est un film de science-fiction sorti en 2022. Il est réalisé et co-écrit par Roland Emmerich (Independance Day, Stargate, Le Jour d’Après, 2012).

Quelle est l’histoire ?

Lors d’une mission de maintenance spatiale, un accident cause la mort d’un astronaute. L’un des deux survivants, Brian Harper, parle d’une attaque mais personne ne le croit. Dix ans plus tard, la Lune dévie de sa trajectoire. Sa destination ? La Terre. Devant la fin imminente de l’humanité, un astronaute paria, un complotiste et la directrice adjointe de la NASA vont s’allier pour tenter de sauver le monde.

Et les archives dans tout ça ??

Quand la NASA repère la déviation lunaire, elle envoie une équipe internationale sur place. C’est un désastre : les astronautes sont attaqués par une entité informe. Le Directeur de la NASA décide alors de démissionner, laissant à Jocinda Fowler, incarnée par Halle Berry, son adjointe la direction des affaires. Quand elle lui demande ce qu’il cache, le directeur la renvoie à Holdenfield en lui donnant l’habilitation totale, sans plus de détails.

Nous découvrons alors un vieillard nettoyant une arme à feu, dans le but plus que probable de se donner la mort avant la fin du monde. Nous découvrons alors qu’Holdenfield est le responsable des archives de la NASA. Il suit les mouvements de Jacinda Fowler à travers le réseau de caméra.

une première image « positive » d’Hodenfield…

Cette dernière, s’adressant à un clerc anonyme aux allures d’Igor, exige les dossiers STX-136A. Comment elle a obtenu cette cote précise ? Son ancien directeur lui a donné l’information ? C’est probable, mais cela est fait hors caméra et donc tombe un peu comme un cheveu sur la soupe.

une cote précise !

Un carton lui est confié avec en vrac des dossiers papiers et des supports amovibles. Elle prend alors une clef USB puis décide de visionner les images du casque de son collègue Brian Harper, filmées dix ans auparavant durant l’incident. Elle découvre alors que ce dernier avait raison, et qu’ils avaient bien été attaqués.

Une clef usb sibylline

Holdenfield apparaît en lui disant qu’il s’agit de documents confidentiels, puis en lui déballant toute l’histoire. Il avoue avoir eu pour mission de dissimuler la découverte en 1969 que la Lune était un astre artificiel. Mais il lui révèle aussi l’existence d’un projet non abouti, arrêté pour cause budgétaire, qui aurait pu sauver le monde. Puis il se retire.

Encore une fois, les archives sont le moyen de trouver les informations qui permettent la résolution du problème. Mais les archives y sont dépeintes comme un endroit sombre, dissimulant des secrets, habités par des êtres vieux et faibles. Bref une facilité de scénario pour une scène qui ne suscitera pas les vocations.

Marc Scaglione

Final Cut est un film de thriller-science-fiction. Ecrit et réalisé par Omar Naim, le film sorti en 2004 compte au casting Robin Williams et Jim Caviezel. Le film a reçu le prix du scénario au trentième festival du cinéma américain de Deauville l’année de sa sortie.

Quelle est l’histoire ?

Dans un monde alternatif, l’entreprise EYE propose les implants ZOE. Injecté au fœtus, cet implant grandit avec le cerveau de l’enfant, enregistrant tout ce que l’être entend et voit. A sa mort, des monteurs récupèrent l’implant et créent un « film-mémoire » retraçant la vie du défunt. Les monteurs doivent néanmoins respecter un code : ne pas vendre ou donner des implants ou informations issues d’implants ZOE, de pas avoir soi-même d’implant et ne pas mélanger les images issues de différents implants.

Nous suivons Alan Hackmann, incarné par Robin Williams, monteur réputé pour son travail, particulièrement pour son travail sur des salauds de premier ordre. Alors qu’il doit monter le film-mémoire de l’avocat de la compagnie EYE, excitant les convoitises, Alan devra faire face à un traumatisme d’enfance : la mort d’un camarade de jeu dont il se croit responsable.

