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« I’m every nightmare you’ve ever had. I’m your worst dream come true. I’m everything you ever were afraid of. »

L’histoire reste la même pour les deux représentations, que ce soit « Il » est revenu ou Ça. Pour cause, elles se basent sur le livre de Stephen King, publié le 15 septembre 1986, dont le premier volet concerne l’enfance des protagonistes lors de leur première rencontre avec Grippe-sou et le deuxième volet se centre sur les adultes qu’ils sont devenus mais aussi sur le combat qu’ils vont devoir mener à nouveau contre le clown.

« Il » est revenu, 1990

Le premier film sorti en 1990 est une mini-série et est séparé en deux épisodes pour une durée totale de 3h07. Si dans la version sortie récemment le premier volet porte sur l’enfance des personnages, dans ce film-ci, les personnages sont déjà adultes et il s’agit seulement de souvenirs de leur enfance. C’est comme cela que l’on apprend ce qu’il s’est passé il y a 27 ans.

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coucou, je suis tout mignon, tu veux jouer avec moi ?

Ce film est particulièrement connu, pour être le premier film d’horreur avec un clown à passer à la télévision et il a traumatisé plus d’un téléspectateur.

De multiples commentaires sur internet témoignent de la diffusion ce film en classe alors que les élèves présents n’avaient alors qu’une dizaine d’années… Soit l’âge des protagonistes lors de leur première rencontre avec le clown. Ô Joie !

Ça, 2017

Ça (It ou It: Chapter One) est un film d’horreur américain sorti en 2017.

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tu veux un ballon ou des archives ?

À Derry, dans le Maine, sept gamins ayant du mal à s’intégrer se sont regroupés au sein du « Club des Ratés ». Rejetés par leurs camarades, ils sont les cibles favorites des gros durs de l’école. Ils ont aussi en commun d’avoir éprouvé leur plus grande terreur face à un terrible prédateur métamorphe qu’ils appellent « Ça »… Car depuis toujours, Derry est en proie à une créature qui émerge des égouts tous les 27 ans pour se nourrir des terreurs de ses victimes de choix : les enfants. Bien décidés à rester soudés, les Ratés tentent de surmonter leurs peurs pour enrayer un nouveau cycle meurtrier. Un cycle qui a commencé un jour de pluie lorsqu’un petit garçon poursuivant son bateau en papier s’est retrouvé face-à-face avec le Clown Grippe-Sou.

Et les Archives dans tout ça ??

Si l’on débute par la mini-série « Il » est revenu, qui dure tout de même 3h07, on s’aperçoit qu’il n’y a pas de scène se déroulant dans les archives. Cependant, on y retrouve tout de même une scène, assez connue, se déroulant dans la bibliothèque.

La bibliothécaire est une jeune femme plutôt séduisante qui a l’avantage d’attirer l’attention de Richie venu voir Mike.

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Tiens, une belle femme Bibliothécaire !!

Dans Ça, 17 ans plus tard, la bibliothécaire, et archiviste semble-t-il, est une femme plus âgée portant le fameux combo lunettes-cordon qu’arborent toutes les archivistes ou bien l’ensemble lunette-cheveux gris-poussière.

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Lunettes, chignon, cordon et femme âgée, pas de doute, on va causer archives !

Concernant les archives en tant que telles, dans Ça, les archives sont présentées lorsque Ben, qui fait des recherches à la bibliothèque sur les catastrophes qui se sont déroulées à Derry, avec comme principal sujet l’explosion de la fonderie en 1908, lors de la chasse aux œufs de Pâques, tuant tous les enfants présents. Lorsqu’il finit de feuilleter le livre avec les photos de l’incident, il est mené jusqu’aux archives de la bibliothèque qui se situent sous la bibliothèque et éloignées de la salle de lecture. Il y fait sombre, forcément, la lumière s’allume toute seule, évidemment. On aperçoit le terme « archives room 3 » ainsi que les cotes sur les étagères de rangement. Des cartons d’archives ainsi que des livres sont entreposés dans les escaliers.

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Aux Archives, les morts parlent…

Ben court à travers ce labyrinthe d’archives poursuivit par l’homme sans tête ou Grippe-sou… avant de percuter de plein fouet la bibliothécaire arrivée dans la pièce.

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Bilan : quelles images positives des archives ! Une bibliothécaire-archiviste stéréotypée, une pièce sombre, un labyrinthe (c’est vrai que nous n’en sortons jamais et qu’on est parfois perdu), et bien entendu, des cadavres et des clowns cachés qui n’attendent que de vous tuer à votre tour.

BIENVENUE A DERRY !

Amandine Garcia

Ça ! Les archives de Derry

Publié: 20 septembre 2017 dans Littérature
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Ça ! Deux lettres qui ont traumatisé des générations de lecteurs depuis la sortie de ce titre de Stephen King en 1986. Clown, araignées, momies, loup-garou, toutes les peurs profondes liées à l’enfance mais aussi au monde adulte sont convoquées dans ce titre horrifique dont la lecture ne laisse pas indifférent.

