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Si je vous dis « Batman, la série animée », j’imagine que beaucoup d’entre vous se remémoreront ce générique devenu incontournable qui a longtemps fait partie de nos moments préférés du petit écran durant notre enfance.

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La série américaine d’animation Batman : The animated series, est produite par Bruce Timm et Eric Radomski. Elle comporte quatre saisons, 85 épisodes de 22 minutes chacun et est diffusée du 5 septembre 1992 au 16 septembre 1995. Les thèmes musicaux, tout aussi mythiques et qui donnent un ton bien particulier au générique et à chaque épisode, sont composés par Danny Elfman (rien que ça) et Shirley Walker, entre autres. La série s’inspire des aventures du comic Batman produites par DC comics depuis 1939. Elle naît juste après les deux films de Tim Burton : Batman (1989) et Batman returns (1992). Elle s’inspire d’ailleurs très largement de l’univers sombre et déjanté des films de Burton, ce qui marque une assez grande différence avec la série télévisée Batman diffusée dans les années 1960.

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Le synopsis de chaque épisode est simple : Gotham city, ville sombre et poisseuse, est en proie à des vilains, voleurs, mafieux, psychopathes plus ou moins dangereux chaque jour que la Nature fait. Bruce Wayne, célèbre milliardaire et bel homme à la voix grave et envoûtante, endosse alors son costume de Batman pour enquêter puis affronter toutes ces menaces.

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Dans son entourage, il compte sur la présence d’Alfred et du Commissaire Gordon. Plus tard, il sera secondé par Robin (Dick Grayson), qu’il recueillera à la suite de la mort tragique de ses parents, puis par Batgirl.

Cette série donne la possibilité au téléspectateur de faire la connaissance, épisode après épisode, de chacun des vilains qui agresse le quotidien de Gotham city et de découvrir les origines de chacun des personnages, comme celles de Robin, Double-Face, Mr Freeze ou Gueule d’argile. Les créateurs de la série, notamment les scénaristes comme Paul Dini, ont même pris la liberté d’étoffer la panoplie de vilains en créant la fameuse Harley Quinn ou Baby Doll (je vous laisse découvrir le personnage par vous-même, ça vaut le coup).

La série a connu un immense succès auprès des novices mais aussi auprès des fans de Batman qui la considèrent comme la plus fidèlement adaptée du comic.

Certains épisodes ont été marquants pour tous les admirateurs de la série. Celui qui remporte tous les sondages est Amour on ice (Heart of ice pour le titre original) qui introduit le personnage de Mister Freeze dans la série et réinvente même ses origines vues ici plus tragiques. C’est justement de cet épisode dont je vais vous parler. (Attention, cet article contient des éléments qui dévoilent l’intrigue de l’histoire)

C’est grâce aux films de Tim Burton et à cette série que j’ai découvert l’univers de Batman. Ce point de vue sombre et plutôt réaliste de chacune des histoires m’a toujours paru fascinant. C’est cela qui fait que cette série n’est pas un dessin animé ordinaire ou un simple divertissement. Chaque épisode se termine avec un message profond. Elle n’est pas forcément adressée aux plus jeunes. Beaucoup d’épisodes mettent en scène la vengeance, le malheur, la peine et la folie des personnages. Je ne suis pas une grande amatrice des comics américains, mais je vous invite sincèrement, si vous en avez la possibilité, à voir ou à revoir cette série devenue mythique.

La vengeance est un plat qui se mange froid

Batman_4Dans cet épisode intitulé Amour on ice, écrit par Paul Dini et réalisé par Bruce Timm, nous faisons la connaissance de Mister Freeze, de son vrai nom Victor Fries, chercheur et expert en cryogénie. L’histoire débute avec l’attaque « enneigée » de l’immeuble de l’entreprise Gothcorp dirigée par Ferris Boyle. Devant les écrans situés dans sa batcave, Batman enquête sur ces délits et découvre que plusieurs engins ont été volés pour former une énorme arme à congélation.

Alors que Mister Freeze s’apprête une nouvelle fois à commettre des vols, Batman intervient mais ne parvient pas à le maîtriser. C’est à ce moment que l’on apprend le nom de ce nouveau vilain.

