Doubt_4Si vous aimez vous faire peur, alors, pas d’hésitation, ouvrez le manga Doubt, un manga écrit et dessiné par Yoshiki Tonogaï. Le titre paraît au Japon entre 2007 et 2009 et ce sont les éditions Ki-Oon qui ont publié ce shonen en France en 2009 et 2010.

La série comprend quatre volumes et commence avec l’évocation d’un jeu très en vogue au Japon : le Rabbit Doubt. Les règles sont les suivantes : les joueurs sont les membres d’une colonie de lapins parmi lesquels se dissimule un loup qui doit éliminer tous les autres avant de se faire prendre. Tout ceci reste très sympathique tant qu’on en reste à un jeu virtuel mais que se passe-t-il lorsqu’un groupe de six jeunes sont kidnappés, et séquestrés dans un endroit inconnu dont ils doivent s’échapper tout en évitant de se faire massacrer par un « loup » qui pourrait bien être l’un d’entre eux ?

Doubt est un titre haletant, qui ne laisse guère de répit à son lecteur et l’emmène à toute allure vers une conclusion évidemment pleine de surprises… macabres !

Et les archives dans tout ça ??

Le groupe de six jeunes tente donc à la fois de s’évader de l’endroit insolite où ils se trouvent tout en tentant de rester en vie. Un problème de taille se dresse devant eux : toutes les portes sont fermées et ne peuvent s’ouvrir que grâce à un code barres. Chaque jeune s’aperçoit qu’un de ces fameux codes barres est tatoué sur sa peau, ils peuvent donc chacun ouvrir une porte et une seule sauf le loup qui peut ouvrir l’ensemble.

A force de errer dans ce qui semble être un hôpital désaffecté, le groupe tombe sur une salle d’archives. Les documents ont l’air plutôt bien rangés sur les rayonnages mais, comme la principale occupation du groupe est de survivre et de sortir du bâtiment, l’un d’entre eux balancent tous les dossiers à terre, espérant trouver une issue secrète.

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Ah bravo ! Malgré la désaffection des lieux, les archives étaient en bon état, bien rangées, épargnées par les rats et la moisissure et voilà qu’un jeune goujat met à mal toute une vie de classement. Bon, heureusement, l’histoire ne s’arrête pas là – je vous vois déjà dire : ouais, si c’est pour nous raconter qu’un type a balourdé des archives par terre, merci le scoop !

Comme les jeunes ne peuvent finalement pas sortir, ils s’intéressent d’un peu plus près au contenu de ces fameuses archives, comme quoi, quand on s’ennuie, l’étude des archives peut être un bon dérivatif. Alors qu’une des filles du groupe se demande bien à quoi ça pourra bien servir « d’examiner toute cette paperasse », l’une de ses camarades blêmit et s’aperçoit que les classeurs contiennent des documents sur chacun d’entre eux. Et oui, comme quoi… pas si inutile que ça cette « paperasse ».

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Voilà une bonne occasion de se questionner sur l’utilisation des données personnelles. Plus loin, d’autres classeurs contiennent des informations sur d’autres groupes et la plupart des noms sont rayés, des documents de travail en quelque sorte qui montent combien le loup est actif dans ses attaques de lapinous.

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N’est-il pas adorable ce lapin archiviste ?

Si la présence d’archives sert avant tout à faire progresser le scénario et accroître la tension, elle permet aussi d’en savoir plus sur la vie de quelques uns des membres du groupe qui ne sont pas forcément ce qu’ils prétendent. Toute vérité est-elle bonne à connaître ? La conservation des données personnelles est-elle forcément néfaste ? Je vous laisse méditer sur cette vaste question.

Sonia D.

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Captain_America_5Captain America : Le soldat de l’Hiver est sorti en France le 26 mars 2014 et aux États-Unis le 4 avril 2014. Il a été réalisé par Anthony et Joe di Russo.

Il s’agit du second volet initié en 2011, par le premier film Captain America : First Avenger qui lui avait été réalisé par Joe Johnston.

