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Defenders_1Une fan de comics ne peut s’empêcher de suivre les films ou séries dérivés de ses univers préférés. C’est ainsi que j’ai visionné toutes les séries Netflix ayant pour thème les super-héros de chez Marvel. Certaines d’entre elles comme Daredevil ou Iron Fist font référence aux archives. The Defenders étant la dernière en date, je me suis évidemment jetée dessus.

Marvel’s The Defenders est une série produite par ABC Studio et Marvel, crée par Douglas Petrie et Marco Ramirez. Elle sort en France sur la plateforme Netflix le 18 août 2017, date à laquelle j’écris ces lignes. La série réunit les quatre héros ayant eu droit à une série solo auparavant : Daredevil, Jessica Jones, Luke Cage et Iron Fist. On retrouve au casting Sigourney Weaver qui endossera le rôle de la principale adversaire du groupe de héros.

Cette série verra donc la réunion de ces personnages emblématiques de l’univers Marvel qui feront cause commune pour défendre New-York.

Et les archives dans tout ça ??

Les archives ne mettent pas longtemps avant d’apparaître dans la série. On les retrouve dès le deuxième épisode – intitulé Mean Right Hook.

Pour les besoins d’une de ses enquêtes, Jessica Jones a besoin de retracer les historiques de plusieurs sociétés. Pour ce faire, elle se rend dans ce qui ressemble à un service d’archives au nom indéterminé. Pour effectuer ses recherches, elle a recours à un fichier papier, l’informatisation n’a pas eu l’air de pénétrer dans ce service new-yorkais !

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sans lumière et sans fichier informatisé

Bref, elle trouve sans peine les cotes qui semblent l’intéresser et là, surprise. Vous pensez naïvement qu’elle va présenter sa demande à un président de salle ou un archiviste quelconque ? Que nenni ! Jessica Jones file direct dans les dépôts et farfouille dans les travées.

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Ces dernières sont visiblement bien ordonnées car la détective n’a aucun peine à mettre la main sur le dossier qui l’intéresse. Que ces données concernent une entreprise privée et que Jessica puisse avoir accès aux informations concernant les transferts d’actifs de la société sans égard pour un éventuel délai de communicabilité ne trouble personne, non plus que le fait qu’elle puisse prendre en photo ces documents sans que personne ne s’en émeuve.

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Jessica répète l’opération plusieurs fois de suite, virevoltant de rayonnages en rayonnages, jouant de l’échelle mobile pour grimper vers les dossiers les plus hauts sans être dérangée par aucun être humain. Elle remonte le temps, faisant une sorte de généalogie de l’entreprise sur laquelle elle cherchait des renseignements à l’origine. Au fur et à mesure des avancées de ses recherches, les documents conservés changent d’aspect et deviennent de plus en plus anciens. Au lieu des documents tapuscrits, Jessica consulte désormais des titres de propriétés calligraphiés à la main – sans grande précaution ni aucune surveillance d’ailleurs.

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un peu d’escalade pour maintenir la forme

A la recherche de réponses, elle retire un manuscrit de son dossier. On se dit : « ok, elle va l’embarquer, ni vu ni connu étant donné qu’il n’y a personne dans ce fichu dépôt ». Raté ! Jessica erre à la recherche de quelqu’un et elle trouve… ce qui ressemble à une archiviste… ou plutôt ce qui ressemble au cliché de l’archiviste. Elle aussi est en train de farfouiller dans un tiroir et là, je me pose une question bête : en plus de n’être plus toute jeune – vous n’auriez quand même pas cru qu’on aurait droit à une archiviste jeune et fraîche – elle a l’air d’être sourde comme un pot l’archiviste ! De vous à moi, vous êtes dans vos rayonnages, vous entendez quelqu’un tripoter vos documents, vous n’allez pas voir ? Vous n’êtes pas un peu intrigué qu’une inconnue se promène dans les allées, un document extirpé d’un dossier à la main ? Si ? Hé bien…pas elle !

