Articles Tagués ‘archiviste’

Star Wars : The Clone Wars est une série télévisée en images de synthèse, en sept saisons, diffusée initialement entre 2008 et 2014, avec un retour inattendu en 2020. Il s’agit d’une des nombreuses œuvres Star Wars relatant les événements se passant entre le deuxième et le troisième film, Sonia a évoqué une série de comics du même nom dans un autre billet.

Quelle est l’histoire ?

La bataille de Géonosis se termine, la guerre entre les Séparatistes et la République est déclenchée. Anakin devenu chevalier Jedi se voit confier par Yoda, une padawan. Cette apprentie intrépide et douée se nomme Ahsoka Tano. Nous allons suivre les aventures de ce duo et du général Kenobi dans la grande guerre des clones.

Et les archives dans tout ça ??

Dans le premier épisode de la saison 2, Anakin, Obi-Wan et Ahsoka sont cernés par les troupes séparatistes sur la planète Felucia. Grâce à une offensive désespérée, les Jedis réussissent à s’échapper, mais Ahsoka refuse d’obéir pensant encore vaincre l’ennemi. Revenus sur Coruscant, ils paraissent devant le Conseil Jedi. La punition tombe : Ahsoka est affectée à la sécurité des archives du Temple sous la supervision de notre archiviste cliché préférée : Jocasta Nu.

Jocasta fait la visite des archives à Ahsoka qui semble découvrir les lieux. Pour rappel Ahsoka a été en formation au Temple de l’âge de trois ans à quatorze ans, lorsqu’elle devient Padawan. Ce qui veut dire qu’elle n’a jamais mis les pieds aux Archives Jedi durant sa formation…. Durant la présentation, Jocasta se vante sur la qualité de son fonds, indiquant que les archives contiennent nombre de secrets. Elle montre alors l’entrée du coffre-fort contenant les holocrons, des boîtes renfermant « les secrets les plus jalousement gardés de l’Ordre Jedi ». Ahsoka demande alors si elle peut visiter le coffre, ce qui lui est refusé par Jocasta, elle-même expliquant qu’elle n’y a pas mis les pieds depuis des années. Le coffre n’est accessible qu’aux membres du Conseil. Ce qui sous-entend que l’archiviste responsable n’a pas accès à toutes les archives….

Evidemment, la garde d’Ahsoka ne va pas être de tout repos. Non que les archives soient bondées. Elles sont même plus que vides : économie de coût pour le studio, mais aussi le signe que les Jedis en temps de guerre ont vidé les lieux. Non, Dark Sidious souhaite récupérer un holocron dans la salle des coffres. La deuxième partie de l’épisode va tourner autour de ce braquage qui sera une réussite et ne pourra être empêché ni par Obi-Wan, ni par Anakin et encore moins par Ahsoka. Le but final ? Utiliser le dit holocron pour décrypter un cristal contenant la liste des enfants sensibles à la Force….

Un holocron volé

Les archives ici servent de cadre à l’intrigue mais montrent plusieurs défaillances Jedi importantes :

  • La sécurité du Temple n’est pas assurée, car malgré l’avertissement de Yoda, les Jedis n’ont pu empêcher un vol au sein de leur coffre-fort ;
  • La formation des jeunes semble à désirer, puisque Ahsoka n’a jamais mis les pieds aux Archives ;
  • Enfin la gestion de l’information semble vraiment opaque, puisque l’archiviste n’a pas accès aux archives secrètes de l’Ordre.
La punition tombe

Un passage court mais plein de sens donc.

Marc Scaglione

En 2018 au temps où l’on pouvait encore se rendre au cinéma, on pouvait aller voir le film de Spielberg Ready player one d’après le livre paru en 2011 d’Ernest Cline. 2045. Le monde est au bord du chaos et les êtres humains fuient la morosité de l’existence en se réfugiant dans l’OASIS, univers virtuel mis au point par le brillant et excentrique James Halliday. Avant de mourir, Halliday a décidé de léguer son immense fortune et sa création à quiconque découvrira l’œuf de Pâques numérique qu’il a pris soin de dissimuler dans l’OASIS. Ce scénario n’est pas sans nous rappeler le monde merveilleux de Charlie et la chocolaterie, dont la référence est d’ailleurs présente dans la bande son. Ainsi l’appât du gain provoque une compétition planétaire à laquelle un jeune garçon, Wade Watts qui n’a pourtant pas le profil d’un héros, décide de prendre part. C’est donc au milieu d’un monde virtuel où les références à la pop culture sont omniprésentes que le personnage principal se lance dans une chasse au trésor extravagante, dont la clef repose dans les journaux de Halliday.

