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Les Désastreuses Aventures des orphelins Baudelaire (A Series of Unfortunate Events en version originale) est l’adaptation télévisuelle d’une série de livres jeunesse écrits par Lemony Snicket (pseudonyme de Daniel Handler, écrivain américain). L’univers avait déjà été adapté à l’écran en 2004, sous la forme d’un film qui n’avait pas vraiment convaincu les lecteurs, par manque de fidélité à l’esprit de l’œuvre originale… C’est tout le contraire avec la série diffusée actuellement sur Netflix, qui est en à sa deuxième saison (mise en ligne le 30 mars 2018) !

Affiche Baudelaire

Nous suivons ainsi les péripéties de trois jeunes frères et sœurs : Violet, Klaus et Sunny (Prunille, en français), qui vont, au tout début de la série, perdre leurs parents dans l’incendie de leur maison. Monsieur Poe, le banquier chargé de veiller à ce que l’immense fortune des Baudelaire reste sagement à la banque jusqu’à ce que l’aînée Violette ait atteint la majorité, les confie à divers tuteurs plus ou moins compétents. En effet, ils sont poursuivis par le maléfique comte Olaf, acteur raté mais qui réussit à embobiner son monde, qui souhaite mettre la main sur leur héritage via diverses machinations.

La série peut être considérée comme une excellente adaptation, car elle reprend les codes des livres qui ont fait leur succès : la narration pessimiste et tragi-comique via un narrateur qui s’insère activement dans l’histoire, les références à la littérature et les explications linguistiques interrompant le récit, l’univers fantasque, étrange et bizarre, peinture quasi parodique et désespérée d’un monde dans lequel les pauvres orphelins Baudelaire peinent à trouver du sens…

Et les archives dans tout ça ??

On parle plus précisément d’archives dans les épisodes 7 et 8 de la saison 2 Désastreuses Aventures des orphelins Baudelaire, épisodes intitulés « Panique à la clinique – Partie 1 » et « Panique à la clinique – Partie 2 ».

Les orphelins Baudelaire, poursuivis par le comte Olaf et sa bande, rejoignent un groupe de volontaires qui se rendent à l’hôpital Heimlich, situé au milieu de nulle part. Cet hôpital a la particularité de n’être qu’à moitié construit : mais même la moitié construite et fonctionnelle est dépeinte comme un labyrinthe miteux, une enfilade de chambres décrépies donnant la chair de poule…

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C’est sûr que l’ambiance ne donne pas vraiment envie de travailler dans cet hôpital…

Dès leur arrivée, les orphelins cherchent à se cacher, et sont recrutés pour travailler aux archives de l’hôpital. Cela leur convient parfaitement car les Baudelaire sont sur les traces d’une organisation secrète, appelée VDC (VFD en version originale), qui aurait un lien avec la mort de leur parents, le comte Olaf, et plus globalement tous les événements mystérieux qui ont mené à l’incendie de leur maison ; ils ont appris que les archives de l’hôpital pourrait contenir des informations sur cette organisation.

En effet, la première chose que l’on apprend sur les archives de l’hôpital est qu’elles ne sont pas « que » les archives de l’hôpital : c’est, dans ce coin désert et dépeuplé, le plus grand dépôt d’informations et de renseignements sur tous les sujets possibles et inimaginables. Le seul archiviste est Hal, un vieil homme dont la vue déclinante l’empêche de remplir sa mission à bien.

L’hôpital est ici montré comme une formidable machine administrative et paperassière, digne de la parodie de l’administration bureaucratique des Douze travaux d’Astérix.

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« – Pas le diagnostic ? – Ou la guérison ? – Les vaccins ? » répondent, médusés, les enfants Baudelaire.

Tous ces documents sont expédiés de manière plutôt amusante via des conduits qui débouchent directement dans la salle des archives. Hal précise aussi que d’autres gens, partout dans le monde, lui envoient des dossiers, car « c’est le lieu le plus sûr pour conserver des informations ». Ainsi, les archives de l’hôpital Heimlich sont-elles devenues une mine de renseignements.

