Articles Tagués ‘Panini’

« Trois vives panthères

Qui, en un éclair,

Savent bondir sans un bruit

Sœurs et solidaires […] »

Si, tout comme moi, vous avez réussi aisément à continuer ces paroles chantées par la douce voix d’Isabelle Guiard, c’est que vous avez sans doute deviné le sujet principal de cet article : le manga Cat’s Eye !

cats_eye_1Cat’s Eye est l’une des œuvres du grand maître mangaka Tsukasa Hojo, connu également pour les mangas City Hunter (alias Nicky Larson), Angel Heart et F. Compo.

Entre 1981 et 1985, Cat’s Eye est d’abord publié dans le fameux magazine de mangas Weekly Shonen Jump puis compilé en dix-huit volumes. Il arrive rapidement en France édité par la maison d’éditions Tonkam. Au début de l’année 2008, c’est Panini qui propose une édition de luxe en 15 volumes, puis une Nouvelle édition Deluxe à partir de 2015 (et qui devrait se terminer cette année) dont nous tirons l’extrait qui va suivre.

Cat’s Eye est un succès et son adaptation en série animée de 73 épisodes, réalisée par Yoshio Takeuchi et Kenji Kodama, arrive sur les écrans japonais dès 1983. En France, elle est diffusée sous le titre Signé Cat’s Eyes pour la première fois le 21 septembre 1986 sur la troisième chaîne que l’on nommait encore FR3 dans l’émission Amuse 3. Dans mon souvenir, cela passait le dimanche soir, avant Benny Hill, signe ultime que le week-end était terminé.

Cat’s Eye est le nom d’un groupe de trois sœurs Rui, Aï et Hitomi Kisugi (en français Cylia, Alexia et Tamara « Tam » Chamade). Le jour, elles tiennent un café, le Cat’s Eye. La nuit tombée, elles font équipe pour se faufiler dans les musées de Tokyo et voler des toiles de maîtres, mais pas n’importe lesquelles : celles de leur père Michael Heintz, un artiste allemand disparu mystérieusement lors de la Seconde Guerre mondiale. En réunissant toutes ces œuvres, les trois sœurs espèrent ainsi pouvoir retrouver leur aîné. La particularité de Cat’s Eye est d’annoncer à chaque fois sa venue en envoyant une carte avec une tête de chat signée de leur patte en précisant la date, le lieu et l’heure. Intervient dans l’histoire un quatrième personnage, pourchassant inlassablement les trois filles, Toshio Utsumi (alias Quentin Chapuis), un inspecteur de police du commissariat Inunaki dévoué à son métier et plus que jamais motivé pour coffrer Cat’s Eye. Ironie du sort, il est à la ville le petit ami de Tam qui fait en sorte de ne rien révéler sur ses activités nocturnes. Malgré tous ses efforts, Cat’s Eye lui glisse à chaque fois entre les doigts. Il faut dire que le jeune homme manque clairement de discernement pour ne pas deviner que sa compagne, qui tient un café nommé Cat’s Eye et qui est très rarement disponible le soir, est elle-même une Cat’s Eye… Bref. Toshio a pour coéquipière Mitsuko Asatani (en français Odile Asaya). Dans le premier tome, elle intègre tout juste le commissariat pour venir en renfort à l’équipe de Toshio. Dès le début, Asatani a des soupçons concernant notre trio de sœurs, et c’est elle qui nous intéresse dans cet article.

Et les archives dans tout ça ??

C’est dans le chapitre 5 du premier volume que l’inspecteur Mitsuko Asatani fait son apparition. L’idée qu’une femme s’occupe des affaires professionnelles de Toshio ne lui plait pas du tout. Après leur première entrevue, ce dernier va, comme à son habitude, prendre sa pause au Cat’s Eye Café. Or, Asatani l’a suivi pour le prévenir du prochain coup du groupe de voleuses. Se rendant au musée municipal, Utsumi avoue un premier élément qui intrigue Asatani : Cat’s Eye est une femme. En effet, lors d’un vol précédent, Utsumi s’est confronté physiquement avec la voleuse dans la pénombre. Au milieu de cette rixe, Utsumi a délibérément touché la poitrine de Cat’s. Un indice qui ne laisse pas sa coéquipière indifférente. Arrivés au Musée, les deux inspecteurs tombent sur la carte de visite de Cat’s Eye. Le doute s’installe chez Asatani qui propose à Utsumi de vérifier certaines choses.

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Cette vérification se fait aux Archives du commissariat. Utsumi sort alors tous les dossiers concernant Cat’s Eye qu’Asatani consulte scrupuleusement.

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Utsumi n’est pas des plus soigneux avec les dossiers qu’il pose en tas grossier sur la table. En outre, Asatani doit lui rappeler que la salle est non-fumeur. Autrement dit, on devine aisément qu’Utsumi ne consulte que rarement les dossiers alors que la réponse sur l’identité des Cat’s Eye est quasi évidente et doit s’y trouver.

