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Dans une librairie, je parcours toujours une tonne de bouquins et lis un bon nombre de quatrièmes de couverture. Bref, quand, dans un résumé je tombe sur la phrase suivante : « le vol d’archives précieuses dans différents lieux historiques est suivi par la profanation de la crypte royale du château de Windsor », je fonce !

Ce billet vous présentera donc le thriller de Steve Berry, Le Secret des rois, paru au Cherche-Midi en 2013 puis en collection Pocket en 2015.

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Né en 1955, Steve Berry est un auteur américain originaire de Géorgie. Avocat puis haut-magistrat, il se lance dans l’écriture et se spécialise dans le thriller pour lequel il est distingué à plusieurs reprises. Son héros principal est Cotton Malone qu’on retrouve dans une série qui regroupe jusqu’à présent dix romans dont la thématique est liée aux grandes énigmes de l’Histoire.

Si le Secret des rois évoque les Tudor, d’autres titres font références à Alexandre, Charlemagne, Napoléon ou encore les Templiers. Steve Berry s’attache à traquer les zones obscures de l’Histoire et évoque bien évidemment toute une série de complots ou de secrets indicibles.

Cotton Malone, ancien espion devenu libraire, séparé de sa femme a tout plaqué pour changer de vie. En transit à Londres avec son fils, il se retrouve embarqué dans une sombre histoire de profanation de tombeaux, de disparition d’archives et de traques menées par la CIA, le MI6 et une mystérieuse organisation secrète bien décidée à protéger le secret de la famille Tudor. Le récit est mené tambour battant, ça explose de partout et le lecteur n’a pas le temps de souffler, les codes du thriller sont respectés à la lettre, ce qui permet de passer un bon moment sans trop de prise de tête à la lecture.

Et les Archives dans tout ça ??

Les archives sont évoquées dès le début du roman, après le pillage de la crypte royale et du tombeau du roi Henry VIII. Kathleen Richard, agent turbulent de la Section contre le Crime Organisé, est convoquée par ses supérieures qui lui expliquent que les « archives de Hatfield House ont été pillées. Plusieurs volumes précieux ont disparu. Un mois plus tard, un incident similaire s’est produit aux Archives nationales à York. Les semaines suivantes, on a relevé toute une série de vols de documents historiques un peu partout dans le pays. Il y a un mois, un homme a été surpris en train de photographier des documents à la British Library, mais, il s’est enfui avant d’être arrêté. »

Le constat que l’on peut faire à la lecture du paragraphe, c’est que les monuments et les archives anglaises sont quand même présentées comme très faciles d’accès. En gros, tout le monde peut piquer n’importe quoi aux Archives nationales sans aucun souci. A contrario, il semble qu’un lecteur devienne suspect quand il prend une photo ! Si on devait arrêter tous les usagers qui photographient un document, on remplirait vite fait les prisons françaises !

Dans un autre passage, l’auteur évoque la question de l’accès aux archives ecclésiastiques. La cathédrale Saint-Paul semble regorger de documents et un des agents de la CIA a du exhiber une fausse carte de journaliste pour pouvoir voir les archives de l’église. Étonnante attitude là encore, j’aurais plutôt pensé qu’une carte de journaliste aurait engendré plutôt la méfiance de la part du prêtre en charge des archives mais il semble que ce soit une sorte de sésame pour Steve Berry.

A la suite de cela, Malone découvre un écrit évoquant Henry VIII et son secret et indique : « ce récit figure dans des archives fermées au public ». Son interlocutrice s’étonne à juste titre : « c’est une information qui date de cinq cents ans ». Ça fait un sacré délai de communicabilité quand même !! Les deux héros tombent sur un manuscrit crypté et inédit de l’époque élisabéthaine qui pourrait donc changer l’histoire de la Grande-Bretagne.

Un petit manuscrit, un grand trouble pour l’Humanité ? Les archives peuvent-elles changer le monde ? Vous le saurez peut-être en lisant ce thriller !