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Ici, l’étiquette de l’armoire des dossiers en « P », contenant tous les sujets, des puddings aux pyramides !

C’est Hal qui est chargé de classer tous les documents. Son système de classement est pour le moins ubuesque : pour un dossier, qui, après un vague coup d’œil, concerne la météo de la semaine passée pour la ville de Damocles Dock sur les rivages d’un lointain lac, il annonce qu’il peut le ranger dans l’armoire des D, pour « Damocles », ou alors dans l’armoire des M, pour « météo », ou encore dans l’armoire des S, pour « semaine dernière». Mais du coup, demande Violette, comme vous vous le demandez sans doute aussi, n’est-ce pas très difficile aux lecteurs de retrouver l’information ? Hé bien, répond Hal, ils regarderont à toutes les lettres correspondantes ! De toute façon, les lecteurs sont rares, car les archives ont des règles strictes concernant la consultation des dossiers. Le conduit qui sert à expédier les dossiers sortants est rempli de toiles d’araignées…

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Et là, nous faisons tous la même tête que Klaus devant le système de classement…

Hal insiste beaucoup sur la loyauté et la confiance qu’il met dans les orphelins Baudelaire, puisque la conception des archives est ici une conception fermée : documents qui ne doivent pas être lus, informations à garder mais à ne pas diffuser ! Ce qui correspond bien à la fois avec l’insistance sur les secrets, les choses à transmettre et à cacher, et à la fois avec l’atmosphère surréaliste, légèrement parodique de certains aspects de la société contemporaine, qui planent tout au long de la série. Le comte Olaf, venu pour chercher les enfants Baudelaire, se heurte à l’intransigeance de Hal. Il faut, pour consulter un dossier, remplir une demande de consultation auprès de l’administration hospitalière, et attendre sept à dix jours ouvrables l’autorisation. Un détail qui n’arrange pas le comte Olaf, pressé de mettre la main sur la fortune Baudelaire.

Les archives de l’hôpital ne sont pas que des dossiers papiers. Une bobine de film arrive spécialement pour Hal, qui précise aux Baudelaire que beaucoup de documents arrivent sous cette forme. Il y a même une petite salle adjacente pour visionner ces films ! (mais personne ne les voit jamais car personne n’y est autorisé). La bobine intéresse beaucoup les orphelins Baudelaire, car elle concerne un certain « Snicket »… membre de la société secrète VDC. Mais Hal, attaché au règlement, leur répond qu’ils doivent néanmoins remplir la demande réglementaire. Informés par la cheffe des ressources humaines que les archives fermement immédiatement (les horaires réduits sont dus à des coupes budgétaires), Hal leur précise qu’ils doivent attendre le lendemain matin.

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Hop, plus de lumière, vive les coupes budgétaires et les consultations éphémères.

La suite de l’épisode suit les orphelins Baudelaire en train de pénétrer illégalement et de nuit dans la salle des archives, pour tenter voir le fameux film. Les Baudelaire sont cependant assaillis de doute, et ne veulent ni décevoir Hal – la seule personne qui peut les protéger et les cacher du comte Olaf, et qui leur fait confiance – ni décevoir la mémoire de leur parents. Sans « spoilers » aucun, n’attendez pas, comme dirait le narrateur, une fin heureuse, ni pour les aventures des orphelins, ni pour Hal et ses précieuses archives…