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L’amabilité incarnée

Jessica semble la déranger quand elle la hèle « excusez-moi »…réponse : »ouaiiiis » d’un air las. Ok, on résume : elle est sourde, se moque comme d’une guigne qu’on embarque ses archives et elle est revêche. Bon, est-ce qu’au moins, elle a un semblant de conscience professionnelle ? Jessica lui expose son souci, réponse : « qu’est-ce que je peux y faire ? »…Heu, Lui demander comment elle est arrivée là ? L’aider dans sa recherche ? Quand Jessica lui dit que les « archives les plus anciennes remontent à 1820 » et qu’elle va devoir remonter plus loin que ça, l’archiviste lui répond « allez voir le département du Patrimoine, ils ont un dépôt au Nord de Manhattan, il faut prendre rendez-vous à l’avance »… et elle se barre ! Allô madame, il y a quelqu’un dans ton dépôt qui se promène avec un document de 1820… ah ben non, elle est partie.

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Bref, on apprend quand même que les archives sont nécessaires pour faire l’histoire d’une entreprise, que l’on semble faire la distinction entre les archives les plus anciennes conservées dans un département Patrimoine et des documents plus récents. Par contre, la notion de délai de communicabilité n’est pas prise en compte puisque Jessica peut consulter ses documents sans problème et les usagers semblent pouvoir se servir librement avec la bénédiction d’archivistes peu regardants. Un point positif : la cotation et le classement ont l’air performants puisque notre détective s’en sort très bien toute seule.

Conclusion, même un super-héros a besoin d’archives pour répondre à ses questions, mais hélas, pas forcément d’archiviste. A moins qu’un archiviste super-héros arrive un jour dans l’univers Marvel ?

Sonia Dollinger

 

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Si je vous dis « Batman, la série animée », j’imagine que beaucoup d’entre vous se remémoreront ce générique devenu incontournable qui a longtemps fait partie de nos moments préférés du petit écran durant notre enfance.

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La série américaine d’animation Batman : The animated series, est produite par Bruce Timm et Eric Radomski. Elle comporte quatre saisons, 85 épisodes de 22 minutes chacun et est diffusée du 5 septembre 1992 au 16 septembre 1995. Les thèmes musicaux, tout aussi mythiques et qui donnent un ton bien particulier au générique et à chaque épisode, sont composés par Danny Elfman (rien que ça) et Shirley Walker, entre autres. La série s’inspire des aventures du comic Batman produites par DC comics depuis 1939. Elle naît juste après les deux films de Tim Burton : Batman (1989) et Batman returns (1992). Elle s’inspire d’ailleurs très largement de l’univers sombre et déjanté des films de Burton, ce qui marque une assez grande différence avec la série télévisée Batman diffusée dans les années 1960.

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Le synopsis de chaque épisode est simple : Gotham city, ville sombre et poisseuse, est en proie à des vilains, voleurs, mafieux, psychopathes plus ou moins dangereux chaque jour que la Nature fait. Bruce Wayne, célèbre milliardaire et bel homme à la voix grave et envoûtante, endosse alors son costume de Batman pour enquêter puis affronter toutes ces menaces.

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Dans son entourage, il compte sur la présence d’Alfred et du Commissaire Gordon. Plus tard, il sera secondé par Robin (Dick Grayson), qu’il recueillera à la suite de la mort tragique de ses parents, puis par Batgirl.

Cette série donne la possibilité au téléspectateur de faire la connaissance, épisode après épisode, de chacun des vilains qui agresse le quotidien de Gotham city et de découvrir les origines de chacun des personnages, comme celles de Robin, Double-Face, Mr Freeze ou Gueule d’argile. Les créateurs de la série, notamment les scénaristes comme Paul Dini, ont même pris la liberté d’étoffer la panoplie de vilains en créant la fameuse Harley Quinn ou Baby Doll (je vous laisse découvrir le personnage par vous-même, ça vaut le coup).

La série a connu un immense succès auprès des novices mais aussi auprès des fans de Batman qui la considèrent comme la plus fidèlement adaptée du comic.

