Si je vous dis « Batman, la série animée », j’imagine que beaucoup d’entre vous se remémoreront ce générique devenu incontournable qui a longtemps fait partie de nos moments préférés du petit écran durant notre enfance.

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La série américaine d’animation Batman : The animated series, est produite par Bruce Timm et Eric Radomski. Elle comporte quatre saisons, 85 épisodes de 22 minutes chacun et est diffusée du 5 septembre 1992 au 16 septembre 1995. Les thèmes musicaux, tout aussi mythiques et qui donnent un ton bien particulier au générique et à chaque épisode, sont composés par Danny Elfman (rien que ça) et Shirley Walker, entre autres. La série s’inspire des aventures du comic Batman produites par DC comics depuis 1939. Elle naît juste après les deux films de Tim Burton : Batman (1989) et Batman returns (1992). Elle s’inspire d’ailleurs très largement de l’univers sombre et déjanté des films de Burton, ce qui marque une assez grande différence avec la série télévisée Batman diffusée dans les années 1960.

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Le synopsis de chaque épisode est simple : Gotham city, ville sombre et poisseuse, est en proie à des vilains, voleurs, mafieux, psychopathes plus ou moins dangereux chaque jour que la Nature fait. Bruce Wayne, célèbre milliardaire et bel homme à la voix grave et envoûtante, endosse alors son costume de Batman pour enquêter puis affronter toutes ces menaces.

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Dans son entourage, il compte sur la présence d’Alfred et du Commissaire Gordon. Plus tard, il sera secondé par Robin (Dick Grayson), qu’il recueillera à la suite de la mort tragique de ses parents, puis par Batgirl.

Cette série donne la possibilité au téléspectateur de faire la connaissance, épisode après épisode, de chacun des vilains qui agresse le quotidien de Gotham city et de découvrir les origines de chacun des personnages, comme celles de Robin, Double-Face, Mr Freeze ou Gueule d’argile. Les créateurs de la série, notamment les scénaristes comme Paul Dini, ont même pris la liberté d’étoffer la panoplie de vilains en créant la fameuse Harley Quinn ou Baby Doll (je vous laisse découvrir le personnage par vous-même, ça vaut le coup).

La série a connu un immense succès auprès des novices mais aussi auprès des fans de Batman qui la considèrent comme la plus fidèlement adaptée du comic.

Certains épisodes ont été marquants pour tous les admirateurs de la série. Celui qui remporte tous les sondages est Amour on ice (Heart of ice pour le titre original) qui introduit le personnage de Mister Freeze dans la série et réinvente même ses origines vues ici plus tragiques. C’est justement de cet épisode dont je vais vous parler. (Attention, cet article contient des éléments qui dévoilent l’intrigue de l’histoire)

C’est grâce aux films de Tim Burton et à cette série que j’ai découvert l’univers de Batman. Ce point de vue sombre et plutôt réaliste de chacune des histoires m’a toujours paru fascinant. C’est cela qui fait que cette série n’est pas un dessin animé ordinaire ou un simple divertissement. Chaque épisode se termine avec un message profond. Elle n’est pas forcément adressée aux plus jeunes. Beaucoup d’épisodes mettent en scène la vengeance, le malheur, la peine et la folie des personnages. Je ne suis pas une grande amatrice des comics américains, mais je vous invite sincèrement, si vous en avez la possibilité, à voir ou à revoir cette série devenue mythique.

La vengeance est un plat qui se mange froid

Batman_4Dans cet épisode intitulé Amour on ice, écrit par Paul Dini et réalisé par Bruce Timm, nous faisons la connaissance de Mister Freeze, de son vrai nom Victor Fries, chercheur et expert en cryogénie. L’histoire débute avec l’attaque « enneigée » de l’immeuble de l’entreprise Gothcorp dirigée par Ferris Boyle. Devant les écrans situés dans sa batcave, Batman enquête sur ces délits et découvre que plusieurs engins ont été volés pour former une énorme arme à congélation.

Alors que Mister Freeze s’apprête une nouvelle fois à commettre des vols, Batman intervient mais ne parvient pas à le maîtriser. C’est à ce moment que l’on apprend le nom de ce nouveau vilain.

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Batman doit alors faire face à un nouveau malfaiteur qui cherche à se venger à tout prix d’un seul homme : Ferris Boyle. Le lendemain, Bruce Wayne décide d’en savoir plus et se rend au bureau de Ferris Boyle afin de l’interroger sur les origines de ces attaques répétées. Boyle avoue qu’un seul homme est capable de tels méfaits : un chercheur qui se servait à des fins personnelles du matériel de la Gothcorp, avec qui il y a eu confrontations et qui a disparu après une explosion.

