Silent Hill : gouvernance des archives

Publié: 26 juin 2020 dans Films
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Silent Hill est un film d’horreur franco-canadien sorti en 2006. Il est réalisé par Christophe Gans (Crying Freeman, Le Pacte des Loups, la Belle et la Bête). Il s’agit d’une adaptation de la célèbre franchise de jeux-vidéos survival horror éditée par Konami : Silent Hill, qui comprend huit jeux en 2020.

Quelle est l’histoire ?

Silent_Hill_1Sharon, une petite fille adoptée de 10 ans, parle durant ses crises de somnambulisme d’un endroit nommé Silent Hill (qui se trouve en Virginie-Occidentale de même que l’orphelinat où Sharon fut adoptée). Après avoir découvert qu’il s’agit d’une ville fantôme, sa mère, Rose, décide contre l’avis de son mari Christopher, d’emmener sa fille à Silent Hill dans l’espoir de comprendre ce dont elle souffre et de la soigner. Rose, Sharon ainsi que Cybil Bennett, une motarde de la police qui les avait suivies par suspicion, se retrouvent toutes trois, après un accident de voiture causé par l’apparition sur la route d’une petite fille, dans la ville fantôme de Silent Hill.

 

 

Et les archives dans tout ça ??

Le film suit deux trames scénaristiques différentes : celle de Rose Da Silva en quête de sa fille dans Silent Hill et celle de Christopher en quête de sa femme et de sa fille disparues. Si l’on en croit l’excellente chronique de Karim Debbache sur ce film, dans le cadre de sa série Crossed qui parle des films adaptés ou parlant de jeux vidéo, les séquences avec Christopher Da Silva ont été rajoutées par la production, car ils trouvaient que le film manquait de « rôle masculin fort » ….

 

Les archives apparaissent dans la trame de Christopher Da Silva. Ce dernier recherche donc sa femme. Silent Hill est une ville fantôme depuis un incendie gigantesque qui a consumé la ville dans les années 1970. Après avoir fouillé les ruines toxiques de la ville avec un policier, sans succès hélas, il se trouve isolé et désemparé. Il se dit qu’en consultant ce qu’il reste des archives de police de la ville de Silent Hill, il trouvera peut-être des réponses sur l’origine de sa fille. Il appelle alors les archives du Comté de Toluca

Chistopher Da Silva (CDS) : « Vous avez les dossiers concernant Silent Hill ?

Archiviste (A) : Quels dossiers Monsieur ?

CDS : Enfin les rapports de police !

A : Désolé c’est confidentiel. »

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Pas bien le téléphone au volant Christopher

S’ensuit diverses suppliques pour obtenir le droit de consulter les archives qui essuieront toutes un refus. Christopher décide d’attendre que le dernier employé quitte les archives pour rentrer par effraction.

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Bonjour, c’est pour une consultation non autorisée

Après une fouille rapide, il tombe sur un local qui ressemble à une zone tampon où les archives sont entassées en attente de traitement. On aperçoit des archives datant de 2001 et de 2004, ce qui indique que ce sont des archives de Toluca non traitées. Les archives de Silent Hill sont, elles, facilement identifiables, ce sont celles avec des traces de roussi ! En fouillant les dossiers, il trouve une photo qui l’oriente dans ses recherches.

Alors nous sommes ici dans l’aspect classique de l’utilisation des archives dans une enquête. Mais nous pouvons pousser l’analyse un peu plus loin. Pour rappel, le film se déroule en 2005-2006. Silent Hill a été détruite en 1974. La récupération des archives est logique : il faut assurer la continuité des droits et des savoirs, pour les habitants survivants. Alors pourquoi trouve-t-on encore les archives en zone tampon ? N’auraient-elles pas dû être retraitées depuis les trente dernières années ?

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Les archives en zone tampon

Cela montre les affres de la gouvernance des archives, assujettie à deux règles nominales : la priorisation des traitements et la gestion des ressources. Ainsi il semble que les archives de Silent Hill pour le Comté de Toluca ne soient pas la priorité, et cela paraît logique. Les cartons sont plus ou moins identifiés, ils sont peu nombreux et concernent peu de personnes. Mais vu leur état, cela nécessiterait un reconditionnement important, si ce n’est dans certains cas de la restauration. Donc de l’argent, des humains et du temps ! Donc il faudra s’en occuper sine die.

Donc au-delà des règles de communication, des organisations tentaculaires qui compliquent l’accès aux archives, il faut aussi prendre en compte que le traitement des archives est aussi une question de choix, d’organisation, de budget, bref une question politique !

Marc Scaglione

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