Certains épisodes ont été marquants pour tous les admirateurs de la série. Celui qui remporte tous les sondages est Amour on ice (Heart of ice pour le titre original) qui introduit le personnage de Mister Freeze dans la série et réinvente même ses origines vues ici plus tragiques. C’est justement de cet épisode dont je vais vous parler. (Attention, cet article contient des éléments qui dévoilent l’intrigue de l’histoire)

C’est grâce aux films de Tim Burton et à cette série que j’ai découvert l’univers de Batman. Ce point de vue sombre et plutôt réaliste de chacune des histoires m’a toujours paru fascinant. C’est cela qui fait que cette série n’est pas un dessin animé ordinaire ou un simple divertissement. Chaque épisode se termine avec un message profond. Elle n’est pas forcément adressée aux plus jeunes. Beaucoup d’épisodes mettent en scène la vengeance, le malheur, la peine et la folie des personnages. Je ne suis pas une grande amatrice des comics américains, mais je vous invite sincèrement, si vous en avez la possibilité, à voir ou à revoir cette série devenue mythique.

La vengeance est un plat qui se mange froid

Batman_4Dans cet épisode intitulé Amour on ice, écrit par Paul Dini et réalisé par Bruce Timm, nous faisons la connaissance de Mister Freeze, de son vrai nom Victor Fries, chercheur et expert en cryogénie. L’histoire débute avec l’attaque « enneigée » de l’immeuble de l’entreprise Gothcorp dirigée par Ferris Boyle. Devant les écrans situés dans sa batcave, Batman enquête sur ces délits et découvre que plusieurs engins ont été volés pour former une énorme arme à congélation.

Alors que Mister Freeze s’apprête une nouvelle fois à commettre des vols, Batman intervient mais ne parvient pas à le maîtriser. C’est à ce moment que l’on apprend le nom de ce nouveau vilain.

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Batman doit alors faire face à un nouveau malfaiteur qui cherche à se venger à tout prix d’un seul homme : Ferris Boyle. Le lendemain, Bruce Wayne décide d’en savoir plus et se rend au bureau de Ferris Boyle afin de l’interroger sur les origines de ces attaques répétées. Boyle avoue qu’un seul homme est capable de tels méfaits : un chercheur qui se servait à des fins personnelles du matériel de la Gothcorp, avec qui il y a eu confrontations et qui a disparu après une explosion.

Et les archives dans tout ça ??

De retour dans sa batcave, Batman s’interroge sur cette confrontation et consulte les microfiches des journaux de l’époque qui évoquent bien une explosion pendant l’altercation entre ce mystérieux chercheur et les agents de sécurité de l’entreprise.

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Malheureusement, aucun élément n’est donné sur les causes de cet accident. Batman annonce alors à Alfred que le seul moyen d’avancer dans cette enquête est d’aller consulter les archives de la Gothcorp.

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Une grande cérémonie est organisée à la Gothcorp afin d’attribuer le prix de « l’industriel bienfaiteur de l’humanité de l’année » à Ferris Boyle. Déguisé en agent de sécurité, Bruce Wayne s’introduit dans l’immeuble et parvient à prendre la relève d’un autre agent somnolant devant les écrans de surveillance de l’entreprise. Celui-ci hors de la salle, Bruce Wayne redevient Batman, et accède à la salle des archives, non sans avoir décrypté au préalable le code de la porte.

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Il ouvre un tiroir et en sort une chemise marquée « Top secret » contenant le dossier médical de Nora Fries.

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Mmmh…ces archives n’ont pas l’air communicables…allez, tant pis !

A l’intérieur, des photos, des documents sur le projet d’un procédé de cryogénisation et une VHS.

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Batman visionne la VHS. On y découvre Victor Fries, le fameux chercheur de la Gothcorp qui annonce son projet qu’il espère être le premier pas vers l’immortalité. Durant son intervention, on aperçoit une capsule de cryogénisation avec sa femme Nora à l’intérieur, atteinte d’une maladie grave et inopérable.