Les acteurs principaux sont Chris Evans dans le rôle du Capitaine, Scarlett Johansson dans le rôle de Natasha Romanoff, Samuel Lee Jackson dans le rôle de Nick Fury, directeur du S.H.I.E.LD, et Robert Redford dans le rôle de l’adversaire principal du capitaine, Alexander Pierce.

À noter aussi l’apparition furtive, mais centrale nous le verrons du scientifique Arnim Zola, bras droit du cruel Crâne Rouge dans le film sorti en 2011 et qui est ici une sorte de … mentor pour les adversaires de Captain America. Il est joué par le britannique Toby Jones.

spoiler

Ce second volet de l’univers de Marvel est axé autour du réveil du Captain des années après la fin de la Seconde Guerre mondiale.  Le S.H.I.E.L.D existe toujours, et veille à la sécurité de la population mondiale.

Il s’avère vite que Captain n’est pas d’accord avec la philosophie et les méthodes du directeur de l’agence, et bientôt le doute survient aussi dans la tête de Nick Fury. Celui-ci s’empresse d’en parler au secrétaire du conseil de sécurité mondiale, Alexander Pierce. Ce dernier, loin de le rassurer va mettre le doute dans la tête du directeur.

Après une magistrale course poursuite Nick Fury se sauve in extremis des attaques de policiers visiblement retournés contre lui et d’un mystérieux soldat, dont on ne tarde pas à comprendre qu’il s’agit du fameux soldat de l’Hiver. Après en avoir parlé au Captain, Nick Fury est assassiné et meurt sur la table d’opération en chirurgie.

Dépité, le Capitaine doit s’enfuir après avoir été accusé du meurtre du directeur du S.H.I.E.L.D. Il n’est soutenu dans sa fuite que par Natasha Romanoff et un nouveau coéquipier, un ancien militaire ayant le surnom du Faucon.

Avant de mourir, Nick Fury donne une clef USB contenant des données confidentielles qui avaient été volées par Natasha dans une précédente mission, en ouverture du film ; sur un bateau lui-même volé par des terroristes.

Dans leur fuite, Captain America et Natasha Romanoff arrivent dans une ancienne base désaffectée de l’armée, le Camp Lehigh au New Jersey, inspiré du véritable et célèbre « Camp Kilmer » d’où les troupe US s’embarquaient pour combattre en Afrique du Nord et en Europe.

En pénétrant dans ce qui semble être un silo à munitions, ils tombent en fait au sein des premiers bureaux du S.H.I.E.L.D, et enfin dans une salle immense, pourvue de bandes magnétiques et de meubles à dossiers ainsi que d’une unité centrale pourvue de plusieurs écrans. Natasha pense qu’il s’agit de technologie ne pouvant être en état de fonctionner, car trop ancienne.

Elle a la surprise de voir devant elle une sorte d’adaptateurs pour plusieurs clefs USB. Elle enclenche alors la fameuse clef, ce qui provoque la mise en marche de tout l’ensemble de la salle.

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Nos deux héros face à la conscience archivée du savant Arnim Zola, dans une ancienne base de l’Armée Américaine. À la droite de Natascha Romanoff, le petit adaptateur pour clef USB.

Et les archives dans tout ça ??

C’est là une des scènes les plus intéressantes du film, et sûrement l’élément central qui permet de comprendre l’action des adversaires de nos héros.

La mise en marche des machines dans la salle nous fait découvrir avec stupéfaction qu’il ne s’agit rien de moins que le cerveau d’un des ennemis du Captain, le scientifique suisse Arnim Zola.

Ce dernier, visible à travers une vieille image de synthèse, explique qu’après la guerre il a été invité par le S.H.I.E.L.D lors de l’opération Paperclip, qui consista à recruter plusieurs centaines de scientifiques allemands arrachés du nazisme à se mettre au service des États-Unis, au sein du S.H.I.E.L.D.