Après lecture des documents, Asatani fait le rapprochement entre le nom du café que tient Hitomi et le groupe de voleuses, ainsi que l’enseigne du Café et la carte de visite apposée sur le tableau du musée municipal quelques heures auparavant. Utsumi insistant sur le fait qu’il n’y voit aucun rapport, Asatani mène l’enquête afin de trouver des preuves plus flagrantes. Elle émet également un doute sur le fait qu’il y aurait une taupe au commissariat Inunaki.

On connait la suite : le rapprochement ne sera pas fait, même si, dans les volumes qui suivent, Asatani reste persuadée qu’il y a un lien entre les sœurs Kisugi et les Cat’s Eye. La visite aux Archives est très brève et ne tient que quelques cases. Pensons que si les dossiers avaient été davantage épluchés, l’aventure des Cat’s Eye n’aurait duré qu’un ou deux tomes… un peu court pour un manga à cette époque.

Comme quoi, dans un manga quasi entièrement consacré aux musées, on peut trouver une petite trace d’archives.

Emilie Rouilly

Puisqu’il faut choisir une thématique pour commencer, j’ai décidé d’aborder les comics et particulièrement un héros qui me tient à cœur depuis toujours : Daredevil, l’homme sans peur !

ResourceLoaderPortletServletCe personnage est une création de Stan Lee et Bill Everett, il appartient donc à la galaxie Marvel et apparaît dans le paysage en 1964. Les lecteurs français de mon âge ont découvert ce personnage par le biais du magazine Strange publié par les éditions LUG. Comme beaucoup de héros, Daredevil n’est pas qu’un acrobate masqué qui virevolte de building en building à la recherche d’un méchant à tabasser. Il a aussi une identité secrète et des tas de problèmes existentiels.

L’alter ego de Daredevil est Matt Murdock. Orphelin de mère à 6 ans – enfin, c’est ce qu’on nous dit en 1964, les choses évoluant toujours de manière surprenante dans l’univers Marvel – le petit Matt est élevé par son père, boxeur de seconde zone qui pousse son fils à faire des études. Manque de chance, le jeune Matt sauve la vie d’un quidam qui allait passer sous les roues d’un camion…Matt survit au choc mais devient aveugle…et là, tout commence. Le jeune homme perd la vue mais trouve à la place un super sens radar et développe tous ses autres sens et une agilité hors du commun. Comble de malheur, son père est assassiné pour avoir refusé de perdre un combat de boxe arrangé par la mafia.

Dans la vie civile, Murdock est avocat, mais dans l’ombre, il revêt le costume de Daredevil, l’homme sans peur ! Le personnage naïf des années 1960 connaitra de nombreuses évolutions qui en feront un héros torturé, sombre et complexe. Il évolue dans le quartier de Hell’s kitchen à New York dans un univers peuplé de personnages ambigus et d’adversaires redoutables comme le Caïd, Bullseye (le tireur) ou le Hibou…

Et les archives dans tout ça ??

L’éditeur Panini a eu cette année l’excellente idée de rééditer les premiers épisodes de Daredevil dans sa collection Marvel l’Intégrale. Ce premier volume couvre la période 1964-1965 montrant les origines du héros, l’évolution de son costume. Évidemment, il s’agit d’un comic book des années 1960, relativement naïf pour un lecteur contemporain. Il ne faut pas oublier que la censure américaine sévit alors contre les comics interdisant les sujets tournant autour de la sexualité, de la drogue notamment. Les comics doivent aussi présenter les autorités sous un jour favorable et faire en sorte que le bien triomphe du mal sans ambiguïté…

daredevil_3Dans ce volume, Daredevil croise donc des adversaires assez improbables comme le Matador, un méchant dont la particularité est de commettre ses larcins en agitant sa muleta…C’est dans cet épisode qu’apparaissent les archives pour la première fois : Daredevil – dont le costume est encore jaune et noir et non rouge – se rend dans la salle des archives de la bibliothèque pour consulter les archives de la presse et ainsi découvrir la véritable identité de son adversaire !

Notons qu’on peut rentrer dans la bibliothèque en question comme dans un moulin en passant par une lucarne du toit sans qu’aucune alarme ne se déclenche…Les archivistes feront des bonds en voyant qu’une fois de plus, on confond archives et bibliothèque mais bon arrêtons de râler : la notion d’archives est bien présente dans un des premiers épisodes d’un héros emblématique de chez Marvel et c’est l’essentiel non ?

On retrouve une seconde référence aux archives dans le dernier épisode de ce volume : l’un des sbires de l’Organisateur – un vilain qui veut prendre le contrôle de la ville – est chargé de voler les archives électorales de la ville ce qu’il fait sans coup férir et sans encombre…

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On ne sait pas ce que les documents deviennent finalement et à quoi cela a-t-il bien pu servir mais l’essentiel est là : dans Daredevil, il y a des archives et c’est le plus important !!

Sonia Dollinger