Hal est ici montré comme un archiviste consciencieux (comprendre que s’il ne suit aucune règle archivistique propre à notre univers, il suit au moins les règles archivistiques propre à son univers), mais trop rigide, incapable de voir que suivre les règles à tout prix peut être à la fois bénéfique comme malencontreux. En cela, il est, comme dans la série entière des Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, un archétype parfait des pathétiques adultes et tuteurs divers, voulant bien faire mais incapables de protéger les orphelins des machinations du comte Olaf, parce qu’ils sont trop habitués à se retrancher lâchement derrière des règles sociétales, ou leurs propres barrières morales. Mais les archives sont néanmoins le lieu du savoir, où, grâce à une bribe d’information, une page d’un carnet déchiré ou quelques secondes d’un film, les orphelins Baudelaire reprennent espoir ! Cette représentation en demi-teinte des archives s’insère également dans les représentations de la littérature, de la lecture, et des bibliothèques qui parsèment la série. De manière générale, l’éducation, la lecture et la recherche d’informations sont vu comme des choses positives, caractéristiques du « camp aidant » les orphelins Baudelaire, tandis que la bêtise, le mépris pour les livres et la connaissance, et la volonté de destruction caractérisent le camp du comte Olaf. Et c’est ainsi que je vous laisse sur cette jolie et cryptique citation :

« A library is like an island in the middle of a vast sea of ignorance, particularly if the library is very tall and the surrounding area has been flooded»

Adélaïde Choisnet

Outlander

Publié: 30 septembre 2017 dans Séries
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Outlander est une série américano-britannique diffusée depuis le 9 août 2014 aux Etats-Unis disponible en France depuis 2016, sur Netflix.

Créée par Ronald D. Moore, elle est l’adaptation des romans du même nom de Diana Gabaldon. Actuellement deux saisons sont disponibles sur la plateforme de streaming, la troisième saison est en cours de diffusion, un épisode par semaine depuis le 11 septembre 2017.

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L’histoire débute à la fin de la Seconde Guerre mondiale, quand Claire Randall et son mari Franck décident de s’offrir une seconde lune de miel en Écosse. Séparés durant la guerre – Claire ayant été infirmière et Franck membre du MI6, les services secrets anglais – ils profitent de ce voyage pour se redécouvrir.

Lorsque Claire se promène sur le site de Craigh na dun (une sorte de Stonehenge écossais), un bourdonnement se fait entendre et semble provenir d’une des pierres.

En posant ses mains sur cette dernière, c’est le choc. Claire se réveille bien à Craigh na dun mais au XVIIIe siècle. Entre tuniques rouges et véritable Highlanders en kilt aux prémices des révoltes Jacobites, Claire se retrouve au milieu de conflits politiques et amoureux.

Et les archives dans tout ça ??

Les archives ici sont amenées via Franck, le mari de Claire. Professeur d’histoire et passionné de généalogie, il se rend à Inverness, certes pour sa seconde lune de miel, mais il suit également les traces de son ancêtre, le capitaine anglais Jonathan Randall mobilisé en Écosse. On l’aperçoit alors rechercher activement dans les archives la présence de cet homme. Un homme que Claire rencontrera en 1743. Bien que peu intéressée par l’histoire et les archives, les souvenirs de conversations sur le sujet lui permettront de connaître des informations non négligeables sur l’ancêtre maléfique de son mari.

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La présence des archives est donc primordiale dans la première saison, mais pas seulement. En effet, elles auront une place encore plus importante dans les saisons suivantes, l’histoire va évoluer grâce à elles.

Flavie Gourdon

Defenders_1Une fan de comics ne peut s’empêcher de suivre les films ou séries dérivés de ses univers préférés. C’est ainsi que j’ai visionné toutes les séries Netflix ayant pour thème les super-héros de chez Marvel. Certaines d’entre elles comme Daredevil ou Iron Fist font référence aux archives. The Defenders étant la dernière en date, je me suis évidemment jetée dessus.

Marvel’s The Defenders est une série produite par ABC Studio et Marvel, crée par Douglas Petrie et Marco Ramirez. Elle sort en France sur la plateforme Netflix le 18 août 2017, date à laquelle j’écris ces lignes. La série réunit les quatre héros ayant eu droit à une série solo auparavant : Daredevil, Jessica Jones, Luke Cage et Iron Fist. On retrouve au casting Sigourney Weaver qui endossera le rôle de la principale adversaire du groupe de héros.

Cette série verra donc la réunion de ces personnages emblématiques de l’univers Marvel qui feront cause commune pour défendre New-York.

Et les archives dans tout ça ??

