Archives, Anges gardiens et triades chinoises

Publié: 19 octobre 2014 dans Films
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Un film français sur ce blog : oui, c’est possible ! Sur la suggestion d’Emilie, c’est donc des Anges gardiens, film de Jean-Marie Poiré, qu’il sera question cette fois-ci.

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Sortie en 1995, cette comédie a pour tête d’affiche Gérard Depardieu et Christian Clavier qui jouent des personnages burlesques que tout oppose à première vue. Ils seront rejoints dans la seconde partie du film par leurs « anges gardiens » respectifs, d’où le titre du film. Si cette comédie sans prétention est parfois conspuée par les tenants d’un cinéma sérieux et cérébral, elle reste culte pour beaucoup de spectateurs qui en connaissent par cœur la moindre des répliques. Le moins que l’on puisse dire est qu’on passe un bon moment de détente, ce qui est bien l’essentiel pour un film de ce genre.

Antoine Carco – Gérard Depardieu – patron de cabaret bien connu du monde de la nuit et homme d’affaire sans scrupule, est appelé au secours par son meilleur ami qui a quelques ennuis à cause de ses multiples magouilles à Hong Kong…La Pince, incarné par Yves Rénier, ne fait pas long feu puisqu’il est exterminé par des mafieux chinois lancés à ses trousses. Avant de mourir, il confie son fils, le petit Bao, nanti de 15 millions de dollars à son pote Carco qui doit ramener l’enfant à sa mère, Lili Wang, laquelle se trouve en Europe. Pas très intéressé par le gamin mais beaucoup plus par l’argent, Cargo tente de se débarrasser du petit tout en conservant les millions…

Poursuivi par la mafia chinoise, Carco croise alors la route du Père Hervé Tarain campé par Christian Clavier (« ain comme Pain ») en vacances à Hong-Kong avec une bande de jeunes défavorisés. Il lui confie le petit Bao en le faisant passer pour son propre fils et glisse en douce les 15 millions dans la valise du curé avec la ferme intention une fois à Paris de lui laisser le gamin et de faire main basse sur l’argent de l’enfant. Evidemment, rien ne se passe comme prévu, Cargo s’emmêle dans ses explications et abandonne sans scrupule le petit Bao au père Tarain qui voue alors l’homme d’affaires aux gémonies, lui promettant les pires tourments.

Parti avec le pécule, Carco prévoit un avenir radieux de fêtes et d’orgies…mais il entend alors une voix doucereuse, se retourne et aperçoit son double angélique à l’arrière de la voiture. Carco est désormais nanti de sa conscience qui le suit partout avec un air niais, lui rappelant sans cesse le forfait dont il est l’auteur.

De son côté, le père Tarain, passablement énervé, expédie une confession et se retrouve dans sa sacristie aux prises avec son propre double maléfique, surexcité et obsédé sexuel. Il comprend alors qu’il ne pourra se défaire de cet encombrant ami qu’après avoir fait la paix avec Carco. Le prêtre se met donc en quête de l’homme d’affaires qu’il retrouve dans son dancing au milieu de femmes dénudées dans une revue de music-hall…Par-dessus le marché, la triade chinoise ennemie débarque et anéantit l’établissement puis la maison de Carco où les deux comparses retrouvent la maitresse hystérique du patron de cabaret.

Sans toit désormais, Carco, sa maitresse et le petit Bao se réfugient dans l’étonnante famille du Père Tarain ce qui ne suffit pas à protéger l’enfant : Bao est enlevé ainsi que le frère du curé. Une seule solution : retrouver Lili Wang, la mère de l’enfant qui n’est autre que la fille du grand patron de la mafia chinoise ! Voilà les deux compères embarqués en Belgique avec leurs doubles respectifs, livrant une scène d’anthologie dans un restaurant avec un Paris-Brest resté fameux pour ceux qui ont vu le film !

A la fin, évidemment, tout rentre dans l’ordre ; Lili Wang récupère son fils, Antoine Carco révèle l’homme de cœur sous sa carapace du monstre froid et le Père Tarain reste l’homme colérique mais serviable qu’il a toujours été, ils partent en devenant les meilleurs amis du monde et leurs anges respectifs s’éloignent tout en gardant un œil sur eux malgré tout.

Morale simple : personne n’est jamais vraiment mauvais et tout le monde peut s’amender, c’est aussi faux que rassurant mais, pendant le temps du film, on rit en voulant y croire.

Et les archives dans tout ça ??

Une des scènes d’anthologie du film a pour sujet les archives. Cette scène se situe en première partie du film et signe la première apparition du Père Hervé Tarain. Le prêtre vient faire ses adieux à mère Angélina, la supérieure du couvent dans lequel le curé et ses ouailles logeaient à Hong Kong.

La mère Angélina rentre de suite dans le vif du sujet : « j’ai un gros service à vous demander. Vous rentrez toujours à Paris demain ? Vous savez que je prends ma retraite l’année prochaine ? Ca fait quarante années d’archives à rapporter ». Elle sollicite alors le père Tarain : « si vous acceptiez de rapporter le quart de ces archives… ». Tout de suite serviable et enthousiaste, le curé accepte : « sans problème, nous sommes neuf, on va se répartir allégrement la charge. »

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Mère Angélina entraine alors le prêtre dans une salle remplie de malle, du sol au plafond. La tête du père Tarain commence à changer : « Ah, c’est le quart de ça qu’il faut ramener ? » ce à quoi la religieuse réplique : « ah non, non, non, c’est tout ça ! Les trois quarts qui restent sont dans la pièce d’à côté. » Elle conduit le curé dans la pièce voisine, elle aussi débordante de malles énormes : « en plus, je dois vous demander de vous charger de ces deux bonnes malles pour l’archevêché, c’est la comptabilité de la mission de ces vingt dernières années. »

Les AG archives2

On ne revoit plus ces malles par la suite, on apprend seulement que ces archives volumineuses ont entrainé un fort surcoût à cause du poids des bagages…

Amusante évocation des archives religieuses et de la gestion du rapatriement des archives de l’étranger. La foi soulève des montagnes dit-on mais qu’en est-il des archives ?

Sonia Dollinger

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