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Soul est un film d’animation Disney Pixar sorti en 2020, initialement prévu pour être diffusé dans les salles de cinéma. Mais la pandémie de Covid-19 a conduit Disney à publier le film sur sa plateforme de streaming Disney + le 25 décembre 2020. Le film est réalisé par Pete Docter, réalisateur de Monstres et Compagnie, Là Haut et Vice-Versa. Le scénario est du même Pete Docter (scénariste sur Toy Story, Monstres et Compagnie, Wall-E), Mike Jones et Kemp Powers. Jamie Foxx double le héros en version originale, Omar Sy en version française.

Quelle est l’histoire ?

Joe Gardner, pianiste de jazz, est professeur de musique dans un collège. Un jour la chance lui sourit, il va enfin donner un concert dans un club connu. Joe a cependant un accident, son âme est envoyée sur le chemin de l’Au-delà. Mais Joe refuse de mourir et il va tout faire pour rejoindre son corps comateux, alité dans une chambre d’hôpital.

Et les archives dans tout ça ??

Alors que Joe se retrouve sur le chemin menant à l’Au-delà, il réussit à s’échapper et débarque dans le lieu des jeunes âmes. Il est alors nommé mentor comme de la jeune âme 22, dans le but qu’elle choisisse enfin de naître.

Ces mondes ne sont pas gérés par des anges, mais par des assemblages des champs quantiques de l’univers, appelés Jerry (Michel en français). L’assemblage en charge de tenir le compte des âmes passant dans l’Au-delà est un personnage à part nommé Terry. Il est décrit comme entièrement voué à sa tâche, psychorigide au possible et ayant des relations tendues avec ses collègues. Bref le prototype du rouage de l’administration. Il s’aperçoit qu’une âme manque à l’appel et part en quête du délinquant. Afin de l’identifier, il se rend aux archives et commence à compulser tous les dossiers pour trouver celui qui manque.

Le gardien très relax des Archives

Ce passage est assez court. Il est cependant assez intéressant. L’Au-delà est décrit, dans la lignée de nombreuses œuvres, comme une administration. Et pour symboliser cette administration, il n’y a rien de mieux et de plus facile que la paperasse, ici les dossiers archivés de chaque personne décédée. Et pour donner une idée du gigantisme de ce travail, on montre l’étendue de ce magasin d’archives et le nombre de rayonnages infini qu’il renferme.

une salle d’archives d’une taille inimaginable

En creux, cette représentation renseigne sur plusieurs choses. Premièrement, on s’étonnera qu’en 2020, une administration céleste dirigée par des êtres quasi-omnipotents, gère des dossiers papier. Cela signifie, qu’en tant que symbole administratif, le numérique n’a pas encore sa place. Puis on s’étonnera de ne voir qu’un Jerry garder nonchalamment le local. On ne voit personne travailler, on ne voit pas comment ces locaux sont alimentés en dossiers. Ce qui indique que ce local a un but plus symbolique, que réaliste. Enfin la méthode de recherche et de classement paraît totalement abracadabrantesque ! En effet tous les dossiers sont classés par ordre alphabétique, soit environ une centaine de milliards de dossiers à feuilleter pour trouver celui du délinquant. Bien que très puissant, il faut quand même quelques heures à Terry pour parcourir les milliards de dossiers allant d’AA à GA pour Gardner.

Une détermination à toute épreuve

Cette disposition peut être interprétée de plusieurs manières : une méconnaissance et un manque de réflexion sur les méthodes de recherches, il aurait semblé plus simple de classer les dossiers par date de décès, cela aurait réduit à plusieurs centaines de milliers les dossiers à compulser ; ou simplement, l’utilisation de ce classement farfelu pour offrir un obstacle au « méchant », permettant aux personnages principaux d’avancer dans l’histoire. J’opterai davantage pour la deuxième option, en utilisant les archives comme ressort scénaristique, à la fois comme objet permettant la résolution de l’enquête mais aussi une épreuve que le personnage doit surmonter pour atteindre son but. A la fois donjon et trésor.

Dans Soul, les archives ne sont pas réalistes mais utilisées comme un ressort scénaristique et pour leur impact symbolique !

Marc Scaglione