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Il est soudainement interrompu par des agents de sécurité accompagnés de Ferris Boyle qui lui ordonne de cesser cette expérience et de rendre tout le matériel qui lui appartient, tout en lui reprochant que cela lui coûte une fortune, et faisant fi de la présence de sa femme dans la capsule. Malgré les supplications de Fries, Boyle ne cède pas et finit par bousculer Fries dans des produits chimiques toxiques qui congèlent ce dernier.

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Au lieu d’intervenir, Boyle fuit avec ses compères. La vidéo s’arrête. Batman est sous le choc et comprend comment est né Mister Freeze et d’où vient son désir de vengeance.

Alors que Ferris Boyle est sur le point d’être récompensé, Mister Freeze immobilise l’immeuble de la Gothcorp avec son canon à congélation et entre dans la salle où se trouve Boyle. Après une ultime confrontation musclée, Batman arrive enfin à maîtriser Mister Freeze complètement désemparé de n’avoir pu se venger. Batman intervient en disant qu’il n’y aura pas vengeance mais justice : il avoue alors à la journaliste qui suit l’enquête des attaques de la Gothcorp et qui était invitée à la cérémonie, que l’année précédente, Ferris Boyle a interrompu une expérience importante et que cela a anéanti deux vies. Pour preuve, il donne la VHS qu’il a découverte aux archives de la Gothcorp à la journaliste. Notons au passage que Batman se fiche pas mal de désolidariser des dossiers classés top secret d’une entreprise…

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Un problème avec les archives subtilisées ?

L’épisode se termine, comme très souvent dans la série, dans une cellule de l’Asile d’Arkham où sont emprisonnés tous les pires criminels de Gotham city. On y voit Victor Fries dont la cellule a été entièrement congelée et enneigée pour son confort. En pleurs, il exprime ses regrets et implore sa femme de lui pardonner.

Les archives privées de l’entreprise sont donc clairement au cœur de cet épisode. Elles permettent à Batman de mieux comprendre son adversaire et aux spectateurs que nous sommes d’avoir un peu de compassion pour ce vilain qui congèle tout. Les enregistrements d’expériences scientifiques peuvent être une mine d’informations, aussi bien pour comprendre comment elles ont pu aboutir ou échouer et éviter de reproduire des erreurs. Elles sont également ici une mine de renseignements pour la police et la justice même si ces archives ne sont pas obtenues de manière très légale.

Emilie Rouilly

 

Halo_1Halo est une série de jeux-vidéos dont le premier opus Halo : Combat Evolved est sorti en 2001. Fer de lance de la nouvelle console Xbox, il proposait d’incarner le Spartan John-117, alias le Major, super-soldat dans un combat contre les ennemis de l’humanité au XXVIème siècle : un groupement de races extraterrestres nommé les Covenants et le Parasite.

Ce jeu connut un tel succès qu’il lança une franchise décliné en des suites et spin-offs vidéo-ludiques, des BD, des romans, une web-série et une anthologie de courts-métrages d’animation, développant l’univers de manière assez riche. Les événements qui nous intéressent prennent place à la suite du jeu Halo 4 et est développé dans le contenu additionnel Halo 4 : Spartan Ops et la série de comics, dénommée Halo : Escalation, publiée chez Dark Horse Comics et inédite en français.

Quelle est l’histoire ?

La guerre est terminée. Le Parasite est vaincu et l’humanité est en paix avec les Covenants, qui opèrent une révolution au sein de leur alliance.

Un nouveau danger émerge. Un ancien dirigeant forerunner (race éteinte dominant autrefois la galaxie), responsable de la caste des combattants, dénommé le Didacte se réveille après un sommeil de 100 000 ans. Son objectif : finir son travail et détruire l’humanité. Les humains seront alors aidés dans leur combat par une IA, copie de la mémoire de l’ancienne épouse du Didacte, la Bibliothécaire. Cette dernière considère les humains comme les futurs maîtres de la galaxie, les seuls propres à reprendre le flambeau des Forerunners.

Et les archives dans tout ça ?

