Les archives des sous-sols du Révolu

Publié: 21 août 2021 dans BD, comics, manga
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C’est à l’occasion d’un partenariat entre les éditions Futuropolis et le Musée du Louvre qu’est né, en 2006, la bande dessinée de Marc-Antoine Mathieu, Les sous-sols du Révolu, extraits du journal d’un expert. Il s’agit pour l’auteur de donner sa revisite du Musée. Marc-Antoine Mathieu choisit de s’intéresser non pas aux oeuvres elles-mêmes ou aux salles parcourues par les visiteurs mais aux coulisses, aux différents métiers qui permettent au Musée de remplir ses missions. A travers ce voyage surprenant, l’auteur montre le gigantisme de l’institution.

Quelle est l’histoire ?

Un soir pluvieux du mitan du XIXe siècle, deux étranges silhouettes s’avancent vers les hauts murs du Musée du Révolu. Il s’agit d’Eudes le Volumeur et de son adjoint Léonard. Ils semblent chargés de dresser un inventaire exhaustif de tous les départements de l’institution, une tâche colossale qui les conduit du pied des fondations aux rayonnages colossaux d’une bibliothèque en passant par des services aussi étonnants que la galerie inondée ou la salle des fragments. Est-il seulement possible d’embrasser l’ensemble des tâches dévolues au Musée ? Eudes le Volumeur ne va-t-il pas finalement se perdre dans les dédales de l’institution et dans les méandres de son esprit fatigué ?

Et les archives dans tout ça ??

Eudes le Volumeur et son comparse Léonard débutent leur visite par les fondations qui évoquent les substructions de l’époque de Philippe Auguste. De là, ils visitent les galeries techniques, la galerie inondée, le dépôt des moules, la salle des fragments, l’atelier des restauration, le département des copies, la réserve du tableau avant d’arriver enfin aux Archives. Le parti pris de Marc-Antoine Mathieu est de montrer le caractère cyclopéen des coulisses du Musée. Les archives sont représentées par des rayonnages qui s’étendent à l’infini, comme de véritables gratte-ciel du savoir. Pour parcourir la salle, les protagonistes empruntent des échelles qui roulent à toute vitesse d’un segment à l’autre. Le lecteur aperçoit différentes pancartes indiquant les thématiques usitées dans le service.

On repère les modes d’entrée des œuvres : legs, dons, donations, dations, mais aussi les financements possibles comme le mécénat ou les subventions et partenariats. On ne mentionne pas les dossiers d’œuvres qui devraient pourtant occuper un certain nombre de rayonnages. L’auteur s’en explique en indiquant : « nous ne nous étendrons pas plus sur ces archives, même si l’ensemble peut fort bien justifier le titre d’oeuvre tant son architecture en fait un objet propre à suggérer l’infini. » C’est donc davantage la structure des Archives que leur contenu qui retient sont attention. On relève une pointe de rejet lorsque le guide de nos deux protagonistes leur dit : « je vous épargnerai la visite des coulisses du service de l’inventaire, c’est encore plus ennuyeux », suggérant ainsi que les Archives sont, elles aussi, barbantes…

On aperçoit de loin deux archivistes en train de ranger des dossiers, difficile de les décrire : il semble s’agir d’individus masculins affublés d’un chapeau melon. L’un des deux archivistes est tellement transparent qu’il se confond, par la couleur de ses vêtements se confond avec celles des rayonnages.

Les archives apparaissent également lorsqu’Eudes le Volumeur rencontre un vieillard affalé dans un recoin du Musée. Ce dernier lui transmet son registre qui recouvre toute son expérience. Le vieil expert transmet également le volume qu’il a lui même reçu de son prédécesseur. Eudes fera de même lors du dernier chapitre, participant ainsi à la continuité de la mémoire archivistique. Ainsi, l’on peut affirmer sans ambages que les archives ne meurent jamais au contraire de leur propriétaire.

Sonia Dollinger

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