Les archives ne mettent pas longtemps avant d’apparaître dans la série. On les retrouve dès le deuxième épisode – intitulé Mean Right Hook.

Pour les besoins d’une de ses enquêtes, Jessica Jones a besoin de retracer les historiques de plusieurs sociétés. Pour ce faire, elle se rend dans ce qui ressemble à un service d’archives au nom indéterminé. Pour effectuer ses recherches, elle a recours à un fichier papier, l’informatisation n’a pas eu l’air de pénétrer dans ce service new-yorkais !

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sans lumière et sans fichier informatisé

Bref, elle trouve sans peine les cotes qui semblent l’intéresser et là, surprise. Vous pensez naïvement qu’elle va présenter sa demande à un président de salle ou un archiviste quelconque ? Que nenni ! Jessica Jones file direct dans les dépôts et farfouille dans les travées.

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Ces dernières sont visiblement bien ordonnées car la détective n’a aucun peine à mettre la main sur le dossier qui l’intéresse. Que ces données concernent une entreprise privée et que Jessica puisse avoir accès aux informations concernant les transferts d’actifs de la société sans égard pour un éventuel délai de communicabilité ne trouble personne, non plus que le fait qu’elle puisse prendre en photo ces documents sans que personne ne s’en émeuve.

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Jessica répète l’opération plusieurs fois de suite, virevoltant de rayonnages en rayonnages, jouant de l’échelle mobile pour grimper vers les dossiers les plus hauts sans être dérangée par aucun être humain. Elle remonte le temps, faisant une sorte de généalogie de l’entreprise sur laquelle elle cherchait des renseignements à l’origine. Au fur et à mesure des avancées de ses recherches, les documents conservés changent d’aspect et deviennent de plus en plus anciens. Au lieu des documents tapuscrits, Jessica consulte désormais des titres de propriétés calligraphiés à la main – sans grande précaution ni aucune surveillance d’ailleurs.

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un peu d’escalade pour maintenir la forme

A la recherche de réponses, elle retire un manuscrit de son dossier. On se dit : « ok, elle va l’embarquer, ni vu ni connu étant donné qu’il n’y a personne dans ce fichu dépôt ». Raté ! Jessica erre à la recherche de quelqu’un et elle trouve… ce qui ressemble à une archiviste… ou plutôt ce qui ressemble au cliché de l’archiviste. Elle aussi est en train de farfouiller dans un tiroir et là, je me pose une question bête : en plus de n’être plus toute jeune – vous n’auriez quand même pas cru qu’on aurait droit à une archiviste jeune et fraîche – elle a l’air d’être sourde comme un pot l’archiviste ! De vous à moi, vous êtes dans vos rayonnages, vous entendez quelqu’un tripoter vos documents, vous n’allez pas voir ? Vous n’êtes pas un peu intrigué qu’une inconnue se promène dans les allées, un document extirpé d’un dossier à la main ? Si ? Hé bien…pas elle !

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L’amabilité incarnée

Jessica semble la déranger quand elle la hèle « excusez-moi »…réponse : »ouaiiiis » d’un air las. Ok, on résume : elle est sourde, se moque comme d’une guigne qu’on embarque ses archives et elle est revêche. Bon, est-ce qu’au moins, elle a un semblant de conscience professionnelle ? Jessica lui expose son souci, réponse : « qu’est-ce que je peux y faire ? »…Heu, Lui demander comment elle est arrivée là ? L’aider dans sa recherche ? Quand Jessica lui dit que les « archives les plus anciennes remontent à 1820 » et qu’elle va devoir remonter plus loin que ça, l’archiviste lui répond « allez voir le département du Patrimoine, ils ont un dépôt au Nord de Manhattan, il faut prendre rendez-vous à l’avance »… et elle se barre ! Allô madame, il y a quelqu’un dans ton dépôt qui se promène avec un document de 1820… ah ben non, elle est partie.

