Des archives à « la morgue »

Publié: 1 septembre 2018 dans Littérature
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Minuit 4 est un recueil de nouvelles du maître de l’horreur Stephen King paru en 1992 chez Albin Michel dans sa version française. Il contient deux histoires : Le Policier des Bibliothèques et Le Molosse surgit du Soleil. Il fait suite au recueil intitulé Minuit 2.

C’est la première histoire Le Policier des Bibliothèques qui nous intéresse ici.

Une légende dit que si l’on ne rend pas ses livres à temps, le Policier des Bibliothèques se rendra chez vous et vous punira.

Sam Peebles, notre héros, a une sainte horreur des bibliothèques. Enfant, il s’y rendait régulièrement jusqu’à une date précise où depuis, il évite ces lieux le plus souvent possible. Curieusement, aucun souvenir ne surgit de sa mémoire hormis l’odeur et le goût des guimauves rouges.

Minuit_4Hors, un jeudi après-midi, le téléphone professionnel de Sam sonne : Joe l’Epoustouflant, qui devait faire un numéro devant le Rotary club de Junction City, est indisponible. Il faut le remplacer. Sam est alors choisi pour faire une conférence sur l’importance des entreprises indépendantes dans le cadre des petites villes. Son premier texte n’étant pas fameux, une amie lui conseille de se rendre à la bibliothèque municipale afin d’y trouver des livres qui lui permettraient d’enrichir son discours. La boule au ventre, Sam s’y rend le lendemain et rencontre, dans cet endroit plus que sinistre, la terrifiante bibliothécaire Ardelia Lortz. Après lui avoir conseillé deux livres, elle lui rappelle fermement qu’ils doivent être rapportés la semaine suivante, sinon gare à la venue du Policier des Bibliothèques ! Bien entendu, Sam rend ses livres en retard. De retour à la bibliothèque municipale confus et muni d’un mot d’excuses, oh surprise, la bibliothèque a une allure bien plus éclairée et colorée que lors de son premier passage et Ardelia Lortz a disparu. Pire, les agents présents n’ont aucune connaissance de cette femme.

Et les archives dans tout ça ??

Persuadé d’avoir bien rencontré cette femme, intrigué par cette histoire de disparition et se demandant s’il n’a pas rêvé, une idée vient à l’esprit de Sam : se rendre au bureau du journal local et consulter les anciens numéros de la Gazette de Junction City. L’accueil du journal est tenu par « une petite femme replète d’une soixantaine d’années » portant le doux nom de Doreen McGill. Ayant fait sa demande, Doreen guide Sam passant « dans un escalier moquetté […] la volée des marches était étroite, l’ampoule faible ». Arrivés à l’entrée, Doreen annonce alors « Voici la morgue ». Dans un éclat de rire, elle ajoute : « Tout le monde l’appelle comme ça. C’est affreux n’est-ce pas ? Ça doit être une tradition idiote du journal, sans doute. Ne vous inquiétez pas monsieur Peebles, il n’y a aucun cadavre ici. Seulement des rouleaux et des rouleaux de microfilms. » Malgré tout, la pièce ne donne aucune envie d’y entrer : « Des tubes fluo, encastrés dans ce qui ressemblait à des bacs à glace géants mis à l’envers, éclairèrent une grande pièce basse de plafond et moquettée du même bleu foncé que l’escalier. Les murs disparaissaient derrière des rangées d’étagères chargées de petites boites, sauf celui de gauche, où s’alignaient quatre lecteurs de microfilms qui ressemblaient à des sèche-cheveux futuristes. Ils étaient d’un bleu identique à la pièce. »

Doreen tient bien son rôle en exigeant que le lecteur signe un cahier en indiquant la date et l’heure de son passage. Sam remarque alors que « le nom qui précédait le sien était celui d’un certain Arthur Meecham, lequel était passé le vingt-sept décembre 1989. Il y avait plus de trois mois. Il se trouvait dans une salle bien équipée mais qui, apparemment, ne servait guère. ».

Doreen est plutôt fière de cette salle : « Belle installation n’est-ce pas ? C’est grâce au gouvernement fédéral. Il aide au financement des morgues des journaux – ou des archives, si vous préférez le mot. Moi je le préfère, d’ailleurs. »

La suite nous indique que, malgré l’aspect peu engageant d’une pièce d’archives qui ferait fuir n’importe quel claustrophobe, les boites de microfilms sont classées avec une certaine rigueur : « Là, vous avez janvier, février et mars 1990. […] les microfilms sont disposés dans ce sens, chronologiquement. […] A votre droite, les plus modernes, à votre gauche, les plus anciens. ». Après cette présentation, notre chère Doreen prend congé. Sam finit donc par consulter les boites de microfilms une à une, ceci sans personne pour le surveiller.

On a beau être clairement dans une salle d’archives, Stephen King n’utilise pas ce terme pour parler de la pièce : « moquette bleue douillette ou non, il se trouvait dans une autre bibliothèque de Junction City. Une bibliothèque qu’on appelait la morgue. ».

Je vous laisse voir par vous-même ce que Sam finit par découvrir sur cette mystérieuse Ardelia Lortz et la suite de cette histoire qui est un bon Stephen King.

Emilie Rouilly

commentaires
  1. Ton blog est super original, bravo !!! 🙂 C’est trop bien ^^

    Aimé par 1 personne

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