Et les archives dans tout ça ??

En montant les images de l’avocat d’EYE, Alan semble reconnaître un adulte : ce serait l’enfant qu’il avait cru mort des années plus tôt. Il finit par découvrir son identité : Louis Hunt. Mais Louis est décédé dans un accident de voiture depuis un an. Alan va alors chercher un éventuel film-mémoire. Grâce à l’aide d’un collègue monteur et de Karim, vigile chez EYE, Alan réussit à s’introduire dans les archives de la société pour consulter le dossier de Louis Hunt, si ce dernier existe. Premier problème : comment trouver le dossier ? Il est exclu d’utiliser les ordinateurs, ce qui conduirait à être repéré, il ne reste alors que les registres papier. Alan panique : ces registres ne sont que des arbres généalogiques, et lui ne connaît rien de la vie de Louis Hunt.

Des registres papier qui nécessitent un peu d’aide

Karim lui indique alors la méthode de classement. Le vigile semble bien renseigné et intéressé par le sujet. Les dossiers sont classés par numéro de série de puce, ordre alphabétique des patronymes puis date d’injection de l’implant. Louis étant de la génération d’Alan, la puce doit être un modèle série 1500. Alan réussit donc à se diriger dans les rayonnages jusqu’à la bonne boîte. Il va alors expérimenter la vie du chercheur en archives : ne pas trouver ce qu’il cherchait et trouver quelque chose de fondamental qu’il ne cherchait pas.

Plus qu’à trouver le bon dossier

Au-delà de ce passage réaliste mais court dans les archives, le film est irrigué par un certain nombre de questionnements partagés par les historiens et les archivistes. Ainsi au début du film, nous suivons Alan monter le film de Daniel Monroe. On le voit effacer les souvenirs de Daniel frappant sa petite-amie. Un de ses ex-collègues le lui reprochent : « tu transformes des salauds en anges ». Alan se justifie, il fait cela pour les vivants et non pour les morts. C’est une interrogation commune aux chercheurs et écrivains travaillant sur une biographie, comment ne pas verser dans l’hagiographie ou dans le pamphlet ?

De même lors de la diffusion du film de Daniel, son frère vient voir Alan pour lui demander s’il a changé la couleur du bateau de leur père. Bien sûr Alan n’a rien changé. L’homme est surpris, son souvenir ne colle pas avec la réalité. Une autre situation que croisent les historiens qui travaillent sur les archives orales et même sur les mémoires. Les souvenirs ne collent pas toujours avec les événements. Ils doivent donc être pris avec prudence.

confrontation souvenir-réalité

Lors d’un énième débat avec Fletcher, son ancien collègue monteur devenu militant anti-implant, on aperçoit toutes les questions que pose cette technologie, questions qui se sont posées lors du débat sur les données personnelles : quid du droit à l’oubli ? comment la présence et l’utilisation qui sera faite de ces données modifient notre comportement ?

Ainsi si les archives sont évoquées de manière courte, le film dans son ensemble reste un questionnement global sur la relation au passé, comment il impacte nos vies, comment il nous ment, comment nous le percevons, etc.

Marc Scaglione

A la suite de notre article sur la Brigade Chimérique, ultime renaissance, le scénariste Serge Lehman a gentiment accepté de répondre à nos questions sur son rapport aux archives. Serge Lehman est à la fois un historien des sciences et un auteur qui s’illustre dans de nombreux domaines, en particulier la bande dessinée et les récits de science fiction. Il aime particulièrement se référer aux écrits des premiers auteurs français de SF et rendre hommage aux figures super-héroïques des temps passés. C’est sa vision des archives qu’il nous livre ici et nous l’en remercions bien sincèrement.

Archives et culture pop : Votre connaissance des archives irrigue la Brigade chimérique, si vous deviez en donner une définition, quelle serait-elle ?

Serge Lehman : Dans votre article, vous citez cette expression que j’aime bien : « Souvenirs d’un monde perdu. »

Archives et culture pop : Pourquoi cette attention aussi poussée et cette forte présence des archives ?

