Articles Tagués ‘Charlie Brooker’

Black Mirror est une anthologie télévisuelle britannique. Comportant trois saisons, chaque épisode est indépendant, traitant d’une histoire originale avec pour thème commun l’impact des nouvelles technologies sur la société et l’individu.

Black_Mirror_1

L’épisode qui nous intéresse aujourd’hui est la premier épisode de la saison 2 intitulé Bientôt de retour (Be Right Back en VO). Il a été diffusé pour la première fois en février 2013 en Grande-Bretagne et en mai 2014 en France. Au scénario on retrouve le créateur de la série Charlie Brooker (aussi connu pour sa mini-série Dead Set). L’épisode met en scène l’actrice Hayley Atwell, connue pour son rôle de Peggy Carter dans Captain America, et Domhall Gleeson (Bill Weasley dans la saga Harry Potter, Général Hux dans la nouvelle trilogie Star Wars).

Quelle est l’histoire ?

Ash et Martha sont un jeune couple et viennent d’emménager dans la maison familiale d’Ash. Alors que celui-ci ramène la voiture de location, il meurt dans un accident. Dévastée, la jeune femme est inscrite à son insu à un programme psychologique d’accompagnement au deuil. Ce programme permet aux endeuillés de discuter avec leurs morts. Comment ? Une intelligence artificielle est construite à partir des traces numériques du mort. D’abord réticente, Martha finit par s’impliquer sans en réaliser vraiment les conséquences..

Black_Mirror_4

un jeune couple amoureux

Et les archives dans tout ça ?

Les archives ne sont pas le cœur de l’épisode, le mot même n’y est même pas prononcé. Pourtant, le récit offre un point de vue intéressant sur la question de l’identité et sur son support : les archives.

La simulation d’Ash via l’IA est basée sur l’ensemble du matériel qu’il a déposé en ligne, photo, statuts, messages, mais aussi historiques de navigation. A travers les archives d’Internet, une personnalité est reconstruite. Lorsque Martha désire lui parler et non plus seulement lui écrire, elle ajoute à la simulation un certain nombre d’archives audiovisuelles (vidéos, enregistrement). Cela enrichit la personnalité. Puis finalement en manque d’interaction, elle commande un clone synthétique de son mari dans lequel l’IA est implanté. Elle finit par réaliser que le clone n’est pas son compagnon, mais une copie parcellaire, « des fragments ».

Black_Mirror_2

Ajout d’archives

Si l’épisode évoque des thématiques lourdes comme le deuil, il parle aussi d’identité. Il démontre que les archives sont avant tout des témoignages circonstanciés : la photographie d’un instant T dans un cadre précis. Outre un caractère partiel, les archives ont aussi un caractère partial puisqu’il s’agit, dans le cas des réseaux sociaux, d’une mise en scène de l’individu.

Black_Mirror_5

Une première discussion en ligne grâce aux archives

Ainsi, le spectateur est renvoyé, trop subtilement il est vrai, au fait que lorsqu’il consulte une trace (photographie, archive laissée sur un réseau social) il ne s’agit que d’une portion d’humain en représentation et non d’un être dans sa globalité et sa complexité. Les archives sont des fragments qu’il faut considérer comme tels.

Pour conclure en revenant au récit, on notera que Martha ne voulant plus voir l’aberration qu’est le clone de son défunt compagnon l’exile au grenier, faisant écho au début de l’épisode. Loin des yeux, loin du cœur, une maxime que nous connaissons tous, et plus particulièrement les archivistes, en tout cas en matière d’exil au grenier.

Black_Mirror_3

Un clone, ça se cote en série obj ? En attendant d’avoir la réponse : stockage au grenier !

Marc Scaglione

Publicités