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Bref, on apprend quand même que les archives sont nécessaires pour faire l’histoire d’une entreprise, que l’on semble faire la distinction entre les archives les plus anciennes conservées dans un département Patrimoine et des documents plus récents. Par contre, la notion de délai de communicabilité n’est pas prise en compte puisque Jessica peut consulter ses documents sans problème et les usagers semblent pouvoir se servir librement avec la bénédiction d’archivistes peu regardants. Un point positif : la cotation et le classement ont l’air performants puisque notre détective s’en sort très bien toute seule.

Conclusion, même un super-héros a besoin d’archives pour répondre à ses questions, mais hélas, pas forcément d’archiviste. A moins qu’un archiviste super-héros arrive un jour dans l’univers Marvel ?

Sonia Dollinger

 

Marvel_s_Iron_FistDepuis le 17 mars, Netflix France diffuse la série Iron Fist, produite aux Etats-Unis par Marvel Television et ABC studios. La série fait suite à celles qui ont été consacrées à Daredevil, Jessica Jones ou Luke Cage. Tous ces personnages devraient se retrouver par la suite dans le groupe des Defenders.

Le personnage d’Iron Fist est issu des comics créés par Roy Thomas et Gil Kane en 1974 chez Marvel. Les arts martiaux ont, à l’époque le vent en poupe, Iron Fist est donc un spécialiste du King Fu mais pas seulement. Daniel Rand est un jeune homme riche mais orphelin. Ses parents sont morts à cause de l’associé du père de Rand, Harold Meachum. Perdu seul dans les neiges de L’Himalaya, le jeune Danny est recueilli par les moines shaolin de la cité cachée de K’un L’un qui leur enseigne le Kung Fu et sa philosophie. Revenu en Amérique, Danny adopte le nom d’Iron Fist et forme un duo de héros à louer avec Luke Cage dont vous pouvez lire les nouvelles aventures tout juste sorties chez Panini Comics.

Si la série télévisée reprend en partie les origines de Danny, elle se concentre sur son retour à New York, 15 ans après sa disparition. Tout le monde le croit mort dans un accident d’avion où il aurait péri avec ses parents. L’entreprise Rand qui rapporte des milliards est tenue par les enfants de l’associé du père de Danny, Ward et Joy Meachum qui ne sont pas ravis de voir réapparaître un clochard qui prétend être Daniel Rand et qui revendique son héritage.

La série mêlera luttes de pouvoirs, combats dantesques avec des ninjas sortis de nulle part sur fond de rivalités familiales.

Et les archives dans tout ça ??

La question des archives est évoquée dans le troisième épisode. Danny Rand a engagé l’avocate Jeri Hogart – déjà présente dans la série Jessica Jones – pour l’aider à recouvrer son héritage, l’entreprise Rand, qui est aux mains de la famille Meachum.

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Pas d’archives, pas d’identité !

Le problème majeur est que Danny est porté disparu et officiellement mort depuis quinze ans, sans parent survivant connu et qu’il est difficile de prouver son identité. Jery Hogart a beau chercher, aucun document d’archives ne semble pouvoir prouver l’existence de Daniel. Elle ne parvient même pas à retrouver « une carte d’abonnement à la Bibliothèque ».

Cependant, Daniel se souvient brusquement avoir fait des radios étant enfant après une chute. Il se rend donc à l’hôpital pour consulter son dossier médical. Evidemment, on rentre dans la salle d’archives comme dans un moulin : elle est ouverte et aucun archiviste ne semble en contrôler l’accès, niveau confidentialité, on repassera. Oh…attendez, il semble soit à terre, gisant inerte, si c’est l’archiviste, il y a de quoi s’inquiéter pour lui !

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sans instrument de recherche, pas évident de trouver son dossier !

Mais Danny n’est pas seul dans cette salle d’archives, un type est déjà en train de fouiller dans les dossiers – sans doute celui qui a occis l’archiviste au passage…L’homme est connu de Danny, il s’agit du garde du corps de la famille Meachum, bien décidé à faire disparaître le dossier médical de Danny.

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manifestement, ce type n’est pas magasinier !

Evidemment, une bagarre s’en suit : les rayonnages d’archives sont renversés, un registre est même carrément poignardé en servant de bouclier à Danny Rand.

