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Aujourd’hui, c’est Flavie Gourdon, une jeune archiviste de la Licence APICA de Dijon qui vous présente sa série culte : Chuck.

Créée par Josh Schwartz et Chris Fedak et diffusé entre 2007 et 2012, Chuck est une série américaine composé de 5 saisons et de 91 épisodes. CHUCK c’est LA série d’espionnage décalée à ne pas manquer.

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Chuck Bartowski c’est un peu l’image du looser au grand cœur. Viré de Stanford lorsqu’il était étudiant, ce passionné d’ordinateur se retrouve à travailler chez BUY MORE un magasin d’électroménager l’équivalant du Darty français où il répare des ordinateurs. Chuck est un éternel adolescent qui passe la plupart de son temps à jouer aux jeux vidéo ou regarder tous les épisodes de Star Trek avec son meilleur ami Morgan, tandis que sa sœur et son beau-frère tentent tant bien que mal de le caser. Vous l’aurez bien compris, Chuck mène une petite vie tranquille dans la ville de Burbank en Californie jusqu’au jour de son anniversaire.

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Ce jour là, Chuck reçoit un message d’un ex-ami de la fac (celui qui l’a fait renvoyer de Stanford) qui est en fait un agent secret. Au moment de l’ouverture du message, des millions de données, d’images, d’archives se transfèrent dans son cerveau. Toutes ces informations, proviennent de données de la NSA et de la CIA regroupées dans ce qu’on appelle «l’Intersecret ». Chuck possède donc dans son cerveau des informations top secrètes qui vont – vous vous en douterez- mettre sa vie en danger. Parce que oui bien sûr, tout le monde souhaite s’emparer de ces informations cruciales et qui pourraient parallèlement faire de notre ami Chuck un super agent. Mais c’est bien d’un homme sans histoire que l’on parle donc le chemin sera long et laborieux. Pour sa protection, deux agents lui sont assignés : un de la CIA, Sarah Walker et un de la NSA, Casey. Bien entendu une histoire d’amour va naître entre Sarah et Chuck.

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Dans Chuck on sait d’avance tout ce qui va se passer, tout est bon enfant mais c’est ce qui rend cette série très attachante et surtout sans prise de tête.

Et les archives dans tout ça ??

C’est bien dans l’intersecret que se trouvent les archives, il s’agit ici d’archives électroniques des deux plus grandes agences d’espionnage des Etats-Unis. Chuck se sert de ces archives pour sauver le monde mais surtout l’Amérique, bien sûr. L’idée mère de cette série repose donc sur cette utilisation mais également sur l’importance et l’enjeu de la protection des archives et de leur conservation.

La protection des archives 

L’intersecret représente les informations les plus précieuses de la CIA et de la NSA,  elles n’auraient normalement jamais dû se retrouver dans le cerveau de Chuck. Ce sont des archives qui ne sont pas destinées à la communication, elles sont top secrètes. Elles étaient enregistrées dans une machine très perfectionnée, elle-même conservée à Washington dans une des bases hautement sécurisées de la CIA.

La conservation des archives

Depuis toujours les modes de conservations évoluent avec le temps,  notamment avec les NTIC (disquette, cd, dvd…)- mais le papier demeure. Les archives électroniques ont une durée de conservation inconnue. Que va-t-il advenir d’elles ? La série Chuck propose un nouveau mode de conservation : L’homme. Chuck conserve les archives dans son cerveau, mais s’il meurt, les archives meurent elles aussi ?

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Un magasin d’archives :

C’est dans le dernier épisode de la saison 3 qu’apparait pour la première fois un magasin d’archives. C’est sous la maison d’enfance de Chuck que se trouve cette salle secrète, remplie d’archives réunies par son père. On peut y apercevoir des travées et des boites ressemblant à des boites Cauchard. Cette salle est dissimulée sous la maison et des lasers en protègent l’accès. Encore une fois un rappel aux notions de protection de secrets est présent, ce qui est assez récurent dans des séries ou films d’espionnage. Même si les archives dans Chuck sont avant tout électroniques, ce sont des archives papiers qui apparaissent ici.

