Her Story : passé recomposé

Publié: 13 octobre 2017 dans Jeux
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Her Story est un jeu vidéo interactif indépendant écrit et réalisé par Sam Barlow, connu pour avoir été le scénariste des jeux Silent Hill : Origins et Silent Hill : Shattered Memories. Le jeu est sorti le 24 juin 2015 pour les systèmes Microsoft, MacOS, IOS puis a été porté sur les systèmes Android. Il s’agit d’un jeu utilisant la FMV (full motion video) : c’est une technique qui remplace des personnages animés par des séquences filmées avec des acteurs.

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Le jeu a reçu plus d’une vingtaine de récompenses depuis sa sortie, notamment le trophée de la Meilleure Performance de la Game Awards 2015 pour l’actrice Viva Seifert. A noter que le jeu n’existe qu’en anglais sous-titré anglais. Un bon exercice donc.

Quelle est l’histoire ?

Vous incarnez un personnage mystère qui accède à une base de données de la police. Cet accès vous permet de visionner les vidéos numérisées des interrogatoires d’Hannah Smith dans le cadre de la disparition de son mari Simon Smith. A vous de découvrir ce qui s’est réellement passé.

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Et les archives dans tout ça ?

Une note présente sur le bureau et intitulée « Introduction to logic Database » explique la construction de la base de données ainsi que ces modalités d’utilisation.

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On apprend ainsi que la base de données est constituée d’enregistrements de vidéos d’interrogatoires des archives de Portsmouth. Les enregistrements originaux ont été numérisés en 1999, mais le projet a été mis en veille à cause du bug de l’an 2000. On nous informe aussi que les enregistrements concernant les questions de l’enquêteur semblent avoir été perdus. La personne qui nous fournit l’accès à la base indique ne pas les avoir retrouvées sur le serveur. Peut-être la cause en est que les cassettes ont été endommagées lors de l’inondation des archives en 1997 (l’affaire Smith datant de 1994).

Deux points importants : les archives du monde judiciaire sont tout aussi sujettes à catastrophe que celles des autres (l’inondation est un cas récurrent) et la numérisation ne résout pas tout puisque l’on peut perdre des informations. En tout cas, il semble qu’il manque de la documentation sur la question (savoir ce qui a été numérisé ou non).

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Ensuite, le gameplay du jeu est complètement calqué sur le fonctionnement de la base de données. Via un système automatique de reconnaissance de parole automatique, toute la bande audio des vidéos a été sténographiée et jointe à ces dernières. Il suffit de taper un mot dans la barre de recherche, et le moteur va fouiller dans les sténographies pour trouver les informations. Ainsi est construit le système de mot-clefs et d’indexation. Même si votre recherche est fructueuse, la base de données n’affichera que 5 résultats. A vous donc de trouver les combinaisons adéquates pour visionner toutes les vidéos.

En outre, le joueur peut ajouter des mots-clés et par conséquent enrichir la recherche. Un aspect participatif.

Ainsi le jeu montre toute l’importance d’une bonne indexation et des mots-clefs, indispensable pour un accès à l’information. La numérisation seule ne suffit pas. Il ne s’agit là évidemment pas d’une problématique propre aux archivistes, mais commune à tous les professionnels de l’information-documentation.

Alors si vous aimez les enquêtes, à vous de jouer !

Marc Scaglione

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Sans pitié ni remords est un roman policier de Nicolas Lebel, professeur d’Anglais et auteur de plusieurs titres de fiction mettant en scène l’inspecteur Mehrlicht. Dans cet ouvrage, Lebel évoque le monde de l’art et les trafics d’œuvres qui se trament en sous-main dans les réserves des grandes institutions.

