Entrevue avec Laurent Whale : « Sans les Archives, sous quelque forme qu’elles soient, aucune histoire ne serait possible »

Publié: 2 août 2020 dans Non classé
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Laurent Whale est un auteur francà-britannique auteur de romans et de nouvelles et s’intéresse notamment à la Science-fiction ou encore au thriller. L’auteur a débuté la série des Rats de Poussière avec Goodbye Billy. Elle compte à ce jour trois volumes et Laurent Whale nous a précisé qu’il n’allait pas s’arrêter en si bon chemin.

Cette série des Rats de poussière met en avant une équipe dont les archives semblent être la préoccupation première : la direction des Archives Tronquées dirigées par Dick Benton, un ex agent du FBI mis sur le banc de touche mais dans laquelle on retrouve notamment Andrew Kerouac, un archiviste qui occupe un rôle important dans les différents ouvrages.

Nous avons pu échanger avec Laurent Whale sur sa vision des archives et nous le remercions sincèrement du temps passé avec nous et de nous avoir autorisé à reprendre également quelques passages de son discours prononcé en 2017.

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Laurent Whale, photo par Carole Rannou / CC BY-SA (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0)

Archives et Culture pop : Qu’est-ce qui vous a amené à vous intéresser aux Archives ?

Laurent Whale : Je voulais changer des sempiternels héros qui courent partout avec un badge dans une main et un flingue dans l’autre. Il me semblait plus intéressant de leur faire utiliser leur tête. D’autre part, étant grand moi-même consommateur de documentation, la démarche m’est apparue naturelle, surtout lorsque les histoires sont basées sur des personnages historiques.

Archives et Culture pop : Avez-vous déjà fréquenté des services d’archives ?

Je n’ai fréquenté un service d’archives que lors de mon intervention à La Rochelle pour l’inauguration.

D’une manière générale, c’est ainsi que je procède : couche après couche, grattant, tamisant et reniflant tel un chien truffier sous un chêne prometteur et dont l’heureux maître – que je redeviens – pourra bientôt exhiber l’or noir sur le marché de Sarlat la Caneda.

Donc, la truffe au vent, je hume les rayons physiques ou virtuels, à la recherche de ces quelques grammes de savoir qui conféreront à ma tambouille le fumet délicat de l’authenticité.

Je flaire donc, ici une biographie, là un traité d’astronomie, ailleurs encore un essai ou un recueil de pensées.

Archives et Culture pop : Andrew Kerouac vous rappelle-t-il des archivistes que vous avez connus ?

Andrew Kerouac est une pure invention mais je ne vous dirai pas s’il y a ou non un lien avec l’écrivain de la Beat Generation ! ^^

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Archives et Culture pop : Est-ce que votre vision des archives a évolué au cours de votre écriture ?

Disons que j’ai façonné les archives sur le modèle des certains services de la bibliothèque du Congrès (informations glanées sur leur site). En fait, ma vision des archives s’est affinée lorsque j’ai échangé avec les gens venus à la conférence à La Rochelle. Avant cela, je n’avais qu’une vision romantique de la chose (comme vous l’avez sûrement noté dans mes ouvrages).

Archives et Culture pop : Que signifient les archives pour vous ?

Pour moi, les Archives sont une source inépuisable d’inspiration. J’aime l’idée qu’on puisse y vivre mille vies, même si je me sers essentiellement d’Internet, de livres et de magazines depuis le fauteuil de mon bureau.

Sans les Archives, sous quelque forme qu’elles soient, aucune histoire ne serait possible, au sens propre comme au romanesque.

Les archives, qu’elles soient papier, numériques, vidéo ou audio font partie de ma vie d’auteur.

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Je dirais même qu’elles en sont les fondations.

Elles sont constituantes de toute œuvre littéraire, dès lors que l’on aborde un sujet inconnu ou non maîtrisé. Et même si l’on pense en posséder les moindres recoins, il subsiste toujours un angle obscur qu’un ancien a jadis éclairé différemment, filtré au prisme de son époque, de son ressenti et de celui de ses contemporains.

Plus généralement, le patrimoine à un emploi triple : celui d’informer, de cultiver et d’inspirer.

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La fable du laboureur et ses enfants illustre à merveille ce propos.

Cet homme, au soir de sa vie, convoque sa descendance et laisse entendre qu’un trésor se dissimule dans le verger… La suite et sa chute sont bien connues des écoliers de jadis : les fils retournent tant et si bien la terre qu’elle leur rapporte plus que ne l’aurait fait le produit d’un travail ordinaire.

On le voit : musarder sans but est certes plaisant, mais creuser en profondeur rapportera toujours plus de fruits.

En cela, la numérisation est l’outil idéal du jardinier d’idées.

Un monde sans passé, sans histoire avec un grand H n’est pas concevable, même s’il a sans doute fait – et fera encore – le bonheur des écrivains de Science-fiction.

Chaque ruisseau qui s’éteint, même le plus modeste, assèche le lac.

Alors oui, cette valorisation est vitale, essentielle, nécessaire et obligatoire. L’accès à cette manne doit être libre et aisé. Pas simplement pour les écrivains ou les métiers du livres, mais pour tous, à tous âges et de toute condition.

 

Un grand merci à Laurent Whale.

 

commentaires
  1. […] manuscrit Robinson, ouvrage de Laurent Whale, est le deuxième volet de la série Les Rats de Poussière, il succède à Goodbye Billy, premier […]

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