Into The Breach : les archives vivantes

Publié: 25 septembre 2020 dans Jeux
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Into The Breach est un jeu vidéo tactique tour par tout développé et édité par le studio indépendant Subset Games. Jeu complexe et riche dans un style pixel-art, il rencontre un succès d’estime et un succès public. Il est même récompensé de plusieurs prix : BAFTA Game Award 2019 « Original property » , DICE Award 2018 Jeu de stratégie/simulation de l’année et Game Developer Choice Awards 2019 Meilleur Design.  Le scénario est de Chris Avellone, concepteur et scénariste de jeux vidéos : Fallout : New Vegas, Prey, Star Wars Jedi Fallen Order, etc.

Quelle est l’histoire ?

Dans le futur, le niveau des océans a tellement augmenté, qu’il ne reste que quelques îles habitables, chacune dirigée par une corporation. De plus l’Humanité est attaquée par une race extraterrestre : les Veks, des insectes géants. Aux commandes d’un escadron de trois méchas, les Marchefailles, vous parcourez plusieurs territoires en vue d’en chasser les Veks, tout en protégeant les infrastructures et les populations. Mais vous échouerez, et plus d’une fois. Dans ce cas, vous remonterez le temps et vous lancerez dans un nouvel essai, enchaînant les boucles temporelles jusqu’à la victoire finale.

Et les archives dans tout ça ??

Au début de votre aventure, votre escadron débarque sur l’île Archive, gérée par Archive Inc. Le but de cette corporation est de faire de l’île un musée vivant de ce qu’était l’humanité avant la montée des eaux qui a failli éradiquer la population. Cela a un impact direct sur le gameplay puisque vous devrez réutiliser des reliques du passé terrestre pour appuyer votre offensive : tirer avec de vieux tanks rénovés ou lancer d’anciens satellites inusités en orbite.

On peut supposer que les habitants de l’île sont des archivistes, d’autant qu’on voit le nom apparaître le mot sur la carte de l’île. Lors des petits dialogues entre pilotes de méchas durant l’aventure, nous avons des bribes qui donnent du corps à l’ensemble : l’un explique avoir débarqué à Archive car ils recherchaient un historien, il n’envisageait pas de piloter un méca : l’autre venant de Pinnacle Robotics, une île où humains et machines conscientes vivent en (presque) harmonie, se moque du passéisme d’Archive et de leur technologie archaïque.

Il faut lancer les satellites !

L’usage du mot « archive » n’est pas le plus approprié puisqu’il ne s’agit pas que de conserver des documents ou des données, mais de faire œuvre de musée, de conservatoire. Le mot « archive » devient donc synonyme de conservation au sens le plus large, au sens où on peut l’entendre dans les œuvres post-apo où tout vestige devient archive. Mais au-delà de l’usage du mot, l’objectif de cette corporation est d’étudier le passé et de le faire vivre.

On se retrouve alors face à une dualité, pour moi problème indissoluble, que connaissent toutes les institutions patrimoniales : conserver pour communiquer, pour rendre accessible, et faire œuvre de pédagogie en ouvrant le monde du passé au présent ; malgré tout ce vœu pieux est voué à l’échec puisque faire revivre le passé est impossible, il peut être compris, même expérimenté (les reconstitutions par exemple) mais jamais vécu à l’identique.

Marc Scaglione

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