Sans parler du chien…ni des archives

Publié: 26 mars 2017 dans Littérature
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Si vous suivez régulièrement ce blog, vous aurez sans doute remarqué que l’une d’entre nous – moi en l’occurrence – est fan des ouvrages de Connie Willis. Nous avons déjà évoqué en effet, Black Out et All Clear, deux récits qui avaient pour cadre Londres pendant la Seconde Guerre mondiale.

sans parler du chienL’ouvrage de Connie Willis dont nous allons parler cette fois a pour titre Sans parler du chien. Le livre sort en 1998 en version originale et en 2003 en France. On retrouve avec bonheur dans ce titre les équipes d’historiens dirigées par le professeur Dunworthy qui voyagent à travers l’Histoire pour étudier les mœurs du passé. En parallèle, une équipe d’historiens est chargée d’enquêter sur la cathédrale de Coventry, détruite par un raid nazi pendant la Seconde Guerre mondiale. En effet, lady Schrapnell, haute dignitaire, souhaite reconstruire le bâtiment à l’identique au XXIe siècle.

Cependant, un incident, en apparence mineur, va bouleverser les choses :  une jeune historienne provoque un paradoxe temporel en rapportant un chat venu du XIXe siècle dans le futur. Pour réparer cette erreur qui peut conduire à des modifications historiques majeures, Ned Henry, historien, est envoyé par ses supérieurs dans l’Angleterre victorienne pour remédier au souci. Ned se retrouve donc au XIXe siècle en compagnie d’aristocrates britanniques un peu coincés, amateurs de tables tournantes et d’un bouledogue anglais prénommé Cyril !

Cet ouvrage est un très bon récit de voyages temporels, à la fois drôle et tendre qui emprunte aux grands classiques de la littérature anglais avec un petit côté Agatha Christie qui n’est pas déplaisant. Décidément, Connie Willis sait captiver son lecteur et vous n’avez pas fini d’en entendre parler !

Et les archives dans tout ça ??

La tyrannique Lady Schrapnell cherche à reconstituer la cathédrale de Coventry à l’identique mais il lui manque une potiche qui a disparu en 1940. La quête de cette potiche tourne à l’obsession. Le problème est que le registre de la cathédrale a brûlé pendant la Seconde Guerre mondiale emportant avec lui les détails nécessaires à la localisation de cette fameuse potiche. On voit donc bien que sans archives, il est bien difficile de retracer le parcours d’un objet.

Il est également beaucoup question dans cet ouvrage de ce qu’on appelle les écrits du for privé, les récits personnels comme les journaux intimes qui permettent de mieux appréhender l’état d’esprit d’un individu. C’est ainsi que Ned et sa collègue cherchent à lire les journaux intimes de Tossie, l’ancêtre de Lady Schrapnell qui sont essentiels à la compréhension de certains événements. Il faut pour cela les lire en 1888 car hélas, au XXIe siècle, ils ne sont que partiellement lisibles car ils ont subi une inondation…d’où l’importance de conserver les archives dans un lieu sain.

Afin de mieux comprendre les événements et les choses qui les entourent, les historiens font d’incessants allers-retours dans les archives du XXIe siècle pour vérifier certaines de leurs hypothèses ou les conséquences de leurs actions.

On le voit, les archives sont importantes dans le récit. Connie Willis envoie ses personnages s’y référer pour vérifier des hypothèses, confronter leur expérience au récit qui en est fait. L’auteur montre aussi combien il est primordial de conserver des archives en bon état, de les préserver des inondations ou de les mettre à l’abri en tant de guerre car leur perte peut priver les chercheurs et au delà les citoyens d’informations cruciales sur les Hommes…sans parler du chien !

Sonia Dollinger

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