Des milliards de tapis de cheveux : archives et politique

Publié: 9 octobre 2016 dans Littérature
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Des milliards de tapis de cheveux est un roman de science-fiction publié en 1995 par l’auteur allemand Andreas Eschbach. Il connaît une traduction en français en 1999 aux éditions L’Atalante, avant d’être réédité en 2004 par les éditions J’ai Lu. Le titre a reçu de nombreuses récompenses  : le Prix du roman de science-fiction allemand en 1996, le Prix Bob Morane du roman traduit en 2000 et le Grand-Prix de l’Imaginaire du roman étranger en 2001.

L’histoire ?

des-milliards-de-tapis-de-cheveuxSur une planète lointaine, la population s’adonne au tissage de tapis en cheveux, dans le but de les voir orner le palais de l’empereur. Mais une rumeur circule : l’empereur aurait abdiqué ou aurait été renversé par les rebelles. Comment cette rumeur va-t-elle impacter le quotidien des tisseurs qui consacrent leur vie à créer un tapis dont la vente pourvoira à la subsistance de leurs fils ?

Et les archives dans tout ça ?

Les archives impériales retracent 250 000 ans d’histoire de l’empire. L’archiviste, qui se nomme Emparak explique alors que « les critères de classification ont été modifiés plus d’un millier de fois (..). Quand on ne le connaît pas, il est absolument impossible de le percer à jour. » Quiconque  s’est déjà rendu aux Archives nationales, qui ont seulement 200 ans, pourra imaginer la galère….Quant au bâtiment, c’est un labyrinthe car « les archives ont été aménagées, remaniées, étendues et restructurées un nombre incalculable de fois », de sorte que le niveau 2 ne renvoie plus au deuxième étage d’un édifice qui en compte plus de 400….

On voit alors s’opposer Emparak, l’archiviste bossu, fanatique de l’Empereur et vouant un culte aux archives et à leurs secrets qu’il connaît sur le bout des doigts –« les archives savent tout » – face à Lamita, jeune historienne chargée d’étudier ce « chaos sans nom » pour en tirer les informations utiles au Gouvernement. Un trésor d’importance fondamentale à dépouiller mais auquel on n’alloue pas les moyens nécessaires, Lamita étant laissée seule sur le dossier « tapis de cheveux ». Emparak semblait l’être aussi, comme si les archivistes étaient voués à une vie de solitude, monacale et spartiate habités et rassérénés par leur mission de sauvegarde et d’étude !

Dans ce roman, les archives n’ont pas un rôle historique et culturel, mais elles incarnent un héritage lourd, un mystère à comprendre dans le cadre d’un changement d’organisation politique. Savoir c’est pouvoir, et gouverner sans informations est une gageure.

Marc Scaglione

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