Quand un archer et une lanterne visitent les archives maltusiennes…

Publié: 26 octobre 2014 dans BD, comics, manga
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Le comic book est à nouveau à l’honneur dans le billet de la semaine et nous accueillons cette fois deux héros de la famille DC Comics. D’un côté, nous retrouvons Green Lantern, déjà croisé dans un billet précédent, de l’autre, nous cheminons avec Green Arrow, Robin des Bois des temps modernes. En effet, Urban Comics vient de sortir un magnifique volume d’anthologie entièrement consacré aux aventures conjointes de ces deux héros. Ces épisodes, fruit d’une collaboration entre Dennis O’Neil et Neal Adams font référence dans le domaine des comics par les sujets traités et la censure dont la bande dessinée américaine faisait encore l’objet à l’époque.

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Concernant l’histoire complexe des Green Lantern, je vous renvoie à un précédent  billet: http://blog-phoenix-noir.tumblr.com/post/99216738124/des-anneaux-des-lanternes-et-des-archives#notes . Dans les épisodes de ce volume, c’est Hal Jordan qui incarne Green Lantern. A ses côtés se dresse Green Arrow, personnage sans pouvoir particulier mais doté d’un arc et d’un sens de la précision hors du commun et inventeur hors pair puisqu’il sait doter ses flèches de gadgets divers et efficaces contre ses ennemis. Heureusement pour lui, il est également en grande forme physique, sait boxer et pratique les arts martiaux. Dans le civil, Green Arrow est Oliver Queen, un milliardaire – comme Bruce Wayne – qui connait quelques revers de fortune et doit apprendre à vivre modestement. Au contact de la réalité de la vie quotidienne de millions d’américains, Arrow devient vite contestataire et apprend à aider les petits et les opprimés.

Ce volume voit les deux personnages parcourir l’Amérique à la façon d’un road movie (le comics cite évidemment comme référence le film Easy Rider). Ils croisent différents groupes qui ouvrent leurs yeux aux problèmes des Etats-Unis des années 1960-1970 : la question indienne, le racisme de manière plus générale, l’exploitation capitaliste, le problème des sectes et des gourous manipulateurs, la corruption, la question écologique et la question de la drogue et des ravages qu’elle exerce sur une jeunesse désespérée dans un épisode qui a fait date puisqu’il marque un tournant dans l’assouplissement de la censure dans les comics.

Évidemment, il ne faut pas perdre de vue que ces histoires ont été écrites à la fin des années 1960 et qu’elles ont encore un côté naïf et moralisateur qui peut parfois agacer mais elles sont le reflet des préoccupations d’une époque et de la volonté des auteurs de comics de dénoncer les travers de leur époque.

Les personnalités des deux héros se complètent fort bien : Green Lantern – Hal Jordan – est respectueux des lois et des procédures, c’est un homme fougueux mais légaliste. Il est parfois un peu naïf, confondant respectabilité bourgeoise et vérité, et Green Lantern se fie parfois un peu trop vite aux apparences, condamnant les jeunes loubards débraillés au profit du capitaliste en cravate… Cette naïveté met parfois nos deux personnages en danger. Green Arrow – Oliver Queen – est beaucoup plus sanguin et révolté, prompt à se faire justice lui-même quitte à employer la violence pour rétablir la justice, notamment la justice sociale. Son caractère emporté et parfois trop sûr de lui le pousse à la faute. Il lui arrive même de tuer un homme par précipitation et maladresse, ce qui provoque chez lui une remise en cause et la volonté d’arrêter sa vie de justicier pour mener une vie de reclus dans un monastère.

Dans certains épisodes, Arrow et Lantern sont accompagnés par l’un des Gardiens d’Oa – créateurs du corps des Lantern – de Black Canary, la petite amie d’Arrow qui croise le fer avec une bande de bikers ou du pupille d’Arrow, Speedy dont l’archer découvre qu’il se drogue.

