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Les Animaux Fantastiques : Les Crimes de Grindelwald est un film britanico-américain sorti en 2018, réalisé par David Yates (réalisateur des Harry Potter 5, 6, 7-1 et 7-2) et scénarisé par JK Rowling. C’est une suite directe du premier film  Les Animaux Fantastiques  et le onzième film de la franchise Harry Potter.

Quelle est l’histoire ?

Nous sommes quelques mois après les événements de New York. Grindelwald, le sorcier extrémiste s’est enfui et se rend à Paris pour lever une armée. Norbert Dragonneau voyage jusqu’à la capitale française pour éviter que le puissant sorcier Croyance, toujours en quête de son identité, rejoigne les rangs du criminel.

Et les archives dans tout ça ??

Pour vérifier une théorie selon laquelle Croyance serait un membre de la famille Lestrange, Norbert Dragonneau se rend avec Tina Goldstein, une Auror, aux archives. Il s’agit des archives du Ministère des affaires magiques, le gouvernement magique français.

Ils doivent, pour entrer, passer Mélusine, la gardienne de la salle des archives. Et premier cliché c’est une vieille femme. Norbert déclare que Tina est une Lestrange et qu’il est son fiancé et Mélusine les laisse entrer. C’est donc une archiviste pas très professionnelle : elle ne demande ni preuves d’identité ni les raisons de la consultation. Elle épie les visiteurs derrière les fers forgés .

Mélusine l'archiviste

Mélusine l’archiviste

Norbert et Tina se trouvent dans des rayonnages magnifiques ! Je pense que tous les archivistes souhaiteraient avoir des rayonnages avec un style art déco.

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magnifiques rayonnages !

Mais les protagonistes n’ont pas le temps de chercher car Leta Lestrange entre dans la salle et énonce son nom à voix haute. Elle cherche elle-même les archives sur la famille Lestrange. Les rayonnages se mettent en branle pour lui amener la boîte contenant les archives demandées. On peut dire que les recherches sont quand même plus faciles avec la magie ! Et là c’est la déception, puisqu’elle n’y trouve qu’un message « Archives transférées au caveau des Lestrange au Père-Lachaise ».

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Le contenu des archives Lestrange

Comprenant que Norbert et Tina sont des menteurs et n’ont pas le droit d’accéder aux archives, Mélusine lance à leurs trousses les Matagots, les génies familiers, gardiens du ministère.

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Les Matagots, gardiens du ministère

Les archives, lieu d’enquête, sont magnifiques et bien mises en valeur par l’ambiance art déco au sein du Ministère des affaires magiques. Archivistes et chercheurs rêveraient d’un système de recherche aussi pratique !

Mais on peut clairement dire que la politique de gestion des archives au sein du Ministère est catastrophique. L’archiviste Mélusine est clairement incompétente et laisse rentrer n’importe qui dans la salle. En outre, je ne sais pas si dans le monde des sorciers, il y a un distinguo public/privé. Mais il paraît quand même invraisemblable qu’un Ministère, une puissance gouvernementale, puisse se séparer des archives. Pourquoi les transférer ? et encore plus dans un caveau ? Quelle est la logique à part celle d’emmener les personnages dans ce lieu pour le scénario ?

En bref, les archives dans Les Animaux Fantastiques 2 sont un bon exemple de mauvais écriture : écrin magnifique, elles ne sont qu’un ressort scénaristique au détriment de la logique à la fois universelle et archivistique.

Marc Scaglione

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Cet article fait référence au livre de JK Rowling, non à son adaptation cinématographique. Attention, certains détails de l’histoire y sont révélés.

HarryPotter_1Harry Potter est une série littéraire en sept volumes écrite par l’auteure britannique J.K Rowling, du genre low fantasy. Au cours de ces volumes, le lecteur suit les aventures du jeune Harry Potter, petit garçon orphelin qui découvre le jour de ses onze ans qu’il est un sorcier. L’histoire est centrée sur la vie d’Harry, accompagné de ses deux meilleurs amis Hermione Granger et Ron Weasley, et sur son destin qui est son combat contre le Seigneur des Ténèbres : Lord Voldemort. Chacun des volumes correspond à une année passée à Poudlard, une école pour jeunes sorciers, puis à la poursuite de Voldemort. Harry Potter transporte le lecteur dans le monde de la magie et du fantastique.

Une goutte de sang moldu, une goutte de sang pur, une mèche de cheveux bruns…

Celui que nous allons évoquer ici est le sixième volume intitulé Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé. Harry entre en sixième année à Poudlard. Cette fois-ci, il ne se rend pas sur la voie 9 ¾ à la gare de King’s Cross et ne prend pas le Poudlard Express pour s’y rendre avec ses amis. C’est Dumbledore en personne, le directeur de l’école, qui vient le chercher et le présente, au passage, à Horace Slughorn, professeur de potions. Au début de l’année, en cours de potions, Harry, qui est venu sans ses fournitures habituelles, se voit attribuer un exemplaire abîmé du Manuel avancé de préparation des potions de Libatius Borage.