ça_1Dans ce titre, Stephen King raconte la lutte d’un groupe de sept enfants, regroupés dans le club des Ratés, avec une monstruosité pluriséculaire tapie dans les soubassements de la ville de Derry, située dans le Maine. Les enfants se débattent avec leurs handicaps, leurs peurs, leurs complexes et évoluent dans un monde hostile où ils doivent se confronter à d’autres jeunes bourreaux, à l’indifférence des adultes et à un monstre qu’ils sont seuls en mesure d’affronter.

Le monstre attire les enfants en prenant le plus souvent la forme d’un clown ou déchaîne la violence pour se repaître du sang des habitants de Derry sans que personne, à part ce petit groupe de sept, ne semble y prêter attention. Livre mettant en scène l’Horreur pure – rappelant en cela les écrits de Lovecraft – Ça est également un grand roman sur l’Enfance, la puissance des rêves, de l’imagination et la générosité des enfants et les rapports compliqués qu’ils entretiennent avec le monde des adultes qui peut parfois sembler proche de l’Enfer.

Et les archives dans tout ça ??

Le roman de Stephen King alterne les récits de plusieurs époques différentes. Les deux principales phases se déroulent en 1958 lors de l’enfance des membres du Club des Ratés et en 1985 lorsqu’ils reviennent à Derry étant adultes.

ça_2Toutefois, il arrive que Stephen King fasse appel à des périodes plus anciennes de l’histoire de la ville afin de démontrer que Ça sévit depuis longtemps déjà dans les sous-sols de la ville. Dès 1740, la disparition de 300 colons est consignée dans les chroniques de la ville…Mais est-il fait mention des archives dans ce récit ?

L’un des sept héros, Mike Hanlon est bibliothécaire – et non archiviste – et est présenté comme le gardien de la mémoire et le véritable historien de la cité. C’est le seul qui reste à Derry et c’est lui qui prévient les autres du retour de Ça en 1985. A plusieurs reprises, King insiste sur le fait que certaines anecdotes ne sont connues que de lui seul. Lorsque le groupe se retrouve ensemble, Mike prend des notes et consigne « les minutes » de leurs réunions. Il a donc à cœur de conserver une trace des événements auxquels ils sont confrontés. Ses réflexes sont donc bien ceux d’un archiviste scrupuleux qui est également un acteur des faits.

Derry ne semble pas disposer d’un centre d’archives historiques puisque les documents évoquant l’histoire de la ville sont conservés à la Bibliothèque où travaille Mike avec certains manuscrits ayant appartenu à des écrivains plus ou moins célèbres.

Pourtant, les archives sont évoquées à plusieurs reprises : leur absence peut parfois se révéler cruciale et avoir des conséquences désastreuses. C’est le cas lorsque le père de Bill lui raconte que « cinq kilos de plans se sont un jour évanouis dans la nature« …pas de chance, ce sont les plans des canalisation et des égouts de la ville. La disparition de ces documents met en danger l’ensemble de la population, à commencer par le personnel des eaux dont certains membres se sont perdus à jamais dans les sous-sols. On peut toutefois s’étonner que personne n’ait jamais eu l’idée de recommencer le travail en faisant le relevé du réseau. La perte d’archives handicape donc grandement la ville sans que celle-ci n’y fasse grand chose.

ça_3Les archives de la ville sont mentionnées rapidement lorsque l’auteur évoque le lynchage du bûcheron Claude Héroux en 1906 après que ce dernier ait commis un massacre dans un bar. « Ce fut, du moins d’après les archives de la ville, le seul lynchage qui eût jamais lieu dans cette partie du Maine. Et, est-il besoin de le préciser, il ne fut pas signalé dans les colonnes du Derry News« . King n’en dit pas plus, on ne sait donc où sont conservées ces archives, mais le paragraphe est intéressant et édifiant pour ceux qui auraient tendance à ne consulter que la presse pour leurs recherches. Ici, un événement marquant – le lynchage d’un homme – est occulté par le journal local alors qu’il apparaît bien dans les archives qui restent donc une source primordiale et indispensable si on veut s’immerger dans l’histoire d’une cité.

Enfin, le mot archives apparaît de manière anecdotique en fin de roman lorsque King montre l’effondrement du bâtiment qui fait office de commissariat de police et de tribunal. Il indique la présence « d’un grenier où sont entassées toutes sortes d’archives et d’objets appartenant à la ville devenus inutiles. » L’histoire ne dit pas ce que sont devenus ces documents prétendus inutiles après l’effondrement de la structure…

Si les archives sont bien loin d’être au cœur du récit, leur absence – celles des plans – ou leur présence – celles de la ville qui racontent le lynchage – changent toutefois la donne de manière bien moins anecdotique qu’il n’y paraît.

Sonia Dollinger