Sans pitiéNous sommes en novembre 2014 et le capitaine Mehrlicht vient de perdre son meilleur ami, Jacques Morel, également policier. Sans héritier, Morel fait de Mehrlicht son légataire. Alors que le notaire lui tend une enveloppe contenant un diamant, le capitaine Kabongo de l’OCBC, la « police de l’Art » lui tombe dessus comme sur un suspect. Le diamant provient de l’œil d’une statue dérobée au Musée des Arts d’Afrique et d’Océanie dix ans auparavant. Cette statue semble d’ailleurs attirer bien des ennuis à ceux qui l’approchent de trop près. Les morts parsèment l’enquête : les personnels de différents musées parisiens sont victimes de tueurs mystérieux. Kabongo est présenté comme un policier amoureux de son travail qui est de récupérer des œuvres volées, parfois depuis des siècles : « Elles nous sont transmises afin que nous en prenions soin et pour qu’à notre tour, nous puissions les confier aux générations suivantes » explique-t-il, décrivant ainsi un peu notre beau métier d’archiviste également.

Mais, ce billet ne devrait-il pas se trouver sur un site intitulé « Musée et culture pop' » me direz-vous ? Ce serait, en effet, totalement justifié au vu du sujet et des descriptions très précises des rivalités entre institutions et des pertes d’œuvres à l’occasion de leur transfert. Je vous invite d’ailleurs à lire ce polar pour cet aspect, certes parfois outrancier, mais intéressant.

Et les archives dans tout ça ??

La première mention des archives apparaît assez tôt dans l’ouvrage lorsque le capitaine Cuvier, prenant le relais de son collègue en vacances, arrive dans les bureaux et les observe. Chaque bureau reflète la personnalité de celui qui l’occupe, nous l’avons tous remarqué et l’auteur fait ici le même constat : « A gauche, le bureau de Dossantos (…) ; les dossiers y étaient en ordre. A droite, celui de Mehrlicht était un chaos où s’entremêlaient des feuilles diversement colorées, des chemises cartonnées que les archives devaient rechercher depuis plusieurs mois (…)« . Et là, je vous vois, chers collègues archivistes, lever les yeux au ciel et soupirer, vous rappelant les documents sortis pour consultation interne que vous réclamez depuis des mois à vos collègues qui les ont oubliés dans un tiroir – quand ils n’ont pas eu la bonne idée de les glisser subrepticement dans un nouveau versement…

L’importance de l’archivage dans le travail des policiers est relevée bien plus loin dans le récit lorsque les inspecteurs Latour et Dossantos sont confinés au bureau au lieu de suivre leur chef sur le terrain. « Latour et Dossantos étaient assis à leurs bureaux, devant leurs ordinateurs parce que les tâches de saisie, de compilation et d’archivage étaient au cœur de leur travail. » Nicolas Lebel explique, en effet, que le fait de consigner les détails d’une enquête permet ensuite des recoupements et ainsi aide à élucider des affaires, parfois longtemps après. Laisser trace, compiler un maximum d’informations est essentiel dans le cadre d’enquêtes complexes qui peuvent parfois prendre plusieurs années et s’enrichir de témoignages divers. Dans les grandes affaires, cela peut occasionner une masse d’information parfois difficilement exploitable par un être humain mais c’est aussi cette accumulation de détails qui peut parfois permettre de trouver une aiguille dans une meule de foin, d’où l’intérêt de délais de conservation assez longs pour ce type de dossiers, intérêt qui se heurte parfois à la dure réalité du manque d’espace de conservation.

Archives égarées dans les bureaux, archives courantes en cours d’élaboration, les commissariats de police sont riches en documents en tous genres. Sans pitié ni remords démontre l’importance d’une bonne gestion de l’information dans le domaine du renseignement mais la démonstration est évidemment valable dans tous les domaines !

Sonia Dollinger

 

Outlander

Publié: 30 septembre 2017 dans Séries
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Outlander est une série américano-britannique diffusée depuis le 9 août 2014 aux Etats-Unis disponible en France depuis 2016, sur Netflix.

Créée par Ronald D. Moore, elle est l’adaptation des romans du même nom de Diana Gabaldon. Actuellement deux saisons sont disponibles sur la plateforme de streaming, la troisième saison est en cours de diffusion, un épisode par semaine depuis le 11 septembre 2017.