Bâtiment ultra-moderne, spacieux, lumineux et géré par le conservateur. Le conservateur présente les journaux ainsi : « Chaque article des journaux de Halliday a été méticuleusement assemblé à partir de photos et de vidéos personnelles, d’images de caméra de surveillance et de caméras cachées. Le tout traité pour offrir une expérience virtuelle tridimensionnelle. De plus Halliday a archivé tous les films, jeux, livres et émissions de télé qu’il a vus, disponibles à la mezzanine. Aucune arme, aucun avatar pornographique ne sont permis à l’intérieur des journaux. Profitez bien de votre visite parmi nous et bonne chasse à l’œuf ! »

Ces archives de la vie de James Halliday revêtent différents aspects intéressants, premièrement c’est qu’on y trouve tous les supports possibles. Deuxièmement ils concernent tous James Halliday. Troisièmement, on a la présence d’un règlement intérieur, laconique mais présent. Enfin, ces archives ont été complétées en recréant les souvenirs de Halliday puisque « chaque article (…) a été méticuleusement assemblé à partir de photos etc ».

En ce qui concerne le conservateur, gardien des archives, il les gère seul et c’est sa vocation, il est le lien entre les journaux et le public. L’aspect le plus intéressant de ce personnage est sa représentation. Si on n’y prête pas attention on se dit qu’il correspond parfaitement à l’archétype du conservateur, c’est un homme guindé, vêtu d’un costume trois pièces avec des gants blancs, il a un accent précieux dans sa voix (style VGE) et il semblerait même qu’il porte des guêtres. Le personnage du conservateur est assimilé au sérieux et à la bienséance mais il est suranné, c’est d’ailleurs l’un de ses ressorts humoristiques. Il est en décalage avec les personnages principaux qui, eux, sont jeunes et cool et il refuse par exemple de « checker » avec eux.

Si on regarde de plus près sa tenue vestimentaire, on remarque au premier abord un costume trois pièces qui est la caractéristique irréfragable de l’élégance et du raffinement. Mais en prêtant attention aux détails, on remarque que ce costume correspond plutôt à un autre imaginaire. Le col cassé, la queue de pie, les guêtres et même les gants blancs, ajoutés à sa posture, droit comme un « i » et les mains dans le dos et à sa fonction de servir le public, cela renvoie plus à l’image du majordome ou du maître d’hôtel qu’à celui du conservateur.

Ces archives correspondent à un idéal axé vers le public, le bâtiment est ouvert, lumineux, accessible, et le conservateur est totalement perçu comme étant dévoué à ses usagers. Notons d’autre part que ses archives sont déjà parfaitement classées, il se concentre donc à faire le lien entre les documents et le public. Ainsi est-il plus dévoué à satisfaire les usagers qu’il n’est investi dans ses archives, la preuve est qu’il perd un pari contre le héros qui met en évidence un hapax dans les journaux de Halliday que le conservateur n’avait même pas remarqué. En réalité ce dernier point est à nuancer mais pour éviter le divulgâchage il faudra en laisser juger l’archiviste spectateur par lui même.

Léo Garnier

L’Ordre du jour est un récit d’Eric Vuillard, écrivain et cinéaste français, sorti en 2017 chez Actes Sud. Le titre reçoit le prix Goncourt la même année. La couverture reprend une photographie de Gustav Krupp, un grand industriel allemand.

Quelle est l’histoire ?

Ce court récit de 160 pages évoque les débuts du IIIe Reich et montre plusieurs moments clefs de la montée du nazisme. L’auteur décrit, dans un premier temps, une réunion menée par Göring où vingt quatre grands patrons allemands sont appelés à soutenir financièrement Adolf Hitler. La description des protagonistes est particulièrement juste et glaçante. L’autre moment décrit avec force détails est la préparation de l’Anschluss jusqu’à cette invasion de l’Autriche qui scella le sort du monde. Les acteurs du récit sont étudiés à la loupe et le récit oscille entre humour noir et dénonciation forte d’un capitalisme complice et d’une lâcheté généralisée.

Et les archives dans tout ça ??