Serge Lehman : C’est un effet secondaire de ma formation. Pour ma maîtrise d’histoire des sciences sur la carte photographique du ciel, j’ai dépouillé des cartons d’archives à l’Observatoire de Paris et j’ai été frappé par la dimension immersive de l’expérience. Et c’est aussi un jeu entre érudits de la science-fiction. Mon ami, le regretté Joseph Altairac, parlait de sa gigantesque collection de livres et de revues anciennes comme de sa « documentation ». J’appelle la mienne « les archives ».  

Archives et culture pop : Au contraire des archives, vous ne montrez aucun archiviste dans votre récit, pourriez-vous nous expliquer ce choix ?

Serge Lehman : Dans Ultime Renaissance, je vois Dex et Greg comme des archivistes : ils compilent, classent, trient, indexent, thématisent… C’était déjà le rôle du Club de l’Hypermonde dans la première saison de La Brigade, il y a dix ans.  

Archives et culture pop : Vous êtes historien des sciences, peut-on retrouver un peu de vous dans le personnage de Dex et dans sa passion pour l’accumulation d’archives ? Rencontre-t-il des problématiques qui vous sont familières ?

Serge Lehman : Dex est plus ou moins ma projection dans le récit. Je partage avec lui la problématique des archives lacunaires. Et aussi, évidemment, celle des empilements de cartons à domicile. 

Archives et culture pop : Vous mentionnez souvent la notion de lacunes, d’archives partielles, est-ce une question à laquelle vous avez été confronté ?

Serge Lehman : Oui, mais plutôt sur le mode du fantasme. Je vous donne un exemple. L’invention de la science-fiction est traditionnellement attribuée à l’éditeur américain Hugo Gernsback, avec le lancement de la revue Amazing Stories en 1926, et de Wonder Stories en 1929. En France, la première trace d’une influence de Gernsback s’observe en 1935 avec la collection « Hypermondes » aux éditions de la Fenêtre ouverte. Pendant longtemps, on n’a su que très peu de choses – pratiquement rien, en fait – sur cette collection et son créateur, Régis Messac. Or, il y a une douzaine d’années, un regain d’intérêt pour Messac s’est fait sentir, soutenu par son petit-fils. Dans les documents mis à jour par celui-ci, on trouve une lettre de Gernsback à Messac, datant de 1929 je crois, où l’Américain propose au Français de diriger l’une de ses revues ! Les deux hommes en fait, se connaissaient et étaient amis depuis la nomination de Messac à l’Université MacGill. Quelle était la nature exacte de leurs relations ? Comment se sont-ils rencontrés ? Que proposait concrètement Gernsback à Messac sur le plan éditorial – et pourquoi cette offre faite à un intellectuel français inconnu ? Les réponses à toutes ces questions se trouvent sans doute dans le reste de la correspondance entre les deux hommes mais elle est indisponible ou perdue. Cette lettre dessine à demi-mots un monde inexploré… Là commence le fantasme.

Archives et culture pop : Si vous deviez explorer des archives bien réelles, vers quel type de documents vous tourneriez-vous ? 

Serge Lehman : Les archives privées des auteurs français de SF des années 1880-1950. Je subodore qu’elles sont pleines de relations insoupçonnées. 

Archives et culture pop : En conclusion, que diriez-vous à quelqu’un que vous devriez convaincre de l’utilité des archives ?

Serge Lehman : « Pensez-vous qu’avoir de la mémoire est utile ? »

La Brigade chimérique, ultime renaissance est une œuvre graphique du scénariste Serge Lehman et du dessinateur Stéphane De Caneva. Cette bande dessinée est publiée chez Delcourt en 2022 et fait suite à une première série sortie en 2009 et 2010 chez l’Atalante. Si la série originelle se déroulait aux confins des deux guerres mondiales, Ultime Renaissance a pour cadre notre monde contemporain et ses peurs primales, le tout accompagnant une renaissance des super-héros européens complétée d’un hommage à la littérature fantastique et aux comics américains.