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L’histoire débute à la fin de la Seconde Guerre mondiale, quand Claire Randall et son mari Franck décident de s’offrir une seconde lune de miel en Écosse. Séparés durant la guerre – Claire ayant été infirmière et Franck membre du MI6, les services secrets anglais – ils profitent de ce voyage pour se redécouvrir.

Lorsque Claire se promène sur le site de Craigh na dun (une sorte de Stonehenge écossais), un bourdonnement se fait entendre et semble provenir d’une des pierres.

En posant ses mains sur cette dernière, c’est le choc. Claire se réveille bien à Craigh na dun mais au XVIIIe siècle. Entre tuniques rouges et véritable Highlanders en kilt aux prémices des révoltes Jacobites, Claire se retrouve au milieu de conflits politiques et amoureux.

Et les archives dans tout ça ??

Les archives ici sont amenées via Franck, le mari de Claire. Professeur d’histoire et passionné de généalogie, il se rend à Inverness, certes pour sa seconde lune de miel, mais il suit également les traces de son ancêtre, le capitaine anglais Jonathan Randall mobilisé en Écosse. On l’aperçoit alors rechercher activement dans les archives la présence de cet homme. Un homme que Claire rencontrera en 1743. Bien que peu intéressée par l’histoire et les archives, les souvenirs de conversations sur le sujet lui permettront de connaître des informations non négligeables sur l’ancêtre maléfique de son mari.

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La présence des archives est donc primordiale dans la première saison, mais pas seulement. En effet, elles auront une place encore plus importante dans les saisons suivantes, l’histoire va évoluer grâce à elles.

Flavie Gourdon

Parallèle_1Parallèle est une série de bandes-dessinées dont le premier tome, New York – New York, est paru en 2016. Publiée chez l’éditeur belge Sandawe, elle est scénarisée par Philippe Pelaez (Oliver & Peter, Gauthier de Châlus), dessinée par Laval NG (Balade au bout du monde) et mise en couleurs par Florent Daniel. Le deuxième tome, Donnant – Donnant, est sorti au moins de juin dernier et la série, toujours en cours, devrait comprendre au moins 4 tomes.

 

Quelle est l’histoire ?

Nous sommes en 2082. Les ressources de la Terre sont épuisées. Dans un dernier espoir, une mission est envoyée vers un astéroïde de Jupiter qui serait habitable : (617) Patrocle. Suite à un incident, un des vaisseaux miniers échoue sur une planète glaciale, remplie de créatures hostiles. Une planète qui ressemble étrangement à la Terre, couverte de ruines semblables à la ville de New-York..

Et les archives dans tout ça ?

Parallèle_2Au début du tome 2, le commandant Sylan Kassidy, avec quelques hommes, décide de se diriger vers la Freedom Tower, monument érigé en commémoration des attentats du World Trade Center. Pourquoi ? Car c’est, depuis 2070, le quartier général opérationnel du pays, qui y a été transféré après la destruction de Washington. Et les données les plus sensibles ont suivi et ont été installées au sous-sol, bénéficiant d’une migration au passage via l’utilisation de l’ADN comme nouveau support de l’information.

Tout le passage, qui va de l’entrée dans le bâtiment à la zone d’accès restreinte aux archives, est l’occasion pour le commandant d’instruire ses hommes sur l’histoire du lieu et leur objectif. L’auteur, à travers la bouche de son protagoniste, informe son lecteur et en profite pour ajouter des éléments justificatifs appuyant l’aspect SF du titre. Néanmoins, au travers du discours, on perçoit que les archives (même si le mot n’est jamais prononcé) sont avant tout un objet politique.

Analysons le discours, d’un point de vue technique au premier abord. La question de la pérennité du support est abordée.

Le support informatique a été touché lors d’une attaque électromagnétique en 2064. Choix a été fait de transférer l’information sur un support moins sensible à ce genre d’attaque : l’ADN. Pratique en outre, car il permet de conserver un grand nombre d’informations avec une place réduite (à la différence des fermes de serveurs, alias data center). Il ne s’agit pas de fiction mais d’une technologie qui en est à ses balbutiements en 2017. Donc pérennité du support pour des raisons de sécurité.