Sonia Dollinger

 

 

 

 

C’est encore un thriller que ce billet porte à votre connaissance. Le projet Bleiberg est une œuvre de David S. Khara, un auteur français né à Bourges en 1969. Après des études de droit, il expérimente plusieurs carrières, en particulier celles de journaliste et de publicitaire. Depuis quelques années, il exerce son métier d’écrivain à plein temps. Son premier ouvrage, Les Vestiges de l’Aube, un thriller fantastique, rencontre le succès, confirmé par son deuxième ouvrage, Le Projet Bleiberg, objet de la présente chronique. Ce thriller historique, sorti en 2010, connait lui aussi de très belles ventes, ce qui encourage l’auteur à en tirer une trilogie dite « des projets ». C’est ainsi que sortent consécutivement Le Projet Shiro en 2011 et Le Projet Morgenstern en 2013.

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Jay Novacek est un trader de Wall Street, désabusé, alcoolique, qui passe sa vie vautré dans son canapé entre deux orgies. Suite à un terrible accident, Novacek ne travaille plus : il a renversé une fillette avec sa voiture de sport. Sa vie ne semble plus avoir le moindre sens malgré le soutien de son supérieur, Bernard Dean. Pour couronner le tout, Jay apprend la mort de son père, un militaire pour lequel il ne ressent que mépris et qu’il ne voyait plus. Alors qu’il annonce la nouvelle à sa mère, qui se trouve retirée dans une maison de repos et semble ne plus avoir toute sa tête, cette dernière lui remet un souvenir de ce père honni : une intrigante clef ornée d’une croix gammée et un numéro de compte bancaire dans un établissement suisse.

Notre héros paumé se trouve au cœur d’une intrigue où il va croiser la CIA dont son père était en fait membre ainsi que son patron protecteur, où il devient la cible de tueurs mystérieux et où il se découvre un étrange ange-gardien en la personne d’Eytan Morg, agent du Mossad. En parallèle, l’histoire de la Seconde Guerre mondiale remonte à la surface, notamment les expériences et autres projets monstrueux menés par les savants fous du nazisme.

Quel est donc le lien entre notre trader suicidaire, la CIA, le Mossad et les expériences pratiquées sur les humains par les séides du régime nazi ? Il vous suffira de plonger dans ce thriller au rythme enlevé pour en savoir davantage.

Et les archives dans tout ça ??

Qui dit complot, conspiration dit souvent dossiers secrets donc archives. Dans Le Projet Bleiberg, on rencontre un archiviste dont la description répond à tous les canons du genre, notamment dans la littérature française : le conservateur des archives du Mossad est décrit comme un homme âgé de soixante-cinq ans mais « en paraissant quatre-vingts ». Il est présenté comme un érudit aimable au regard malicieux, au moins, il n’envoie pas promener son interlocuteur duquel il semble très proche. Par la suite, l’ouvrage évoque un trafic d’archives signalé par les services secrets britanniques (le fameux MI6, employeur de James Bond !).Il s’agit de documents confidentiels évoquant les relations entre les agents britanniques et l’Abwehr, service de renseignement allemand pendant la Seconde Guerre mondiale. S’agit-il d’un trafic de collectionneur ou d’un sujet de plus grand ampleur puisque certains documents concernent des projets secrets et opérations menés dans les camps. L’auteur évoque la possibilité que certains fonctionnaires corrompus du Ministère de la Défense britannique aient pu vendre ces documents pour arrondir leurs fins de mois…

Un peu plus loin, les protagonistes se retrouvent dans un magasin de BD si vaste qu’Eytan Morg le compare à l’étendue d’une « salle d’archives du Mossad », les archives servent donc de mètre étalon pour décrire une immensité de bouquins.

Enfin, les archives sont encore mentionnées dans le journal du père de Jay Novacek, où il indique que le petit meublé qu’il occupe est « tapissé de documents d’archives ». Ces archives, mentionnées régulièrement dans le récit, sont donc objet d’enjeux et de trafic et aident à la compréhension voire à la révélation de manœuvres obscures et dangereuses vieilles de près de soixante-dix ans.

Quoi qu’on fasse, on n’arrête pas la vérité…c’est du moins la thèse de David Khara, à vous de tester.

Sonia Dollinger