S’ensuit une longue série d’images et de courts extraits tirés de vraies images d’archives. Arnim Zola explique qu’en ayant été invité, il a remis en place un Hydra bien plus dangereux, car invisible et bien infiltré. Le S.H.I.E.L.D a ainsi été infecté tel un animal sauvage par un parasite qu’il peut diriger selon son bon vouloir. Il a mis en place une stratégie visant à s’emparer du S.H.I.E.L.D, puis des États-Unis et enfin du monde, grâce au chaos ambiant, et au programme Insight. Zola a visiblement préparé ce montage spécialement pour le Captain et est connecté au Web, car il a intégré l’acte de décès de Nick Fury.

Les images sont très rapides mais on peut apercevoir, à coté d’images faites pour le film, notamment lorsque elles montrent le Captain, des faits historiques marquant l’Histoire mondiale et les hommes qui ont vécu ces moments.

On peut voir en plus des scènes de guerres, de violences urbaines ou de crise économique des hommes ayant marqué l’Histoire à un moment précis.

Ainsi, si le spectateur est attentif, il pourra voir :

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Le maréchal Wilhem Keitel, principal représentant de la délégation Allemande pour la signature de l’armistice le 8 mai 1945. Il était le chef de « l’Oberkommando der Wehrmacht », l’organe de commandement suprême des forces Allemandes entre 1938 et 1945. Il sera condamné  pour crimes de guerre et crimes contre l’Humanité au procès de Nuremberg, et pendu en 1946.

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Le Colonel Kadhafi, probablement dans les années 2000. On aperçoit sur la droite la tête d’une des « Amazones » de Kadhafi, présentée à l’époque comme des gardes du corps d’élite de l’ex dirigeant libyen. Kadhafi a été renversé et tué de façon sommaire lors de la première guerre civile libyenne, en octobre 2011.

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Julian Assange, de nationalité australienne, informaticien de métier, est fondateur et rédacteur en chef de WikiLeaks, organisme qui a permis l’instauration des lanceurs d’alerte des opinions publiques depuis décembre 2006. Il est, sur l’image, réfugié au sein de l’ambassade d’Équateur à Londres depuis juin 2012.

De plus, on peut aussi apercevoir Khrouchtchev, et dans une image fixe les trois chefs d’État qui décidèrent du sort de l’Allemagne et de l’Europe avant la fin des combat à Yalta en Crimée en 1945 à savoir Churchill, Roosevelt, et Staline.

Après cette séquence assez sombre, un missile est tiré depuis une base du S.H.I.E.L.D, détruisant toute l’installation et le cerveau « archivé » d’Arnim Zola. Captain et Romanoff s’enfuient indemnes, protégés par le bouclier du Captain.

Intéressons-nous maintenant à la façon dont le cerveau du scientifique a été construit.

En regardant les images au ralenti, il semble que les machines utilisées sont des appareils de bandes magnétiques de la marque IBM, des modèles de type 729 et 7330 notamment. Ces appareils pouvaient mettre en marche des bandes magnétiques dont la longueur pouvait varier. En général, le modèle de bande magnétique, sous la forme de roues mesurant un demi pouce soit 12,7 millimètres de large, que l’on aperçoit, avait approximativement une bande dont la taille était de 2400 pieds au maximum- un pied est équivalent à 0,30 mètre-, c’est à dire un peu plus de 731 mètres de long au total pour une seule bande magnétique.

Arnim Zola déclare à nos héros que son cerveau est contenu dans 200 000 pieds de surface de mémoire.

Si on divise ce chiffre de surface de 200 000 pieds par 2400 pieds pour une seule bande magnétique -soit environ 7000 mètres carrés de surface pour 731,52 mètres de bande- nous obtenons 84 bandes magnétiques servant à la conservation du cerveau de Zola. Une seule de ces bandes magnétiques pouvait, à l’époque, conserver environ 140 MB (megabytes) d’informations.