Sécurité des données sensibles qui est au cœur du dispositif puisque l’accès au sous-sol est sujet à de nombreuses vérifications, le bâtiment étant autonome en énergie grâce à une pile atomique et est maintenu sain par un ensemble de filtrement à air. D’ailleurs, on se réjouit de voir dans ce cas, que les données n’ont pas été confiées à une vague entité informatique ou aux militaires, mais bel et bien à l’administration des archives américaines, la National Archives and Records Administration (NARA). Ce qui montre une certaine considération envers l’institution.

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Au-delà des aspects techniques, il y a l’aspect prédominant de la symbolique politique. L’installation du QG au sein de la Freedom Tower est, en lui-même, un signe fort : le pouvoir se veut être une incarnation de la liberté et de sa protection.

Mais ce n’est pas le seul élément. Il est normal de voir les archives sensibles rapatriées au QG, puisque que ce sont des éléments indispensables à la prise de décision. Mais cela va au-delà. Puisque la tour devient un centre névralgique en « enregistrant » la mémoire du pays, voire du monde, selon les dires du capitaine. Bon, on ne connaît pas les modalités technologiques qui permettent l’enregistrement en direct de l’histoire du pays… et on reconnaîtra aussi la mégalomanie américaine pour qui l’histoire du monde se résume presque à celle de sa nation.

Tout cela montre que les archives sont éminemment politiques :

Parallèle_4– politiques car nécessaires à la prise de décision, le contrôle et la sécurité de l’information étant primordiaux, comme nous l’avons vu ;

– politiques car avant tout un objet symbolique de l’existence du pouvoir : en faisant de la tour un centre d’archives, le pouvoir s’assure à la fois de l’accès à l’information mais s’incarne comme le protecteur et le digne représentant de cette histoire. Le gouvernement fonde ainsi sa légitimité sur ce passé ;

– politiques car les choix techniques et symboliques ne sont parfois pas très futés si l’on réfléchit deux secondes : installer les archives sensibles dans le sous-sol d’une tour située sur une presqu’île et donc facilement destructibles par une inondation n’est pas la proposition du siècle ; de même, faire cohabiter ADN et pile automatique est rarement une riche idée…Dans ce dernier cas, il s’agit surtout d’un raccourci de scénario pour justifier que les portes de l’installation fonctionnent encore.

Bref, à travers ce court passage, on voit encore à quel point il reste une certaine pédagogie technique à faire sur les archives (faite ici par Sylan Kassidy à ses hommes et donc au lecteur) et au-delà l’auteur démontre bien que les archives comme support de mémoire et d’histoire restent un objet définitivement politique.

Marc Scaglione

Ça ! Deux lettres qui ont traumatisé des générations de lecteurs depuis la sortie de ce titre de Stephen King en 1986. Clown, araignées, momies, loup-garou, toutes les peurs profondes liées à l’enfance mais aussi au monde adulte sont convoquées dans ce titre horrifique dont la lecture ne laisse pas indifférent.

ça_1Dans ce titre, Stephen King raconte la lutte d’un groupe de sept enfants, regroupés dans le club des Ratés, avec une monstruosité pluriséculaire tapie dans les soubassements de la ville de Derry, située dans le Maine. Les enfants se débattent avec leurs handicaps, leurs peurs, leurs complexes et évoluent dans un monde hostile où ils doivent se confronter à d’autres jeunes bourreaux, à l’indifférence des adultes et à un monstre qu’ils sont seuls en mesure d’affronter.

Le monstre attire les enfants en prenant le plus souvent la forme d’un clown ou déchaîne la violence pour se repaître du sang des habitants de Derry sans que personne, à part ce petit groupe de sept, ne semble y prêter attention. Livre mettant en scène l’Horreur pure – rappelant en cela les écrits de Lovecraft – Ça est également un grand roman sur l’Enfance, la puissance des rêves, de l’imagination et la générosité des enfants et les rapports compliqués qu’ils entretiennent avec le monde des adultes qui peut parfois sembler proche de l’Enfer.