Et les archives dans tout ça ??

De retour dans sa batcave, Batman s’interroge sur cette confrontation et consulte les microfiches des journaux de l’époque qui évoquent bien une explosion pendant l’altercation entre ce mystérieux chercheur et les agents de sécurité de l’entreprise.

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Malheureusement, aucun élément n’est donné sur les causes de cet accident. Batman annonce alors à Alfred que le seul moyen d’avancer dans cette enquête est d’aller consulter les archives de la Gothcorp.

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Une grande cérémonie est organisée à la Gothcorp afin d’attribuer le prix de « l’industriel bienfaiteur de l’humanité de l’année » à Ferris Boyle. Déguisé en agent de sécurité, Bruce Wayne s’introduit dans l’immeuble et parvient à prendre la relève d’un autre agent somnolant devant les écrans de surveillance de l’entreprise. Celui-ci hors de la salle, Bruce Wayne redevient Batman, et accède à la salle des archives, non sans avoir décrypté au préalable le code de la porte.

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Il ouvre un tiroir et en sort une chemise marquée « Top secret » contenant le dossier médical de Nora Fries.

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Mmmh…ces archives n’ont pas l’air communicables…allez, tant pis !

A l’intérieur, des photos, des documents sur le projet d’un procédé de cryogénisation et une VHS.

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Batman visionne la VHS. On y découvre Victor Fries, le fameux chercheur de la Gothcorp qui annonce son projet qu’il espère être le premier pas vers l’immortalité. Durant son intervention, on aperçoit une capsule de cryogénisation avec sa femme Nora à l’intérieur, atteinte d’une maladie grave et inopérable.

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Il est soudainement interrompu par des agents de sécurité accompagnés de Ferris Boyle qui lui ordonne de cesser cette expérience et de rendre tout le matériel qui lui appartient, tout en lui reprochant que cela lui coûte une fortune, et faisant fi de la présence de sa femme dans la capsule. Malgré les supplications de Fries, Boyle ne cède pas et finit par bousculer Fries dans des produits chimiques toxiques qui congèlent ce dernier.

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Au lieu d’intervenir, Boyle fuit avec ses compères. La vidéo s’arrête. Batman est sous le choc et comprend comment est né Mister Freeze et d’où vient son désir de vengeance.

Alors que Ferris Boyle est sur le point d’être récompensé, Mister Freeze immobilise l’immeuble de la Gothcorp avec son canon à congélation et entre dans la salle où se trouve Boyle. Après une ultime confrontation musclée, Batman arrive enfin à maîtriser Mister Freeze complètement désemparé de n’avoir pu se venger. Batman intervient en disant qu’il n’y aura pas vengeance mais justice : il avoue alors à la journaliste qui suit l’enquête des attaques de la Gothcorp et qui était invitée à la cérémonie, que l’année précédente, Ferris Boyle a interrompu une expérience importante et que cela a anéanti deux vies. Pour preuve, il donne la VHS qu’il a découverte aux archives de la Gothcorp à la journaliste. Notons au passage que Batman se fiche pas mal de désolidariser des dossiers classés top secret d’une entreprise…

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Un problème avec les archives subtilisées ?

L’épisode se termine, comme très souvent dans la série, dans une cellule de l’Asile d’Arkham où sont emprisonnés tous les pires criminels de Gotham city. On y voit Victor Fries dont la cellule a été entièrement congelée et enneigée pour son confort. En pleurs, il exprime ses regrets et implore sa femme de lui pardonner.

Les archives privées de l’entreprise sont donc clairement au cœur de cet épisode. Elles permettent à Batman de mieux comprendre son adversaire et aux spectateurs que nous sommes d’avoir un peu de compassion pour ce vilain qui congèle tout. Les enregistrements d’expériences scientifiques peuvent être une mine d’informations, aussi bien pour comprendre comment elles ont pu aboutir ou échouer et éviter de reproduire des erreurs. Elles sont également ici une mine de renseignements pour la police et la justice même si ces archives ne sont pas obtenues de manière très légale.