L’évocation des archives passe par la description d’une photographie représentant le chancelier autrichien Kurt Schuschnigg. Eric Vuillard en donne tous les détails, même les plus infimes pour nous dire ensuite que personne ne connaît réellement cette photographie dans son entier : « Il faut aller à la Bibliothèque nationale de France, au département des estampes et de la photographie, pour la voir. Celle que nous connaissons a été coupée, recadrée. Ainsi, à part quelques sous-archivistes chargés de classer et d’entretenir les documents, personne n’a jamais vu le revers mal fermé de la poche de Schuschnigg (…) »

Par cette description, l’auteur nous montre combien les retouches, les recadrages ou les manipulations d’archives peuvent fausser l’impression ou les données offertes au chercheur ou au spectateur. Si le romancier parle en termes d’impressions, de sensations, montrant combien la photographie manipulée offre des atmosphères différentes, on peut faire la même réflexion sur la recherche historique : se contenter de documents de seconde main sans aller vérifier la source primaire peut totalement fausser une interprétation et donc le résultat d’une recherche. La vérité semble appartenir aux « sous-archivistes » qui, eux, ont les archives originelles sous les yeux. Le développement de la mise en ligne, les archives photographiques à portée de main devraient résoudre cette problématique, multipliant également les possibilités de retouche et donc de fausser le document originel.

La même thématique revient un peu plus loin avec les films de propagande tournés par l’armée allemande au moment de l’Anschluss : ils montrent une armée triomphante alors que tout ne s’est pas déroulé comme prévu et que la progression des chars allemands a connu quelques couacs. L’interrogation, la mise en contexte du document qui nous est donné à voir est primordiale, comme la mise en perspective des archives qu’on nous livre : de moment historique qui a sauvé la paix, Munich devient, à la lecture de nos regards contemporains une débâcle avant l’heure. Que dire également des visages figés sur les photographies qui montrent une Autriche en liesse : que pensent les gens dont l’attitude se trouve rappelée et fixée par les archives ? Alors que la vie continue, que l’humain évolue, certains de ses choix restent prisonniers du document d’archives pour l’éternité.

L’ouvrage décrit aussi fort bien la manie des puissants de vouloir laisser leur marque dans l’Histoire. A l’image des rois de France qui employaient des historiographes, Herman Göring : « avait demandé à ses propres services de noter ses conversations importantes ; il fallait que l’Histoire puisse un jour s’en emparer« . Mégalomanie des puissants, bénédiction pour le chercheur en quête d’archives mais aussi pour les juges de Nuremberg à qui ces documents, produits à des fins de glorification personnelle, serviront de preuves irréfutables pour condamner Göring. Les archives, ainsi accumulées pour servir la gloire du maréchal contribuent à sa chute.

Archives retouchées, manipulées, torturées, fabriquées et scrutées, elles sont malgré tout ce qui nous reste de ces vies et de ces choix qui ont changé le monde à jamais.

Sonia Dollinger

Hitman 3 : tuer l’archiviste !

Publié: 23 janvier 2021 dans Jeux
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Hitman 3 est un jeu vidéo d’infiltration développé et édité par IO Interactive sorti le 20 janvier 2021 sur quasi toutes les plateformes. Il s’agit du troisième opus du reboot de la série, créée en 2000, et initié en 2016. Le joueur incarne toujours l’agent 47, un tueur à gages chauve dont la seule marque distinctive est un code-barres à l’arrière du crâne. La licence a connu deux adaptations en film. Nous avions déjà parlé du deuxième film ici.

Quelle est l’histoire ?

L’agent 47 n’est plus le tueur docile et soumis de l’organisation ICA (International Contract Agency). En guerre contre cette dernière, il va devoir traquer l’organisation derrière l’organisation, Providence, et en éliminer les responsables. C’est eux ou lui maintenant.

Et les archives dans tout ça ??

Après avoir liquidé les responsables de Providence, 47 cherche à faire tomber l’ICA. Il a déjà révélé l’existence de l’organisation au monde. Pour la faire tomber, cela ne suffit pas. Il faut révéler aussi leurs agissements et leurs actions passées. 47 décide donc de voler leurs archives (rapports de mission, infos clients, dossiers de personnel, etc.) et de tout divulguer sur Internet. Il se rend donc dans le centre de stockage de données de l’ICA en Chine, dans une ville où la surveillance est la règle. Une allusion directe à la société chinoise, incarnation récente du Big Brother.

