Homeland : Jordan Harris, archiviste malgré lui

Publié: 9 juin 2020 dans Séries
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Homeland est une série américaine qui comporte huit saisons. Diffusée depuis 2011 aux Etats-Unis et 2012 en France, c’est une série créée par Howard Gordon et Alex Gansa.

Quelle est l’histoire ?

Homeland retrace le parcours de Carrie Mathison (jouée par Claire Danes), agent appartenant à la CIA. Carrie est un excellent agent dont l’intuition est sans pareille. Ses troubles bipolaires la gênent toutefois dans sa carrière, tout comme l’incrédulité de ses supérieurs qui ont parfois bien du mal à suivre ses intuitions. Son but est de démanteler les filières terroristes qui pourraient nuire aux Etats-Unis, elle doit alors pister des potentielles menaces, recueillir des informations dans une véritable course contre la montre.

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Et les archives dans tout ça ??

Hormis quelques banales évocations de dossiers caviardés ou enlevés des dossiers car trop compromettants, il n’est pas question d’archives dans les trois premières saisons d’Homeland. C’est dans le deuxième épisode de la saison 4 qu’un archiviste surgit de manière plutôt inattendue.

Une opération menée entre Kaboul et Islamabad a très mal tourné puisqu’elle a abouti au bombardement d’une ferme où se déroulait une réception pour un mariage. Les renseignements ont été donné par un agent, Sandy, qui reste très secret quant à ses sources et qui meurt lynché par la foule à Islamabad. Impossible donc d’en savoir davantage. Devant ce fiasco total, Carrie Mathison et son coéquipier Peter Quinn sont rapatriés aux Etats-Unis et écartés du terrain.

Chacun des deux gère la question différemment et Carrie s’acharne à comprendre la vérité. Pour ce faire, elle demande à Peter Quinn ce qu’est devenu l’ancien agent de liaison de Sandy à Islamabad, Jordan Harris. La jeune femme pense qu’il a été viré. Peter Quinn s’exclame alors : « Jordan Harris ? Il n’a pas été viré, ils l’ont fait revenir pour le mettre aux archives« . Carrie fait la moue et rétorque : « c’est pratiquement la même chose« . On voit donc que la bonne vieille vision du poste d’archiviste comme punition ultime existe toujours. Dans la tête de ses collègues et dans celle de Jordan Harris, l’envoi aux archives est bel et bien une sanction. L’affaire est exposée crûment, pas besoin de fioritures !

Cette mésaventure nous permet malgré tout de se promener dans le dépôt d’archives, présenté comme étant très vaste, ce qui est souvent le cas dans les séries de science-fiction ou à caractère politique. L’immensité des dépôts, parfaitement ordonnés par ailleurs, contraste avec la solitude de Jordan Harris, malheureux archiviste malgré lui, penché au centre de l’image sur des dossiers qu’il semble récoler. Un humain qui paraît bien petit et fragile au milieu de tous ces dossiers et qui ne voit ces magnifiques alignées de rayonnages que comme un « putain de sous-sol ».

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Jordan Harris ou la joie de vivre

Sur le plan technique, les archives sont parfaitement tenues et forment une sorte de modèle de magasins, même si certains dossiers ne sont pas en boîtes et semblent rangés un peu en vrac. Ce sont ceux sur lesquels travaille Harris : est-ce parce qu’il ne prend pas son travail à cœur ou est-ce parce qu’il procède à une vérification avant conditionnement ? L’archiviste travaille avec un petit chariot qui lui permet de transporter les dossiers.

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Carrie tente de parler d’Islamabad et de Sandy à Jordan Harris. Ce dernier semble peu enclin à coopérer. Quand Carrie lui rappelle qu’il était officier traitant là-bas, Harris rétorque : « oui et maintenant je remplis des demandes d’accès aux informations sur des complots à la noix dans l’Ohio » ce qui nous permet d’apprendre qu’il existe une forme de demande de dérogation pour accéder à certaines archives et que les complotistes ont envie de venir fouiller dans les documents de la CIA. Puis, il met fin à la conversation et part, un dossier sous le bras. Mais Carrie, tenace, revient plus tard à la charge en émettant l’hypothèse qu’on a voulu le réduire au silence ‘en le mettant au placard » (sous-entendu : les archives sont un placard…). En échange de ses informations, Carrie promet à Harris de tout faire pour le réintégrer.

Avec cet exemple, on est dans la vision la plus sombre des archives : un placard géant pour les agents ayant commis une faute. Si les lieux sont présentés comme propres et aux normes, le spectateur n’a pas le moindre doute sur le caractère punitif du boulot d’archiviste dans Homeland.

Sonia Dollinger

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