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Aïe ! 

Mais cela ne s’arrête pas là : avant de fuir, le malfrat arrose d’essence les archives – oui parce qu’évidemment, on laisse des substances inflammables dans une salle d’archives, c’est bien connu – et met le feu à la pièce. Ainsi partent en fumée les espoirs de Danny qui ne peut ainsi plus prouver son identité.

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Allez,  tout un classement foutu par terre

Encore une fois, les archives prouvent leur utilité : sans elles, Daniel Rand n’a aucun moyen de prouver son existence. Les archives sont les garantes de notre réalité, elles sont ce qui permet de nous rendre vivants par delà la mort.

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Ici, l’échec est la résultante de la disparition des archives : détruire les documents, c’est aussi détruire une vie. Quand on y réfléchit, on mesure mieux l’importance de la conservation des archives et du rôle de l’archiviste.

Sonia Dollinger

Amatrice de séries, j’ai adoré Breaking Bad dont nous vous reparlerons sans doute dans un futur billet puisque cette série fait référence aux archives de manière implicite ou explicite. C’est pour cette raison que je me suis attachée à regarder Better Call Saul, la préquelle de Breaking Bad qui montre les origines de Saul Goodman, l’avocat véreux au grand cœur.

La première saison de Better Call Saul sort en 2015, suivie cette année par une deuxième saison, actuellement en cours de diffusion en France sur Netflix. Cette série est l’oeuvre de Vince Gilligan et Peter Gould. Cette série est beaucoup plus sombre que Breaking Bad qui, malgré des sujets délicats, parvenait à instiller des pointes d’humour tout au long de ses cinq saisons.

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L’histoire est centrée sur la vie de James  » Jimmy » Mc Gill, qui vit dans l’ombre de son frère, le brillant avocat Chuck Mc Gill. Méprisé par son aîné, Jimmy parvient toutefois à devenir avocat et tente de percer dans ce milieu très rigide et à la hiérarchie figée. Ses méthodes de roublard ne plaisent pas à tout le monde et il est toujours au bord du précipice. Fou amoureux de la jeune avocate Kim Wexler, il est prêt à tout pour elle.

Better Call Saul évoque aussi d’autres personnages qu’on retrouvera dans Breaking Bad comme le tueur Mike Ehrmantraut ou les traficants Tuco et Nacho.

Et les Archives dans tout ça ??

C’est dans le quatrième épisode de la deuxième saison qu’il est fait mention des archives. Lors de cet épisode, l’avocate Kim Wexler est convoquée par ses patrons pour avoir couvert les agissements de Jimmy Mc Gill, son petit ami.

Furieux, les patrons ont rétrogradé Kim et l’ont « reléguée aux archives » selon les termes employés dans la série. Jimmy est hors de lui car il s’agit clairement d’une sanction et d’une véritable punition. Jimmy insiste en comparant cette sanction à une condamnation au bagne…on ne peut être plus clair sur l’image des archives dans cette série.

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Pour éviter cet enfer à sa compagne, Jimmy supplie et il est prêt à démissionner, tout pourvu que de laisser la belle Kim croupir dans un sous-sol à classer des factures.

La scène permet de voir la salle d’archives. Il s’agit d’une pièce sans fenêtre, dotée d’une table de lecture ou de réunion en son centre. On aperçoit de nombreux cartons d’archives, toutefois, la pièce est propre et à peu près ordonnée, l’honneur est sauf ! Du coup, on se demande bien qui a rangé cette pièce avant que Kim y soit envoyée contre son gré, un petit lutin archiviste peut-être ? Ou un précédent avocat sanctionné ?

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Dans Better Call Saul, on n’échappe donc pas aux clichés de la mutation / sanction aux archives si usités dans les séries policières. Mais consolons-nous un peu : si la pièce est en sous-sol, elle reste loin du capharnaüm auquel on aurait pu s’attendre.

Mais allez les avocats, pour classer des archives, « better call archivists » !

Sonia Dollinger