Museum – Que serait la police sans les archives ?

Publié: 20 octobre 2017 dans BD, comics, manga

Museum_3Museum, Killing in the Rain est un manga seinen sorti de l’imagination de Ryôsuke Tomoe en 2013. Il est en cours de parution en France chez Pika édition en trois tomes. Le titre a fait l’objet d’une adaptation cinématographique au Japon en 2016.

Si vous avez aimé Seven ou Copycat au cinéma, ce thriller devrait recueillir vos faveurs. Une série de meurtres secoue Tokyo. Le tueur semble vouloir punir ses victimes et choisit avec raffinement son châtiment. Après chaque meurtre, il laisse un message expliquant de manière quelque peu énigmatique ce qu’il reproche à sa victime. La police semble bien impuissante et peine à trouver les liens entre ces assassinats atypiques. Cependant, le lieutenant Sawamura commence à rassembler des éléments jusque là épars. Bien mal lui en prend car sa femme et son fils disparaissent.

Ce manga est un thriller réellement angoissant qui n’a rien à enlever à d’autres récits de ce type. Le serial-killer présenté ici est proprement sadique et odieux et le suspense total. Comme souvent, on trouve un policier futé pour lutter presque à armes égales avec le génie du mal tandis que ses collègues ont bien du mal à se dépêtrer du peu d’indices que le tueur laisse derrière lui. Ce thriller permet à la fois de présenter un récit haletant et une critique sans détours de la société japonaise contemporaine dont les travers ne nous sont pas étrangers.

Et les archives dans tout ça ??

Museum_1

mauvaise gestion : problèmes en vue ! ©Pika edition

 

Comme dans toute affaire de ce type, la police tente de procéder à des recoupements avec d’autres meurtres. La vie des victimes est passée au peigne fin, on tente d’amasser des données et des informations afin de trouver un fil rouge entre les meurtres. Pourtant, l’auteur pointe les failles d’une police qui semble débordée et désorganisée. Une phrase est révélatrice du problème :  » la mauvaise gestion des informations va encore être pointée du doigt… « .

il semble donc qu’il s’agit d’une habitude et que le classement et l’indexation des documents laisserait à désirer. On sait toutefois que même avec des archives parfaitement classées, il faut parfois brasser des milliers de documents pour trouver un indice et les croiser entre eux relève de l’exploit. Certaines affaires bien réelles qui font l’actualité le montrent encore. Toutefois, une bonne gestion de l’information et donc des archives peut faire gagner un temps précieux dans une enquête.

C’est d’ailleurs ce que démontre les cases suivantes. Suite à un souvenir de l’inspecteur Sawamura qui se rappelle d’un meurtre étrange. Afin de se documenter, il se rend aux Archives. La police de Tokyo dispose donc d’un local archives parfaitement rangé aux boîtes étiquetées. Seul un plan semble isolé sur une étagère mais pas de quoi faire une syncope ! Pas l’ombre d’un archiviste cependant, les inspecteurs pianotent eux-même sur l’ordinateur se trouvant dans la salle. Bonne nouvelle malgré tout, ils récupèrent l’information et ce passage aux archives fait progresser une enquête qui, jusque là, piétinait.

Museum_2

Un petit nid douillet…sans archiviste ©Pika édition

Le secret d’une enquête réussie est donc d’allier l’intuition et le flair du policier avec une bonne gestion des archives auxquelles on peut toujours avoir recours. Il n’est pas rare d’ailleurs qu’elles permettent, à condition de ne pas avoir été éliminées, de résoudre un cold case ou de faire progresser une enquête en cours.

Sonia Dollinger

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s