En faisant un petit calcul rapide, on peut donc estimer à 11,7 GB le cerveau ou la conscience de Zola. Soit l’équivalent d’une fraction minuscule d’une petite clef USB contemporaine ! Cela nous démontre que nous avons, en l’espace de cinquante ans, considérablement réduit le volume pour stocker, emmagasiner, archiver nos données.

Mais en revanche, nous avons aussi accru de façon exponentielle nos demandes pour conserver dans le temps toutes sortes d’informations très diverses : photos, films, documents de travail nativement numériques, documents manuscrits scannés… Or tous ces documents requièrent énormément d’espace. Saurons-nous un jour nous y retrouver dans nos masses informatiques archivées sur des serveurs, des « Clouds », des ordinateurs vieux de dix ans ?

Finalement, cette séquence pleine d’images extraites d’archives nous démontre bien l’importance du poids de chaque image, de leur usage et de l’impact moral que celle-ci peut avoir.

Bien entendu, Zola utilise les images à mauvais escient, annonçant sa victoire déjà évidente, et provoque d’ailleurs le seul moment de franche colère du Captain dans le film, qui fracasse un des écrans de rage.

Au delà de l’aspect très «complotiste» de la scène, cher à une certaine frange de la culture américaine, on se rend malgré tout bien compte que l’être humain estompe très vite les événements passés, même récents à l’échelle du temps. Il est donc important de rappeler de façon régulière, que telle image, produite dans un contexte donné, a eu un sens, un début et une fin, avec des protagonistes – ici dans notre cas écrite par les vainqueurs – à qui on impose des choix. Il faut les expliquer. Ces images et notamment celle du maréchal Keitel ou de Kadhafi nous montre à tous que rien n’est figé ou prédéterminé dans l’histoire et la vie de chaque homme, et qu’il arrive que nous soyons jugés pour nos actes. Même de la plus cruelle des façons.

Andrea Innocenzi

B_the_Beginning_1B The Beginning est une série d’animation japonaise du studio de production I.G à qui l’on doit entre autres Haikyu, l’Attaque des Titans et Psycho Pass. La série de 12 épisodes est diffusée sur Netflix et est accessible depuis le 2 mars 2018. Il s’agit d’un scénario original mêlant  thriller et science-fiction.

 Dans un pays imaginaire nommé Crémona, une succession d’assassinats perpétrés par celui que la police a nommé le Tueur B pousse un flic légendaire à reprendre du service.

 

 

Et les archives dans tout ça ??

FLICK KeithL’épisode 1 voit l’apparition d’un des protagonistes principaux, Keith Flick. C’est un homme d’une quarantaine d’années à l’air négligé, coiffé d’une tignasse touffue et d’une barbe hirsute. Ancien flic de la brigade, il inspire beaucoup de respect à ses anciens collègues. Anciens, puisque pendant les huit dernières années, il était aux …. Archives ! Cela sent l’éternel cliché de la mise au placard… confirmé quelques épisodes plus tard. Le retour de Keith Flick dans un service d’enquête conduit à un passage chez le coiffeur-barbier. Apparemment, être aux Archives conduit aussi à la négligence de soi.

Peut-être ne s’agit-il là que d’un cliché sans réelle importance. Mais hélas les clichés s’accumulent !

Dans l’épisode 6, Keith est recherché après la mort d’un de ses collègues. La section de police va donc fouiller ses anciens bureaux aux Archives. Le service d’Archives de la police royale est situé dans un entrepôt sur les docks.

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Un entrepôt pour un service d’archives, ça s’annonce bien…

Niveau conservation préventive, on a déjà quelques soucis. En rentrant dans le bâtiment, l’un des policiers s’interroge sur la nature de ce lieu rempli de cartons et d’étagères bourrées de dossiers. Son collègue lui répond qu’il s’agit du service d’Archives. Au-delà du fait que ce policier ne semble pas être un génie, il faut noter que certains policiers ne savent même pas où se trouvent les Archives ! A tout cela, il faut ajouter un magasin rempli à ras bord de cartons sans identification, plus entrepôt de stockage abandonné que vrai service d’Archives. D’ailleurs les policiers passent leur temps à s’étonner du bazar.