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Au premier abord, un ouvrage semblable aux autres. En le feuilletant, Harry découvre de multiples annotations griffonnées en marge de chacune des pages. D’abord agacé, il finit par s’apercevoir que ce sont des corrections. Grâce à elles, il parvient à être premier en cours de potions, un exploit. En examinant de plus près l’ouvrage, il découvre cette mention « ce livre appartient au Prince de Sang-Mêlé ». Au cours de l’histoire, les liens se resserrent entre Harry et Dumbledore, ce dernier l’invitant à se rendre régulièrement dans son bureau afin de consulter des souvenirs, et l’entraînant dans la quête des horcruxes. Pendant ce temps, Lord Voldemort cherche à retrouver et à éliminer Potter afin d’asseoir enfin son pouvoir sur le Monde. Et à Poudlard, Drago Malfoy, pire ennemi d’Harry, semble bien absent et préoccupé par une mission qu’on lui a confiée. Les matches de Quidditch sont beaucoup moins présents, l’atmosphère générale est beaucoup plus sombre et plus lourde, de nombreux événements viennent bouleverser le quotidien de Poudlard, le face à face entre Lord Voldemort et Harry Potter est proche, l’avenir est incertain. Ce volume marque une certaine cassure de rythme et de chronologie auxquels le lecteur était habitué. Ici, le passé est au centre de l’histoire.

Et les archives dans tout ça ??

Un des fils rouge de cette sixième partie est la connaissance du passé de Lord Voldemort. Dans Harry Potter et la Chambre des secrets, le lecteur avait découvert que le véritable nom de Voldemort était Tom Elvis Jedusor, qu’il était un brillant élève de Poudlard et qu’il avait un goût prononcé pour tout ce qui touchait à la magie noire. Ici, le voile est levé sur la véritable histoire personnelle de Tom Jedusor.

Dumbledore estimant que c’est à Harry, ennemi de Voldemort depuis dix-sept ans, de découvrir ce passé, il invite alors le jeune homme de nombreuses soirées dans son bureau afin de consulter ses souvenirs dans la Pensine.

Harry Potter and the Half-Blood Prince

Bien plus pratique que la consultation d’archives moldues, la Pensine est un objet magique, une vasque en pierre remplie d’une substance à la fois liquide et vaporeuse dans laquelle sont révélés les souvenirs des sorciers.

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Lorsque l’on plonge la tête dedans, on est alors aspiré et directement projeté dans le souvenir en question. On assiste à toute la scène qui a été mémorisée. Une façon magique de consulter des archives personnelles. Essayez de poser votre tête dans un carnet ou un registre, je ne pense pas que l’effet soit le même.

La Pensine est évoquée pour la première fois par l’auteure dans Harry Potter et la Coupe de Feu, au chapitre 30 intitulé « La Pensine ». Mais elle apparait le plus souvent dans Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé. Au total, la Pensine est utilisée huit fois par Dumbledore et Harry dans ce volume. Chacun des souvenirs retransmis par celle-ci nous en fait savoir plus sur le passé de Voldemort.

Les souvenirs recueillis sont captés grâce à une baguette magique que l’on place sur sa tempe. Un mince filet sort alors de la tête, tenu par la baguette. Lorsque celui-ci est totalement sorti, il est soit placé directement dans la Pensine, soit dans un petit flacon pour le conserver. Ce sortilège permet en quelque sorte de faire de la place dans la mémoire du sorcier. Notons que ce souvenir peut être modifié par son auteur. Plus simple que d’écrire ses mémoires dans un cahier de moldu…

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Au chapitre 24 du même volume, intitulé « Sectumsempra », on fait une autre référence aux archives, néanmoins bien moins magique. Alors qu’Harry surveille les moindres faits et gestes de Drago Malfoy grâce à la carte du Maraudeur, il s’aperçoit que celui-ci a fait une halte aux toilettes et qu’il est visiblement en compagnie de Mimi Geignarde, le fantôme des toilettes des filles. Comme à chaque rencontre entre les deux garçons, un duel de magie est alors enclenché. Dans le tumulte, Malfoy est sérieusement touché. Le professeur Rogue, étant à proximité, vient en aide à Malfoy et, après un dialogue musclé avec Potter, impose plusieurs soirs de retenues à ce dernier.

Le premier soir, Harry se rend donc dans le bureau de Rogue qui l’invite à s’asseoir devant une table où « des boites couvertes de toiles d’araignées étaient empilées, menaçantes […] L’aura qui en émanait promettait un travail fastidieux, difficile, inutile.». Sourire malveillant et moqueur en coin, il expose alors la corvée qui attend Harry : « Mr Rusard cherchait quelqu’un pour classer ces anciens dossiers […] Ce sont les archives des méfaits commis par d’autres élèves de Poudlard avec les punitions correspondantes. Là où l’encre est délavée, ou lorsque les fiches ont été abîmées par les souris, vous voudrez bien recopier les infractions et les châtiments infligés pour chacune d’elles, puis les classer par ordre alphabétique et les remettre dans les boites. ». Harry, bien qu’envahit par l’ennui de cette tâche, y découvre des choses assez inattendues.

