Ric Hochet à la morgue, l’enterrement des archives ?

Publié: 13 mai 2021 dans BD, comics, manga
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Signé Caméléon est une des deux enquêtes présentes dans le premier tome des albums de la série Ric Hochet. La seconde enquête, intitulée Traquenard au Havre, donne son nom au volume. L’album sort en 1963 aux éditions le Lombard après que chacun des récits ait été publié dans le Journal de Tintin entre 1961 et 1962. Le scénario est signé André-Paul Dûchateau et le dessin Tibet.

Quelle est l’histoire ?

Le jeune reporter Rich Hochet dépose son ami le commissaire Bourdon non loin de chez lui. Alors que les deux hommes se quittent, le commissaire manque d’être renversé par un chauffard. Alors que Ric amène Bourdon à son domicile, ce dernier s’aperçoit qu’il a été cambriolé et qu’un dossier confidentiel lui a été dérobé. Il semble qu’un ennemi de l’ombre veuille faire du tort au commissaire et le pousser à la démission mais qui est ce mystérieux adversaire et dans quel but agit-il ?

Et les archives dans tout ça ??

Comme il se doit dans ce type de récit policier, l’enquête patauge et le temps presse. Aucun indice concluant ne se fait jour et le commissaire est au bord de la démission. Ric Hochet, féru d’enquêtes, mène ses propres investigations et tente de comprendre qui peut bien en vouloir à son ami à ce point là. La piste suivie mène Ric Hochet jusqu’à un certain Pierrot Volcan qui portait un tatouage en forme de caméléon, qui fut arrêté par le commissaire Bourdon. Toutefois, un problème de taille surgit : Pierrot Volcan est mort et ne peut donc avoir fomenté ce complot.

C’est alors que Ric Hochet se tourne vers le recours ultime : les archives. Le nom donné à la salle d’archives du journal est assez déplaisant puisqu’on l’affuble du nom de « Morgue ». En gros, consulter les archives sonne ici comme aller rendre visite à un cadavre. Ce même terme avait déjà été relevé par Emilie Rouilly dans son article sur Minuit 4 de Stephen King, il semble donc être usité pour désigner une salle d’archives, bien qu’heureusement peu courant.

Dernier recours, dernier lieu avant le silence de la mort ? Pourtant, on voit Ric ouvrir un registre relié contenant des exemplaires de journaux. Or, de ce registre semble s’échapper des informations essentielles à la résolution de l’énigme. Ainsi, dans le silence d’une salle d’archives, Pierrot Volcan revient à la vie à travers les articles de presse parcourus par Ric.

On note l’absence d’un archiviste, Ric est seul dans une pièce qui semble assez exiguë. La manipulation du registre n’est pas optimale et l’archiviste a une pensée pour la reliure qui souffre. La table de consultation est remplie de documents et nous avons une pensée émue pour celle ou celui qui devra ranger après le passage de Ric Hochet.

la joie du chercheur quand il fait une trouvaille !

L’apparition des archives est brève dans ce récit mais elle est significative d’une certaine vision des archives. Rappelons-nous que dans certaines entreprises, on appelle parfois les archives définitives des « archives mortes ». Pourtant, la résolution de l’énigme passe forcément par les archives dont la consultation a donc une incidence directe sur la vie des protagonistes. Les documents fourmillent de vie et de petites histoires qui ne demandent qu’à sortir de leur registre de papier. Au fond, quoi de plus vivant que les archives ?

Sonia Dollinger

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