Quelle est l’histoire ?

Un rat humanoïde attaque les voyageurs d’une rame de métro parisien, la capitale est terrorisée. Marginalisé à l’Université pour ses recherches sur l’Hypermonde, le professeur Charles Deszniak dit « Dex » déménage peu à peu ses archives de son bureau, sentant la fin prochaine du financement de ses recherches et de son laboratoire d’archéologie culturelle.

Alors que la ville est à feu et à sang, Dex est abordé par Nelly Malherbe, employée de la Préfecture, qui lui demande son aide afin de rassembler des surhommes pour lutter contre le Roi des Rats et sa clique. Tous deux partent alors en quête des anciens super-héros européens oubliés. Ils formeront donc une équipe avec Rigg, l’homme-truqué et Félifax, une femme-tigre féministe, végane et bisexuelle auxquels viendront s’adjoindre d’autres personnages tout aussi fantastiques.

Et les archives dans tout ça ??

Brigade Chimérique : ultime renaissance est un véritable hommage aux archives dont Serge Lehman connaît parfaitement les problématiques. Dans une vignette, il insiste d’ailleurs sur « le rôle des archives dans cette histoire », soulignant donc encore un peu plus l’importance de ce sujet.

Serge Lehman montre les questionnements concernant les archives de la recherche : l’université prive Dex de son local, ce dernier entrepose donc une partie.de ses documents chez lui, au grand dam de sa femme qui se voit envahie par des cartons. On pourrait se poser la question du statut de ces archives qui sont en théorie publiques puisque l’enseignant-chercheur les produit en tant que fonctionnaire. Ceci montre par ailleurs la déshérence des archives des universitaires qui sont peu archivées dans les services publics et disparaissent parfois faute de moyens et d’attention. Les archives de Dex et de son assistant sont foisonnantes et sont à même d’expliquer des phénomènes devenus obscurs. La mémoire humaine a occulté un grand nombre de faits et de personnages dont seules les archives – notamment des récits devenus fictionnels – ont conservé la trace. Questionner les archives comme des possibles advenus mais tombés dans l’oubli est le travail de Dex. On peut le rapprocher de recherches d’universitaires bien réels comme Jérémie Foa qui, dans Tous ceux qui tombent, ressuscite un passé largement occulté et pourtant bien présent dans les archives.

Cet ouvrage évoque aussi la brûlante et délicate question de l’accès aux archives du pouvoir lorsque Dex rencontre Nelly et le sous-préfet qui, ayant besoin de ses services, lui proposent de lui donner accès aux documents dont on lui refuse la communication depuis cinq ans. Une communicabilité à géométrie variable, en fonction des nécessités définies par le pouvoir ? Est-on si loin des débats actuels ? Pour faire progresser ses recherches, Dex doit inévitablement confronter les archives officielles et les siennes. C’est d’ailleurs dans les dossiers préfectoraux que les protagonistes trouvent une partie des réponses à leur questionnement. Plus loin dans le récit, ce sont les archives du Ministère de la Défense qui offrent quelques solutions aux interrogations du groupe. On est un peu interloqués de voir les dossiers préfectoraux et militaires se promener dans les mains de Nelly mais nous supposerons qu’il s’agit de copies.

Une autre manière de démontrer l’importance capitale des archives : la rencontre avec le thésard de Dex qui a pu localiser un artefact grâce à des documents trouvés presque par hasard, une situation que les chercheurs se donnant la peine de compulser les archives connaissent bien.

Serge Lehman montre également combien la redécouverte des archives dites « de Moscou » ont permis de faire avancer les travaux des historiens sur la période contemporaine. Il n’oublie pas de mentionner le trafic dont ces documents ont pu faire l’objet, à l’encontre de toutes les lois archivistiques. Les archives sont les « souvenirs d’un monde perdu », une jolie définition. Avec l’activité de Dex, Serge Lehman montre que ce monde perdu peut refaire surface, si tant est qu’on trouve des documents et qu’on puisse les faire parler. La vérité se cache parfois dans les archives fictionnelles qui exhalent des pans de récits oubliés, des histoires alternatives.

