BLAME ! : Restaurer le monde

Publié: 11 décembre 2020 dans BD, comics, manga
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BLAME ! est une série de mangas pour adultes de 10 tomes de Tsutomu Nihei. Publiée au Japon entre 1998 et 2003, elle est éditée en France par Glénat. L’éditeur nous offre à partir de 2018 une version deluxe grand format compilée en six tomes avec une nouvelle traduction de Yohan Leclerc. Un passage de la série a été adapté en film d’animation par Netflix, sorti en mai 2017.

L’auteur a publié en 2001 une préquelle nommé NOiSE, qui éclaire beaucoup l’histoire de cet univers.

Quelle est l’histoire ?

Bienvenue dans la Mégastructure, un ensemble gigantesque de plusieurs milliers de km. Il y a des siècles, voire des millénaires, les hommes contrôlaient les machines via leurs gènes d’accès à la résosphère. Mais un fléau a causé l’apocalypse, les machines sont devenues hors de contrôle et les humains ne réussissent plus à se connecter, faisant d’eux des occupants illégaux qu’il faut éliminer.

Killee parcourt la Mégastructure à la recherche de gènes d’accès réseau, dans le but de pouvoir reprendre le contrôle de la résosphère. Il sera accompagné de Shibo, une scientifique humaine.

Et les archives dans tout ça ??

Comme dans nombre d’œuvres post-apocalyptiques, Blame offre sa vision de la relation entre passé et présent, mémoire et oubli, tout en donnant un aperçu des archives et de leur fragilité.

Killee erre en cherchant des gènes d’accès réseau, par tous les moyens. Il récupère ainsi soit des échantillons sur des individus soit des données dans les archives des différents groupes humains. L’archive devient alors, outre sa qualité informationnelle intrinsèque, un objet de valeur qui se monnaye, se négocie, s’échange. Ainsi Killee arrive dans un village, dont la population a été massacrée par les machines. Un survivant dans un état grave lui promet une copie des archives génétiques en échange d’un service.

C’est dans une situation similaire que Killee rencontre Shibo, ancienne chef du département scientifique de l’entreprise Bio-Elec, prisonnière d’un corps décrépi, qui deviendra son acolyte. Cette dernière lui promet l’accès aux archives de la société si notre vagabond la sort de là.

Si les porteurs humains et les archives ont de la valeur pour Killee, qui souhaite restaurer un accès au réseau et reprendre le contrôle des machines, ils en ont aussi pour les antagonistes de la série, qui cherchent à en effacer toute trace ; les humains et leurs données deviennent alors un enjeu plus que vital…

Dans sa quête, Killee rencontre différents groupes, dont il est parfois difficile de savoir s’il s’agit d’humains, de machines ou de créatures inconnues hybrides. Tous ces groupes forment des sociétés indépendantes et variées : certains s’organisent sous forme de clans tribaux ou des conglomérats d’entreprise, quand d’autres sont des nomades cherchant simplement à survivre en évitant les attaques de machine.

Et les relations au passé varient selon ces groupes, même si l’oubli reste la chose la plus partagée. Les nomades ont perdu beaucoup de leur savoir, ils utilisent des armures qu’ils ne peuvent ni réparer ni fabriquer, ils perpétuent certains usages par tradition tout en ayant perdu le sens de ces actions ; de même, ils ne savent plus lire et s’étonnent que Shibo puisse lire les panneaux de Toa Industries, le bâtiment situé près du campement. A l’inverse, Bio-Elec, l’entreprise pour laquelle travaillait Shibo, pratique une vraie archéologie. Cette dernière explique ainsi savoir que d’autres niveaux existent grâce aux supports mémoriels retrouvés. Elle a même recréé d’anciennes technologies, ou en tout cas tenté de les recréer.

Mais la quête de Killee est aussi une quête contre le temps : car au-delà de la destruction volontaire, les supports sont aussi fragiles. Si l’ADN mute, les supports s’altèrent. Ainsi lorsque Killee et Shibo entrent dans Toa Industries, ils espèrent trouver un système d’information centralisé et éventuellement des données intéressantes. Après nombre d’aventures, les données sont hélas détruites par une autre opération menée par l’IA central de Toa… Dommage collatéral…

Enjeu vital, symbole de la relation avec le passé, mais aussi symbole du temps qui passe, l’archive s’exprime de diverses manières dans BLAME !

Marc Scaglione

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