Articles Tagués ‘Pierre Bordage’

Tout d’abord, quelques mots sur Pierre Bordage, auteur vendéen prolifique d’œuvres de science fiction et fantasy. Je l’ai découvert en lisant Les Fables de L’Humpur (1999).

Une sacrée claque, et son empreinte restera, pour ma part, plus forte encore que celle laissée par Une Planète des singes de Pierre Boulle, ce monstre sacré du genre né en 1963. Ce qui m’a conquise, ce sont à la fois son style d’écriture, son souffle humaniste, et ses inspirations et références mythologiques.

Les Chroniques des Ombres constituent une œuvre multimédia, dotée d’une double date de naissance.

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2008 : en tant que série audiovisuelle – une « B.D.-vidéo » sous format mp3 – en 36 épisodes.
Malheureusement, les sites de l’éditeur et de la série sont morts ; la bande – annonce (épisode 1 ?) est disponible ici .
2013 : en tant que roman sous format papier, aux éditions Au Diable Vauvert, sur laquelle je me base pour cet article (réédition chez J’ai lu en 2015)

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Il est grand temps d’en aborder le contenu narratif – et archivistique, bien sûr !Une guerre nucléaire a ravagé la planète, et créé un monde à deux vitesses. Une frange de la population, les happy few, vivent en vase clos dans des mégalopoles high-tech, les Cités Unifiées, et ne manquent de rien. La plus importante de ces havres d’abondance et de technologie est NyLoPa (New-York-Londres-Paris). Ses citoyens sont tous munis de puces renseignant leur identité et permettant de se connecter à un réseau de télécommunication et d’informations. Parmi eux figurent les Fouineurs, un corps d’élite de militaires-enquêteurs redouté et bien souvent détesté par la plupart des autres habitants. Le reste de l’humanité, les « horcites », est plus ou moins revenu à un état primal, où la violence fait loi. Des clans se disputent le contrôle du peu de ressources et de connaissances qui ont réchappé au désastre climatique et génétique engendré par les impacts des bombes.

Et les archives, dans tout ça ??

Revenons-en à nos Superflics 2.0. Ceux-ci disposent d’armements sophistiqués, et surtout
bénéficient d’améliorations cognitives et physiques et d’accès spéciaux à des canaux et données sensibles via leurs biopuces. Ils interrogent les bases de données et leurs statistiques, qui les renseignent sur l’ensemble des 114 millions habitants de NyLoPa : identité(s), fréquentations, affiliations politiques et religieuses, dossiers médicaux…

Les Archivistes 2.0, quant à eux, sont des « ordinateurs équipés de processeurs hyper puissants capable de décrypter des domaines protégés, et de classer les résultats obtenus par taux de probabilités« . Ces machines sont dotés d’une Intelligence Artificielle limitée, comparable à celles que nous connaissons, et n’impressionnent que par leurs capacités de stockage et de traitement des données et requêtes.

Non, l’artefact ultime reste « incarné » par le prototype de biopuce portée par l’un des héros de ce roman. Même la « Batechnology » issue des laboratoires de développement secrets de Wayne Industries, fait pâle figure auprès de ces engins miniaturisés conçus pour le dopage (sur)humain et le craquage de données à caractère personnel !

Duna.