Le système de sécurité est le problème numéro 1. Pour accéder à toutes les données, il faut la double validation de Hush, un transhumaniste chargé de la cybersécurité, et d’Imogen Royce, responsable du centre de données, dénommé « archiviste » par l’assistante de 47. Le système est impénétrable. Il n’existe qu’une faille : si les deux responsables meurent dans un délai très court, un programme d’urgence s’enclenche. Et ce programme peut être piraté.

L’une des possibilités est de vous faire passer pour un inspecteur de l’ICA, venu contrôler l’installation. Dans ce cas, Imogen vous fera la visite en personne. Toute personne ayant mené une visite devant une personne en fonction sait qu’il faut axer son discours de présentation sur les points forts. C’est ce que fait Imogen :

– la sécurité : elle présente la gestion des accès et la protection anti-explosion et anti-IEM (impulsion électro-magnétique) des installations ;

– L’utilité de ce travail, par des formules « l’endroit où nous stockons le passé, et facilitons le présent » ou encore « la connaissance c’est le pouvoir. Mais la connaissance, sont surtout les opportunités » ;

– Sa plus-value personnelle : elle indique avoir développé un algorithme prédictif, capable de supprimer le boulot d’analystes, entraînant gain de temps et d’argent.

47 finit par la tuer et partir en quête de Hush.

Ce passage est intéressant à plusieurs titres. C’est une des premières fois où on appose clairement dans une fiction « archiviste » et « gestion de données ». La plupart du temps, la question de la donnée, est celle de l’informatique. Elle relève de la pensée magique : les données sont accessibles, compréhensibles et trouvables seules. On peut se passer de l’intermédiaire du guide qu’est l’archiviste, ce guide est cependant nécessaire pour la montagne de paperasse que sont les archives sur support physique.

Enfin, la question de l’algorithme interroge aussi. Jusqu’où notre métier peut-il être automatisé ? L’archiviste électronique sera-t-il un humain, un calcul mathématique ou une intelligence artificielle ? Ces questionnements interrogent à la fois la perception de notre métier par nous-mêmes et les décideurs, mais aussi sur notre plus-value et les limites de l’automatisation.

Comme quoi tuer un archiviste peut éclabousser notre esprit de réflexions multiples.

Marc Scaglione

Nous allons nous concentrer sur La Marque jaune, le plus grand succès des aventures de Blake et Mortimer mais également de leur auteur, Edgar P. Jacobs. Cette aventure fut publiée planche par planche dans le journal de Tintin entre 1953 et 1954 tandis que l’album date de 1956.
Vous aurez sans doute reconnu la couverture puisque celle-ci a dépassé le cercle de la bande dessinée. Elle a été de nombreuses fois copiée et parodiée et est une véritable icône de la bande dessinée belge et de la bande dessinée en général.


Le M que l’on voit sur le mur est la signature de la Marque jaune ; il est inspiré du signe que porte M le maudit, un personnage du réalisateur allemand Fritz Lang. Jacobs avoue avoir été influencé par ce dernier et on le verra une nouvelle fois dans la Marque jaune puisque l’un des personnages, le docteur Septimus, est inspiré du docteur Mabuse. Cet album trahit également la passion de Jacobs pour l’opéra, son premier amour, tant par le scénario que par les personnages.
L’aventure se déroule à Londres, à un moment où la ville est frappée par les actions de la Marque jaune. A son actif : raid contre la banque d’Angleterre, vol à la National Gallery et même le vol de la couronne royale à la tour de Londres au tout début de l’album.
Au fur et à mesure, elle va même jusqu’à prévenir Scotland Yard de ses futures actions, ridiculisant ainsi les services de police impuissants.
Les autorités réagissent en détachant le Capitaine Francis Blake du MI5 auprès de Scotland Yard. Comme à l’accoutumée, celui-ci met dans la boucle son meilleur ami, le professeur Philip Mortimer. Ce dernier étant scientifique, Blake pense qu’il peut l’aider compte tenu des pouvoirs surnaturels que semble posséder l’homme qui se cache derrière la Marque jaune.

Suite à l’arrivée de Blake aux commandes, la Marque jaune change brutalement ses habitudes puisque les enlèvements succèdent désormais aux vols. En effet, elle réussit à enlever tour à tour le docteur Vernay, le rédacteur en chef du Daily Mail Macomber, le juge Calvin et le docteur Septimus. Difficile d’expliquer leur enlèvement successif. Les seuls indices dont disposent Blake et Mortimer sont que ces quatre personnes étaient amies et qu’elles fréquentaient le Centaur Club où elles croisaient régulièrement Blake et Mortimer.