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Des cartons, encore des cartons

On se demanderait presque où se trouve l’archiviste ! C’est là qu’on apprend que Keith Flick a exercé seul la fonction d’archiviste de la police durant les huit dernières années et que par conséquent, personne n’a pris le relais…

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Accéder aux archives ? Un parcours du combattant

Ce cliché n’est pas confiné à l’archive papier, mais aussi à l’archive électronique et aux informaticiens. Ainsi dans l’épisode 10, l’équipe est à la poursuite d’un tueur qui a kidnappé un des inspecteurs. Keith demande à Kaela, l’informaticienne de l’équipe, de sortir les plans du bâtiment de la police. Elle trouve plusieurs plans, puisque l’immeuble a trois cents ans. Il souhaite alors que cette dernière lui affiche les plans en même temps en séparant par époque. Et… ce ne sont pas des plans qui s’affichent à l’écran mais une modélisation 3D que Kaela fait en un clin d’œil et en temps réel…

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Tu cherches des plans ? On te donne un modèle 3 D

En résumé, cette série est un parfait exemple d’accumulation de clichés dans lequel les archives papier sont un fatras bordélique et sans intérêt abandonné dans un entrepôt et les archives électroniques et les données une information magique qui apparaît dès demande et prend toutes les formes que l’on souhaite !

Marc Scaglione

 

Il y a longtemps que je t’aime est une pièce de théâtre écrite par le dramaturge, scénariste et réalisateur français Jacques Deval (1890-1972). Elle est portée pour la première fois sur les planches en 1955. Mais la version dont nous allons parler est la deuxième création de cette œuvre, immortalisée par l’émission Au théâtre ce soir le 27 juillet 1974. Le metteur en scène est Raymond Gérome et nous retrouvons à la distribution Jackie Sardou, Hubert de Lapparent, Claude Jade et Jean Barney entre autres. L’enregistrement est visible sur le site de l’Ina.

Au théâtre ce soir

Quelle est l’histoire ?

A la Rochelle, dans un magasin d’antiquités tenu par les Gandoche. Une situation de quiproquo causée par une mise en gage amicale mais illégale d’un chronomètre va changer la vie d’un jeune marin Sixte Caulois, partant le lendemain pour les Antilles, et de la jeune Clarisse Naulier, quittant elle aussi la ville pour l’Afrique.

Et les archives dans tout ça ??

Découverte d'une lettre dans le coffreeLa pièce s’ouvre sur le couple d’antiquaires Gandoche discutant de la venue de l’archiviste du département, Monsieur Gouleste, incarné par Hubert de Lapparent. Madame Gandoche a déniché dans une ferme le coffre du Greffe du Tribunal révolutionnaire de la Rochelle. La ferme appartient aux Légnelot, descendants d’un accusateur public du Tribunal. Après avoir jeté un œil rapide, aux objets et aux lettres, l’archiviste annonce revenir le lendemain pour dresser un inventaire et faire la comparaison avec l’inventaire du greffe conservé aux Archives départementales. Le but est que le musée de la ville achète le coffre. Il souligne l’ironie de la situation puisque le coffre est revenu dans l’ancien greffe du Tribunal, aujourd’hui boutique des Gandoche.

Monsieur Gouleste est incarné par Hubert de Lapparent. Il est dépeint et joué comme un fonctionnaire soigné. C’est un «  savant » selon les mots de Mme Gandoche et il le prouve à maintes reprises en expliquant l’histoire du lieu ou encore des objets qu’ils découvrent. Il se plaît même à citer Corneille. Bref une représentation classique de l’archiviste érudit, sans la morgue habituellement véhiculée avec cette image.