Une chose est claire : Poudlard a visiblement besoin d’un(e) archiviste qualifié(e) pour mettre de l’ordre dans tout cela. Je postule dès demain.

Archives magiques permettant d’en savoir plus sur le Seigneur des Ténèbres et de mener à bien la quête qui mènera le héros à une confrontation finale. Archives plus ordinaires, mais pour le moins originales, pour faire une histoire des mauvais élèves de Poudlard (peut-être le prochain manuel inscrit dans la liste imposée aux élèves, qui sait ?). On ne peut se passer, même chez les sorciers, de la mémoire et des vieux dossiers qui cachent parfois des secrets surprenants.

Je vous invite sincèrement à lire le livre même si vous avez déjà vu le film. On y découvre davantage de détails importants et les passages avec la Pensine, plus nombreux ici, sont véritablement passionnants.

Allez, Avada Kedavra !

Je plaisante 🙂

Emilie Rouilly

Nous avons à nouveau la chance d’accueillir une collègue archiviste en la personne de Déborah P. , auteure du blog Les tribulations d’une archiviste en Archivie. Déborah nous parle ici du surprenant film Galaxy Quest :

Tristesse et nez qui coule, Alan Rickman, ce fabuleux acteur et comédien anglais s’est éteint le 14 janvier 2016. Il laisse derrière lui une filmographie aussi foisonnante qu’éclectique, allant du rôle de type parfaitement détestable dans Die Hard au … parfaitement détestable Rogue dans Harry Potter en passant par le mari … parfaitement détestable qui trompe sa femme dans Love Actually. Il aurait fêté ses 70 ans hier, alors pour lui rendre hommage, j’ai décidé de vous concocter un petit billet sur un film dans lequel, pour une fois, il n’est (presque) pas détestable : Galaxy Quest.

galaxy-quest-affiche-jaquette

Le pitch : Galaxy Quest est une série de Sci-Fi des 80’s, cheap à souhait entre ses vaisseaux en carton-pâte et ses punchlines désuètes. On y retrouve tous les clichés des séries télé de l’époque : le commandant Target, sûr de lui et beau-gosse (joué par Tim Allen), la blonde plantureuse Tawny (Sigourney Weaver) dont les répliques font moins d’impression que sa paire de seins, le Dr. Lazarus, alien intelligent qui assiste le commandant (Alan Rickman), le jeune noir qui fait des blagues et le type qui est chargé de la maintenance du vaisseau. Mais le début des années 2000 est difficile pour la fine équipe, qui peine à trouver de nouveaux cachets d’acteurs et se voit contrainte d’écumer les foires et conventions Sci-Fi pour se faire quatre sous. Devenus la risée du public, ils sont en proie à un profond désarroi, lorsqu’apparaissent des fans d’un genre étrange. Ces derniers se présentent comme des Thermiens, de la nébuleuse Klathu, venus sur Terre pour demander à l’équipe du commandant Target une assistance dans leur lutte contre Roth’h’ar Sarris. Pensant pouvoir se faire quelques dollars pour finir le mois, l’équipe de Galaxy Quest accepte de suivre Mathesar, le commandant Thermien.

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Et les archives dans tout ça ?

Les archives ont un rôle central dans cette histoire (attention, ça va spoiler, mais qu’un tout petit peu, promis). Persuadés d’être en présence des archives de la Terre, appelées tout au long du film les « historical documents » (documents historiques), les Thermiens ont pris les diffusions télévisuelles de Galaxy Quest pour des véritables missions de sauvetage des peuples extra-terrestres. Ainsi donc, nos acteurs sont projetés directement dans une guerre pour laquelle ils ne sont absolument armés … enfin si, disons qu’ils ont une réplique exacte du vaisseau de la série, qui se pilote comme se pilotait, donc, celui de Galaxy Quest ! Les acteurs doivent se replonger dans l’imaginaire de la série pour s’en sortir, alors même qu’ils juraient quelques heures plus tôt ne plus vouloir se traîner cette image ringarde.

https://www.youtube.com/watch?v=5wXDnJt3cUI

En termes archivistiques, ce qui transparait dans ce film est sans nul doute la nécessité de replacer un document d’archive dans son contexte pour en comprendre le sens et en apprécier la valeur informationnelle. Pris à part, il n’a que la valeur qu’on veut bien lui donner, ici en l’occurrence la preuve que sur Terre, un commando d’élite peut aider ces pauvres Thermiens à lutter contre l’affreux Roth’h’ar Sarris. Il montre également le pouvoir des archives, par la façon dont on perçoit une époque à travers elles. Les extraits de Galaxy Quest étaient le seul lien entre les Thermiens et les Terriens, la seule preuve, le seul indice. Les archives, qu’elles soient écrites, audiovisuelles, sonores ou autre sont un témoignage lourd de sens qui doit être utilisé à bon escient.

Je vous conseille ce film, extrêmement drôle qui, malgré quelques petites maladresses, nous a fait passer un chouette moment !

Déborah P.

Archivistiquement vôtre,

[@Debor_archives et http://archivisteenarchivie.wordpress.com]