Night Stalker – Le Guetteur : un archiviste peut en cacher un autre !

Publié: 7 juillet 2021 dans Séries
Tags:, , , ,

Night Stalker : Le Guetteur est une série télévisée diffusée en 2005 aux Etats-Unis. Cette série, diffusée en 2007 en France ne comporte qu’une saison de dix épisodes, avant d’être annulée par manque d’audience. Il s’agit d’un remake d’une ancienne série télévisée américaine, Kolchak : The Night Stalker (Dossiers brûlants en français), diffusée entre 1972 et 1975, incluant deux téléfilms, The Night Stalker et The Night Strangler. Cette série fut d’une grande influence dans la création d’une autre, X-Files.

Quelle est l’histoire ?

Nous suivons Carl Kolchak un journaliste qui traque les phénomènes paranormaux.

Et les archives dans tout ça ?

Dans l’épisode 9 de la série de 2005, intitulée Timeless en anglais et La Morsure du Temps en français, Kolchak enquête sur la mort de jeunes femmes dont les cadavres ont été retrouvés dans un parc le cerveau dévoré. L’enquête patine car Kolchak et son équipe hésitent entre l’attaque d’une bête ou d’un tueur déterminé. Jain McManus, le photographe, indique avoir trouvé une piste et les emmène dans les archives du journal pour lesquels il travaille, The Beacon.

Descente aux Archives du Beacon

Kolchak qui est là depuis plusieurs mois ne connaît pas l’endroit, sa collègue Perri Reed, qui travaille pour le journal depuis quatre ou cinq ans indique « qu’il y a ici toutes les éditions jusqu’en 1980 » et qu’elle « n’y est pas venue depuis des siècles ». Jain indique lui bien aimer descendre aux archives pour farfouiller et c’est grâce à cela ou plutôt à Titus qu’il a trouvé une info. « Qui est Titus ? » demande Kolchak. Titus Berry, l’archiviste du Beacon se présente. C’est un quadragénaire chauve aux petites lunettes avec chemise et pulls, bref une image d’Epinal. Ce dernier se lance alors dans une diatribe :

« La plupart de nos confères s’agitent vraiment en tout sens pour récolter de misérables ragots. La recherche est l’essence de notre travail, ce qui fait sa noblesse et sa beauté. (…) J’ai découvert quelque chose que vous n’auriez jamais pu trouver sur Internet, votre sacro-sainte Toile où les événements historiques n’ont aucune chance de figurer en bonne place si personne ne s’est soucié de les retranscrire à la manière ancienne, avec ses dix doigts. »

Puis Titus leur montre une édition de 1970, indiquant des crimes similaires dans le même lieu. Titus reconvoque les journalistes plus tard, pour leur montrer que des événements similaires se sont déroulés en 1935 et en 1900, ce qui intrigue d’autant les journalistes les lançant sur la piste d’un tueur paranormal, une tueuse en réalité dévorant le cerveau de trois jeunes femmes tous les 35 ans pour conserver sa jeunesse.

Découverte d’un acte similaire en 1970

Ici l’archiviste est un archétype classique de vieux garçon rigoriste qui apporte de nouveaux éléments pour l’enquête. Mais au-delà de la forme, ce passage est intéressant au niveau du fond. Premièrement, la méconnaissance du service archives et son absence de visibilité. Ainsi Kolchak présent depuis plusieurs mois ne connaît pas l’endroit et sa collègue n’est pas venue depuis longtemps. Il faut une démarche personnelle et volontaire pour lier archives et enquête. Il est à regretter aussi que l’archiviste ne fasse pas l’effort de se mettre en avant et de se faire connaître de ses collègues. Deuxièmement, il édicte en 2005, une règle toujours valable aujourd’hui. Un travail complet de recherche ne peut se faire uniquement sur Internet, puisque le réseau ne contient que ce qu’on a bien voulu y mettre. Un point parfois hélas oublié par certains.

Cet épisode est un hommage au téléfilm The Night Strangler, diffusé en 1973. Carl Kolchak est à Seattle, après avoir été viré du journal pour lequel il travaillait à Las Vegas. Il est engagé par son ancien responsable éditorial au Daily Chronicle. Il doit alors enquêter sur l’étranglement d’une femme, meurtre qui devient vite une série dans le quartier de Pioneer Square. Kolchak découvre un lien possible avec l’histoire du vieux Seattle.

Une partie des archives du Daily Chronicle

Lui-même avouant que la recherche n’est pas son fort, il décide de faire appel à Titus Berry « gardien des secrets de Seattle enterrés dans la mémoire morte du Daily Chronicle ». Titus a découvert que des meurtres similaires avaient lieu 21 ans plus tôt dans le même quartier, avec une description physique du suspect identique ! Kolchak l’ayant cité dans son article, Titus Berry pousse ses recherches en signe de gratitude et découvre que d’autres crimes ont eu lieu 21 ans avant. Plusieurs femmes sont assassinées tous les 21 ans. Mais le journal ayant été fondé en 1887, Kolchak décide d’aller à la bibliothèque de Seattle pour fouiller dans les journaux plus anciens de Seattle sans trouver de piste valable. Titus le recontacte car il a trouvé des infos. Les échanges entre Titus et Kolchak vont alors continuer jusqu’à la conclusion de l’enquête.

Meurtre d’une femme en 1952

La version de 2005 est clairement un hommage au film, avec la reprise de l’intrigue, du personnage de Titus Berry et le passage aux archives. La version de 2005 est un hommage qui se tient mais un peu creux en comparaison. Dans la version de 1973, Carl Kolchak met en valeur la recherche dans les archives comme une nécessité. Le personnage de Titus Berry est moins ronchon, même s’il valorise son travail, il reste un employé timide et efficace.

La comparaison des deux et de leurs visions de la recherche dans les archives d’un journal à trente ans d’écart est un bel exercice pour montrer la permanence et l’évolution d’un métier, bouleversé par l’informatique et les habitudes de recherches. Titus Berry, un archiviste qui peut en cacher un autre donc !

Marc Scaglione

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s