Flavie Gourdon

C’est encore un thriller que ce billet porte à votre connaissance. Le projet Bleiberg est une œuvre de David S. Khara, un auteur français né à Bourges en 1969. Après des études de droit, il expérimente plusieurs carrières, en particulier celles de journaliste et de publicitaire. Depuis quelques années, il exerce son métier d’écrivain à plein temps. Son premier ouvrage, Les Vestiges de l’Aube, un thriller fantastique, rencontre le succès, confirmé par son deuxième ouvrage, Le Projet Bleiberg, objet de la présente chronique. Ce thriller historique, sorti en 2010, connait lui aussi de très belles ventes, ce qui encourage l’auteur à en tirer une trilogie dite « des projets ». C’est ainsi que sortent consécutivement Le Projet Shiro en 2011 et Le Projet Morgenstern en 2013.

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Jay Novacek est un trader de Wall Street, désabusé, alcoolique, qui passe sa vie vautré dans son canapé entre deux orgies. Suite à un terrible accident, Novacek ne travaille plus : il a renversé une fillette avec sa voiture de sport. Sa vie ne semble plus avoir le moindre sens malgré le soutien de son supérieur, Bernard Dean. Pour couronner le tout, Jay apprend la mort de son père, un militaire pour lequel il ne ressent que mépris et qu’il ne voyait plus. Alors qu’il annonce la nouvelle à sa mère, qui se trouve retirée dans une maison de repos et semble ne plus avoir toute sa tête, cette dernière lui remet un souvenir de ce père honni : une intrigante clef ornée d’une croix gammée et un numéro de compte bancaire dans un établissement suisse.

Notre héros paumé se trouve au cœur d’une intrigue où il va croiser la CIA dont son père était en fait membre ainsi que son patron protecteur, où il devient la cible de tueurs mystérieux et où il se découvre un étrange ange-gardien en la personne d’Eytan Morg, agent du Mossad. En parallèle, l’histoire de la Seconde Guerre mondiale remonte à la surface, notamment les expériences et autres projets monstrueux menés par les savants fous du nazisme.

Quel est donc le lien entre notre trader suicidaire, la CIA, le Mossad et les expériences pratiquées sur les humains par les séides du régime nazi ? Il vous suffira de plonger dans ce thriller au rythme enlevé pour en savoir davantage.

Et les archives dans tout ça ??

Qui dit complot, conspiration dit souvent dossiers secrets donc archives. Dans Le Projet Bleiberg, on rencontre un archiviste dont la description répond à tous les canons du genre, notamment dans la littérature française : le conservateur des archives du Mossad est décrit comme un homme âgé de soixante-cinq ans mais « en paraissant quatre-vingts ». Il est présenté comme un érudit aimable au regard malicieux, au moins, il n’envoie pas promener son interlocuteur duquel il semble très proche. Par la suite, l’ouvrage évoque un trafic d’archives signalé par les services secrets britanniques (le fameux MI6, employeur de James Bond !).Il s’agit de documents confidentiels évoquant les relations entre les agents britanniques et l’Abwehr, service de renseignement allemand pendant la Seconde Guerre mondiale. S’agit-il d’un trafic de collectionneur ou d’un sujet de plus grand ampleur puisque certains documents concernent des projets secrets et opérations menés dans les camps. L’auteur évoque la possibilité que certains fonctionnaires corrompus du Ministère de la Défense britannique aient pu vendre ces documents pour arrondir leurs fins de mois…

Un peu plus loin, les protagonistes se retrouvent dans un magasin de BD si vaste qu’Eytan Morg le compare à l’étendue d’une « salle d’archives du Mossad », les archives servent donc de mètre étalon pour décrire une immensité de bouquins.

Enfin, les archives sont encore mentionnées dans le journal du père de Jay Novacek, où il indique que le petit meublé qu’il occupe est « tapissé de documents d’archives ». Ces archives, mentionnées régulièrement dans le récit, sont donc objet d’enjeux et de trafic et aident à la compréhension voire à la révélation de manœuvres obscures et dangereuses vieilles de près de soixante-dix ans.

Quoi qu’on fasse, on n’arrête pas la vérité…c’est du moins la thèse de David Khara, à vous de tester.

Sonia Dollinger