Les mystères de Larispem et leurs archives

Publié: 12 juin 2016 dans Littérature
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Ce billet est dédié à Claire Fanget, libraire efficace qui connait très bien mes goûts. Me voilà donc repartie avec le premier tome d’un roman intitulé Les Mystères de Larispem dont le titre rappelle celui d’Eugène Sue.

Larispem

Les Mystères de Larispem, dont le premier volume a pour sous-titre « le sang jamais n’oublie » est paru chez Gallimard Jeunesse en 2016. Son auteure est Lucie Pierrat-Pajot qui, avec ce titre, a remporté le concours de premier roman jeunesse Gallimard RTL Télérama. L’auteure, originaire de la Nièvre, est documentaliste dans un collège de l’Yonne. L’idée de ce roman lui est venue de son mari, boucher travaillant dans une ferme de cochons bio qui lui a parlé de l’argot des bouchers, très usité au XIXe siècle.

Les Mystères de Larispem est une uchronie à l’ambiance Steampunk qui montre ce que Paris serait devenue si la Commune l’avait emporté. Paris, ancienne capitale de la France, est devenue une cité-état rebaptisée Larispem. La cité est gouvernée par un trio dont fait partie Jules Verne. Les citoyens sont désormais égaux, l’ancienne aristocratie a été décimée et la technologie règne en maître sur la ville. La tour Verne est érigée en lieu et place du Sacré-Cœur de notre monde à nous.

Au cœur de cette cité, le lecteur suit les aventures de trois jeunes : Carmine, apprentie louchébem (bouchère en argot), Liberté, une jeune mécanicienne surdouée et Nathanaël, un orphelin au destin particulier.

Alors que les festivités du nouveau siècle (le XXe) se préparent, une société secrète à la solde de l’ancien monde refait surface et menace la ville. Les Frères de Sang réussiront-ils à déstabiliser le régime établi par la Commune ?

Hommage assumé aux romans de Jules Verne ou d’Eugène Sue, Les Mystères de Larispem se dévore d’une traite et offre un moment palpitant aux jeunes et aux adultes.

Et les archives dans tout ça ??

Les archives sont indirectement présentes à travers tout l’ouvrage car la majorité de l’intrigue tourne autour de la recherche d’un manuscrit ayant appartenu à Louis d’Ombreville, le chef de la résistance aristocratique. Ce manuscrit codé contient des notes capitales pour les Frères de Sang qui partent à sa recherche avec acharnement. Or, l’ouvrage est entre les mains d’une jeune personne bien déterminée à savoir ce qu’il cache.

Le mot archives apparaît, quant à lui, en milieu de roman lorsque Nathanaël, jeune orphelin se questionne sur ses origines. Lorsqu’un orphelin est recueilli, l’établissement constitue un dossier avec le peu d’informations que l’on peut avoir sur l’enfant. Ces documents ou objets sont ensuite déposés dans « la salle des archives où, comme chaque orphelin, Nathanaël avait le droit de se rendre à sa convenance pour les interroger du regard et du toucher. Ils lui seraient restitués lorsqu’il quitterait l’orphelinat. »

Pourtant, cette salle des archives ne semble pas très fréquentée : « on en perdait souvent l’envie quand on cessait de rêver à sa famille ».

Indirectement, ce passage évoque le douloureux cas des orphelins et des archives les concernant : soit elles sont inexistantes, soit elles sont morcelées. Dans l’ouvrage, la consultation du dossier est libre par l’individu qui peut lire son dossier alors que dans les faits, ce n’est pas toujours facile, notamment en cas d’accouchement sous X.

Des archives douloureuses et partielles et des archives codées et mystérieuses, tout doit vous inciter à plonger dans les Mystères de Larispem !

Sonia Dollinger

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