Emilie Rouilly

 

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ShirobakoShirobako est un animé japonais de 24 épisodes, produit par le studio PA Works et diffusé à partir d’octobre 2014 sur les chaînes japonaises, diffusé en France sur la chaîne J-ONE et sur la plateforme ADN. Il s’agit d’une œuvre originale réalisée par Tsutomu Mizushima (Girls and Panzer, Another, xxxHolic) et scénarisée par Michiko Yokote. Il s’agit d’une comédie/tranche de vie qui connaît une déclinaison en manga.

L’histoire suit le quotidien stressant et mouvementé d’Aoi Miyamori, jeune assistante de production, et de ses collègues au sein du studio d’animation Musashino Animation. Exodus, leur nouvelle série inédite doit redorer le blason de la société dont la réputation a été ternie des années auparavant. L’occasion pour le spectateur de découvrir les métiers de l’animation et ce monde difficile.

Et les archives dans tout ça ??

Dans l’épisode 19, Aoi se met à douter de ses motivations au vu de l’avancée difficile du nouvel animé du studio. Veut-elle vraiment travailler dans cette industrie ?

Le directeur du studio décide de la conduire dans les locaux de Musashino Video, une entreprise fermée depuis longtemps, mais dont est issue la majorité des anciens du studio. Le bâtiment, bien qu’ « en piteux état » selon le patron, sert d’entrepôt. A vrai dire, le lieu paraît plutôt à l’abandon. Les bureaux et le matériel n’ont pas bougé depuis des décennies, comme si les employés étaient partis la veille, les ravages du temps en plus.

Shirobako_1 Bonjour le stockage....

Bonjour le stockage…

Les dossiers d’animations sont toujours sur les étagères. Ils contiennent des celluloïds, des feuilles plastiques transparentes sur lesquels on dessinait. Ce support de travail est décrit comme complexe et contraignant (bonne tenue de la couleur mais pas du carbone, problème de rayure, etc.) et fut abandonné avec l’arrivée du numérique.

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Des bobines de films prenant la poussière dans la vieille salle de projection

Ces celluloïds permettent à Aoi de voir comment le studio travaillait des décennies plus tôt. Elle réalise que « ce n’était pas mieux avant ». Puis, elle visionne un épisode de Chucky des Andes, produit par ce studio, animé qu’elle adorait enfant. Elle est remobilisée. Et puis….c’est tout. On quitte les lieux et on retourne au travail.

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 Les anciens locaux de Musashino Video transformés en entrepôt

Le traitement des archives, et plus généralement de la mémoire de la société, est assez intéressante : dans un premier temps, il rappelle l’évolution du savoir-faire et du geste du métier, trace des avantages et des inconvénients d’un passé souvent idéalisé et nostalgique (avantages du numérique, agendas serrés, etc.). Mais surtout l’appel aux anciens travaux des membres du studio et à la mémoire des spectateurs est un discours souvent utilisé dans l’animé pour créer une cohésion d’équipe et remotiver les individus. Ce discours de fierté est un double discours puisque le matériel même qui en fait la base, les archives (dessins, bobines), est laissé à l’abandon dans un débarras.

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Un celluloïd laissé à l’abandon

Comme dans un certain nombre de sociétés à l’heure actuelle, les archives sont ici une non-question, un élément que l’on stocke, trop occupé que l’on est dans une course en avant de la production. Mais elles restent bien pratiques pour créer une identité, souder les équipes et remotiver par l’usage de la mémoire individuelle et collective. Une contradiction donc…

Il ne faut pas cependant généraliser. Ainsi dans l’épisode 6, certains employés visitent une exposition consacrée à Idepon, une série fictive. Au travers des objets et des archives, des collègues fâchés s’ouvrent et discutent de leur passion pour cette œuvre. Et les voilà remobilisés de nouveau !

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Les archives mises en valeur lors de l’expo Idepon

Du bienfait des archives sur la productivité ? On y croit !

Marc Scaglione

RED (Retraités Extrêmement Dangereux) est un film d’action comique de Robert Schwentke (Divergente 2 et 3). Ce film raconte le quotidien d’une bande de retraités… de la CIA.

Red_1L’histoire débute avec Frank, qui vit une vie de retraité tout à fait banale.

Tout bascule le soir où celui-ci reçoit la visite d’une équipe d’intervention qui a pour mission de l’éliminer. Ainsi commence la traque aux retraités, qui vont, bien entendu, riposter. Pour ce faire, Frank se retrouve avec Sarah, standardiste de sa caisse de retraite avec qui il parle très souvent de lecture, et surtout toute une bande d’anciens agents, alliés comme ennemis (CIA, KGB, MI6), tous aussi retraités que lui, ou du moins qui devraient l’être. Cette joyeuse bande se retrouve donc filée par un jeune agent de la CIA, Cooper, qui se rend bien vite compte que Frank a des compétences plutôt musclées et offensives pour un ancien analyste, ce qui le décide à se poser quelques questions.