Tandis que Blake dirige l’enquête policière, Mortimer se lance dans des recherches afin de trouver le lien entre ces quatre personnes qui pourrait l’aider à remonter jusqu’à la Marque jaune.

Et les archives dans tout ça ??

Les archives interviennent à ce moment-là de l’histoire puisque le professeur Mortimer décide de se rendre aux archives du Daily Mail, le journal dirigé par Macomber. Ce journal existe réellement et est régulièrement lu par Blake et Mortimer.
Jacobs nous donne peu d’information sur le service d’archives du journal. Il semble que celui-ci accueille l’ensemble des parutions du Daily Mail mais on ne sait pas s’il possède d’autres fonds.

Comme on peut le voir sur cette case, les fonds contenant les collections du journal sont naturellement triés par années puisque l’archiviste tend à Mortimer des ouvrages cotés 22 correspondant à l’année 1922.
L’archiviste se nomme Mister Stone. On suppose qu’il dirige les archives du Daily Mail mais on ne sait pas s’il est seul à s’occuper des archives bien qu’on puisse également le supposer, Jacobs ne nous montrant pas d’autres archivistes. Il porte un cache-poussière bleu en guise de tenue de travail.

Lors de la venue de Mortimer, il lui montre des archives du journal qui lui permettent de faire le lien entre les quatre personnes enlevées. Trois d’entre elles ont contribué à la condamnation d’un certain John Wade à cause des hypothèses douteuses de son livre The mega wave. Seul le docteur Septimus, également enlevé, prit publiquement la défense de Wade. Suite à ce procès, le livre fut retiré des rayons et reste introuvable, comme l’indique l’archiviste à Mortimer.

Un peu plus tard dans l’aventure, alors que Mortimer n’était plus en lien avec Stone, ce dernier viendra sonner chez lui un soir afin de lui apporter le livre introuvable. Cela témoigne de sa conscience professionnelle qu’on peut qualifier d’extrême puisque celle-ci le pousse à se rendre au domicile de son usager pour que ses recherches entamées dans son service soient complètes.

Mister Stone apparaît donc deux fois de manière succincte dans l’histoire mais ses interventions sont décisives puisque c’est lui, en complément de ses archives, qui permet à Mortimer de faire le lien entre les quatre hommes. C’est également lui qui procure à Mortimer le livre du Dr Wade alors que celui-ci est introuvable, y compris à la bibliothèque du British Museum.

Ces renseignements s’avéreront décisifs puisque c’est en fait le docteur Septimus qui est à l’origine de la Marque jaune. La personne se cachant derrière la Marque jaune est Olrik, éternel ennemi de Blake et Mortimer, manipulé par Septimus. Ce dernier surnomme d’ailleurs Olrik « Guinea Pig » (cochon d’inde) lorsqu’il revêt les habits de la Marque jaune. Le fameux livre du Dr Wade fut en fait écrit par le docteur Septimus qui utilisa un pseudonyme. Dans ce livre, il expliqua les pouvoirs de the mega wave, l’onde méga, qu’il mit à profit afin de donner des pouvoirs surnaturels à la Marque jaune.

Cet album a donné lieu à une adaptation en dessin animé en 1997. Dans celle-ci, le service d’archives semble différent de celui de la bande dessinée de Jacobs. Il est beaucoup plus sombre et semble plus imposant.

Les réalisateurs de la version animée ont choisi de ne pas conserver le passage où l’archiviste apporte l’ouvrage au domicile de Philip Mortimer. Ainsi, celui-ci le trouvera par hasard dans la bibliothèque du professeur Septimus lorsqu’il alla l’interroger en compagnie de Francis Blake. On peut également relever une erreur dans ce dessin animé. En effet, dans la BD, Mortimer trouve l’article sur l’affaire Wade dans les registres de l’année 1922 alors que dans le dessin animé, cet article se trouve dans le registre de septembre 1953. En revanche, l’importance du passage de Mortimer aux archives est intacte puisque c’est toujours grâce à Stone qu’il fait le lien entre les quatre personnes enlevées, via l’article sur l’affaire Wade.

Maxime Barbaut