Les Archives Absolues sont un lieu où sont recensées l’intégralité des technologies forerunners et leur emplacement à travers la galaxie. L’enjeu est grand et oppose l’équipage de l’UNSC Infinity au groupe covenant dirigé par Jul M’Dama, autoproclamé « Main du Didacte », qui cherche à s’approprier les artefacts de ceux qu’ils considèrent comme des dieux.

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Un aperçu des informations contenues dans les archives

La personne qui révèle l’existence de ces archives est la Bibliothécaire. On pourrait dire qu’il y a encore une fois confusion des genres entre bibliothèque et archives. Il n’en est rien. Premièrement parce que la Bibliothécaire n’est pas la gardienne des archives. Deuxièmement parce qu’elle a hérité ce surnom de l’époque de ces études universitaires.

Pour en revenir aux Archives Absolues, on les voit assez peu. Il s’agit plus ici de suivre la quête qui y mène. On a un petit aperçu de son contenu lorsque la Bibliothécaire donne la clef qui y permet d’accéder à Catherine Halsey.

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La bibliothécaire donne la clef de Janus à Catherine Halsey

Le Docteur Catherine Halsey est l’exemple même du chercheur sans scrupules, prête à tout pour atteindre ses objectifs et étancher sa soif de savoir. Créatrice du programme Spartan et donc de John-117, elle est désormais considérée comme une criminelle de guerre. Elle finira par s’échapper, trahir l’humanité en s’alliant avec les Covenants pour accéder aux Archives. L’exemple même de la chercheuse pleine de morgue et hautaine qui croit que tout lui est dû…un modèle qu’on croise parfois aux archives..

Halo_4La clef pour accéder aux Archives est dénommé « Clef de Janus » et est divisée en deux parties.

Cette division est d’abord un impératif de sécurité. En effet, les informations contenues dans les Archives ne doivent pas tomber entre de mauvaises mains. Mais surtout la dualité, évoquée par le nom de Janus, rappelle les différentes perceptions du monde et les possibilités d’utilisation de ces archives : une utilisation agressive et militariste dans un but de domination, tel que vu par le Didacte ou un outil d’évolution de l’espèce humaine tel que proposé par la Bibliothécaire. Le savoir n’est pas neutre et dépend avant tout de son usage.

Après différents combats, l’accès aux Archives est finalement ouvert mais les opposants doivent faire face à un gardien. Considérant que posséder la clef n’est pas un gage suffisant, il soumet les deux groupes à un test pour savoir qui doit pénétrer les lieux. Encore une fois, la sécurité prime au regard de l’importance du savoir à protéger.

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le test va commencer !

Mais le test tourne court, après que le Dr Halsey a piraté le Gardien. S’ensuit une bataille qui détruit les Archives.

Les Archives incarnent ici tous les aspects complexes du savoir et de ces conséquences : objet d’une quête effrénée, utilisé pour la guerre ou la paix, objet de tous les sacrifices pour les uns, dangers pour les autres.

Marc Scaglione

Marvel_s_Iron_FistDepuis le 17 mars, Netflix France diffuse la série Iron Fist, produite aux Etats-Unis par Marvel Television et ABC studios. La série fait suite à celles qui ont été consacrées à Daredevil, Jessica Jones ou Luke Cage. Tous ces personnages devraient se retrouver par la suite dans le groupe des Defenders.

Le personnage d’Iron Fist est issu des comics créés par Roy Thomas et Gil Kane en 1974 chez Marvel. Les arts martiaux ont, à l’époque le vent en poupe, Iron Fist est donc un spécialiste du King Fu mais pas seulement. Daniel Rand est un jeune homme riche mais orphelin. Ses parents sont morts à cause de l’associé du père de Rand, Harold Meachum. Perdu seul dans les neiges de L’Himalaya, le jeune Danny est recueilli par les moines shaolin de la cité cachée de K’un L’un qui leur enseigne le Kung Fu et sa philosophie. Revenu en Amérique, Danny adopte le nom d’Iron Fist et forme un duo de héros à louer avec Luke Cage dont vous pouvez lire les nouvelles aventures tout juste sorties chez Panini Comics.