Et c’est exactement à ce moment que ce jeune agent découvre le service indispensable….. Les archives de la CIA.

Et les archives dans tout ça ??

Etant donné que ces archives sont censées être top secrètes, seules les personnes ayant l’habilitation peuvent connaitre ce service. Ce qui n’est pas le cas de notre ami, sûrement trop jeune aussi. C’est donc sa supérieure qui lui apprend l’existence du service, et lui donne le numéro de  dossier de Frank, qu’elle connaît bien entendu.

Rappelons tout de même qu’il s’agit ici d’une comédie. Malgré quelques exagérations, l’archiviste et les archives sont représentés de façon assez traditionnelle.

C’est un lieu qui n’est pas du tout ouvert à tout le monde. Seuls les plus gradés et les plus anciens savent que ce service existe. C’est à croire que seuls les retraités, comme Frank, et les archivistes eux-mêmes connaissent son existence.

Ensuite, l’archiviste est un gardien du savoir bien solitaire. Il se retrouve seul, au fond du couloir qui précède la salle des archives, et sûrement au sous-sol. Là encore, être archiviste a l’air d’être un métier bien monotone.

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le bureau d’Henry, l’archiviste…un peu sombre

Ce gardien du savoir sait d’ailleurs tout, et n’a absolument pas besoin d’un quelconque outil de recherche pour retrouver les dossiers demandés.

Par contre, le fait que nous soyons en présence des archives de la CIA, donc sensibles voire secrètes, peut donner une certaine légitimité à la sécurité déployée autour de celles-ci. Même si ces mesures me semblent totalement exagérées ici.

Les archives sont comme un trésor gardé précieusement. Pour y accéder, Il faut savoir que l’étage existe, étant donné qu’il n’y a aucune indication sur le panneau de l’ascenseur. Ensuite, il faut passer par une porte sécurisée avec un code changeant toutes les 6 heures. A partir d’ici, la présence de l’archiviste est nécessaire pour atteindre les archives, ce qui, en soi, n’a rien d’anormal. Celui-ci mène Cooper dans la chambre forte, fermée par une porte semblable à celle d’un coffre fort de banque, entourée de barreaux.

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Une entrée solennelle

Mais la sécurité n’a finalement pas l’air si importante que ça. Après tout, ce ne sont que les archives de la CIA ! Ainsi, la porte a beau être protégée par un système sophistiqué de code, le mur, quant à lui est complètement vide. Un bon coup de pied, et nous voila dans le service.

Cooper se retrouve donc dans la salle des archives, qui semble correspondre à l’idée que l’on se fait d’un service d’archives. Mais on déchante assez vite. A la CIA, seule une table est mise à disposition pour consulter les documents (pas vraiment la place pour une salle de lecture apparemment).

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Tu veux t’asseoir ? Tant pis pour toi !

Les dossiers sont conditionnés dans des étagères en métal, dans des pochettes recouvertes d’une ribambelle d’écriture, et donc pas forcément idéales pour la conservation. Et pas de cotation! L’archiviste doit vraiment connaître par cœur les dossiers.

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La pochette est loin des normes de conservation

Ensuite, le seul point de sécurité qui aurait été nécessaire n’a pas été mis en place : aucun fichier traçant le dossier. Frank s’en va tout simplement avec le dossier qu’il est venu consulter.

On voit en parallèle des archives de la CIA les archives de Marvin, agent retraité paranoïaque qui conserve tout en format papier.

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Marvin a encore des progrès à faire en classement !

Ceci donne un bon exemple de ce à quoi les archivistes peuvent être confrontés lors de collecte. Ici, les archives sont sens dessus-dessous et sans organisation apparente. Nous  sommes face à un entassement de documents, dont seul le propriétaire connaît le sens et où il saurait retrouver ce qu’il cherche.

En dépit de toutes les exagérations du film, on peut voir que les archives revêtent une grande importance, notamment pour garder une trace de ce qui a été fait. Malgré cela, elles restent quand même dans l’esprit général quelque chose qui peut être secret et sont donc à cacher. De ce fait, et du fait qu’elles soient manipulables avant leur classement, des abus peuvent être commis. On peut voir dans le film que certaines archives ont été noircies de peur qu’elles ne révèlent trop d’informations sensibles.

