Les archives des Amazones

Publié: 24 juin 2016 dans BD, comics, manga
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Comme de nombreux gamins de ma génération, j’ai été marquée par la série télévisée Wonder Woman, magnifiquement campée par Lynda Carter. Oui, je l’avoue, j’ai tournicoté sur moi-même longuement sans autre résultat que celui d’avoir le tournis.

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ça marche pas, je vous jure ! ©comicbookbrain.com

Evidemment, quand Urban Comics sort une anthologie reprenant « les mille et un visage de la princesse Amazone », je ne peux que me jeter dessus afin de retrouver l’héroïne de mon enfance. Wonder Woman fait partie de ce que l’on appelle désormais la Trinité des héros DC Comics aux côtés de Superman et de Batman.

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Le personnage de Wonder Woman est créé par William Moulton Marston en 1941, elle devient peu à peu une icône féministe et permet à des milliers de petites filles de pouvoir s’identifier à une super-héroïne qui est l’égal de ses alter-ego masculins. Créée dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale, Wonder Woman combat les Nazis. Ses adversaires changent avec les modes et le temps mais la figure de l’Amazone reste celle d’une femme à la fois forte et plein de compassion pour les humains.

Wonder Woman est la fille de la reine Hippolyte des Amazones, peuple de femmes né des mains d’Aphrodite qui les a façonnées à partir de la terre glaise. Lasse de devoir se plier à la barbarie des hommes, Hippolyte et ses sœurs ont fait appel à Aphrodite qui leur donne un havre de paix (l’île de Themyscira) et la ceinture qui leur permettra de résister aux assauts masculins. Hélas, Arès, dieu de la Guerre, pousse Hercule à dérober par la ruse la ceinture d’Hippolyte, ce qui entraine une période d’esclavage pour les Amazones. Hippolyte, désespérée, adresse une supplique à Aphrodite qui vient libérer son peuple.

La reine récupère sa ceinture et façonne une petite fille en terre glaise à qui Aphrodite donne la vie.  Hippolyte devient donc la mère de Diana. La jeune femme grandit au milieu des Amazones jusqu’à ce qu’un homme échoue sur l’île : Steve Trevor, aviateur américain blessé au cours d’un combat, bouleverse à jamais la vie de la jeune femme qui quitte son île et devient Wonder Woman.

Après de multiples aventures, Wonder Woman perd ses pouvoirs dans les années 1970 après avoir été forcée de choisir entre son île et sa volonté de rester en Amérique. Elle redevient alors une simple humaine, Diana Prince et ne dispose plus ni de ses pouvoirs, ni de son lasso de vérité, ni de son avion invisible. Elle trouve alors un mentor en la personne de Yi King, un asiatique maître des arts martiaux – thématique très en vogue dans les comics de cette époque – qui lui apprend l’art de combattre.

L’épisode qui nous intéresse aujourd’hui est paru initialement dans Wonder Woman n°204 de janvier-février 1973 aux Etats-Unis. On le retrouve dans l’anthologie qui vient de paraitre chez Urban Comics.

Diana et Yi King sont aux prises avec un sniper fou, échappé d’un asile et qui tue les passants au hasard. Hélas, Yi King est frappé alors qu’il déjeunait au restaurant avec Diana. Folle de douleur d’avoir perdu son père de substitution, Diana poursuit le tueur. Lors du combat, le meurtrier est tué et Diana tombe d’un toit. Echappant de justesse à la mort, elle se réveille amnésique.

Et les archives dans tout ça ??

Poussée par son instinct, la jeune femme amnésique vole un avion qui s’abime en mer non loin de Themiscyra. Les Amazones ramènent leur princesse auprès de la reine Hippolyte qui se rend vite compte que sa fille est amnésique.

Par chance, les Amazones, très avancées sur le plan technologique, disposent d’une banque mémorielle qui permettra à Wonder Woman de retrouver ses souvenirs. Toutefois, la reine Hippolyte ne souhaite pas que sa fille apprenne tous ses secrets. Elle demande donc que ne soient pas diffusées les archives « 3,4 et 5 » tronquant donc l’histoire à laquelle Diana va pouvoir accéder.

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Trop liées à l’intimité de la reine ? Trop sensible pour l’histoire des Amazones ? Il existe donc sur Themiscyra des archives incommunicables qui rappellent celles que la loi du 15 juillet 2008 qui instaurait ce type de documents.

Wonder Woman, à son réveil, hérite donc d’une histoire amputée. Toutefois, comme elle en ignore l’existence, elle ne peut donc en revendiquer la communication. On ne sait donc si ces informations lui feront défaut ou ne sont pas essentielles pour sa reconstruction personnelle.

Pourtant, une rivale arrive sur Themiscyra et se revendique comme étant la véritable Wonder Woman, il s’agit de Nubia qui vient de l’île mouvante et semble avoir les mêmes capacités que Diana. Troublée, la reine Hippolyte se dépêche d’aller consulter l’archive mémorielle n° 3 qu’elle avait cachée à sa propre fille. Une information capitale semble y être conservée.

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Cette mention anecdotique dans un comics des années 1970 nous renvoie pourtant à des questionnements bien plus contemporains. Les archives sont-elles toutes communicables ? Conserver des archives incommunicables a-t-il une finalité ? Peut-on restituer à quelqu’un une histoire partielle et donc partiale ?

Voilà de quoi, à partir de quelques cases de comics quarantenaires, relancer un débat archivistique qui n’est pas près de s’éteindre.

Sonia Dollinger

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commentaires
  1. oth67 dit :

    Et l’avion invisible n’existe pas ?

    J'aime

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