Et les archives dans tout ça ??

Le roman de Stephen King alterne les récits de plusieurs époques différentes. Les deux principales phases se déroulent en 1958 lors de l’enfance des membres du Club des Ratés et en 1985 lorsqu’ils reviennent à Derry étant adultes.

ça_2Toutefois, il arrive que Stephen King fasse appel à des périodes plus anciennes de l’histoire de la ville afin de démontrer que Ça sévit depuis longtemps déjà dans les sous-sols de la ville. Dès 1740, la disparition de 300 colons est consignée dans les chroniques de la ville…Mais est-il fait mention des archives dans ce récit ?

L’un des sept héros, Mike Hanlon est bibliothécaire – et non archiviste – et est présenté comme le gardien de la mémoire et le véritable historien de la cité. C’est le seul qui reste à Derry et c’est lui qui prévient les autres du retour de Ça en 1985. A plusieurs reprises, King insiste sur le fait que certaines anecdotes ne sont connues que de lui seul. Lorsque le groupe se retrouve ensemble, Mike prend des notes et consigne « les minutes » de leurs réunions. Il a donc à cœur de conserver une trace des événements auxquels ils sont confrontés. Ses réflexes sont donc bien ceux d’un archiviste scrupuleux qui est également un acteur des faits.

Derry ne semble pas disposer d’un centre d’archives historiques puisque les documents évoquant l’histoire de la ville sont conservés à la Bibliothèque où travaille Mike avec certains manuscrits ayant appartenu à des écrivains plus ou moins célèbres.

Pourtant, les archives sont évoquées à plusieurs reprises : leur absence peut parfois se révéler cruciale et avoir des conséquences désastreuses. C’est le cas lorsque le père de Bill lui raconte que « cinq kilos de plans se sont un jour évanouis dans la nature« …pas de chance, ce sont les plans des canalisation et des égouts de la ville. La disparition de ces documents met en danger l’ensemble de la population, à commencer par le personnel des eaux dont certains membres se sont perdus à jamais dans les sous-sols. On peut toutefois s’étonner que personne n’ait jamais eu l’idée de recommencer le travail en faisant le relevé du réseau. La perte d’archives handicape donc grandement la ville sans que celle-ci n’y fasse grand chose.

ça_3Les archives de la ville sont mentionnées rapidement lorsque l’auteur évoque le lynchage du bûcheron Claude Héroux en 1906 après que ce dernier ait commis un massacre dans un bar. « Ce fut, du moins d’après les archives de la ville, le seul lynchage qui eût jamais lieu dans cette partie du Maine. Et, est-il besoin de le préciser, il ne fut pas signalé dans les colonnes du Derry News« . King n’en dit pas plus, on ne sait donc où sont conservées ces archives, mais le paragraphe est intéressant et édifiant pour ceux qui auraient tendance à ne consulter que la presse pour leurs recherches. Ici, un événement marquant – le lynchage d’un homme – est occulté par le journal local alors qu’il apparaît bien dans les archives qui restent donc une source primordiale et indispensable si on veut s’immerger dans l’histoire d’une cité.

Enfin, le mot archives apparaît de manière anecdotique en fin de roman lorsque King montre l’effondrement du bâtiment qui fait office de commissariat de police et de tribunal. Il indique la présence « d’un grenier où sont entassées toutes sortes d’archives et d’objets appartenant à la ville devenus inutiles. » L’histoire ne dit pas ce que sont devenus ces documents prétendus inutiles après l’effondrement de la structure…

Si les archives sont bien loin d’être au cœur du récit, leur absence – celles des plans – ou leur présence – celles de la ville qui racontent le lynchage – changent toutefois la donne de manière bien moins anecdotique qu’il n’y paraît.

Sonia Dollinger