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Batman Anarky est un titre scénarisé par Brian Buccelato et Francis Manapul. On retrouve Francis Manapul au dessin, accompagné par d’autres dessinateurs : Werther Dell’EderaJorge Fornés et Scott Hepburn. Les couleurs sont assurées par Brian BuccelatoJohn KaliszLee Loughridge et Jon Proctor. Le présent volume reprend Detective Comics annual #3, Detective Comics #30-34 et 37-40 parus en 2014 et 2015 aux Etats-Unis. En France, le récit sort sous le titre Batman Anarky en novembre 2019 chez Urban Comics.

Quelle est l’histoire ?

La ville de Gotham est victime des différents gangs mafieux qui s’affrontent sur fond de trafic de drogue et d’être humains. Batman a fort à faire pour lutter contre les nombreux fléaux qui gangrènent la cité. Alors que la ville est déjà à feu et à sang, un nouveau vilain fait son apparition. Caché sous un masque, Anarky pose sa marque dans toute la ville et s’en prend aux symboles du pouvoir et de l’argent en faisant exploser la tour Wayne et en piratant tous les systèmes informatiques de la ville. Anarky prétend vouloir libérer les habitants de Gotham de leurs chaînes mais que vont-il faire de leur liberté naissante ?

Et les archives dans tout ça ??

Au cours de cette aventure, Batman mène une recherche sur des enfants disparus des années auparavant. Il a fait une découverte morbide : des crânes d’enfants et il tente, à partir de ces fragments humains de retrouver leur identité. Il se sert donc de la base de données des enfants disparus, des archives bien vivantes et hélas fort utile dans ce genre de cas.

Alors qu’une explosion détruit en partie la tour Wayne, le vilain Anarky s’adresse aux habitants de Gotham : il leur montre combien ils sont prisonniers de la vie dans laquelle la société les enferme et, pour les libérer, Anarky a décidé d’effacer toutes les données informatiques de la ville. Ainsi, les fichiers d’empreintes digitales, les données bancaires, les permis de conduire ou les casiers judiciaires n’existent plus. Gotham se réveille sans passé. Comme le dit Anarky :  » ceux que vous étiez n’existent plus ». Chaque citoyen a désormais le choix de sa destinée mais les autorités se trouvent impuissantes et privées de tout moyen d’investigation. C’est le blanc total et plus rien ne peut être contrôlé, les Gothamites tenants du droit à l’oubli ont de quoi se réjouir ! Cet incident démontre la fragilité d’une société reposant sur la gestion entièrement numérique de ses archives courantes car, visiblement, aucun document papier ne semble pouvoir pallier le problème ce qui déstabilise totalement l’organisation de la cité. Aucune sauvegarde ne semble pouvoir être chargée, aucune sécurité n’a fonctionné. On en frissonne, même si on tente de se consoler en se disant que c’est impossible dans la vie réelle, même si le piratage récent de sites de collectivités territoriales a de quoi faire frémir.

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L’effacement de l’ensemble des archives de la ville par Anarky empêche Batman de progresser dans son enquête et d’identifier les enfants disparus : « vous auriez identifié ces pauvres enfants si Anarky n’avait pas effacé toutes les archives du comté ».

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L’action d’Anarky qui souhaite libérer les humains du poids du passé a des conséquences néfastes puisqu’elle provoque la perte de données absolument essentielles. Cet incident démontre bien qu’une société sans archives ne peut fonctionner correctement. Pour faire progresser leur enquête, Batman et le détective Bullock sont dans l’obligation d’avoir recours aux archives papier. Mais, là encore, les failles existent puisque lorsque Bullock tente de consulter un dossier, il s’aperçoit que certaines pièces ont disparu de manière plutôt étrange.

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Tout finira par s’arranger avec l’aide de Batgirl, informaticienne hors pair, qui restaurera les archives numériques de Gotham mais cet épisode anarchique aura laissé quelques traces.

Batman Anarky démontre la fragilité des archives, quel que soit leur support lorsqu’elles sont mal administrées ou mal protégées. Cet épisode montre aussi l’importance stratégique des archives dans l’administration d’une cité. Dommage qu’il faille toujours un drame pour qu’on s’en aperçoive…

Sonia Dollinger