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Monsieur-Schmidt-affiche1Monsieur Schmidt (About Schmidt en VO) est un film américain de 2002, tiré du roman éponyme de Louis Begley. Il est adapté et réalisé par Alexander Payne (Downsizing, The Descendants). Jack Nicholson y incarne le personnage principal Warren Schmidt. Le film reçoit, entre autres, le Golden Globe 2003 du meilleur acteur et du meilleur scénario.

Quelle est l’histoire ?

Warren Schmidt, 66 ans, part à la retraite. Il quitte son emploi de statisticien et d’adjoint de chef de service au sein de la compagnie d’assurance Woodmen. Il se retrouve alors désemparé. Que faire maintenant ?

Et les archives dans tout ça ??

Les archives apparaissent brièvement mais de manière assez symbolique pour s’y arrêter. Le film s’ouvre sur Warren Schmidt dans un bureau vide, attendant que l’horloge sonne l’heure fatidique de la retraite. Seuls des cartons occupent le sol du bureau. La réalisation ne permet pas de connaître leur nature. L’avenir nous dira qu’il s’agit des archives de Warren Schmidt.

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un carton, deux cartons, trois cartons…

Une première question se pose : comment sont rangés ces documents ? L’armoire a-t-elle été vidée et les documents encore dans leurs dossiers suspendus transvasés sans plus de réflexion dans les cartons ? Ou y a-t-il un rangement ? Warren Schmidt avait fait un petit classement. On distingue sur les cartons (dans une scène ultérieure) des étiquettes « Warren files archive »et « Warren active files ». Pratique pour son successeur afin de faire un premier tri. Mais pas vraiment d’archivage.

Warren s’ennuyant fortement, il retourne voir son successeur pour lui offrir son aide et ainsi trouvé une occupation. Il est éconduit très poliment. Alors qu’il quitte l’immeuble, il passe devant le local poubelle de la société et y découvre… ses cartons d’archives même pas ouverts !! Il réalise ainsi qu’il n’a plus sa place dans cette entreprise et décide de passer à autre chose.

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La poubelle comme seul horizon

Cela conduit à plusieurs réflexions. Du point de vue de la narration, l’image est assez violente. La suppression des archives, c’est la suppression du travail et donc de la position de Warren Schmidt. Sa trace est comme éradiquée, comme s’il n’avait jamais existé.

Du point de vue métier, on se demande comment cette compagnie d’assurances gère ses archives. Une procédure ? Un service qui gère les archives ? On ne sait pas, mais cela n’aurait peut-être eu aucun impact pour ces documents. En effet, malgré la présence d’archivistes, dans le cas de départ à la retraite (ou de déménagement), les documents sont souvent gérés de manière plus ou moins aléatoire, balancés dans des cartons sans identification. On se retrouve avec trois cas assez souvent : des archives disparaissent, embarquées par les personnes qui les considèrent comme leur propriété, des dossiers finissent à la poubelle sans trace ou encore on conserve pour des durées mirobolantes dans un coin un carton rempli d’archives pour seule identification « bureau de M. ».

Une trajectoire peu enviable, mais assez symbolique d’une certaine manière de gérer les archives…

Marc Scaglione

 

N’ayant jamais vu le Chinatown de Roman Polanski, j’ai eu le plaisir de le découvrir il y a peu et d’y voir apparaître une mention des archives, voilà de quoi nourrir le présent billet avec une chronique de film qui vous reposera un peu des bandes dessinées et autres thrillers.

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Chinatown, réalisé par Polanski, sort en 1974 et devient vite une référence en matière de film noir. Il faut dire que les rôles principaux sont magistralement servis par Jack Nicholson et Faye Dunaway. Polanski joue lui-même un petit rôle où il entaille la narine de Nicholson. Comme toujours avec Polanski, l’intrigue n’est pas simple, alors, accrochez-vous…
Le film évoque un fait historique : la guerre de l’eau qui s’est déroulée à la fin des années 1920 et au début des années 1930 à Los Angeles et plus généralement en Californie sur fond de meurtres et de corruption.

Le film débute sur un constat : la sécheresse sévit à Los Angeles. Alors que des solutions semblent se dessiner, notamment la construction d’un barrage, un ingénieur du service des eaux, Hollis Mulwray s’oppose au projet. Cet ingénieur fait, par ailleurs, l’objet d’une enquête d’un détective privé, Jake Gitts – Jack Nicholson – pour adultère. Jake Gitts est embauché par la femme de l’ingénieur Mulwray pour le suivre et réunir des preuves de son infidélité.
Un premier problème surgit quand l’adultère de Mulwray est révélé dans la presse et qu’une femme vient mettre en cause le détective privé. Seul hic : Evelyn Mulwray – Faye Dunaway – n’est pas la même femme que celle qui l’a engagé ! Gitts, furieux, veut retrouver l’usurpatrice mais un drame survient : Hollis Mulwray est retrouvé noyé. On pense évidemment qu’il s’est suicidé pour éviter le déshonneur suite à la révélation de son adultère.
Tenace, le détective Jake Gitts soupçonne que l’ingénieur a plutôt été assassiné pour couvrir un large trafic de terrains. L’eau potable est détournée et rejetée à la mer, privant des terres d’irrigation, ce qui fait baisser le prix des terrains qui sont alors vendus pour une bouchée de pain à des prête-noms.
Gitts découvre aussi que l’associé de la victime n’est autre que son beau-père, le père d’Evelyn Mulwray et que cet homme est loin d’être un enfant de chœur.
En parallèle de toute cette histoire se noue une intrigue amoureuse entre le détective Jake Gitts et la belle et récente veuve Evelyn Mulwray. Comme c’est du Polanski, inutile d’attendre une happy end, la noirceur humaine l’emporte mais de quelle manière, à vous de le découvrir !

Et les Archives dans tout ça ??
Lorsque Jake Gitts soupçonne des spéculations sur les terrains, il se rend aux Archives municipales de Los Angeles pour vérifier son intuition. Jake est accueilli par un jeune homme à l’air rogue, dont on pense qu’il est un préposé à l’accueil ou un archiviste.

Chinatown archiviste

Le détective demande à consulter les registres du cadastre et l’archiviste le renseigne à contrecœur de manière fort peu aimable et lui indique un rayonnage où il pourra trouver la section cadastrale qui l’intéresse.

Chinatown rayonnage
Jake passe un certain temps à compulser le document et s’aperçoit que sa théorie est juste : les terrains ont été achetés par des prête-noms ce qui cache une malversation d’envergure.

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Souhaitant étudier les documents en profondeur ou apporter la preuve de ses dires à la justice, Jake demande à emprunter le registre. Le détective s’attire un regard outré de l’archiviste et une réponse cinglante : « ce n’est pas une bibliothèque, vous êtes aux Archives municipales ici ! »
Une manière brutale mais claire de rappeler que les documents d’archives ne sont consultables que sur place et qu’on ne peut pas les emmener chez soi. A bon entendeur…

Sonia Dollinger