Daredevil-Le Mauler : comment rater son projet de digitalisation

Publié: 7 janvier 2017 dans BD, comics, manga
Tags:, , , , ,

Les plus fidèles lecteurs se souviennent sans doute que le tout premier billet du blog était consacré à Daredevil. Marc a trouvé de nouvelles références à l’un des héros emblématiques de l’univers Marvel et vous propose un nouveau billet sur ce personnage.

daredevil167_1

Daredevil (DD) est un super-héros créé par Stan Lee et Bill Everett en 1964. Outre la publication papier de sa propre série, le personnage a connu une adaptation en long-métrage avec Ben Affleck en 2003 et en série depuis 2015 sur la plateforme Netflix. Le sujet de ce billet concerne le numéro 167 de Daredevil,publié en novembre 1980 et paru en français dans le magazine Strange numéro 164 en août 1983. On y trouve David Michelinie au scénario –à noter qu’il travaillait sur Iron Man à ce moment là et qu’il s’agit de son seul scénario pour DD-, Franck Miller au dessin et Klaus Janson à l’encrage.

L’histoire ?

Matt Murdock est avocat le jour et justicier la nuit sous le nom de Daredevil. Suite à un accident durant son enfance, il est devenu aveugle mais ses autres sens ont été démultipliés.

Dans cet épisode, Matt Murdock est invité à une petite sauterie organisée par le patron de la Cordco, Edwin Cord. Ce dernier essaye de débaucher Matt pour le faire entrer dans la société quand l’entretien est interrompu par l’irruption du MAULER qui attaque le magnat avant que Daredevil ne s’interpose.

daredevil167_2

Et les archives dans tout ça ??

Daredevil enquête sur l’identité et les motivations du MAULER. Edwin Cord explique qu’il s’agit d’un ancien employé, Aaron Soames, licencié pour faute grave dans la VF, pour raison administrative (« clerical reason », belle expression xylolalique) dans la VO, ayant volé un prototype d’armure (MAULER pour Mobile Armored Utility Emitter Revised) et cherchant à se venger.

daredevil_3Mais lors de l’attaque qui suit, Daredevil finit par découvrir la vérité de la bouche du Mauler. Aaron Soames, 63 ans, était un employé depuis 35 ans à la Cordco. Lorsqu’il demanda sa pension de retraite, on lui déclara que son dossier avait disparu. Et pas de dossier, pas de pension de retraite ! Il essaya la voie judiciaire mais il n’y aurait pas eu de procès avant un an. Il vola donc l’armure afin d’obtenir la force de se venger.

Et les archives donc ? L’ironie du sort voulait qu’Aaron avait été « file clerk » à la Cordco, poste que l’on pourrait traduire par archiviste/employé chargé du classement des documents. C’est l’ordinateur « plus rapide et moins cher » qui le remplace qui a effacé son dossier, suite à une erreur de l’informaticien-programmateur. La double peine….A noter que dans la version française, il n’est pas précisé l’emploi d’Aaron Soames, l’ironie de la situation est donc perdue.

David Michelinie, le scénariste, fait de ce personnage la victime moderne du machinisme, la mécanisation à tout crin, sous couvert d’économies et d’efficacité. Un discours bien connu dans de nombreuses professions, dont l’avatar dans notre domaine d’activité est le mythe de la digitalisation, du tout numérique et du zéro papier.

C’est un informaticien qui programme donc l’ordinateur à la tâche de gestion des documents. Seul. Et qui fait la boulette….Sans donner la possibilité de récupération ou même sans traces quelconques. Enfin c’est ce qu’on comprend, mais le patron est tellement machiavélique qu’il pourrait cacher toutes les traces liées à cette affaire. D’autant qu’ils ont fait vite, les bougres, pour tout numériser et détruire tous les dossiers papier….

Bref on a là un bel exemple du mythe de la numérisation en entreprise et de ce qu’il ne faut pas faire : laisser les informaticiens gérer seuls le projet, croire que la machine va remplacer l’employé, détruire sans réfléchir tous les dossiers papier….

daredevil167_3Mais au-delà de cet exemple, le Mauler montre bien que les archives sont la seule preuve permettant l’application des droits. Et sans preuves, peut-on dire qu’un fait a existé ? C’est cette sensation d’inexistence que le Mauler va finalement faire subir à Edwin Cord en détruisant tous ses documents d’identité, toutes ces cartes, bref tout le contenu de son portefeuille. Un acte symbolique, qui finira par lui coûter la vie, car il sera descendu par les gardes d’Edwin. Ce désir de prouver ses droits, incarnation de son existence sera son épitaphe, choisi par Matt Murdock.

Ainsi, pour terminer sur une note moins dramatique, mes chers confrères et consœurs, n’oubliez pas, lorsque qu’une personne se montre « pénible » de lui rappeler la chose suivante :

daredevil167_4

Marc Scaglione

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s