Le projet Bleiberg : les archives et l’Ubermensch

Publié: 14 mai 2015 dans Littérature
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C’est encore un thriller que ce billet porte à votre connaissance. Le projet Bleiberg est une œuvre de David S. Khara, un auteur français né à Bourges en 1969. Après des études de droit, il expérimente plusieurs carrières, en particulier celles de journaliste et de publicitaire. Depuis quelques années, il exerce son métier d’écrivain à plein temps. Son premier ouvrage, Les Vestiges de l’Aube, un thriller fantastique, rencontre le succès, confirmé par son deuxième ouvrage, Le Projet Bleiberg, objet de la présente chronique. Ce thriller historique, sorti en 2010, connait lui aussi de très belles ventes, ce qui encourage l’auteur à en tirer une trilogie dite « des projets ». C’est ainsi que sortent consécutivement Le Projet Shiro en 2011 et Le Projet Morgenstern en 2013.

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Jay Novacek est un trader de Wall Street, désabusé, alcoolique, qui passe sa vie vautré dans son canapé entre deux orgies. Suite à un terrible accident, Novacek ne travaille plus : il a renversé une fillette avec sa voiture de sport. Sa vie ne semble plus avoir le moindre sens malgré le soutien de son supérieur, Bernard Dean. Pour couronner le tout, Jay apprend la mort de son père, un militaire pour lequel il ne ressent que mépris et qu’il ne voyait plus. Alors qu’il annonce la nouvelle à sa mère, qui se trouve retirée dans une maison de repos et semble ne plus avoir toute sa tête, cette dernière lui remet un souvenir de ce père honni : une intrigante clef ornée d’une croix gammée et un numéro de compte bancaire dans un établissement suisse.

Notre héros paumé se trouve au cœur d’une intrigue où il va croiser la CIA dont son père était en fait membre ainsi que son patron protecteur, où il devient la cible de tueurs mystérieux et où il se découvre un étrange ange-gardien en la personne d’Eytan Morg, agent du Mossad. En parallèle, l’histoire de la Seconde Guerre mondiale remonte à la surface, notamment les expériences et autres projets monstrueux menés par les savants fous du nazisme.

Quel est donc le lien entre notre trader suicidaire, la CIA, le Mossad et les expériences pratiquées sur les humains par les séides du régime nazi ? Il vous suffira de plonger dans ce thriller au rythme enlevé pour en savoir davantage.

Et les archives dans tout ça ??

Qui dit complot, conspiration dit souvent dossiers secrets donc archives. Dans Le Projet Bleiberg, on rencontre un archiviste dont la description répond à tous les canons du genre, notamment dans la littérature française : le conservateur des archives du Mossad est décrit comme un homme âgé de soixante-cinq ans mais « en paraissant quatre-vingts ». Il est présenté comme un érudit aimable au regard malicieux, au moins, il n’envoie pas promener son interlocuteur duquel il semble très proche. Par la suite, l’ouvrage évoque un trafic d’archives signalé par les services secrets britanniques (le fameux MI6, employeur de James Bond !).Il s’agit de documents confidentiels évoquant les relations entre les agents britanniques et l’Abwehr, service de renseignement allemand pendant la Seconde Guerre mondiale. S’agit-il d’un trafic de collectionneur ou d’un sujet de plus grand ampleur puisque certains documents concernent des projets secrets et opérations menés dans les camps. L’auteur évoque la possibilité que certains fonctionnaires corrompus du Ministère de la Défense britannique aient pu vendre ces documents pour arrondir leurs fins de mois…

Un peu plus loin, les protagonistes se retrouvent dans un magasin de BD si vaste qu’Eytan Morg le compare à l’étendue d’une « salle d’archives du Mossad », les archives servent donc de mètre étalon pour décrire une immensité de bouquins.

Enfin, les archives sont encore mentionnées dans le journal du père de Jay Novacek, où il indique que le petit meublé qu’il occupe est « tapissé de documents d’archives ». Ces archives, mentionnées régulièrement dans le récit, sont donc objet d’enjeux et de trafic et aident à la compréhension voire à la révélation de manœuvres obscures et dangereuses vieilles de près de soixante-dix ans.

Quoi qu’on fasse, on n’arrête pas la vérité…c’est du moins la thèse de David Khara, à vous de tester.

Sonia Dollinger

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