Les archives ont toujours la réponse : la malédiction de Fontainebleau

Publié: 12 avril 2015 dans BD, comics, manga
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Amatrices et amateurs de frissons, ce billet vous est à nouveau dédié. Vous avez aimé Damien ou la malédiction? Vous êtes adeptes du paranormal ? Alors emparez-vous des ouvrages de la « collection Hanté » des éditions du Soleil. Je ne pourrai pas vous donner d’avis général sur l’ensemble des volumes car je n’ai lu que celui qui fait l’objet du présent billet mais sachez qu’il existe cinq volumes destinés à vous empêcher de dormir la nuit. L’avantage de cette collection est que chaque livre peut se lire indépendamment des autres, ce qui ne vous oblige pas à casser votre tirelire.

Hormis la première bande dessinée, tout simplement intitulé Hanté, qui est un recueil de plusieurs histoires, tous les ouvrages portent le titre du lieu où le drame s’est produit. Car drame il y a. Et si l’histoire est assez classique pour les amateurs de maisons hantées et autres histoires de sorcellerie, le procédé est efficace et on tourne la dernière page avec un inévitable sentiment de malaise.

Fontainebleau est un volume paru en 2008, œuvre du scénariste Christophe Bec qui officie sur des séries phares comme Carthago ou Prométhée. L’auteur est un adepte du fantastique, de l’horreur et de l’étrange et Fontainebleau montre sa maîtrise du sujet. Bec est associé à Alessandro Bocci au dessin, comme ils le sont également sur la série Prométhée. Il faut aussi saluer le travail de coloriste de Delphine Rieu.

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Juste pour info, et même si tout le monde s’en fiche un peu, le choix de ce tome est un clin d’œil à mon ami Mickaël Chevrey, généalogiste de son état, qui nous perdit un beau jour dans la forêt de Fontainebleau et qui habite non loin de Moret.

Fontainebleau s’ouvre au XVIe siècle sur un effroyable bûcher où deux femmes ligotées attendent de rejoindre l’enfer après être passées par les flammes, tout ceci devant un prêtre surexcité et une foule sidérée. Au moment où les deux victimes expirent, une boule de feu s’abat sur le château devant lequel le bûcher était dressé.

Des siècles plus tard, un jeune couple de Parisiens randonne joyeusement en forêt de Fontainebleau. Franck est architecte et Bénédicte sort des Beaux-arts. Au détour d’un chemin, les tourtereaux tombent sur une imposante bâtisse en ruine et aperçoivent une pancarte « à vendre ». Littéralement amoureux de l’endroit, le couple va se renseigner à Moret-sur-Loing auprès des habitants du village qui leur déconseillent d’approcher même de cet endroit notoirement hanté. Le barman énumère les nombreuses morts mystérieuses et autres disparitions ayant un lien avec cette maison mais rien n’y fait, nos Parisiens sont subjugués.

Tout semble pourtant vouloir les dissuader, des cauchemars harcelant Bénédicte à l’accueil glacial du notaire en charge du dossier. L’auteur a-t-il voulu montrer par là l’opposition entre un couple bourgeois de la capitale, cartésien et sûr de lui, et un monde de villageois plus superstitieux mais finalement plus au fait des réalités ?

Après les premiers travaux, les ennuis commencent et l’installation ne se fait pas sans peine, les catastrophes s’enchaînent portant le couple au bord de la folie : les murs suintent du sang, les revenants apparaissent et les poltergeists frappent. Me voici bien sûr obligée de stopper là ma description sous peine de vous gâcher toute l’histoire.

Si vous êtes adeptes du genre, Fontainebleau vous plaira dans son style très classique et vous aurez sans doute envie de parcourir la forêt à la recherche de cette étrange demeure.

Et les Archives dans tout ça ??

Devant la multiplication des incidents et des manifestations de l’au-delà, l’architecte se décide à explorer le passé de sa maison et se rend donc à la bibliothèque de Moret-sur-Loing. Le récit étant à la première personne – l’architecte étant le narrateur – il indique : « j’espérais pouvoir trouver quelque chose à propos de notre maison dans les Archives municipales ».

Fontainebleau 1La page 36 de la bande dessinée est consacrée aux recherches effectuées aux Archives. L’homme est assis, seul au milieu de dossiers et de classeurs gris. Pas d’archiviste visible. Heureusement, la recherche s’avère payante et un registre du XVIe siècle, rédigé par des moines cisterciens, livre la clef de l’énigme. La maison a appartenu à deux sorcières – précisément celles que l’on voit brûler en début d’ouvrage – qui y pratiquaient des rites sataniques.Fontainebleau 2

Les archives offrent donc l’explication mais ne peuvent bien sûr délivrer la maison et le couple qui l’habite de la malédiction qui s’est abattue. Il eût mieux valu consulter les archives avant l’achat car même face aux phénomènes paranormaux, les archives ont toujours la réponse !

Sonia Dollinger

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