Au long de leur périple, les deux amis se heurtent à cause de leurs méthodes divergentes, mais ils parviennent à se rendre meilleurs l’un et l’autre tout en tentant de lutter contre les inégalités et les désordres qu’ils rencontrent. Pourtant, les histoires qui se suivent ressemblent rarement à des happy end, leur parcours est jalonné de cadavres : ceux des ouvriers dont la révolte est écrasée dans le sang par un patron cynique, ceux des junkies en mal d’espoir ou d’un faux messie défenseur de l’écologie.

Éloignés d’une image manichéenne et infantile, les comics sont une bonne occasion d’étudier les peurs et les questions de fond d’une Amérique en pleine mutation tout en profitant des magnifiques planches de Neal Adams.

Et les archives dans tout ça ??

On trouve des références aux Archives dans deux récits différents. Le premier, intitulé « Ulysses Star est bien vivant », évoque la question indienne et le vol des terres des peaux-rouges par les promoteurs blancs. Le registre officiel et le traité signé entre Washington et les tribus indiennes a été perdu, ce qui permet aux blancs de revendiquer sans scrupule des terres indiennes. L’autre exemplaire du traité est entre les mains d’un descendant du chef de la tribu signataire du traité, mais ce dernier a disparu sans laisser de traces. Fort de son passé d’enquêteur d’assurances, Hal Jordan – Green Lantern – fouille dans les archives et finit par trouver trace de l’Indien et se rend chez lui. Hélas, sa demeure a brulé dans un incendie criminel. Les Indiens n’ont d’autre choix que de se battre et retrouver leur dignité face à leurs oppresseurs. Pour une fois, le bien triomphe : les malfaiteurs sont traduits en justice et le Congrès examine la requête du peuple indien grâce à l’intervention de Jordan.

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La deuxième apparition des Archives est plus conséquente et ne se situe pas sur notre planète. En effet, dans l’épisode « Que la mort soit mon destin ! », Green Arrow, Green Lantern et le Gardien se rendent sur la planète Maltus où le Gardien est exilé. Arrivés sur Maltus, les trois compères sont brutalement agressés par une population affamée et assoiffée, victime de surpopulation. Afin de comprendre ce qui est arrivé, Lantern emmène ses amis aux Archives de Maltus. Les Archives sont encerclées par la foule hostile…

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Green Lantern déracine alors le bâtiment et en force la porte. Les héros trouvent à l’intérieur un archiviste terrorisé qui leur dit qu’ils n’ont pas le droit d’entrer, ce qui choque Arrow : « c’est pas un service public ? » demande alors l’archer au sang chaud.

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L’archiviste, à l’aide des cassettes conservées dans le bâtiment, explique l’origine de la surpopulation de Maltus. Etonné de le voir seul dans ce grand bâtiment, le Gardien cherche à savoir pourquoi cet homme est « emprisonné » ici. L’archiviste répond : « je suis ici de mon plein gré ! En tant que troisième archiviste, j’ai le devoir de protéger les cassettes. Et puis, c’est le seul endroit où on a un peu d’intimité ! ». Bref, sur une planète surpeuplée, si vous cherchez la paix, réfugiez-vous aux Archives… Au cas où, vous le saurez !!

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Les habitants de la planète, rendus stériles après que Maltus ait traversé un nuage de poussière cosmique, firent des manipulations génétiques qui conduisirent à une surpopulation engendrant la famine, la violence et les pillages. A la fin de l’épisode, le Gardien décide de rester sur Maltus afin d’aider ses habitants à surmonter ses problèmes tandis que nos deux héros regagnent la Terre où ils ont également fort à faire.

Encore une démonstration qu’archives et super-héros font décidément bon ménage

Sonia Dollinger

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commentaires
  1. […] Green Lantern évacue le quatuor en catastrophe. Afin de comprendre la situation, ils se dirigent vers le bâtiment des archives. […]

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