Deux archivistes au coeur du musée de l’étrange

Publié: 12 janvier 2019 dans BD, comics, manga
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Le sanctuaire des Titans est le premier volume d’une série intitulée le Musée de l’Etrange, oeuvre du scénariste et dessinateur Régric – Frédéric Legrain – qu’on connaît par ailleurs pour son travail sur Lefranc. Héritier d’Hergé et de la ligne claire, Régric démontre ici tout son amour pour ses maîtres qu’il s’agisse du père de Tintin auquel l’auteur rend de multiples hommages dans ce titre, d’Edgar P. Jacobs ou encore de Jacques Martin. Le titre est paru aux éditions du Long Bec en 2018.

Quelle est l’histoire ?

musée_étrange_1L’histoire se déroule à Paris durant le terrible hiver 1954. Le tout-Paris journalistique est invité à l’inauguration de l’étonnant Musée de l’Etrange crée par Henry Penaud, célèbre constructeur automobile – un subtil mélange entre Louis Renault et de l’industriel et collectionneur d’art François Pinault. Ce musée privé est destiné à regrouper les collections du grand explorateur Gaston Rocas qui, au cours de ses voyages, a rassemblé ce que les différentes civilisations ont pu laisser de plus étrange. Géré par M. Larcin, un directeur ex comptable pingre et peu cultivé, M. de Haute-Lutte, un conservateur de Musée complètement déconnecté, Elsa Blanquette et Victor Galopin, deux archivistes passionnés, le Musée va vite révéler des secrets surprenants comme le désopilant M. 220, un robot datant de la Première Guerre mondiale ou un tibia géant provenant d’une mystérieuse civilisation dont les derniers représentants semblent bien décidés à s’emparer.

Et les archives dans tout ça ??

Incroyable mais vrai, ce récit met en scène non pas un héros archiviste mais deux ! Elsa Blanquette et Victor Galopin sont archivistes du musée de l’Etrange et semblent être dans l’équipe, les deux seuls à travailler. Le directeur ne s’occupe que de coller aux basques de son PDG et de rogner sur les budgets, quant au conservateur du Musée, il est aux abonnés absents. Si Victor Galopin répond à certains clichés de l’archiviste – petites lunettes, look rétro – il donne cependant une image consciencieuse et dynamique. Un seul problème, il est allergique à la poussière ! Elsa Blanquette est, pour sa part, une archiviste enthousiaste et déjà très émancipée, qui ne rêve que d’aventures. Les deux archivistes flirtent gentiment tout au long du récit tout en partageant leurs découvertes.

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Les deux archivistes sont extrêmement consciencieux puisque, le soir même de l’inauguration, alors que tous les autres membres de l’équipe s’en vont, Victor et Elsa restent pour commencer l’inventaire des collections du Musée – dont le conservateur permanenté se moque complètement. Quant au directeur financier, il précise bien que les archivistes ne seront pas payés en heures supplémentaires pour ce travail nocturne… Ah, la passion du métier… combien d’entre nous connaissent cette situation : ne pas compter ses heures et se voir presque reprocher d’être rémunéré pour exercer un métier souvent vu comme un divertissement.

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Lors de leur rangement des réserves, les deux archivistes s’aperçoivent bien vite que les objets ne correspondent pas toujours aux étiquettes qui les accompagnent. Il faut donc réattribuer les bonnes analyses aux objets, un travail titanesque. C’est ainsi que les archivistes réveillent M.220, un automate parlant en forme d’obus et tombent sur un os de géant. Pour savoir de quoi il retourne, les deux comparses confrontent les objets avec les carnets du collectionneur qui a amassé les objets : un retour aux sources tout naturel pour ces deux archivistes. Cette découverte leur donne l’idée d’une prochaine thématique pour leur exposition et d’une expédition de recherche. Evidemment, le directeur financier oppose une fin de non recevoir douchant immédiatement leur enthousiasme. Là encore, combien d’entre nous se sont présentés, persuadés d’être suivis dans leurs projets et ont reçu une fin de non recevoir ? Pourtant, le PDG va finalement se laisser convaincre et financer une expédition qui ressemble à croisière jaune de Citroën.

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Même si la suite des aventures conduit nos archivistes à rencontrer des extra-terrestres au fin fond d’un pays d’Amérique du Sud imaginaire, ils restent au cœur du récit dont ils sont les héros. Personnages engagés, passionnés par leur métier, assoiffés d’aventures, ces deux archivistes sont des figures positives dont on attend donc la suite des aventures avec impatience !

Sonia D.

 

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