La surprotection de ce type de document reste d’ailleurs une vraie problématique archivistique en France (comme les archives relevant du secret d’état par exemple). Cependant on voit bien que dans une démarche de recherche, les archives, quand on sait que l’on peut y accéder librement, sont souvent la clef de tout.

Léna Lachaux

Adapté des six romans policiers à succès du Danois Jussi Adler-Olsen, Les Enquêtes du Département V, comportent 3 opus au cinéma.

Misericorde_1Récompensé par des prix littéraires scandinaves, l’auteur connait un grand succès auprès du public. Le lecteur retrouve dans ces romans les ambiances noires et les intrigues qui font le succès des auteurs nordiques dans le genre thriller policier, tel que Stieg Larsson et son Millénium ou Camilla Lackberg et La sirène.

La mutation aux services ….. des archives

L’inspecteur Carl Morck travaille au service criminel de la police judiciaire danoise. A la suite d’une intervention avec son équipe, un de ses coéquipiers est tué et l’autre restera lourdement handicapé. Il fait une grave dépression, sa femme le quitte et il sombre dans l’alcool.

Lorsqu’il est jugé apte à reprendre du service, sa hiérarchie lui signifie sa mutation au Département V, service d’archivage des affaires classées. L’objectif est clair, reprendre toutes les enquêtes classées depuis les 20 dernières années, les trier et les clore ….

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L’assistant

Pour atteindre les objectifs fixés, on lui attribue un assistant, Hafez El Assad. C’est un jeune policier inexpérimenté dont personne ne veut dans les services…

Le bureau des affaires classées

Le service est situé dans les sous- sol des services de police. C’est un vaste vrac d’objets et de boites d’archives entassées. Heureusement que l’assistant est motivé ! Il met de l’ordre et propose une méthode de tri bien personnelle : afficher les affaires sur le mur pour choisir celles qui sont à traiter chaque semaine…

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L’affaire

L’inspecteur, refusant son rôle « d’archiviste judiciaire » va se pencher sur des affaires non résolues non pas pour les fermer, mais pour les rouvrir. L’assistant proteste « le chef nous a demandé de classer les affaires … ». Les deux enquêteurs s’intéressent à l’affaire d’une victime déclarée hâtivement décédée par suicide … mais aucun cadavre n’a été retrouvé.

L’énigme

Les deux compères vont analyser les documents de l’affaire et retracer dans le détail la vie de victime qu’il considère comme disparue et non suicidée. La victime, une jeune femme orpheline qui s’occupe de son frère handicapé, disparaît lors d’une traversée à bord d’un ferry avec ce dernier. Son frère ne peut pas s’exprimer à cause de son handicap et la victime n’est pas réapparue depuis 5 ans. Le film alterne des séquences du passé et du présent, tenant le spectateur en haleine grâce à une intrigue bien construite et une affaire originale.

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La résolution de l’affaire

Grâce aux archives bien sûr ! Une collection complète de photos va leur permettre de remonter la piste et de résoudre l’affaire en identifiant le kidnappeur et l’endroit où la victime est retenue contre son gré.

Et les archives dans tout ça ??

L’auteur introduit le premier opus de sa série policière en montrant une image ringarde des archives, à travers le choix des protagonistes – un policier dont la carrière est finie et un jeune débutant. Le policier mis au placard après une faute et une dépression est une figure classique de la littérature policière et son reclassement aux archives l’est tout autant.

L’image ringarde des archives peut se lire aussi dans la description des lieux : un débarras poussiéreux et jamais éclairé par une quelconque lumière naturelle. En Europe du Nord comme en France, travailler dans un service d’archives est perçu comme une punition … et les archives pâtissent d’une image vieillotte.

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un peu sombre…et encombré !

Au fur et à mesure du déroulé de l’intrigue, on note cependant l’importance croissante des archives dans l’enquête.

A l’origine constituées comme moyen de preuve, elles deviennent un atout pour comprendre la vie de la victime et identifier son ravisseur. Au final, le dénouement heureux de l’enquête aboutit grâce aux archives photographiques et à la compétence des deux agents. Ainsi, le premier opus se termine sur une image positive, à la fois pour les personnages, qui sont félicités et pour l’importance des documents d’archives quel que soit leur support.