Si la série télévisée reprend en partie les origines de Danny, elle se concentre sur son retour à New York, 15 ans après sa disparition. Tout le monde le croit mort dans un accident d’avion où il aurait péri avec ses parents. L’entreprise Rand qui rapporte des milliards est tenue par les enfants de l’associé du père de Danny, Ward et Joy Meachum qui ne sont pas ravis de voir réapparaître un clochard qui prétend être Daniel Rand et qui revendique son héritage.

La série mêlera luttes de pouvoirs, combats dantesques avec des ninjas sortis de nulle part sur fond de rivalités familiales.

Et les archives dans tout ça ??

La question des archives est évoquée dans le troisième épisode. Danny Rand a engagé l’avocate Jeri Hogart – déjà présente dans la série Jessica Jones – pour l’aider à recouvrer son héritage, l’entreprise Rand, qui est aux mains de la famille Meachum.

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Pas d’archives, pas d’identité !

Le problème majeur est que Danny est porté disparu et officiellement mort depuis quinze ans, sans parent survivant connu et qu’il est difficile de prouver son identité. Jery Hogart a beau chercher, aucun document d’archives ne semble pouvoir prouver l’existence de Daniel. Elle ne parvient même pas à retrouver « une carte d’abonnement à la Bibliothèque ».

Cependant, Daniel se souvient brusquement avoir fait des radios étant enfant après une chute. Il se rend donc à l’hôpital pour consulter son dossier médical. Evidemment, on rentre dans la salle d’archives comme dans un moulin : elle est ouverte et aucun archiviste ne semble en contrôler l’accès, niveau confidentialité, on repassera. Oh…attendez, il semble soit à terre, gisant inerte, si c’est l’archiviste, il y a de quoi s’inquiéter pour lui !

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sans instrument de recherche, pas évident de trouver son dossier !

Mais Danny n’est pas seul dans cette salle d’archives, un type est déjà en train de fouiller dans les dossiers – sans doute celui qui a occis l’archiviste au passage…L’homme est connu de Danny, il s’agit du garde du corps de la famille Meachum, bien décidé à faire disparaître le dossier médical de Danny.

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manifestement, ce type n’est pas magasinier !

Evidemment, une bagarre s’en suit : les rayonnages d’archives sont renversés, un registre est même carrément poignardé en servant de bouclier à Danny Rand.

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Aïe ! 

Mais cela ne s’arrête pas là : avant de fuir, le malfrat arrose d’essence les archives – oui parce qu’évidemment, on laisse des substances inflammables dans une salle d’archives, c’est bien connu – et met le feu à la pièce. Ainsi partent en fumée les espoirs de Danny qui ne peut ainsi plus prouver son identité.

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Allez,  tout un classement foutu par terre

Encore une fois, les archives prouvent leur utilité : sans elles, Daniel Rand n’a aucun moyen de prouver son existence. Les archives sont les garantes de notre réalité, elles sont ce qui permet de nous rendre vivants par delà la mort.

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Ici, l’échec est la résultante de la disparition des archives : détruire les documents, c’est aussi détruire une vie. Quand on y réfléchit, on mesure mieux l’importance de la conservation des archives et du rôle de l’archiviste.

Sonia Dollinger

Les plus fidèles lecteurs se souviennent sans doute que le tout premier billet du blog était consacré à Daredevil. Marc a trouvé de nouvelles références à l’un des héros emblématiques de l’univers Marvel et vous propose un nouveau billet sur ce personnage.

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Daredevil (DD) est un super-héros créé par Stan Lee et Bill Everett en 1964. Outre la publication papier de sa propre série, le personnage a connu une adaptation en long-métrage avec Ben Affleck en 2003 et en série depuis 2015 sur la plateforme Netflix. Le sujet de ce billet concerne le numéro 167 de Daredevil,publié en novembre 1980 et paru en français dans le magazine Strange numéro 164 en août 1983. On y trouve David Michelinie au scénario –à noter qu’il travaillait sur Iron Man à ce moment là et qu’il s’agit de son seul scénario pour DD-, Franck Miller au dessin et Klaus Janson à l’encrage.

