Un serial killer et des archives organiques

Publié: 20 décembre 2015 dans Littérature
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Bientôt l’hiver, c’est le moment de se caler bien au chaud au coin du feu avec un bon bouquin. Que diriez-vous donc d’un thriller dans lequel vous croiseriez Machiavel, Léonard de Vinci ou encore César Borgia ?

Si l’Italie des Borgias et des sombres intrigues vous intéresse, alors, mettez la main sur 1502, thriller de Michael Ennis disponible en pocket au Cherche-Midi où il est paru en 2014.

1502

Michael Ennis est un auteur américain qui a enseigné l’histoire de l’Art à l’Université du Texas. Il est aujourd’hui journaliste et écrivain. Ennis s’est lancé dans l’écriture de romans historiques. Le premier, Byzance, paru en 1991 aux Presses de la Cité, évoque plutôt la saga d’Harald, viking contraint de fuir son pays qui se retrouve à Byzance. En 1993, Ennis récidive avec la Duchesse de Milan. Il faudra attendre 2013 pour que son troisième roman historique paraisse sous le titre 1502. Ce roman a demandé à l’auteur une dizaine d’années de recherches ce qui en fait un récit très documenté.

Le roman s’ouvre en 1502 à Rome alors que Rodrigo Borgia occupe le trône de Saint Pierre sous le nom d’Alexandre VI. La cour papale est corrompue et sombre dans le stupre et la luxure. Le corps d’une femme inconnue, entièrement démembrée et dont la tête a disparu, semble avoir un rapport avec le meurtre du fils préféré du pape, Juan Borgia quelques années auparavant. Le pape envoie alors Damiata, amante de Juan et mère de son fils, enquêter sur la question.

Au cours de sa délicate enquête, Damiata va rencontrer deux personnages hauts en couleurs : Léonard de Vinci, génial inventeur au service de César Borgia et Nicolas Machiavel, ambassadeur florentin envoyé pour négocier avec le fils aîné du pape pour épargner Florence des guerres intestines qui ravagent l’Italie livrée aux condottieri, mercenaires sans foi ni loi.

Damiata, Léonard et Nicolas sont très vite confrontés à un véritable tueur en série qui dissémine des cadavres de femmes et joue avec eux pour les mener sur des fausses pistes tout en les narguant et en semant la terreur.

Mais qui est ce tueur sans pitié qui semble se jouer de nos trois détectives ? Quel horrible personnage se cache derrière ces crimes affreux ? Et si le monstre était plus proche du trio qu’il n’y parait ?

Et les archives dans tout ça ??

Dans ses notes en fin d’ouvrage, Michael Ennis évoque ses années de recherche dans les archives, notamment dans la correspondance de Machiavel et dans les archives de Léonard de Vinci que le narrateur décrit comme « volumineuses bien que nettement moins organisées » que celle de l’auteur du Prince.

Mais au cours du récit, les enquêteurs et notamment Nicolas Machiavel sont confrontés à un type de documents particuliers : des têtes de femmes conservées de manière morbide sous un immense tas de sel. Machiavel dit alors « je n’aurais jamais imaginé que nous découvririons de telles macabres archives ».

En effet, le meurtrier a pris la précaution d’ensevelir les têtes de ses victimes dans le sel afin d’en conserver la trace et d’en faire de réelles archives de sa monstruosité. C’est cette découverte qui permet à Machiavel de se rendre compte de l’ampleur de l’horreur à laquelle il est confronté.

Voilà des archives que peu d’entre nous aimerions avoir dans nos dépôts !

Sonia Dollinger

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