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Batman doit alors faire face à un nouveau malfaiteur qui cherche à se venger à tout prix d’un seul homme : Ferris Boyle. Le lendemain, Bruce Wayne décide d’en savoir plus et se rend au bureau de Ferris Boyle afin de l’interroger sur les origines de ces attaques répétées. Boyle avoue qu’un seul homme est capable de tels méfaits : un chercheur qui se servait à des fins personnelles du matériel de la Gothcorp, avec qui il y a eu confrontations et qui a disparu après une explosion.

Et les archives dans tout ça ??

De retour dans sa batcave, Batman s’interroge sur cette confrontation et consulte les microfiches des journaux de l’époque qui évoquent bien une explosion pendant l’altercation entre ce mystérieux chercheur et les agents de sécurité de l’entreprise.

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Malheureusement, aucun élément n’est donné sur les causes de cet accident. Batman annonce alors à Alfred que le seul moyen d’avancer dans cette enquête est d’aller consulter les archives de la Gothcorp.

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Une grande cérémonie est organisée à la Gothcorp afin d’attribuer le prix de « l’industriel bienfaiteur de l’humanité de l’année » à Ferris Boyle. Déguisé en agent de sécurité, Bruce Wayne s’introduit dans l’immeuble et parvient à prendre la relève d’un autre agent somnolant devant les écrans de surveillance de l’entreprise. Celui-ci hors de la salle, Bruce Wayne redevient Batman, et accède à la salle des archives, non sans avoir décrypté au préalable le code de la porte.

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Il ouvre un tiroir et en sort une chemise marquée « Top secret » contenant le dossier médical de Nora Fries.

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Mmmh…ces archives n’ont pas l’air communicables…allez, tant pis !

A l’intérieur, des photos, des documents sur le projet d’un procédé de cryogénisation et une VHS.

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Batman visionne la VHS. On y découvre Victor Fries, le fameux chercheur de la Gothcorp qui annonce son projet qu’il espère être le premier pas vers l’immortalité. Durant son intervention, on aperçoit une capsule de cryogénisation avec sa femme Nora à l’intérieur, atteinte d’une maladie grave et inopérable.

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Il est soudainement interrompu par des agents de sécurité accompagnés de Ferris Boyle qui lui ordonne de cesser cette expérience et de rendre tout le matériel qui lui appartient, tout en lui reprochant que cela lui coûte une fortune, et faisant fi de la présence de sa femme dans la capsule. Malgré les supplications de Fries, Boyle ne cède pas et finit par bousculer Fries dans des produits chimiques toxiques qui congèlent ce dernier.

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Au lieu d’intervenir, Boyle fuit avec ses compères. La vidéo s’arrête. Batman est sous le choc et comprend comment est né Mister Freeze et d’où vient son désir de vengeance.

Alors que Ferris Boyle est sur le point d’être récompensé, Mister Freeze immobilise l’immeuble de la Gothcorp avec son canon à congélation et entre dans la salle où se trouve Boyle. Après une ultime confrontation musclée, Batman arrive enfin à maîtriser Mister Freeze complètement désemparé de n’avoir pu se venger. Batman intervient en disant qu’il n’y aura pas vengeance mais justice : il avoue alors à la journaliste qui suit l’enquête des attaques de la Gothcorp et qui était invitée à la cérémonie, que l’année précédente, Ferris Boyle a interrompu une expérience importante et que cela a anéanti deux vies. Pour preuve, il donne la VHS qu’il a découverte aux archives de la Gothcorp à la journaliste. Notons au passage que Batman se fiche pas mal de désolidariser des dossiers classés top secret d’une entreprise…

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Un problème avec les archives subtilisées ?

L’épisode se termine, comme très souvent dans la série, dans une cellule de l’Asile d’Arkham où sont emprisonnés tous les pires criminels de Gotham city. On y voit Victor Fries dont la cellule a été entièrement congelée et enneigée pour son confort. En pleurs, il exprime ses regrets et implore sa femme de lui pardonner.

Les archives privées de l’entreprise sont donc clairement au cœur de cet épisode. Elles permettent à Batman de mieux comprendre son adversaire et aux spectateurs que nous sommes d’avoir un peu de compassion pour ce vilain qui congèle tout. Les enregistrements d’expériences scientifiques peuvent être une mine d’informations, aussi bien pour comprendre comment elles ont pu aboutir ou échouer et éviter de reproduire des erreurs. Elles sont également ici une mine de renseignements pour la police et la justice même si ces archives ne sont pas obtenues de manière très légale.

Emilie Rouilly

 

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