Monsieur Gouleste examine le cachet du coffre

Monsieur Gouleste doit faire une estimation pour pouvoir débloquer un budget pour l’achat par la Ville de ce coffre. Mme Gandoche sous-entend que les documents et objets pourraient être vendus au premier venu sans offre rapide de cette dernière. Les archives publiques sont, au moins depuis la loi de 1979, imprescriptibles, ce qui signifie qu’elles ne peuvent être conservées par un tiers non autorisé. Ainsi il est normalement interdit pour un fonctionnaire  et ses descendants de conserver des dossiers de travail. Cette pratique est hélas courante de longue date et a toujours cours aujourd’hui, nombreux étant ceux qui considèrent à tort que leurs dossiers sont leurs propriétés. Dans des ministères aux traditions archivistiques établis comme la Défense et les Affaires étrangères, des pratiques ont été mis en place dès le XVIIIe siècle pour essayer d’enrayer ce problème, sans pour autant le résoudre. Bref, dans le contexte actuel, il n’y aurait pas de négociations. Après authentification, les documents auraient subi une demande de restitution.

Enfin, outre ces aspects techniques , les archives sont aussi ici porteuses d’histoire. Dans le cas de la pièce, une lettre retrouvée dans le coffre du greffe raconte celle d’un couple martyr de la Révolution faisant un écho tout étrange avec l’histoire des jeunes protagonistes. Passé et présent qui s’entremêlent , voilà une thématique forte des archives qui apporte une vraie beauté à notre métier.

Marc Scaglione

Fast-and_Furious_5La saga Fast & Furious débute en 2001. Brian O’Conner (Paul Walker) est un agent du FBI chargé d’infiltrer la bande de Dominic Toretto (Vin Diesel), des chauffeurs de voitures de course soupçonnés de commettre des vols. Brian tombe amoureux de Mia (Jordana Brewster), la sœur de Dominic. Ce dernier lui inspire beaucoup de respect, et il n’hésitera pas à le laisser filer à la fin du premier épisode. La folle aventure des Fast and Furious démarre alors.

Après un second film à Miami dans lequel Brian retrouve son ami Roman Pearce (Tyrese), puis un troisième à Tokyo dans lequel n’apparaissent pas les acteurs principaux, il faut attendre le quatrième épisode pour que Brian refasse équipe avec Dominic. A la fin du volet, Toretto se voit condamner pour tous ses crimes passés et termine dans un bus de détenus en route pour la prison.

Au début du cinquième film, Brian et Mia arrivent au volant de bolides pour faire évader Dom’. Ils s’enfuient tous au Brésil, à Rio De Janero, pour faire un dernier casse, mais les choses tournent mal et ils doivent affronter Reyes, un homme d’affaires corrompu, qui veut les voir morts. Toute l’équipe des précédents épisodes est alors réunie pour réaliser le coup ultime : dérober 100 millions de dollars à Reyes qu’il a rassemblés dans un coffre du commissariat de police, tout en devant faire à l’agent fédéral Hobbs venu les rapatrier aux États-Unis.

Et les archives dans tout ça ??

La « famille » se retrouve : les gros-bras vont conduire les voitures de course et s’infiltrer dans le commissariat, le hacker va déjouer les systèmes de sécurité et le verrouillage du coffre, et Mia va se charger de la partie tactique : planifier les itinéraires, récolter les données nécessaires et notamment le plan du commissariat.

ils_etudient_le_plan

Elle arrive avec le plan, le déroule sur une table autour de laquelle toute l’équipe est réunie et dit « Le meilleur des services publics, les archives publiques ». Le plan leur permet alors de localiser le coffre et d’élaborer la stratégie leur permettant de le dérober… oui oui, vous avez bien lu, ils vont se balader dans les rues de Rio avec le coffre accroché par des câbles métalliques à deux Dodge.

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Bien évidemment, cela peut nous surprendre, en tant qu’archiviste, qu’elle ait pu obtenir aussi facilement un plan de commissariat en pleine activité, mais sa phrase mérite d’être soulignée car elle valorise le métier. Fast & Furious est surtout un film d’action, avec beaucoup de cascades et de scènes surréalistes, mais continue d’avoir succès puisque le neuvième volet est déjà programmé pour 2020.

Soraya Benseghir