Enfin, les archives permettent aussi à certains personnages, comme Nelly Malherbe, de connaître leur histoire familiale et de comprendre ainsi la situation présente et leur héritage.

Présentes presque à chaque page des Brigades Chimériques, Ultime Renaissance, les archives en sont le véritable fil rouge. Qu’il s’agisse des archives de la recherche, des archives du pouvoir ou d’archives personnelles, elles irriguent le récit. L’auteur montre aussi l’intérêt des documents de fiction pour appréhender le monde, terminant de manière extrêmement poétique cet hymne aux archives : « pour nous trouver, c’est facile, il suffit de vous souvenir » dit un des personnages tandis que l’ouvrage se referme sur un groupe de jeunes un livre à la main.

Sonia Dollinger

Reminiscence est un film américain de science-fiction. Sorti au cinéma en 2021, il s’agit de la première réalisation de Lisa Joy, co-créatrice et productrice déléguée de la série Westworld. Au casting, nous pouvons retrouver Hugh Jackman (incarnation fameuse de Wolverine) et Rebecca Ferguson (Dune, Mission Impossible).

Quelle est l’histoire ?

Dans un futur proche, le réchauffement climatique a des répercussions catastrophiques. Nous suivons Nick Bannister, vétéran de la dernière guerre climatique, dans une Miami submergée par les eaux. Ce dernier offre un service particulier : il permet aux gens de revivre leurs souvenirs, grâce à une machine servant autrefois aux interrogatoires. Sa vie va bientôt changer suite à sa rencontre avec Mae, une chanteuse de cabaret.

Et les archives dans tout ça ??

L’écriture est une extension de la mémoire. Les documents et la mémoire sont les archives d’un individu. Et dans ce film, nous allons croiser deux types d’archives : premièrement, les archives comme souvenirs et ensuite les archives comme trace d’activité.

chaque session classée par ordre alphabétique du demandeur

Dans ce monde, où toute idée d’un futur heureux semble abandonner, le monde est divisé en deux catégories de gens : des gens prêts à une insurrection contre les bailleurs de la ville, riches qui vivent sur les terres encore sèches ; d’autres qui ont abdiqués. Ces derniers préfèrent alors revivre certains souvenirs en boucle, quitte à s’en griller le cerveau. Le film nous présente une situation déjà connue : lorsqu’une société, un groupe d’individus ou même une personne seule font face à une sévère crise, ces derniers ont pour réflexe le repli sur soi. Confronté à un présent désagréable et un avenir pas fameux, les souvenirs sont un refuge accueillant. C’est l’émergence du « c’était mieux avant », très rarement vrai, qui plus est. Bonne chose ? Mauvaise chose ? A vous de découvrir le positionnement pris par le film, mais cette thématique irrigue tout le métrage.

un vétéran revit un souvenir avec sa chienne

Le deuxième sujet qui renvoie aux archives est celui des activités même de Nick Bannister. Ce dernier conserve sur un support physique trace des sessions et donc des souvenirs de ses clients. Cela lui permet à la fois de prouver qu’il n’a pas utilisé la séance à son bénéfice et de réutiliser ce souvenir lorsque le client revient régulièrement et demande toujours à revivre le même instant. Ces archives sont conservées dans un coffre-fort puis classées par ordre alphabétique. Des inventaires en sont tenus. Nous nous arrêtons peu sur ces archives, mais elles finissent par devenir un enjeu dans le récit : le souvenir est une source d’informations et aussi une preuve. L’obtenir est un enjeu de pouvoir et il faut donc pour cela l’acquérir, et plus généralement le voler. Ici pas de braquage aux archives, comme on a pu le voir ailleurs ! Je n’en dirai guère plus, pour ne pas révéler l’intrigue.

des archives auraient disparu

Trace d’activité, source d’informations, de pouvoir, de résolution de difficulté mais aussi symbole d’une crise morale, les archives ont autant d’usage que d’usagers.

Marc Scaglione