Florence Masson

Halo_1Halo est une série de jeux-vidéos dont le premier opus Halo : Combat Evolved est sorti en 2001. Fer de lance de la nouvelle console Xbox, il proposait d’incarner le Spartan John-117, alias le Major, super-soldat dans un combat contre les ennemis de l’humanité au XXVIème siècle : un groupement de races extraterrestres nommé les Covenants et le Parasite.

Ce jeu connut un tel succès qu’il lança une franchise décliné en des suites et spin-offs vidéo-ludiques, des BD, des romans, une web-série et une anthologie de courts-métrages d’animation, développant l’univers de manière assez riche. Les événements qui nous intéressent prennent place à la suite du jeu Halo 4 et est développé dans le contenu additionnel Halo 4 : Spartan Ops et la série de comics, dénommée Halo : Escalation, publiée chez Dark Horse Comics et inédite en français.

Quelle est l’histoire ?

La guerre est terminée. Le Parasite est vaincu et l’humanité est en paix avec les Covenants, qui opèrent une révolution au sein de leur alliance.

Un nouveau danger émerge. Un ancien dirigeant forerunner (race éteinte dominant autrefois la galaxie), responsable de la caste des combattants, dénommé le Didacte se réveille après un sommeil de 100 000 ans. Son objectif : finir son travail et détruire l’humanité. Les humains seront alors aidés dans leur combat par une IA, copie de la mémoire de l’ancienne épouse du Didacte, la Bibliothécaire. Cette dernière considère les humains comme les futurs maîtres de la galaxie, les seuls propres à reprendre le flambeau des Forerunners.

Et les archives dans tout ça ?

Les Archives Absolues sont un lieu où sont recensées l’intégralité des technologies forerunners et leur emplacement à travers la galaxie. L’enjeu est grand et oppose l’équipage de l’UNSC Infinity au groupe covenant dirigé par Jul M’Dama, autoproclamé « Main du Didacte », qui cherche à s’approprier les artefacts de ceux qu’ils considèrent comme des dieux.

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Un aperçu des informations contenues dans les archives

La personne qui révèle l’existence de ces archives est la Bibliothécaire. On pourrait dire qu’il y a encore une fois confusion des genres entre bibliothèque et archives. Il n’en est rien. Premièrement parce que la Bibliothécaire n’est pas la gardienne des archives. Deuxièmement parce qu’elle a hérité ce surnom de l’époque de ces études universitaires.

Pour en revenir aux Archives Absolues, on les voit assez peu. Il s’agit plus ici de suivre la quête qui y mène. On a un petit aperçu de son contenu lorsque la Bibliothécaire donne la clef qui y permet d’accéder à Catherine Halsey.

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La bibliothécaire donne la clef de Janus à Catherine Halsey

Le Docteur Catherine Halsey est l’exemple même du chercheur sans scrupules, prête à tout pour atteindre ses objectifs et étancher sa soif de savoir. Créatrice du programme Spartan et donc de John-117, elle est désormais considérée comme une criminelle de guerre. Elle finira par s’échapper, trahir l’humanité en s’alliant avec les Covenants pour accéder aux Archives. L’exemple même de la chercheuse pleine de morgue et hautaine qui croit que tout lui est dû…un modèle qu’on croise parfois aux archives..

Halo_4La clef pour accéder aux Archives est dénommé « Clef de Janus » et est divisée en deux parties.

Cette division est d’abord un impératif de sécurité. En effet, les informations contenues dans les Archives ne doivent pas tomber entre de mauvaises mains. Mais surtout la dualité, évoquée par le nom de Janus, rappelle les différentes perceptions du monde et les possibilités d’utilisation de ces archives : une utilisation agressive et militariste dans un but de domination, tel que vu par le Didacte ou un outil d’évolution de l’espèce humaine tel que proposé par la Bibliothécaire. Le savoir n’est pas neutre et dépend avant tout de son usage.

Après différents combats, l’accès aux Archives est finalement ouvert mais les opposants doivent faire face à un gardien. Considérant que posséder la clef n’est pas un gage suffisant, il soumet les deux groupes à un test pour savoir qui doit pénétrer les lieux. Encore une fois, la sécurité prime au regard de l’importance du savoir à protéger.

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le test va commencer !

Mais le test tourne court, après que le Dr Halsey a piraté le Gardien. S’ensuit une bataille qui détruit les Archives.

Les Archives incarnent ici tous les aspects complexes du savoir et de ces conséquences : objet d’une quête effrénée, utilisé pour la guerre ou la paix, objet de tous les sacrifices pour les uns, dangers pour les autres.

Marc Scaglione