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Hitman 3 : tuer l’archiviste !

Publié: 23 janvier 2021 dans Jeux
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Hitman 3 est un jeu vidéo d’infiltration développé et édité par IO Interactive sorti le 20 janvier 2021 sur quasi toutes les plateformes. Il s’agit du troisième opus du reboot de la série, créée en 2000, et initié en 2016. Le joueur incarne toujours l’agent 47, un tueur à gages chauve dont la seule marque distinctive est un code-barres à l’arrière du crâne. La licence a connu deux adaptations en film. Nous avions déjà parlé du deuxième film ici.

Quelle est l’histoire ?

L’agent 47 n’est plus le tueur docile et soumis de l’organisation ICA (International Contract Agency). En guerre contre cette dernière, il va devoir traquer l’organisation derrière l’organisation, Providence, et en éliminer les responsables. C’est eux ou lui maintenant.

Et les archives dans tout ça ??

Après avoir liquidé les responsables de Providence, 47 cherche à faire tomber l’ICA. Il a déjà révélé l’existence de l’organisation au monde. Pour la faire tomber, cela ne suffit pas. Il faut révéler aussi leurs agissements et leurs actions passées. 47 décide donc de voler leurs archives (rapports de mission, infos clients, dossiers de personnel, etc.) et de tout divulguer sur Internet. Il se rend donc dans le centre de stockage de données de l’ICA en Chine, dans une ville où la surveillance est la règle. Une allusion directe à la société chinoise, incarnation récente du Big Brother.

Le système de sécurité est le problème numéro 1. Pour accéder à toutes les données, il faut la double validation de Hush, un transhumaniste chargé de la cybersécurité, et d’Imogen Royce, responsable du centre de données, dénommé « archiviste » par l’assistante de 47. Le système est impénétrable. Il n’existe qu’une faille : si les deux responsables meurent dans un délai très court, un programme d’urgence s’enclenche. Et ce programme peut être piraté.

L’une des possibilités est de vous faire passer pour un inspecteur de l’ICA, venu contrôler l’installation. Dans ce cas, Imogen vous fera la visite en personne. Toute personne ayant mené une visite devant une personne en fonction sait qu’il faut axer son discours de présentation sur les points forts. C’est ce que fait Imogen :

– la sécurité : elle présente la gestion des accès et la protection anti-explosion et anti-IEM (impulsion électro-magnétique) des installations ;

– L’utilité de ce travail, par des formules « l’endroit où nous stockons le passé, et facilitons le présent » ou encore « la connaissance c’est le pouvoir. Mais la connaissance, sont surtout les opportunités » ;

– Sa plus-value personnelle : elle indique avoir développé un algorithme prédictif, capable de supprimer le boulot d’analystes, entraînant gain de temps et d’argent.

47 finit par la tuer et partir en quête de Hush.

Ce passage est intéressant à plusieurs titres. C’est une des premières fois où on appose clairement dans une fiction « archiviste » et « gestion de données ». La plupart du temps, la question de la donnée, est celle de l’informatique. Elle relève de la pensée magique : les données sont accessibles, compréhensibles et trouvables seules. On peut se passer de l’intermédiaire du guide qu’est l’archiviste, ce guide est cependant nécessaire pour la montagne de paperasse que sont les archives sur support physique.

Enfin, la question de l’algorithme interroge aussi. Jusqu’où notre métier peut-il être automatisé ? L’archiviste électronique sera-t-il un humain, un calcul mathématique ou une intelligence artificielle ? Ces questionnements interrogent à la fois la perception de notre métier par nous-mêmes et les décideurs, mais aussi sur notre plus-value et les limites de l’automatisation.

Comme quoi tuer un archiviste peut éclabousser notre esprit de réflexions multiples.

Marc Scaglione

Hitman_47_1Hitman Agent 47 est un film de 2015 réalisé par Aleksander Bach, avec dans le rôle-titre Rupert Friend (Homeland). Il s’agit de la seconde adaptation cinématographique de la licence vidéoludique à succès Hitman, lancé en 2000.

Quelle est l’histoire ?

Une organisation appelée le Syndicat projette de fabriquer génétiquement des agents surpuissants, capables de tuer n’importe qui. Pour ce faire, ils veulent retrouver le scientifique ukrainien qui est à l’origine des premiers agents, vingt-cinq ans auparavant. Dans ce but, ils essaient de mettre la main sur la fille du scientifique. L’agent 47, fruit des premières expériences, est là pour empêcher la création de ces nouveaux surhommes.

Et les archives dans tout ça ??

Le film présente les différents protagonistes en 3 actes : les Agents et le scientifique Litvenko dans une scène flashback reprenant des photos d’archives, le Syndicat dans une scène d’action, puis  Katia van Dees la fille du scientifique.

Nous la rencontrons alors dans un service d’archives anonyme (probablement les archives de la Stasi) à Berlin. Elle tente de reconstituer des documents déchirés. On s’étonne déjà qu’elle se trouve non pas dans une salle de lecture mais directement dans le magasin d’archives.

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y a du monde dans les rayonnages !

Sûrement pour donner un aspect plus pittoresque et gargantuesque à la quête de l’héroïne. Elle adresse la description de sa quête à l’archiviste : elle recherche un homme blond d’1m74, 75kg, d’environ 49-50 ans, ayant vécu à Berlin entre 1989 et 1990, dont elle a une photo floue. Elle recherche l’identité de cet homme dont elle n’a pas le nom. L’archiviste indique que sans nom et sans adresse, il est impossible de trouver une identité dans le flot d’informations car des millions de personne ont vécu à Berlin à cette époque.

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Une lectrice dans les magasins d’archives

Katia de répliquer alors « Vous ne parlez que de votre impuissance », qu’il suffit de fouiller dans les documents des personnes correspondantes au profil décrit soit très exactement « 71 291 personnes ». L’archiviste est médusée et répond qu’elle ne peut rien. Katia quitte les lieux passablement énervée et dépitée.

Dans ce film, nous retrouvons l’archétype du chercheur avec une quête personnelle forte, qui n’a pas les bonnes clefs de recherche et qui pense que l’archiviste est à son service pour effectuer des investigations monstrueuses. Des chercheurs qui ne comprennent pas toujours malgré les explications. Des profils qui marquent et que de nombreux archivistes ont croisé dans leur carrière !

Marc Scaglione