L’histoire ?

Matt Murdock est avocat le jour et justicier la nuit sous le nom de Daredevil. Suite à un accident durant son enfance, il est devenu aveugle mais ses autres sens ont été démultipliés.

Dans cet épisode, Matt Murdock est invité à une petite sauterie organisée par le patron de la Cordco, Edwin Cord. Ce dernier essaye de débaucher Matt pour le faire entrer dans la société quand l’entretien est interrompu par l’irruption du MAULER qui attaque le magnat avant que Daredevil ne s’interpose.

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Et les archives dans tout ça ??

Daredevil enquête sur l’identité et les motivations du MAULER. Edwin Cord explique qu’il s’agit d’un ancien employé, Aaron Soames, licencié pour faute grave dans la VF, pour raison administrative (« clerical reason », belle expression xylolalique) dans la VO, ayant volé un prototype d’armure (MAULER pour Mobile Armored Utility Emitter Revised) et cherchant à se venger.

daredevil_3Mais lors de l’attaque qui suit, Daredevil finit par découvrir la vérité de la bouche du Mauler. Aaron Soames, 63 ans, était un employé depuis 35 ans à la Cordco. Lorsqu’il demanda sa pension de retraite, on lui déclara que son dossier avait disparu. Et pas de dossier, pas de pension de retraite ! Il essaya la voie judiciaire mais il n’y aurait pas eu de procès avant un an. Il vola donc l’armure afin d’obtenir la force de se venger.

Et les archives donc ? L’ironie du sort voulait qu’Aaron avait été « file clerk » à la Cordco, poste que l’on pourrait traduire par archiviste/employé chargé du classement des documents. C’est l’ordinateur « plus rapide et moins cher » qui le remplace qui a effacé son dossier, suite à une erreur de l’informaticien-programmateur. La double peine….A noter que dans la version française, il n’est pas précisé l’emploi d’Aaron Soames, l’ironie de la situation est donc perdue.

David Michelinie, le scénariste, fait de ce personnage la victime moderne du machinisme, la mécanisation à tout crin, sous couvert d’économies et d’efficacité. Un discours bien connu dans de nombreuses professions, dont l’avatar dans notre domaine d’activité est le mythe de la digitalisation, du tout numérique et du zéro papier.

C’est un informaticien qui programme donc l’ordinateur à la tâche de gestion des documents. Seul. Et qui fait la boulette….Sans donner la possibilité de récupération ou même sans traces quelconques. Enfin c’est ce qu’on comprend, mais le patron est tellement machiavélique qu’il pourrait cacher toutes les traces liées à cette affaire. D’autant qu’ils ont fait vite, les bougres, pour tout numériser et détruire tous les dossiers papier….

Bref on a là un bel exemple du mythe de la numérisation en entreprise et de ce qu’il ne faut pas faire : laisser les informaticiens gérer seuls le projet, croire que la machine va remplacer l’employé, détruire sans réfléchir tous les dossiers papier….

daredevil167_3Mais au-delà de cet exemple, le Mauler montre bien que les archives sont la seule preuve permettant l’application des droits. Et sans preuves, peut-on dire qu’un fait a existé ? C’est cette sensation d’inexistence que le Mauler va finalement faire subir à Edwin Cord en détruisant tous ses documents d’identité, toutes ces cartes, bref tout le contenu de son portefeuille. Un acte symbolique, qui finira par lui coûter la vie, car il sera descendu par les gardes d’Edwin. Ce désir de prouver ses droits, incarnation de son existence sera son épitaphe, choisi par Matt Murdock.

Ainsi, pour terminer sur une note moins dramatique, mes chers confrères et consœurs, n’oubliez pas, lorsque qu’une personne se montre « pénible » de lui rappeler la chose suivante :

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Marc Scaglione