Un pingouin aux Archives : Batman le Défi

Publié: 4 septembre 2014 dans Films
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 BatmanleDefi

Second film de Tim Burton évoquant l’homme chauve-souris, Batman le Défi, sort en 1992 aux Etats-Unis. Le premier opus, Batman, était sorti en 1989. C’est Michael Keaton qui endosse pour la seconde fois le costume du justicier. Il est opposé à deux adversaires de taille : le Pingouin, campé par Dany DeVito et l’étrange Catwoman, magnifiquement interprétée par Michelle Pfeiffer.

Batman le Défi est assez typique du cinéma de Tim Burton représentant un monde étrange qu’on pourrait penser enfantin d’un premier abord, mais qui glace assez vite le sang dépeignant une cruauté sans voile qui met assez mal à l’aise. Les personnages sont tous les fruits de leurs névroses et de leurs traumatismes : Batman, Catwoman et le Pingouin deviennent des êtres ambigus pour lesquels on éprouve alternativement de l’empathie ou de la répulsion. La Ville de Gotham est sombre, comme dans les comics, rongée par la corruption et l’affairisme. Il y fait nuit et froid tout au long du film.

Le film commence dans une ambiance assez glauque : Esther, épouse de Tucker Cobbelpot fortuné citoyen de Gotham, accouche d’un enfant monstrueux qu’ils tentent d’élever en cage. Lorsque le petit dévore le chat, ils prennent la décision de jeter son berceau à l’eau. Le bébé et son panier flottent jusque dans les égouts de la ville où l’enfant est recueilli par des pingouins qui, bizarrement, y ont élu domicile.

Des années plus tard, Gotham bruisse d’une étrange rumeur : un homme pingouin terroriserait la ville et ses habitants. Il se montre à la cérémonie de l’illumination du sapin sur la grand-place de Gotham et kidnappe le grand industriel Max Schrek. Ce dernier finit par conclure une alliance avec le Pingouin et parvient à le faire passer pour un héros lors d’une mise en scène bien orchestrée où le Pingouin apparait comme le sauveteur du fils du Maire, alors qu’il avait également orchestré son kidnapping. Le Pingouin devient un héros municipal et tout le monde s’attendrit sur son passé douloureux, le prenant en pitié. Tout le monde, sauf un homme, Bruce Wayne, alias Batman qui soupçonne un mauvais coup. Parallèlement à cette affaire, Max Schrek veut vendre un gros projet industriel à la municipalité, projet fort couteux et qui lui permettrait de contrôler la ville. Sa secrétaire, jeune célibataire névrosée, Sélina Kyle découvre ses plans et Schrek la balance par la fenêtre croyant la tuer. Cependant, Sélina revient à elle, entourée de chats, un peu perturbée par sa chute. Dans une crise de folie, elle ravage son appartement et se confectionne un costume de Catwoman. Peu après, elle court saccager un des magasins au nom de Schrek industrie pour se venger de son tueur de patron.

Schrek est occupé ailleurs : il veut renverser le maire et faire élire à sa place son nouvel ami, Oswald Cobbelpot, alias le Pingouin. Batman tente de faire échouer ses plans mais le Pingouin, aidé de Catwoman – qui éprouve des sentiments contrastés pour le héros masqué – fait passer Batman pour un assassin en lui attribuant le meurtre de la « reine des glaces », la pin-up chargée d’allumer le sapin géant de Gotham. La police traque alors Batman et laisse le Pingouin en paix. Les sbires de Cobbelpot tentent de tuer Batman en sabotant la Batmobil…en vain.

Afin de piéger le Pingouin et de renverser la situation, Batman parvient à enregistrer son ennemi qui expose ses plans diaboliques et évoque clairement son mépris et sa haine de Gotham. Batman diffuse alors les enregistrements dans toute la ville lors d’un discours de l’homme-oiseau. Le Pingouin perd alors la sympathie du public et toute chance d’être élu maire. Voulant se venger, le Pingouin veut kidnapper tous les premiers nés des familles de Gotham y compris le fils de Schrek, son ancien allié, faisant ainsi connaître la souffrance qu’il a vécu. Il s’ensuit un combat entre Batman et le Pingouin, ce dernier finissant par mourir entouré par ses pingouins. Par ailleurs, Catwoman finit par tuer Schrek malgré les efforts de Batman pour l’en dissuader. Il semble que Catwoman meurt mais…peut-être pas.

On est finalement loin d’une happy end à l’américaine : Batman doit tuer pour vaincre, Catwoman ne pardonne pas à son patron. L’homme chauve-souris et la femme-chat repartent chacun de leur côté, blessés encore davantage et plus seuls que jamais.

Et les archives dans tout ça ??

Les archives sont évoquées à trois reprises dans la première partie du film. Lorsque le Pingouin s’allie avec Schrek, c’est parce qu’il est parvenu à faire chanter l’industriel grâce à plusieurs type de preuves dont des documents confidentiels que Schrek avait passé à la broyeuse. Le Pingouin les a patiemment reconstitués et scotchés afin de pouvoir les rendre lisibles. Comme quoi, il faut toujours faire attention à ce qu’on laisse trainer dans ses poubelles !

Pingouin broyage

Le deuxième moment se déroule quand le Pingouin remonte à la surface en faisant semblant de sauver le bébé du maire. Il explique qu’il veut connaitre ses origines puisqu’il dit avoir toujours vécu dans les égouts. Max Schrek l’accompagne aux Archives de Gotham où il consulte de nombreux registres et prend des tonnes de notes avec une plume et de l’encre en guise de crayon. Il reste un long moment dans les Archives et Batman l’observe au loin. Notons que pour que le Pingouin puisse faire ses recherches tranquilles, les autres usagers ont été priés de déguerpir ce qui n’est pas de leur goût puisqu’ils se plaignent que les Archives sont un lieu public et donc ouvert à tous. Rien n’y fait, le public est évacué et le Pingouin a les archives pour lui tout seul. C’est ainsi qu’il ressort, fier d’avoir retrouvé son nom de famille : Oswald Cobbelpot.

Batman entrée archivesPing archives 2

Enfin, Bruce Wayne, intrigué par le Pingouin, effectue de longues recherches dans sa Batcave sur les archives des journaux locaux, découvrant ainsi que Cobbelpot est en fait issu d’un cirque dans lequel il a recruté de nombreux hommes de main.

Bruce Wayne microficheEcran microfiche

Ainsi, les archives sont très présentes dans ce film et sont des outils nécessaires à la progression de l’intrigue. Voilà une originalité : c’est sans doute le seul film où on peut voir un Pingouin se promener dans les archives.

Sonia Dollinger

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